(> Nosiared :
si le malentendu vient de ma façon de m'exprimer au départ, alors autant pour moi, ça m'arrive de temps en temps. Prenez ma dernière réponse comme la plus aboutie et la plus réfléchie : oui, c'est un film qui vaut le coup d'aller voir, si on s'intéresse aux beaux paysages imaginaires recréés par des prouesses techniques, et, non, il n'y a pas faute morale à aller le voir, même si celui qui l'a réalisé est par ailleurs assez naïf/idiot/malintentionné pour avoir donné ses sous à des projets malhonnêtes, et à condition de savoir faire la part des choses entre qualités de la forme et indigence du fond. :-)
> Bah, les incohérences, en soi, ne me posent pas trop de problème, finalement. Chercher absolument à expliquer "techniquement" tous les détails d'un monde imaginaire, en général, ça casse tout (plus beau casse-gueule en date dans ce domaine : l'épisode de la "guerre des étoiles" qui tente de donner une explication "scientifique biologique" à "la Force").
Ce serait plutôt le simplisme - jusqu'à la lourdeur - des personnage, qui me pose problème et me gâche en partie le plaisir (bon, surtout le colonel-général-amiral, il faut bien le dire).
On dirait presque des répliques de la rubrique-à-brac, tellement c'est gros... il manquait plus que "quelqu'un a retrouvé mes gants en peau de bébé phoque ?" et "allez, les gars, butez moi ça et on rentre à la maison, mon yop va refroidir".
(ou encore "baah, j'aime pas les bébés chats, sauf pour me faire des moufles").
Il aurait fallu une psychologie des militaires reprise de "La ligne Rouge", et cela aurait donné quelque chose de beaucoup plus intéressant.
- [+] Texte masqué
- (et pourquoi pas une fin reprise de "Mission" - pour ça, suffirait juste de sabrer plusieurs minutes en ramenant la fin au moment le plus tragique... hm...)
. Je ne dirais pas la même chose à propos de la "3D". Je l'ai trouvé bien exploitée (sans doute pas autant que ce que pourrait donner cette technique, soit), et permettant une finesse de détails étonnante...
. Pour ce qui est du panthéisme, ça, faut avouer que c'est dans l'air du temps.
Dire qu'on croit en Dieu, c'est d'un ridicule achevé, mais expliquer que les graines-de-pissenlit-méduses sont un message de la déesse mère terre arbre nous expliquant qu'il faut vivre en slip et devenir copains avec les oiseaux, ça fait pleurer dans les chaumières. oué. C'est comme ça.
Accessoirement, tout ça joue directement sur les sentiments sans passer par la case réflexion, à tel point que les spectateurs seront capables de ressentir une aversion profonde pour les méchants américains (oui, terriens, mais, bon, vachement américains tout de même) qui abîment la nature, et une aspiration profonde à la communion totale avec les écureuils,
et dans le même temps, l'air de rien, sans y penser, comme un seul Homme, tous jeter par terre dans le cinéma leur petite lingette fournie à l'entrée pour nettoyer les lunettes...
En gros, toute "religiosité" confortable qui permet de donner de temps en temps un "sentiment de quelque chose" assez vague pour n'être aucunement contraignant, et sans aucun impératif associé de quelque sorte que ce soit, est à la mode.
Donc, panthéisme de carnaval (c'est à dire que je doute fort que les personnes présentes ont fait l'effort, depuis, de songer, chaque fois qu'ils mangent un steak, à l'animal dont il est issu, et de le remercier de leur fournir leur subsistance) (alors que c'est quand-même justement l'apport intelligent du panthéisme : la conscience du lien avec la création),
religions orientales remasterisées à l'hédonisme européen (on adopte volontiers la croyance dans a réincarnation... mais sans comprendre la malédiction, le désespoir et la résignation que c'est censé être à l'origine dans ces religions),
etc...
On pourra remarquer aussi que, quand on vit tout nu en slip dans les bois en communion avec la nature,
il est apparemment bien vu, naturel et parfaitement compréhensible, de demander à tout nouveau venu, avant son intégration complète dans la tribu, de faire l'effort d'apprendre à connaître et à aimer sa nouvelle culture, à en adopter les us et coutumes, et à faire preuve de bonne volonté.
Personne dans l'assistance ne s'est dit, je crois "ah, bouh, mais quels ignobles racistes, ces putains de schtroumpfs" (à part le colonel, évidemment, mais lui ça compte pas).
Enfin, c'est là un autre débat.
Et puis, bon, de même, visiblement le mysticisme a la cote contre le pragmatisme terre-à-terre matérialiste... mais dans la vraie vie les rôles s'inversent, et si le pape dit quelque chose à l'encontre d'une société matérialiste et hédoniste vautrée dans son propre confort jusqu'à la destruction de ce (ceux) qui s'y oppose(nt),
on lui rit au nez et ce n'est plus qu'un vieux schnlock qui n'aurait rien compris au monde moderne.
Peut-être que s'il se peint en bleu ça marchera mieux, après tout.