3emeType a écrit :
Il se trouve que j'ai l'espoir peut-être naïf de pouvoir enseigner la politesse à mon enfant sans avoir à lui dire "on dit merci" mais plutôt en lui disant "si tu ne me montres pas de reconnaissance de t'avoir donné un biscuit (par exemple en me disant merci), j'aurai moins envie de t'en donner un autre la prochaine fois. Et ça fonctionne de la même façon avec tout le monde. La politesse sert à montrer qu'on attribue de l'importance à l'autre et du coup d'avoir de meilleurs rapports avec lui. Si tu ne montres pas à l'autre que tu lui attribues de l'importance, il te sera moins sympathique. Tu peux le vérifier par toi-même très facilement puis en conclure d'utiliser ou non la politesse".
L'ennui c'est que pour éduquer votre enfant, vous devez commencer par lui dire ce qu'il faut faire ou ne pas faire, dès son plus jeune âge, avant même se deux ans, bien avant qu’il comprenne le moindre mot de trop. Et vous aurez à le répéter 100 fois par jour, parce que jusqu'à trois ans il n'y a pas permanence de l'acquis d'interdiction ou de permission. De la même façon, il vous faudra être patient parce que les cris et la colère sidèreront tellement votre enfant qu'il ne sera plus en mesure d'écouter et de comprendre le message que vous lui envoyez. De la même façon encore, vous aurez à lui dire tout en deux ou trois mots, au-delà il sera perdu et ne comprendra pas votre message. De la même façon, vous aurez à attirer la mouche avec un pot de miel (le jeu, le sourire) parce que tout le reste le fera fuir dans sa rêverie, surtout les discours de plus de trois mots. De la même façon, votre mécontentement devra être faux et théatral, pour qu'il sente que derrière votre réprimande modérée, il est toujours aimé de vous. Quand il aura huit ans et plus, il sera en mesure d'écouter et de comprendre vos discours, mais il soupirera d'ennui. A part ça bon courage!
Et la politesse en société n’est pas un choix à la tête du client, elle est obligation, et son manquement peut conduire au tribunal.
C'est comme ça que j'aimerais éduquer mon enfant. Je voudrais ne pas avoir à le forcer ("c'est ainsi et pas autrement", "fais pas ci fais pas ça", "on dit merci", "Dieu existe et il a dit ci et ça", ...).
Forcer, diriger... vous avez un drôle de vocabulaire... vous avez un compte à régler avec l'autoritarisme? L'autorité est faite de postulats, mais ce n'est pas brimer quelqu'un que de lui poser des postulats jusqu'à ce qu'il soit assez mature pour les manipuler lui-même. Oui, les dix premières années, votre enfant comprendra mieux et acceptera mieux un franc "on dit merci" qu'un long discours visant à lui faire comprendre que c'est merci qu'il faut dire dans tel cas sous peine d’entraver son épanouissement futur de futur adulte. L’enfant jusqu’à l’adolescence ne vit que dans le présent ! C’est bizarre, on dirait que vous n’avez jamais côtoyé d’enfant, ni frère ni neveu ni petit cousin ou fils d’amis…
A propos de l’autorité, je parle d’une autorité faite de cadrage serein, de guidance ferme et souple à la fois, dites-vous bien que c’est le plus beau cadeau que vous pouvez faire à votre enfant. Lui édicter des lois simples et simplement, les lois morales, en deux mots au lieu de cent, est le meilleur cadeau que vous pouvez lui faire, parce que s’il y a bien quelqu’un au monde qui a besoin de limites claires, nettes et permanentes, c’est un enfant. Jamais vous n’engageriez le moindre projet s’il n’était ficelé d’un coté par la banque, et de l’autre coté par des professionnels. Vous cadrez toujours vos actions professionnelles. Pour un enfant c’est pareil, avec tact, écoute et amour. Un enfant ne peut grandir et s’épanouir que dans un milieu qui le valorise (et ce qui le valorise en premier, ce sont les câlins, pas les discours !) et qui est à l’écoute de ses besoins, mais qui le cadre clairement et fermement aussi.
Je voudrais juste l'aider à découvrir les règles qui régissent le monde. Tout autant que j'aimerais qu'il se rende compte lui-même que la politesse est utile en société, je voudrais qu'il rencontre Dieu lui-même, sans avoir été au préalable influencé par des hommes qui d'ailleurs n'ont pas tous rencontré Dieu directement (comment peuvent-ils parler de quelqu'Un qu'ils n'ont jamais rencontré ?).
C’est une démarche orgueilleuse, qui laisse à Dieu votre part du travail et le met au défi d’une rencontre obligatoire sous peine de ne pas ouvrir votre fils à Dieu. J’ai la nette impression que vous ne vous en rendez pas compte, mais réfléchissez bien à votre motivation. Vous souhaitez du bonheur à votre fils, et vous posez comme condition de ce bonheur une page spirituellement vierge ; mais rendez-vous compte que la page vierge est l’œuvre de votre refus de faire des efforts, une mise en danger de votre enfant, une démission sous des motifs romantiques et immatures.
J’ai aussi la nette impression que sur ce chapitre personne ne vous convaincra, parce que vous ne voulez pas voir, malgré votre l’avis de votre épouse dont vous savez pourtant intérieurement que c’est le bon, -parce qu’il est prudent, obéissant à la religion et empressé de faire découvrir à un enfant- corroboré à 100% par tous les avis déposés sur ce fil. Vous pouvez toujours argumenter que ce n’est pas une raison suffisante pour avoir raison, mais ça, ça vous regarde.
Ce que vous ne ferez pas découvrir à un enfant, vous laissez à votre enfant un gros risque de ne jamais le découvrir. Lui refuser le sacrement du baptême alors que vous connaissez Dieu et ses commandements est un péché d’orgueil, de refus d’obéir à Dieu. Lui refuser l’accès au catéchisme par méfiance de ce que les catéchistes pourraient dire ou faire de travers est un manque de considération de l’autre, un complexe de supériorité. Le problème ce n’est pas la religion, ou ces soit-disantes personnes religieuses ou catéchistes qui n’ont jamais rencontré Dieu (qu’en savez-vous, vous y êtes dans ces personnes, dans tous les événements de leur vie qui leur ont appris à vivre et à se mettre si charitablement au service des autres, de votre famille en particulier, alors qu’elles ne vous doivent absolument rien !?), le problème c’est le regard rigide, supérieur et hautain que vous jetez sur tout ce qui vous entoure…