Pourquoi ce déchaînement contre l'Eglise catholique ?
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Re: Pourquoi ce déchaînement contre l'Eglise catholique ?
Bonjour à tous,
A la question posée : « Pourquoi ce déchainement contre l’église catholique ? », je pense avoir un début de réponse relativement simple.
L’objectif de l’église est de nous rendre « meilleurs ». Elle nous guide donc avec des percepts et nous oriente dans tel ou tel direction. L’Eglise prône des valeurs humaines et morales forte. Il en résulte une prise de position, qui sur l’avortement, qui sur l’homosexualité, sur la violence, sur l’éducation, sur la sexualité, la musique… En bref, sur la plupart des sujets du quotidien des citoyens que nous sommes.
Pourquoi pas ? Car il est vrai que l’Eglise a cette mission de nous guider dans notre quotidien et nos actions. Mais là ou le bas blesse, c’est quand le guide ne semble pas respecter lui-même les préceptes qu’il prône. Le citoyen lambda entend donc aujourd’hui une Eglise qui défends des valeurs mais voit aussi que ces même valeurs semblent être bafouées au sein même de son organisation, la pédophilie et ce qui en découle en étant la partie la plus visible, de la protection des fautif a sein de l’Eglise au silence de plomb durant des années sur le sujet.
Bref, le lambda se dit que l’Eglise est quand même sacrément gonflée de juger sa façon de vivre, de lui parler de tel ou tel chose, en lui disant que c’est mal, que c’est un peché, alors que des choses terribles se passent en son sein.
Quand un enfant se rend compte que ses parents qu’il croyait parfait et dont les conseils avaient valeur de lois, ont fait et font encore des erreurs, font le contraire de ce qu’ils lui ont appris, cet enfant a, grosso modo, 2 attitudes extrêmes :
1) se rebeller contre ses parents qui ont trahis sa confiance
2) nier en bloque les fautes de ses parents.
Et voila ou nous en sommes, certains tirent à boulet rouge sur l’Eglise, d’autre nie l’évidence d’un décalage entre le message diffusé par l’Eglise et la réalité en son sein.
La bonne nouvelle dans tout ça ? C’est qu’un enfant aime ses parents, et que la virulence de ses propos est proportionnelle à son amour pour eux. Si le lambda n’était pas tant attaché à l’église, il s’en moquerai comme de sa première chemise. Rien n’est pire que l’indifférence.
Bien à vous.
A la question posée : « Pourquoi ce déchainement contre l’église catholique ? », je pense avoir un début de réponse relativement simple.
L’objectif de l’église est de nous rendre « meilleurs ». Elle nous guide donc avec des percepts et nous oriente dans tel ou tel direction. L’Eglise prône des valeurs humaines et morales forte. Il en résulte une prise de position, qui sur l’avortement, qui sur l’homosexualité, sur la violence, sur l’éducation, sur la sexualité, la musique… En bref, sur la plupart des sujets du quotidien des citoyens que nous sommes.
Pourquoi pas ? Car il est vrai que l’Eglise a cette mission de nous guider dans notre quotidien et nos actions. Mais là ou le bas blesse, c’est quand le guide ne semble pas respecter lui-même les préceptes qu’il prône. Le citoyen lambda entend donc aujourd’hui une Eglise qui défends des valeurs mais voit aussi que ces même valeurs semblent être bafouées au sein même de son organisation, la pédophilie et ce qui en découle en étant la partie la plus visible, de la protection des fautif a sein de l’Eglise au silence de plomb durant des années sur le sujet.
Bref, le lambda se dit que l’Eglise est quand même sacrément gonflée de juger sa façon de vivre, de lui parler de tel ou tel chose, en lui disant que c’est mal, que c’est un peché, alors que des choses terribles se passent en son sein.
Quand un enfant se rend compte que ses parents qu’il croyait parfait et dont les conseils avaient valeur de lois, ont fait et font encore des erreurs, font le contraire de ce qu’ils lui ont appris, cet enfant a, grosso modo, 2 attitudes extrêmes :
1) se rebeller contre ses parents qui ont trahis sa confiance
2) nier en bloque les fautes de ses parents.
Et voila ou nous en sommes, certains tirent à boulet rouge sur l’Eglise, d’autre nie l’évidence d’un décalage entre le message diffusé par l’Eglise et la réalité en son sein.
La bonne nouvelle dans tout ça ? C’est qu’un enfant aime ses parents, et que la virulence de ses propos est proportionnelle à son amour pour eux. Si le lambda n’était pas tant attaché à l’église, il s’en moquerai comme de sa première chemise. Rien n’est pire que l’indifférence.
Bien à vous.
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etienne lorant
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Re: Pourquoi ce déchaînement contre l'Eglise catholique ?
Pyo a écrit :Je pense que ces attaques se comprennent assez facilement: nos médias, nos politiques, notre "élite" intellectuelle occidentale se veut la plus morale, la plus progressiste, celle qui ira expliquer aux 4 coins du monde quelles sont les positions qu'il faut avoir sur tout un tas de sujets (la Cour Européenne des droits de l'homme en est un bel exemple); et elle ne supporte pas l'idée qu'un homme dont le pouvoir de chef d'état se limite à moins d'un kilomètre carré, puisse prêcher une autre morale et trouver des échos dans le monde entier. Quelle plus grande insulte pour nos grands moralisateurs que de se voir opposer une autre morale que celle qu'ils prêchent!
Alors ils tentent de déstabiliser en permanence l'influence du Pape. En ne l'évoquant à travers les "scandales" qu'il susciterait. En passant sous silence les grands moments catholiques, ou y accolant systématiquement un point négatif (le Pape a du succès en Afrique mais il est contre le préservatif; les chrétiens fêtent Pâques mais le scandale des pédophiles ternit ce moment; etc.)
Malheureusement pour eux, le Pape et l'Eglise n'étant pour les chrétiens ni une marque de chocolat, ni une autorité politique, ni un groupe à la mode, il ne suffit pas de les dénigrer publiquement pour que la Foi disparaisse. Je pense que c'est ce qui les fait enrager: cette idée que quoiqu'on dise de négatif sur les chrétiens et l'Eglise, la Foi dépasse ces questions; et bon an mal an, malgré les polémiques, je n'ai jamais entendu un catholique me dire qu'il cessait de l'être ou d'aller à l'église de ce fait. Et je n'ai, à Toulouse, jamais vu autant de monde pour la procession du Vendredi Saint. Quant aux catéchumènes, ils sont comme chaque année plus nombreux ...
Merci pour cet avis. C'est vrai, les catholiques ne sont guère touchés par toutes ces attaques dans les media. Mais au contraire , celles-ci renforcent l'attachement à l'Eglise. Et toute cette contre-publicité finit par "réveiller" certaines consciences qui ont déjà, dans le siècle, "tout vu et tout essayé".
Aussi longtemps que çà en reste au niveau des insultes, peu importe. Mais si l'on s'en prenait pysiquement à la personne du Pape, alors là ...
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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pajaro
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Re: Pourquoi ce déchaînement contre l'Eglise catholique ?
Etienne, la vous marquez un point, ces attaques continues envers l'Église de ces dernières semaines renforcent l'attachement des fidèles à l'Église. Par exemple, durant Pâques, nous avons pu voir au Mexique, des foules de gens se rendant à la Messe, c'est un phénomène qui n'avait pas été observé depuis de nombreuses années, et tout cela, parce que les gens au Mexique ont confiance en leurs prêtres, et aussi par signe de désapprobation de ces attaques récentes envers le clergé et l'Église entière.
A quien Dios quiere hacer muy santo, lo hace muy devoto de la Virgen María.
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Cinci
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Re: Pourquoi ce déchaînement contre l'Eglise catholique ?
Enchérir sur le mot de Papillon :
Oui, vous avez bien raison. En soi, comme jusqu'à certain point (comme chaque fois que c'est justifié), l'Église catholique doit bien assumer et comme prendre sur elle les fautes, erreurs de jugement de plusieurs. Disons, quand le pape lui-même irait ''sermoner'' des évêques en Irlande par exemple (ce qu'il aura bien fait de faire d'ailleurs) mais alors, tout pape qu'il est, il lui faut bien aussi prendre à son compte l'imperfection de ses frères évêques. Puis je crois qu'il le fait. Ainsi, il ne se trouvera pas de persécutions dans le fait que d'autres (quand ils seraient anti-catholiques au départ) auraient voulu soulever la question de l'existence d'un mal dans le sein-même de la communauté catholique. J'ajoute : c'est bien ce qui devrait différencier l'Église d'un groupe de purs et jamais responsable de rien en fait de péchés (et donc pour qui le pardon n'aurait pas lieu d'être), ou d'un égomaniac qui protesterait que le péché serait le genre de chose qui ne devrait jamais pouvoir l'affecter.
À part ça, je sais bien que beaucoup ne seront pas très charitables (un euphémisme) et comme porteurs d'un biais négatif accentué vis à vis l'Église catholique, qui fait que la caballe pourrait outrepasser le raisonnable quant à la portée de ce que l'on voudra soi-même trouver dans les choses. Une blessure d'ordre émotionnelle mais c'est ce que ça produit la plupart du temps. On en voit plus très clair.
Mais reste :
P.S. Je finis d'écrire et puis au moment d'envoyer j'aperçois le lien pour l'article de rue89. Après avoir pris connaissance, je contresignerais des deux mains cet article. Comme : « Les cris et les invectives viennent d'ailleurs, de ceux qui s'improvisent accusateurs publics et rêvent de faire eux-mêmes justice.» Oui, il y a de ça. Merci.
comme :En fait, et c'est là que je veux en venir, ce n'est pas "ça" que les gens en général on du mal à pardonner à l'Eglise catholique, mais plutôt la façon dont l'Eglise a réagi à ce problème.
Tout à fait d'accord.Alors de présenter aujourd'hui l'Eglise comme une victime persécutée, je ne crois pas que ce soit opportun, en fait je ne sais pas si c'est défendable ou non, mais chose certaine , ça n'émeut personne...
Oui, vous avez bien raison. En soi, comme jusqu'à certain point (comme chaque fois que c'est justifié), l'Église catholique doit bien assumer et comme prendre sur elle les fautes, erreurs de jugement de plusieurs. Disons, quand le pape lui-même irait ''sermoner'' des évêques en Irlande par exemple (ce qu'il aura bien fait de faire d'ailleurs) mais alors, tout pape qu'il est, il lui faut bien aussi prendre à son compte l'imperfection de ses frères évêques. Puis je crois qu'il le fait. Ainsi, il ne se trouvera pas de persécutions dans le fait que d'autres (quand ils seraient anti-catholiques au départ) auraient voulu soulever la question de l'existence d'un mal dans le sein-même de la communauté catholique. J'ajoute : c'est bien ce qui devrait différencier l'Église d'un groupe de purs et jamais responsable de rien en fait de péchés (et donc pour qui le pardon n'aurait pas lieu d'être), ou d'un égomaniac qui protesterait que le péché serait le genre de chose qui ne devrait jamais pouvoir l'affecter.
À part ça, je sais bien que beaucoup ne seront pas très charitables (un euphémisme) et comme porteurs d'un biais négatif accentué vis à vis l'Église catholique, qui fait que la caballe pourrait outrepasser le raisonnable quant à la portée de ce que l'on voudra soi-même trouver dans les choses. Une blessure d'ordre émotionnelle mais c'est ce que ça produit la plupart du temps. On en voit plus très clair.
Mais reste :
Ce peut être là le bon exemple d'un mauvais travers. Puis c'est décevant. Il est de très forte chance qu'il y aura pu se trouver de cela pour entrer ''un peu'' dans le calcul de plusieurs évêques. Le cas échéant : c'est un manque de fidélité à l'Église en réalité. Mais est-ce absolument scandaleux ? Non. Parce que c'est déjà dans la pensée de l'Église catholique, le fait que des évêques (même des évêques) peuvent toujours manifester des erreurs. On le sait : décevant, fâcheux, dommageable et tout. Non pas scandaleux au point de nécéssité la disparition de l'Église ou sa mise au ban de la société. Prendre l'Église comme la lie de la société ou le crime organisé. C'est ce dernier truc qui n'a pas de sens.Dans la lettre que l'évêque Windle adresse à Carlo Curis, en réaction à ces révélations, on lit clairement que sa préoccupation première est que cette affaire ne 'sorte' pas.
Ce qui était important, c'était l'image, le prestige de l'Eglise, qu'il fallait protéger à tout prix!
P.S. Je finis d'écrire et puis au moment d'envoyer j'aperçois le lien pour l'article de rue89. Après avoir pris connaissance, je contresignerais des deux mains cet article. Comme : « Les cris et les invectives viennent d'ailleurs, de ceux qui s'improvisent accusateurs publics et rêvent de faire eux-mêmes justice.» Oui, il y a de ça. Merci.
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Cinci
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Re: Pourquoi ce déchaînement contre l'Eglise catholique ?
Openmind :
Et voilà !1) se rebeller contre ses parents qui ont trahis sa confiance
2) nier en bloque les fautes de ses parents.
Et voila ou nous en sommes, certains tirent à boulet rouge sur l’Eglise, d’autre nie l’évidence d’un décalage entre le message diffusé par l’Eglise et la réalité en son sein.
Re: Pourquoi ce déchaînement contre l'Eglise catholique ?
Mais ce décalage a toujours été et ce décalage est NÉCESSAIRE. Car en quoi le chrétien se trouve-t-il appelé à la conversion s'il n'y a aucune distance d'établie entre ce qu'il croit et ce qu'il vit? Nous avons besoin de cette distance, c'est elle qui appelle au dépassement, qui nous rappelle notre besoin de salut, qui nous fait entrer en nous-mêmes pour constater notre vide et nous faire ensuite nous retourner vers Dieu. La distance entre la doctrine et le vécu est essentiel au déblaiement nécessaire pour laisser passer le Souffle de l'Esprit...
Comme un petit enfant, moi aussi, je veux me laisser prendre dans les bras de Dieu, mon Père en Jésus-Christ, me laisser asseoir sur ses épaules, et voir enfin, devant moi, au loin, s'élargir mes horizons.
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Cinci
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Re: Pourquoi ce déchaînement contre l'Eglise catholique ?
C'est une bonne remarque, Nosiaréd. C'est vrai.
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jean_droit
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Re: Pourquoi ce déchaînement contre l'Eglise catholique ?
Article intéressant signalé par le Salon Beige :
http://commentaires.blog.24heures.ch/ar ... astre.html
Début de l'article :
L’Eglise catholique face au désastre
L’acharnement dont fait l’objet l’Eglise catholique, suite aux révélations d’abus pédophiles qui se multiplient en cascade, a quelque chose de suspect. Comme si on voulait aller bien au-delà de l’objet du scandale, et viser l’institution elle-même, et son chef, Benoît XVI.
Le fait est que toutes sortes de groupes et de mouvements ont intérêt à en rajouter. On trouve des gens animés par un vieux fond d’anticléricalisme désuet, des intégristes de l’athéisme toujours aussi agressifs, et des médias qui se complaisent dans le registre destructeur, convaincus que toute autorité est par essence malfaisante. C’est comme si l’on voulait jeter le discrédit non pas sur quelques individus dévoyés, mais sur l’institution toute entière, et ceux qui la servent. Tous pédophiles?
Il faut tout de même remettre l’église au milieu du village, si on ose cette expression. Dans la société, le 99,9 % des pédophiles ne sont pas des prêtres, mais des citoyens lambda d’apparence respectacle, honnêtes travailleurs, voire bons pères de famille qui, dans la plupart des cas, abusent d’enfants qui leur sont apparentés. On le sait, la majorité des abus sexuels sur des enfants se produit dans le cadre familial. Ainsi, il y a infiniment plus de “tontons abuseurs” que l’Eglise catholique n’a connu de prêtres dans toute son histoire. Donc, méfions-nous de l’effet médiatique grossissant, qui stigmatise la pointe de l’iceberg et ignore tout le reste. Il n’en reste pas moins, faut-il le dire, que les abus commis par un détenteur d’autorité, qui plus est morale, sont d’une gravité particulière, puisque la victime est en état de sujétion ou de dépendance, et croit pouvoir faire confiance.
Curieusement, si les médias “mettent le paquet” pour recueillir – ou susciter – les témoignages et les dénonciations de prêtres pédophiles, ils s’intéressent beaucoup moins aux abus qui sont commis dans d’autres institutions religieuses, comme les écoles coraniques ou les monastères bouddhistes. Etonnant, non? Chaque année, dans ces institutions, des milliers de gamins, venant souvent de milieux très pauvres, sont “pris en charge” par des adultes qui ne sont pas tous de purs esprits. Or curieusement, on ne parle jamais de cela. Sans doute l’enquête journalistique est-elle trop difficile, mais plus vraisemblablement, il est probable que le scandale ne prendrait pas.
http://commentaires.blog.24heures.ch/ar ... astre.html
Début de l'article :
L’Eglise catholique face au désastre
L’acharnement dont fait l’objet l’Eglise catholique, suite aux révélations d’abus pédophiles qui se multiplient en cascade, a quelque chose de suspect. Comme si on voulait aller bien au-delà de l’objet du scandale, et viser l’institution elle-même, et son chef, Benoît XVI.
Le fait est que toutes sortes de groupes et de mouvements ont intérêt à en rajouter. On trouve des gens animés par un vieux fond d’anticléricalisme désuet, des intégristes de l’athéisme toujours aussi agressifs, et des médias qui se complaisent dans le registre destructeur, convaincus que toute autorité est par essence malfaisante. C’est comme si l’on voulait jeter le discrédit non pas sur quelques individus dévoyés, mais sur l’institution toute entière, et ceux qui la servent. Tous pédophiles?
Il faut tout de même remettre l’église au milieu du village, si on ose cette expression. Dans la société, le 99,9 % des pédophiles ne sont pas des prêtres, mais des citoyens lambda d’apparence respectacle, honnêtes travailleurs, voire bons pères de famille qui, dans la plupart des cas, abusent d’enfants qui leur sont apparentés. On le sait, la majorité des abus sexuels sur des enfants se produit dans le cadre familial. Ainsi, il y a infiniment plus de “tontons abuseurs” que l’Eglise catholique n’a connu de prêtres dans toute son histoire. Donc, méfions-nous de l’effet médiatique grossissant, qui stigmatise la pointe de l’iceberg et ignore tout le reste. Il n’en reste pas moins, faut-il le dire, que les abus commis par un détenteur d’autorité, qui plus est morale, sont d’une gravité particulière, puisque la victime est en état de sujétion ou de dépendance, et croit pouvoir faire confiance.
Curieusement, si les médias “mettent le paquet” pour recueillir – ou susciter – les témoignages et les dénonciations de prêtres pédophiles, ils s’intéressent beaucoup moins aux abus qui sont commis dans d’autres institutions religieuses, comme les écoles coraniques ou les monastères bouddhistes. Etonnant, non? Chaque année, dans ces institutions, des milliers de gamins, venant souvent de milieux très pauvres, sont “pris en charge” par des adultes qui ne sont pas tous de purs esprits. Or curieusement, on ne parle jamais de cela. Sans doute l’enquête journalistique est-elle trop difficile, mais plus vraisemblablement, il est probable que le scandale ne prendrait pas.
Re: Pourquoi ce déchaînement contre l'Eglise catholique ?
Bonjour Jean,
Oui, cet acharnement a quelque chose de proprement de "diabolique" à la fois dans sa hargne et dans sa falsification de la vérité.
Le Christ nous avait prévenu que, tout comme lui fut haï par le monde, nous le serions nous aussi. C'est dur, c'est crucifiant mais il n'y a pas de raison que nous soyons épargnés alors que Notre Seigneur ne l'a pas été.
Bien à vous,
Oui, cet acharnement a quelque chose de proprement de "diabolique" à la fois dans sa hargne et dans sa falsification de la vérité.
Le Christ nous avait prévenu que, tout comme lui fut haï par le monde, nous le serions nous aussi. C'est dur, c'est crucifiant mais il n'y a pas de raison que nous soyons épargnés alors que Notre Seigneur ne l'a pas été.
Bien à vous,
« Dieu fournit le vent. A l'homme de hisser la voile. » (Saint Augustin)
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etienne lorant
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Re: Pourquoi ce déchaînement contre l'Eglise catholique ?
De toute manière, par ce biais, ce n'est pas l'Eglise, ni les fidèles, ni le Pape qui seront mis à mal, mais le Christ, notre frère recrucifié. Oh, bien sûr, moi, je ne suis pas pédophile, c'est pas moi, mais moi, j'ai épousé une femme après avoir roulé l'Eglise et les fidèles, et les autres mariés, durant toute la durée de mon sacerdoce. Et puis, je l'ai crié aux media - n'est-ce pas M. l'abbé Schobbens ?
Croit-il vraiment qu'il échappera au jugement ?
http://xavier-van-dieren.blogspot.com/2 ... -mari.html
Croit-il vraiment qu'il échappera au jugement ?
http://xavier-van-dieren.blogspot.com/2 ... -mari.html
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Re: Pourquoi ce déchaînement contre l'Eglise catholique ?
Nul n'a dit cela. Bien sûr que les actes sont véridiques et atroces, là question n'est pas là.visiteurintrigué a écrit :Que les reproches faits à l'Eglise en matière de dissimulation d'affaires de pedophilie seraient pure invention médiatique ?
Cependant, l'acharnement des media consiste :
1- A faire rejaillir le doute sur TOUS les prêtres, alors que certaines statistiques tendent à montrer que la classe sacerdotale est moins touchée que d'autres (membres de la famille, instituteurs, etc.). Ca n'est pas juste envers l'écrasante majorité des prêtres qui n'ont rien fait.
2- A jeter le discrédit sur l'Église tout entière alors qu’il ne s’agit que de la faute d’une infime minorité de ses membres. Nous avons même vu des media dire des mensonges sur les mesures prises par l’Église pour tenter de les discréditer.
3- A attaquer personnellement le pape tant que faire se peut.
Les actes pédophiles sont atroces, cela va de soi. Encore plus lorsqu'il s'agit de prêtres. Mais il faut faire preuve d’objectivité. S'attaquer à l’institution dans son ensemble pour les fautes de certains de ses membres qui, en agissant de la sorte s’écartent de la morale de l’Église, n’est pas juste.
On demande donc aux media l’objectivité et la vérité.
Les pouvoirs publics que vous encensez fermaient les yeux, dans les années 70, sur toute la littérature et les revendications pédophiles alors que l'Église, justement, s'y opposait par sa morale.visiteurintrigué a écrit :Si les pouvoirs laïques ou les medias n'avaient pas réagi(rapport sur les maltraitances et viols en Irlande), l'Eglise aurait-elle réagi d'elle même ?
Malheureusement, et c'est bien triste, la reponse est evidemment : Non !
Des magazines comme Le Monde ou Libération faisaient l’éloge d’auteurs ouvertement en faveur de la pédophilie. L’aversion pour la pédophilie ne date que des années 90...
Durant cette période de libération sexuelle et de remise en cause de la morale traditionnelle, nombre de prêtres ont défroqué. D’autres ont cédé à des pulsions que plus rien ne semblait devoir retenir. De fait, la majorité des cas de pédophilies chez les prêtres (ou les religieux) ont eu lieu à cette période. Mais ils l'ont fait en s'écartant de la morale de l'Église. Ils ont cédé aux sirènes d'un monde qui refusait toute morale.
L'Église, c'est vrai, n'a pas pris la mesure de ce phénomène nouveau, bien qu'elle l'ait toujours condamné. Est-ce à dire qu’elle n’en aurait jamais pris conscience seule ? Bien prétentieux celui qui croit pouvoir réécrire l’Histoire.
N’avez-vous pas l’impression de tout mélanger ? Si l’Église avait encouragé la pédophilie pour ensuite se rétracter devant l’opinion, j’aurais été d’accord avec vous. Si l’Église avait ouvertement dit à ses évêques de dissimuler ces crimes, j’aurais aussi été d’accord.Mais ne s'est-elle pas totalement disqualifiée en couvrant les actes de meours les plus ignobles ?
Comment peut-elle ensuite préconiser en matiere de moeurs ? Qui peut y faire confiance ?
Mais ce n’est pas le cas : la morale de l’Église a toujours condamné ces agissements et l’Église n’a pas cherché à les dissimuler (certains évêques oui, l'Église prise comme institution non).
C’est un amalgame classique que de faire retomber la faute des évêques ayant couvert les prêtres pédophiles sur tout l’Église. Mais ce n’est pas juste. Le seul reproche que vous pouvez faire à l’Église en tant qu'institution, c’est celui d’avoir tardé à prendre vraiment conscience de la gravité du phénomène (phénomène en grande partie liée avec la libération des mœurs des années 70). Mais par quel tour de passe-passe cela reviendrait à dire que la morale de l’Église n’est pas valide ?
Encore une fois, les prêtres pédophiles sont une infime minorité. Bien plus infime que les pères pédophiles, les instituteurs pédophiles ou autres. Il n’est donc pas juste de condamner la morale de l’Église alors que ceux qui ont agi ainsi s’en sont profondément écartés.
Cordialement,
« Dieu fournit le vent. A l'homme de hisser la voile. » (Saint Augustin)
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jeanbaptiste
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Re: Pourquoi ce déchaînement contre l'Eglise catholique ?
Oui il est bon que le rapport soit paru. Il est bon que la presse en parle, et il est bon que tout cela ne reste pas sous silence.Donc, je vous pose la question : Est-ce bien que ce rapport du gouvernement irlandais soit paru ? que la presse en ait parlé et interrogé l'Eglise ? ou auriez-vous préféré que tout cela reste sous silence ?
Seulement :
1) il y a une différence entre révéler une affaire et faire du tapage médiatique (user de la souffrance des victimes et de la compassion des citoyens envers elles pour vendre du papier)
2) il y a une différence entre révéler des affaires et user de ces affaires pour faire des attaques ciblés contre un homme (ici Ratzinger) qui n'est manifestement coupable de rien dans ces affaires.
Cela montre bien que vous connaissez ces affaire qu'à partir de la déformation médiatique que nous avons subis.Que ce serait-il passé à votre avis ? L'Eglise aurait-elle pris des mesures pour protéger les enfants ? Qu'est-ce qui l'empêchait de le faire avant ?
Dès 2001 Ratzinger appelait à une plus grande rigueur dans le traitement de ces affaires (rappelé dans son discours qui a suivis son intronisation), il n'a pas attendu d'être sous le feu des médias.
Ensuite, l'affaire irlandaise est connue depuis un certains temps par la justice civile et par l'Église. Elle n'a été "révélée" par les médias que très récemment, cette affaire et quasiment toutes les autres, qu'afin de créer une accumulation de faits.
La plupart des cas exposés sont ou résolus (juridiquement), ou en voie de résolution depuis un bout de temps.
Vous avez une vision extraordinairement binaire du problème.
Oui, ces faits sont scandaleux et l'Église se doit d'être beaucoup beaucoup plus rigoureuse dans leur traitement (ce à quoi elle travaille très sérieusement).
Et non, cela ne justifie pas les lynchages médiatiques et l'acharnement contre Ratzinger que nous avons pu constater.
Enfin, rappelons que ces médias (Libération, Le Monde) furent les défenseurs, il n'y a pas si longtemps, de la cause pour la légalisation de la pédophilie, ont également protégés des journalistes pédophiles etc. Comment peuvent-ils se permettre d'être si arrogants ?
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Cinci
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Re: Pourquoi ce déchaînement contre l'Eglise catholique ?
Raistlin :
Je ne serais pas prêt d'affirmer que des inconduites de la part de membres du clergé ne remonteraient pas tellement plus loin que l'année 1968, Raistlin. Cette date butoir n'est qu'un exemple relatif à ce qui vient d'être dit. Je ne crois pas tellement qu'il puisse se trouver un lien si important entre les années ''Hip'' et le comportement ''déplacé'' de gens dans l'Église. On pourrait même penser le contraire : une facilité plus grande qu'il y aura eu pour des prêtres à quitter lors des sixties aurait bien plutôt permise à bien du monde de se libérer d'une situation qui, finalement, ne leur convenait guère. Un prêtre avec des tendances aurait bien plutôt vu là une bonne occasion de débarquer du sacerdoce avec ''les honneurs de la guerre'', tout en étant bien vu de la population. Il peut bien paraître y avoir plus de ''cas'' lors des trente ou quarante dernières années. C'est tout simplement parce que ''la cause'' est populaire de nos jours, puis là je parle de celle consistant à dénoncer des prêtres. On aurait pas vu ça il y a soixante ans.
Je réfléchis à toute cette histoire. Je pense vraiment qu'il pouvait se trouver une volonté dans l'Église catholique à ''négliger'' dans une large mesure des fautes commises ici et là par des membres du clergé. Mais en poussant un peu la réflexion l'on verrait que ce serait plus que les seuls membres du clergé mais les époux aussi (les laïcs donc) dans le cadre du sacrement du mariage. Je ne crois pas du tout - pour la problématique - qu'il en aura tenu rien qu'à cette raison triviale habituellement avancée par tout le monde dans cette histoire. Trop simple. Je ne crois ni à un complot de la part du clergé ni à une attitude foncièrement criminelle d'une part; de l'autre, pas davantage cette histoire de protéger juste l'image de l'institution et pour se réserver une impunité à tant vouloir mal faire ... Bof ! Bof ! ... NON. Le pape et des évêques auraient voulu protéger tant que cela jadis la sacro-sainte image, aurait-on été pour cela en 1700, en 1800 ou en 1900, mais qu'alors le pape aurait tout simplement livré en pâture quelques curés ici et là, tel que pour satisfaire la vindicte populaire et exactement comme on aurait sacrifier un hérétique de bon aloi. Et tout le monde eût été content. Si je m'appelais le prince de Machiavel comme tout le monde dans l'opinion soupçonne bien d'être le véritable prénom des papes : c'est ce que j'aurais fait depuis toujours.
Il en tenait bien plus à la nature du sacerdoce, je pense. Un mot : le sacrement. Imaginer un évêque d'il y a cent ans par exemple aller rompre les voeux d'un prêtre pour une raison d'inconduite morale ? Je croirais plutôt que l'Église s'en remettait à la bonne confession, la pénitence, les prières et tout. Et que ceci aura été le mode de gestion ecclésial privilégié dans les cas de péchés de la chair en général. Il en touche à ce qui est bien la conviction de l'Église à la base. La marche vers la sainteté n'excluant pas de devoir souffir les atteintes du mal et ni de devoir supporter le péché d'autrui. L'Église catholique n'aura jamais eu de toute son histoire une propension spéciale non plus à livrer des membres du clergé (des époux non plus d'ailleurs) à la justice civile, sauf en des cas considérés extraordinnairement graves. Il y a quelque chose là de structurel, culturel et historique. Le paternalisme, la famille.
Tant vouloir nous présenter quasiment l'ensemble des évêques comme une clique de requins, sans foi ni loi, uniquement intéressés à sauver la réputation de l'institution ... non, non ... ça cloche ... digne d'accusation stalinienne et de propagande soviétique ... ça jure trop avec un certain réalisme de la nature humaine. Il en transpire le bobard à plein nez, le slogan de combat.
Aussi, j'opte bien plus pour une transformation de mentalité dans la société civile, la nôtre, très actuelle, et qui se trouve en rupture ''philosophique'' d'avec la pensée religieuse, qu'il s'en trouve bien une cassure, une incompréhension totale de ce qui aura jamais pu être les motivations traditionnelles de l'Église. Il y a de l'huile qui fait défaut ici. Le paradigme de référence de nos bonzes laïques n'est pas celui de l'Église. Quelque chose ne communique plus. Ainsi, dans une espèce de rapport de force, en quelque sorte, c'est bien un certain pouvoir civil qui oblige présentement l'Église catholique à s'adapter, disons comme force la main des évêques à modifier un peu leurs politiques. Ce qui est défectueux dans tout cela : c'est le langage idéologique des opposants à l'Église et qui voudrait tant faire un crime ou une pensée criminelle ce qu'était la conception traditionnelle de l'Église. De tout temps le péché aura gêné n'importe qui, puis l'Église l'aura toujours condamné, le péché, le mal. Ce qui diffère mais c'est le mode de gestion lorsqu'on est au prise avec un pécheur et puis surtout dans le sein de l'Église. La société laïque, elle, elle ne participe pas du référent religieux qui est de l'ordre de la foi. Cette dernière société n'en peut donc qu'exiger une satisfaction d'ordre légale à la moindre conduite qui ne tourne pas rond. S'il est un conflit présentement mais c'en est un d'arrimage ou d'adaptation, soit comme de cohabitation entre l'Église et la société civile profane.
Quant à la pédophile : la compréhension de ce phénomème, de ce travers, elle aura variée dans le temps. C'est comme pour l'homosexualité. La perception d'un individu aux tendances pédophiles pouvait renvoyer, encore il n'y a pas si longtemps, comme simplement au fait d'une personne connaissant une faiblesse d'ordre morale et non pas comme le fait d'une maladie quasiment incurable. Le fait d'une compréhension différente d'un comportement et quant à ses causes réelles qu'on imaginera reste un facteur à ne pas négliger, quand on voudrait comprendre aussi la manière dont un clergé de jadis pouvait bien se comporter face à ça. On en dirait tout autant de l'alcoolisme : réprobation morale hier, l'exhortation alors à être plus vertueux, à se resaisir, mais tandis qu'est une compréhension sympathique le lendemain (aujourd'hui) et à charitablement comprendre qu'il s'agit bien plus d'une maladie physique, dysfonctionnement dans l'équilibre, etc.
Malsain (rien de chrétien non plus) : un tel débat mais si c'est pour vouloir nous faire des uns des ordures quasiment absolues tandis que d'autres devraient avoir un sens moral tellement plus fin et si aiguisé qu'on croirait presque voir des ailes leur pousser dans le dos. Le braquage manichéen : malsain, malsain ... irréaliste.
Rapport de force : une rivalité et une prétention à se croire moralement supérieur ou que l'approche employé dans son camp devrait être tellement mieux pour faire justice du mal. Et ici je songe aux batteries d'avocats voulant faire la guerre aux curés mais quand ces légistes dans l'âme penseraient que leur armature judiciaire vaudrait tellement, et pas du tout ce que l'Église aurait à dire. De fait, je pense qu'une collaboration serait plus profitable. Je pense que c'est la position d'un Benoit XVI aussi. L'Église devant bien se soucier des lois du pays dans laquelle elle se trouve, cependant que nos légistes se soucient sans doute de moins en moins de la position de l'Église, eux. C'est ce qui donne une couleur très âpre et violente à ce genre de débat.
Pour ma part, je désir mettre un bemol sur la remarque.Le seul reproche que vous pouvez faire à l’Église en tant qu'institution, c’est celui d’avoir tardé à prendre vraiment conscience de la gravité du phénomène (phénomène en grande partie liée avec la libération des mœurs des années 70).
Je ne serais pas prêt d'affirmer que des inconduites de la part de membres du clergé ne remonteraient pas tellement plus loin que l'année 1968, Raistlin. Cette date butoir n'est qu'un exemple relatif à ce qui vient d'être dit. Je ne crois pas tellement qu'il puisse se trouver un lien si important entre les années ''Hip'' et le comportement ''déplacé'' de gens dans l'Église. On pourrait même penser le contraire : une facilité plus grande qu'il y aura eu pour des prêtres à quitter lors des sixties aurait bien plutôt permise à bien du monde de se libérer d'une situation qui, finalement, ne leur convenait guère. Un prêtre avec des tendances aurait bien plutôt vu là une bonne occasion de débarquer du sacerdoce avec ''les honneurs de la guerre'', tout en étant bien vu de la population. Il peut bien paraître y avoir plus de ''cas'' lors des trente ou quarante dernières années. C'est tout simplement parce que ''la cause'' est populaire de nos jours, puis là je parle de celle consistant à dénoncer des prêtres. On aurait pas vu ça il y a soixante ans.
Je réfléchis à toute cette histoire. Je pense vraiment qu'il pouvait se trouver une volonté dans l'Église catholique à ''négliger'' dans une large mesure des fautes commises ici et là par des membres du clergé. Mais en poussant un peu la réflexion l'on verrait que ce serait plus que les seuls membres du clergé mais les époux aussi (les laïcs donc) dans le cadre du sacrement du mariage. Je ne crois pas du tout - pour la problématique - qu'il en aura tenu rien qu'à cette raison triviale habituellement avancée par tout le monde dans cette histoire. Trop simple. Je ne crois ni à un complot de la part du clergé ni à une attitude foncièrement criminelle d'une part; de l'autre, pas davantage cette histoire de protéger juste l'image de l'institution et pour se réserver une impunité à tant vouloir mal faire ... Bof ! Bof ! ... NON. Le pape et des évêques auraient voulu protéger tant que cela jadis la sacro-sainte image, aurait-on été pour cela en 1700, en 1800 ou en 1900, mais qu'alors le pape aurait tout simplement livré en pâture quelques curés ici et là, tel que pour satisfaire la vindicte populaire et exactement comme on aurait sacrifier un hérétique de bon aloi. Et tout le monde eût été content. Si je m'appelais le prince de Machiavel comme tout le monde dans l'opinion soupçonne bien d'être le véritable prénom des papes : c'est ce que j'aurais fait depuis toujours.
Il en tenait bien plus à la nature du sacerdoce, je pense. Un mot : le sacrement. Imaginer un évêque d'il y a cent ans par exemple aller rompre les voeux d'un prêtre pour une raison d'inconduite morale ? Je croirais plutôt que l'Église s'en remettait à la bonne confession, la pénitence, les prières et tout. Et que ceci aura été le mode de gestion ecclésial privilégié dans les cas de péchés de la chair en général. Il en touche à ce qui est bien la conviction de l'Église à la base. La marche vers la sainteté n'excluant pas de devoir souffir les atteintes du mal et ni de devoir supporter le péché d'autrui. L'Église catholique n'aura jamais eu de toute son histoire une propension spéciale non plus à livrer des membres du clergé (des époux non plus d'ailleurs) à la justice civile, sauf en des cas considérés extraordinnairement graves. Il y a quelque chose là de structurel, culturel et historique. Le paternalisme, la famille.
Tant vouloir nous présenter quasiment l'ensemble des évêques comme une clique de requins, sans foi ni loi, uniquement intéressés à sauver la réputation de l'institution ... non, non ... ça cloche ... digne d'accusation stalinienne et de propagande soviétique ... ça jure trop avec un certain réalisme de la nature humaine. Il en transpire le bobard à plein nez, le slogan de combat.
Aussi, j'opte bien plus pour une transformation de mentalité dans la société civile, la nôtre, très actuelle, et qui se trouve en rupture ''philosophique'' d'avec la pensée religieuse, qu'il s'en trouve bien une cassure, une incompréhension totale de ce qui aura jamais pu être les motivations traditionnelles de l'Église. Il y a de l'huile qui fait défaut ici. Le paradigme de référence de nos bonzes laïques n'est pas celui de l'Église. Quelque chose ne communique plus. Ainsi, dans une espèce de rapport de force, en quelque sorte, c'est bien un certain pouvoir civil qui oblige présentement l'Église catholique à s'adapter, disons comme force la main des évêques à modifier un peu leurs politiques. Ce qui est défectueux dans tout cela : c'est le langage idéologique des opposants à l'Église et qui voudrait tant faire un crime ou une pensée criminelle ce qu'était la conception traditionnelle de l'Église. De tout temps le péché aura gêné n'importe qui, puis l'Église l'aura toujours condamné, le péché, le mal. Ce qui diffère mais c'est le mode de gestion lorsqu'on est au prise avec un pécheur et puis surtout dans le sein de l'Église. La société laïque, elle, elle ne participe pas du référent religieux qui est de l'ordre de la foi. Cette dernière société n'en peut donc qu'exiger une satisfaction d'ordre légale à la moindre conduite qui ne tourne pas rond. S'il est un conflit présentement mais c'en est un d'arrimage ou d'adaptation, soit comme de cohabitation entre l'Église et la société civile profane.
Quant à la pédophile : la compréhension de ce phénomème, de ce travers, elle aura variée dans le temps. C'est comme pour l'homosexualité. La perception d'un individu aux tendances pédophiles pouvait renvoyer, encore il n'y a pas si longtemps, comme simplement au fait d'une personne connaissant une faiblesse d'ordre morale et non pas comme le fait d'une maladie quasiment incurable. Le fait d'une compréhension différente d'un comportement et quant à ses causes réelles qu'on imaginera reste un facteur à ne pas négliger, quand on voudrait comprendre aussi la manière dont un clergé de jadis pouvait bien se comporter face à ça. On en dirait tout autant de l'alcoolisme : réprobation morale hier, l'exhortation alors à être plus vertueux, à se resaisir, mais tandis qu'est une compréhension sympathique le lendemain (aujourd'hui) et à charitablement comprendre qu'il s'agit bien plus d'une maladie physique, dysfonctionnement dans l'équilibre, etc.
Malsain (rien de chrétien non plus) : un tel débat mais si c'est pour vouloir nous faire des uns des ordures quasiment absolues tandis que d'autres devraient avoir un sens moral tellement plus fin et si aiguisé qu'on croirait presque voir des ailes leur pousser dans le dos. Le braquage manichéen : malsain, malsain ... irréaliste.
Rapport de force : une rivalité et une prétention à se croire moralement supérieur ou que l'approche employé dans son camp devrait être tellement mieux pour faire justice du mal. Et ici je songe aux batteries d'avocats voulant faire la guerre aux curés mais quand ces légistes dans l'âme penseraient que leur armature judiciaire vaudrait tellement, et pas du tout ce que l'Église aurait à dire. De fait, je pense qu'une collaboration serait plus profitable. Je pense que c'est la position d'un Benoit XVI aussi. L'Église devant bien se soucier des lois du pays dans laquelle elle se trouve, cependant que nos légistes se soucient sans doute de moins en moins de la position de l'Église, eux. C'est ce qui donne une couleur très âpre et violente à ce genre de débat.
Re: Pourquoi ce déchaînement contre l'Eglise catholique ?
Nul n’a nié cela. Relisez mon message, je n’ai jamais nié les faits.visiteurintrigué a écrit :Tel est le résultat du rapport du gouvernement irlandais :
Les évêques
- ont effectivement dissimulé aux autorités les actes de pedophilie des prêtres
- ont puni les enfants qui osaient s'en plaindre
- ont laissé sur place ou déplacé dans une autre paroisse les pedophiles.
Dans les années 70 ? Oui. Je vous donnerais des sources si vous les désirez mais durant cette période de libération sexuelle, la pédophilie n’était pas du tout perçue comme de nos jours et certains auteurs – bien accueillis par la presse – en faisaient l’éloge.visiteurintrigué a écrit :Qu'insinuez-vous ? que la presse était favorable à la pedophilie ? C'est un crime, puni depuis longtemps.
Quant à « depuis longtemps », disons fin des années 80 / années 90.
Bien sûr, et c’est très bien. Mais par pitié, ne partez pas du principe que ce qui se passe aujourd’hui a toujours été la norme.visiteurintrigué a écrit :La justice punit les pedophiles qu'ils osient pasteurs, prêtres, animateurs de centre aérés civils ou autres.
Vous mélangez tout. Je croyais qu’il fallait s’en tenir aux faits ?visiteurintrigué a écrit :En effet, l'Eglise condamne la pedophilie, depuis longtemps. Mais force est de constater que au nom de son image, elle a choisi de laisser des enfants exposés à des pedophiles. Désolé, tel est le rapport du gouvernement irlandais et confirmé par l'archeveque et recemment par le pape.
Voici les faits : une infime minorité de prêtres et de religieux ont commis des actes pédophiles – contre les enseignements moraux de l’Église – et certains ont été couverts par leur hiérarchie.
Expliquez-moi donc par quel tour de passe-passe cela devrait mettre en cause la morale de l’Église ou l’Église dans son ensemble ? Le fait qu’il existe des instituteurs pédophiles doit-il rejaillir sur tout l’Éducation Nationale et semer le doute sur chaque instituteur ? Le fait que la grande majorité des actes pédophiles soient commis par des pères de famille ou des proches parents doit-il faire rejaillir le soupçon sur chaque père, chaque oncle, chaque famille ?
Mais non, pas du tout. Dites donc, pour quelqu’un qui disait plus haut qu’il fallait éviter les grandes tirades sur les intentions supposées, vous faites fort !visiteurintrigué a écrit :Vous faites ce que vous voulez, mais vos attaques contre les medias ou les pouvoirs publics acceditent completement qu'en fait vous en voulez plus aux medias qui en parlent, aux pouvoirs publics qui ont fait un rapport permettant d'arrêter ces crimes qu'à ceux qui les ont commis ou ceux qui les ont couvert !
Je reproche aux media (du moins certains) de déformer la vérité pour se servir de ces actes comme arme contre l’Église. L’Église est-elle irréprochable dans cette affaire ? Bien sûr que non, mais il convient de respecter la vérité pour ce qu’elle est. Et je ne suis pas le seul : voyez l’appel à la vérité signé par plus de 30 000 personnes dont nombre de non catholiques.
Les media sont partis dans une grande campagne anti-cléricale. Voilà que les actes pédophiles jettent le soupçon sur tous les prêtres, et qu’on pointe du doigt leur célibat (ce qui est une énorme idiotie). Voilà aussi qu’on s’attaque au pape en essayant d’accuser son frère, ou en interprétant les faits n’importe comment (cf l’affaire du prêtre à New-York du temps où Joseph Ratzinger était préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi).
Je ne suis bien évidemment pas contre la pleine lumière sur les faits. Cependant, je note que les media ne sont pas objectifs et qu’ils entrent en guerre contre l’Église. Ce fut le cas avec l’affaire Williamson, l’affaire Recife, l’affaire de Pie XII, le préservatif en Afrique, etc. A chaque fois – et je peux vous le prouver – les faits étaient soit déformés soit interprétés de manière à en faire une arme contre l’Église. Lorsqu’il s’agit d’actes pédophiles, j’ai le sentiment que c’est la même chose.
Un simple exemple : depuis 2001, l’Église a interdit que les prêtres pédophiles puissent recevoir l’absolution lors d’une confession (seul le pape peut la leur donner) avec ordre de faire remonter l’information, cela afin d’éviter que le linge sale soit lavé en famille et que Rome puisse réagir rapidement. Hé bien, figurez-vous que certains media ont trouvé le moyen de dire que c’était une façon de dissimuler les faits parce que la remontée de l’information devait se faire de façon confidentielle ! S’ils avaient été objectifs, ils auraient perçu que cette confidentialité n’était pas là par goût de la dissimulation, mais par respect du secret propre à la Confession, tout comme il y a un secret médical. C’est ce que j’appelle déformer un fait afin d’en faire une arme contre l’Église. Et ce n’est pas honnête.
Je n’ai rien dit de tel. Vous me prêtez des propos et des intentions qui ne sont pas les miens.visiteurintrigué a écrit :Donc, je vous pose la question : Est-ce bien que ce rapport du gouvernement irlandais soit paru ? que la presse en ait parlé et interrogé l'Eglise ? ou auriez-vous préféré que tout cela reste sous silence ?
Je n’en sais rien, je ne suis pas devin. Vous, par contre, vous avez l’air de savoir beaucoup de choses.visiteurintrigué a écrit :Que ce serait-il passé à votre avis ? L'Eglise aurait-elle pris des mesures pour protéger les enfants ?
Bref, la médiatisation de ces faits a-t-elle accéléré le processus ? Sans aucun doute et c’est salutaire. Mais il ne me semble pas très pertinent de prétendre que l’Église n’aurait jamais réagi par elle-même. Durant sa longue histoire, l’Église a été confrontée à d’autres genres de scandale (prêtres ou évêques ayant des maîtresses et des bâtards,...). Elle a bien réussi à limiter ces pratiques et à se réformer toute seule.
Hé bien, je pense que c’est le fait de ne pas avoir pris la mesure et la gravité du phénomène. Pourquoi ? Parce que c’était un phénomène nouveau et que, quoiqu’en dise Dan Brown, Rome n’a pas un garde suisse derrière chaque prêtre.visiteurintrigué a écrit :Qu'est-ce qui l'empêchait de le faire avant ?
Bien sûr, cette erreur de l'Église n'est pas une excuse. Mais ça permet de comprendre.
Je parlais de la société. Vous devriez faire l’effort de lire sérieusement ce que j’écris, ça pourrait aider à la discussion.visiteurintrigué a écrit :"L’aversion pour la pédophilie ne date que des années 90..." dites-vous ! que voulez-vous dire ? que finalement avant 1990 ca ne posait aucun probleme a l'Eglise ?
Merci de sous-entendre que je ne me pose pas les vraies questions.visiteurintrigué a écrit :Je comprends que l'attaque (des medias, des pouvoirs publics en l'occurence) soit la meilleure défense ... mais ne serait-ce pas plus digne de se poser les vraies questions ?
Depuis 2009, j’ai vu les media se déchaîner contre l’Église alors que ça n’était pas justifié. Avec cette nouvelle affaire des actes pédophiles, je constate simplement que celle-ci est à nouveau utilisée comme arme conte l’Église. Voyez notamment comment le débat se reporte à chaque fois sur le célibat des prêtres, comme si le fait d’être marié empêchait certains pères de famille de violer leur enfant (ce qui illustre bien la déformation de la vérité pour s’en servir contre l’Église).
Je ne dis pas que l’Église n’a commis aucune erreur, ni que ces actes étaient bénins. Je dis simplement que jeter le soupçon sur tous les prêtres à cause de la faute d’une minorité d’entre eux n’est pas juste. Je dis que vouloir accuser TOUTE l’Église pour les manquements d’une minorité de ses membres, fussent-ils évêques, n’est pas juste non plus. Je dis que mettre en cause la morale de l’Église pour des crimes qu’elle n’a jamais cautionnés est non seulement injuste mais aussi stupide.
Après, je suis d’accord pour dire que le Vatican doit prendre de vraies mesures pour empêcher cela. Ca a commencé depuis quelques années, et ça se poursuit.
Cordialement,
« Dieu fournit le vent. A l'homme de hisser la voile. » (Saint Augustin)
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