Epsilon a écrit :Bonsoir philémon.siclone
A la question 1 … vous ne répondez pas sous prétexte que c’est « un texte religieux » … je ne comprend pas ???
Pour commencer, vous ne répondez pas non plus à mon texte précédent, que vous semblez avoir lu en diagonale, et dans lequel j'expose très précisément mon point de vue. Mais je vais tenter de répondre à vos questions. L'ensemble du récit parle des "enfants des prophètes", qui ne sont pas nécessairement des "enfants", cad mineurs comme nous l'entendons. Sauf que là, nous butons contre un problème de traduction, encore. Si je m'appuie sur la vulgate, en allant à Béthel, Elie et Elisée y rencontrent littéralement les "fils des prophètes". Le latin porte :
filii prophetarum et non
pueri. Il n'est donc absolument pas question d'enfants. En revanche, lorsqu'Elisée va seul à Béthel, il y rencontre bel et bien des "enfants", au vrai sens du terme, et même des "petits enfants", puisque le latin utilise l'expression :
pueri parvi. Quant à la BJ, qui ne suit pas la vulgate mais l'hébreux et la Septante, elle emploie une expression équivalente : "jeunes garçons", alors qu'auparavant elle parlait de "frères prophètes", pour empêcher sans doute toute confusion possible. Voilà, j'ai répondu à votre interrogatoire. Et ensuite ?
C’est « un texte religieux » effectivement mais d’une part il ne se veut pas QUE ça
Bien sûr que si. Les livres de la Bible n'ont pas d'autre fonction que religieuse.
et d’autre part il est bien question d’enfants … or ce terme est trop vague, pour pouvoir déterminer s’ils sont mineurs ou majeurs …
Il faut se garder de tout anachronisme. Dans l'antiquité, il n'y avait pas de notion de majorité ou de minorité au sens où nous l'entendons aujourd'hui. Par exemple, chez les anciens romains (j'ignore ce qu'il en était chez les Hébreux à l'époque d'Elisée), la toge virile se prenait suivant la décision du père aux environs de 17 ans, mais on pouvait se marier à 14 ans. Et encore une fois, qu'est-ce que cela change ?
et au regard de la suite tragique il me semble que c’est très important !!!
Bah, pourquoi... ? Il ne faut pas trop réfléchir avec des critères du XXIe siècle. L'enfant roi, c'est seulement depuis Françoise Dolto.
J’ose espérer qu’ils sont tous majeurs …
Mais pourquoi ? Et ça change quoi ?
et à mon avis ils le sont mais comme ceci n’est, pour vous, pas important pour cause que c’est un «
texte religieux » je ne vous dis pas pourquoi
Mais je vous explique pourquoi ce détail n'a pas d'importance dans le sens moral qui vous préoccupe : l'important n'est pas de s'apitoyer sur le sort de ces malheureux enfants, mais de comprendre
pourquoi il leur arrive un tel sort. Si vous voulez : d'accord, c'est bien triste ce qui leur arrive. Bon, et après ? On n'est pas plus avancé, une fois qu'on a dit ça.
A la question 2 ... vous ne répondez toujours pas vous retranchant dans votre « logique » d’un « récit/plan spirituel » … c’est grave et je dirais même très grave … car une faute ne peut-être imputée que si elle est commise en TOUTE CONNAISSANCE DE CAUSE … il faut donc que l’auteur de la faute aitune « parfaite conscience d’en faire une » … c’est l’éternel débat, entre autre, du PO si donc un « récit/plan spirituel » n’est pas à même dans fournir la preuve (ou de nous donner des éléments afin d’y arriver) c’est à se demander qu’est ce qu’il a de « spirituel » !!!
Parce qu'encore une fois, vous êtes concentré sur le sort des victimes, sans regarder tout le reste. Il ne s'agit pas de s'apitoyer ou de se réjouir de ce qui leur arrive, mais de comprendre la suite des évènements. D'abord un contexte : Béthel, ville associée au culte de Baal, avec dans les environs une confrérie de prophètes gravitant autour d'Elie. Lors de ses différents passages, accompagné d'Elisée, les "frères prophètes" annoncent à Elisée qu'Elie va être emporté. Ils les suivent même jusqu'au Jourdain. Autant dire qu'Elisée et Elile ne passaient pas inaperçus à Bethel comme à Jéricho. Les enfants de Bethel qui se moquent d'Elisée savent donc parfaitement ce qu'ils font et à qui ils ont affaire. Du moins, on peut le supposer avec de fortes probabilités.
Ils n'ont pour eux que l'excuse de l'âge. Mais est-ce une excuse valable, surtout à cette époque ? Franchement, je ne le crois pas. J'ai été jadis moi-même enfant (j'imagine que vous aussi), j'ai alors connu d'autres enfants, et j'en ai même connu par la suite (j'ai été enseignant), et je crois pouvoir affirmer de façon certaine que la saloperie morale n'est pas le propre de l'adulte, loin de là. Mais il est vrai que depuis Françoise Dolto, l'enfant est devenu un ange innocent et surprotégé, intouchable et sacré. Sommes-nous dans la vérité pour autant ? j'en doute beaucoup.
Mais ce n'est pas cela qui est important. Il y a de multiples autres passages dans les Ecritures où des personnages sont tués ou maudits pour des actes pour lesquels, a priori, on ne pouvait pas les soupçonner de mauvaise foi. Par exemple : le sacrifice de Caïn. Pourquoi n'est-il pas agréé ? Dieu est-il injuste ? L'Ecriture n'explique pas tout, afin de permettre différentes strates possibles d'interprétation.
Pour revenir aux enfants, ils se sont montrés insolents vis-à-vis de l'homme de Dieu, et cela suffit amplement à leur châtiment. S'appliquant aux enfants de Béthel, la rigueur de Dieu s'explique d'autant plus. On peut supposer, en outre, que leurs coeurs étaient extrêmement mauvais. Le fait d'être "mineurs" n'y change rien. "Les pensées de l'homme sont mauvaises depuis sa jeunesse." (Genèse).
A la question 3 : … bien que vous n’ayez pas répondu aux deux premières questions vous trouvez normal un tel « châtiment » au regard de leur « faute » … « faute » qui pour moi est une simple moquerie qu’Elisée a très mal pris pour des raisons qui lui sont propres (calvitie complète à un age encore jeune) … et pour cela vous dites « critères de l’an 2011 » … mais l’AT a beaucoup de « châtiments/repentances » qui sont graduels en fonction de la « fautes » commises … c’est un critère qui existait dés la plus haute antiquité notamment dans le Code d’Hammourabi.
Vous essayez de calquer sur Dieu un comportement humain, là encore. Si la Justice divine s'appliquait à l'humanité immédiatement, nous serions tous précipités en Enfer, à cause de nos péchés. Quand Dieu juge, ce n'est pas la même chose que lorsque l'homme juge.
A la question 4 … vous répondez un peu comme pour la 2 à savoir « qu’Elisée est désormais le prophète de Dieu » … il est « prophète » (parmi beaucoup d’autres) bien avant cet épisode dés qu’Elie « jette son manteau sur lui » en I Rois (19,19) … ici il se veut le « chef/aîné » des prophètes.
Et il l'est ! Dès l'ascension d'Elie, Elisée devient LE prophète de Dieu par excellence. Il est son successeur légitime, voulu, appelé et agréé par Dieu.
Comme il a fait d’autres miracles sans invoquer Dieu … la question est pourquoi ici il invoque Dieu … sinon pour nous dire qcqchose du genre : « ce n’est pas une vengeance personnelle et c’est à Dieu de voir ce qu’il y a lieu de faire » ??? conclusion !!!
A la question 5 … bon effectivement on s’éloigne … ce que je voulais dire c’est qu’Elisée se sert du miracle comme d’une arme … qu’il utilise pour exercer sa vengeance.
Personnellement, je ne vois pas où est la "vengeance". Encore moins la "vengeance personnelle". De par sa mission, Elisée est désormais tout dévoué à la cause de Dieu. Sa personne n'a plus aucune importance. Celui qui s'est donné à Dieu ne s'appartient plus, corps et âme. Et depuis que le double esprit d'Elie repose sur lui, tout ce qu'il fait lui est inspiré par Dieu.