Cher Matthieu, chacun, dans ce cheminement (qui se fait bien souvent de nuit...) évolue évidemment aux rythmes de son désir, ses forces, faiblesses, tempérament, émotions...mais toujours dans la "douce pitié de Dieu" comme Bernanos aimait l'écrire.Petit Matthieu a écrit : Sommes nous donc condamner à connaître ces deux sentiments à chaque seconde de notre vie ? A ce moment précis je déteste, peu après j'aime cela.... Jamais de repos, jamais de quiétude, j'ai l'impression d'entrer dans un combat permanent, dans un bataille sans armes, sans volonté, sans envie.
Les souffrances et impatiences que vous rencontrez sont bien normales (et quasi...obligatoires me semble-t-il). Ce travail d'usure, cette mort progressive du vieil homme nous conduit cependant, au fil des arrachements, sacrifices, abandons, à une paix progressive.
Cette paix (donnée par l'Esprit Saint) vient aussi, la grâce aidant, de l'indulgence, de la patience, de la vraie compassion que nous exerçons peu à peu envers notre propre personne.
Je suis encore très faible et pécheur (et je tente de suivre plus ou moins fidèlement le Christ depuis une trentaine d'années déjà...) mais l'âge, les rencontres, les échecs de la vie (et les grâces de chaque instant aussi) m'apprennent de plus en plus ce merveilleux acquiescement à la volonté du Seigneur sur ma vie.
Un conseil : ne soyez pas saint "contre vous" pour plaire à Dieu (ou à ce que vous imaginez être son désir) : patience, patience, vous êtes entre ses mains (et bien au chaud dans ses paumes il se peut que vous étouffiez parfois et craigniez cette obscurité qu'il veut actuellement sur votre vie). Pas de panique : abandon, confiance. La sensibilité, les désirs, l'imagination ont beau nous faire souffrir, notre volonté peut pourtant s'abandonner au feu (douloureux...) de son amour : la paix naîtra de cet exercice maintes fois recommencé...
Que le Seigneur vous garde et vous comble de Sa Paix !
fraternellement,
Gilles
