La complémentarité des lectures chrétiennes et juives de l'Écriture

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jeanbaptiste
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La complémentarité des lectures chrétiennes et juives de l'Écriture

Message non lu par jeanbaptiste »

On a beaucoup parlé du dernier volume de notre Pape Benoit XVI sur Jésus à propos de la conversion des juifs.

Il est un petit passage que l'on a beaucoup moins commenté (c'est moi qui souligne), c'est à la page 50 de l'édition française :
«(...) deux manières de lire l'Ancien Testament après l'année 70 [Chute du Temple] sous un éclairage nouveau : la lecture à la lumière du Christ, sur la base des Prophètes, et la lecture rabbinique. (...) Après des siècles d'opposition, nous nous reconnaissons le devoir de faire en sorte que ces deux manières de faire une lecture des écrits bibliques entrent en dialogues entre elles, pour comprendre correctement la volonté de la Parole de Dieu»
Pour résumer : la tradition rabbinique, celle en court dans le judaïsme, jointe à celle apportée par le Christ est indispensable à une compréhension pleine et entière de l'Ancien Testament.

Il est courant dans le monde chrétien de considérer que le judaïsme du Temple propose une tradition d'interprétation d'autant plus valable qu'elle fut celle dans laquelle Sainte Marie, Saint Paul, les Apôtres, le Christ même furent élevés. Mais considérant le judaïsme rabbinique comme un judaïsme qui se construit en partie en réaction contre le christianisme, et comme un judaïsme qui perdure alors même que le Messie est venue, la tradition qu'il fonde fut longtemps considérée comme inapte à fournir une interprétation correcte de l'Ancien Testament.

Benoit XVI, sous le nom de Joseph Ratzinger, en cohérence avec l'idée que Dieu n'a pas brisé son Alliance avec le premier Israël (le peuple chrétien étant le nouvel Israël), considère que cette tradition rabbinique est légitime et nécessaire dans la tâche que nous avons tous à étudier et comprendre l'Ancien Testament.

J'ai trouvé ce petit passage très étonnant, et très intéressant. Qu'en pensez-vous ?
gerardh
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Re: L'Écriture et les traditions chrétienne et rabbinique

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_______

Bonjour,

Je pense que la lecture rabbinique est fausse puisqu'elle a méconnu Jésus Christ. Cela dit il est vrai que Dieu n'a pas oublié son peuple Israël, comme nous le voyons dans l'épître aux Romains chapitres 9 à 11.



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Teano
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Re: L'Écriture et les traditions chrétienne et rabbinique

Message non lu par Teano »

Cher Jean-Baptiste,

Notre Saint-Père est un homme d'une très grande érudition et je le soupçonne d'avoir étudié l'exégèse rabbinique à fond. Ce passage que votre sagacité a remarqué doit être considéré avec le plus grand intérêt, sous la plume de Benoit XVI.

Vous êtes-vous intéressé à la controverse entre Hillel et Shammaï ? A la rédaction du Talmud, à la hiérarchie des normes en droit rabbinique ? Aux niveaux d'interprétation ? A la birkhat-ha-minim ?

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jeanbaptiste
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Re: L'Écriture et les traditions chrétienne et rabbinique

Message non lu par jeanbaptiste »

Bonjour Teano,

Je suis tout à fait novice dans l'étude de la pensée juive. Tout ce que j'ai, et que je n'ai toujours pas lu, ce sont quelques volumes du Talmud et deux ouvrages d'Adin Steinsaltz, une introduction au Talmud, et un autre sur les fêtes juives.

Connaissez-vous cet auteur et son œuvre ?

Avez-vous des ouvrages à me conseiller ?
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Teano
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Re: L'Écriture et les traditions chrétienne et rabbinique

Message non lu par Teano »

Cher Jean-Baptiste,

Le Rav Adin Steinsaltz est probablement la plus grande autorité du judaïsme actuel. C'est un puits de science (sciences humaines, sciences exactes). Il est l'auteur d'une édition du Talmud en cours (comprenant les passages relatifs à Jésus et censurés au cours des siècles pour d'évidentes raisons) qu'on appelle communément... le Steinsaltz.
Ecouter ce Rav est un bonheur. Il a en plus un lueur malicieuse dans le regard qui lui donne un air enfantin. C'est un grand sage avec un coeur d'enfant ! (vous aurez compris en me lisant que j'ai une immense admiration pour cet homme).

Je vous recommande son introduction au Talmud, ainsi que "les clés du Talmud. Guide et lexique".

Je ne vous conseille pas de vous lancer dans le Talmud de but en blanc, sans connaître l'histoire de sa rédaction, ni les méthodes d'interprétation. Vous n'y comprendriez goutte. Il y a 2 Talmud : Babylone (qui prévaut dans la halakha car il a été rédigé de façon plus soignée par les scribes juifs en raison d'un contexte politique plus favorable) et le Jérusalem (rédigé en réalité en Galilée et à la hâte, dans un contexte beaucoup plus difficile pour les Juifs). Les 40 volumes du Talmud ont été résumés dans la vingtaine de volumes du Choul’han Arou’h . C'est la connaissance de ce corpus jurisprudentiel et homilétique qui permet l'ordination rabbinique.

Vous pourriez commencer simplement en regardant les émissions juives du dimanche matin sur la 2. C'est didactique, agréable, on apprend toujours quelque chose et pour un novice, c'est parfait.
Vous pouvez continuer avec un petit ouvrage très agréable : Hillel, un sage au temps de Jésus de Mireille Hadas-Lebel. Le judaïsme d’aujourd’hui suit l'opinion de Hillel. Il a fixé la méthode d'interprétation et fixé des règles pratiques qui ont encore cours dans le judaïsme (comme l'ordre d'allumage des bougies de Hanoucca par exemple).

Il est donc capital de savoir qui il était et quel a été son rôle dans le judaïsme jusqu'à aujourd'hui (lui et ses descendants ont présidé le Sanhédrin jusqu'au 5ème siècle, notamment son petit-fils, le fameux Gamaliel, maître de Paul selon les Actes et Gamaliel II qui vivait à la fin du 1er siècle et à l'origine de la Birkhat-ha-minim). La controverse qui l'a opposé à Shammaï qui était vice-président du Sanhédrin alors que Hillel en était président est un acte fondateur du judaïsme rabbinique : plus de 350 questions débattues dans le Talmud ! Hillel et Shammaï sont morts tous deux au début de l'ère chrétienne. Les disciples de Shammaï deviendront plus tard les zélotes.

Pour rentrer plus précisément dans la relation entre le Talmud et Jésus, Dan Jaffé est un spécialiste reconnu (et de langue française) : je vous recommande "le Talmud et les origines juives du Christianisme, Jésus, Paul et les judéo-chrétiens dans la littérature talmudique". C'est rigoureux, sérieux et stupéfiant !

Notre Saint-Père mesure exactement ce qu'il dit dans le passage que vous avez souligné. Une meilleure connaissance du judaïsme rabbinique vous en convaincra. Bien des passages des évangiles correspondent à des points d'application pratique de la Torah (= halakha) qui étaient encore débattus du temps de Jésus (notamment la question des conditions de la levée du chômage sabbatique). Certains passages des évangiles prennent un jour neuf quand on en sait plus long sur le judaïsme palestinien du 1er siècle. il y avait de nombreuses tensions entre différents courants, plus ou moins libéraux (Hillel) ou conservateurs (Shammaï) dont les évangiles portent encore la trace.

Bonne lecture !

Teano-Claire
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jeanbaptiste
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Re: L'Écriture et les traditions chrétienne et rabbinique

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Merci ! Je ne sais quoi dire d'autre :)
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Raistlin
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Re: L'Écriture et les traditions chrétienne et rabbinique

Message non lu par Raistlin »

Bonjour,

Pour ma part, j'en pense ceci : a-t-on besoin d'une autre lumière que celle du Christ pour comprendre les Écritures et la volonté de Dieu ? L'Église, pendant près de 2000 ans, s'est appuyée sur l'Esprit-Saint pour comprendre la parole de Dieu, et elle a enfanté de nombreux saints qui n'ont pas eu besoin d'avoir recours aux textes rabbiniques pour avancer vers Dieu. D'où ma question : à quoi cela peut-il bien servir ? Que peuvent nous apporter les rabbins que nous n'ayons déjà reçu ?

Bien sûr, je nuance tout de suite mes propos : les juifs ont une approche de l'AT très instructive et qui, en termes d'exégèse, peut se révéler fort utile. Mais justement, je limiterais cet apport des traditions rabbiniques à la seule exégèse. Pour ce qui est, en revanche, de comprendre la volonté de Dieu et de s'y conformer, je ne vois pas très bien ce que l'Église aurait à apprendre de ces traditions. Et j’avoue à ce titre que le passage que vous citez, Jean-Baptiste, du livre Benoît XVI – qui écrit à titre personnel, et non comme pasteur de toute l’Église, soulignons-le – me met assez mal à l’aise. Pour quelle raison devrions-nous avoir recours à d’autres lumières que celles du Christ pour comprendre correctement la volonté de la parole de Dieu ? Les Pères de l’Église n’ont cessé de répéter que la clé de l’Écriture, c’est le Christ. Je dois sans doute mal comprendre ce que veut dire le Saint-Père, mais en l’état, cette phrase me gêne.

J’espère n’avoir choqué personne. Mon but n’est pas du tout de dénigrer les traditions rabbiniques ou notre Saint-Père, mais j’avoue ne pas vraiment participer à l’engouement contemporain pour le judaïsme. Que l’on dialogue avec le judaïsme c’est une excellente chose, mais je crois que la priorité pour les chrétiens serait de se réapproprier la richesse de leur propre tradition avant d’aller interroger les traditions exogènes.

Cordialement,
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jeanbaptiste
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Re: L'Écriture et les traditions chrétienne et rabbinique

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Bonjour Raistlin,

Je comprends vos questions, et votre étonnement. J'ai moi-même été étonné par ce passage pensant également que si l'apport du judaïsme est toujours un enrichissement, il ne m'a jamais semblé essentiel.

En fait, si j'ai bien compris le Saint Père, je pense qu'il faut rapprocher cette réflexion sur ce qu'il dit du statut des juifs après la Crucifixion et la Résurrection du Christ. Benoît XVI cite Hildegarde de Brem : «les juifs eux-mêmes sont une prédication vivante à laquelle l'Eglise doit renvoyer, parce qu'ils réalisent la Passion du Christ».

Si tel est le cas, alors le judaïsme offre un témoignage spécifique de notre Seigneur, ce qui justifie son étude pour Le connaître sous une autre lumière.

Il reste que la Tradition catholique est la première et la plus essentielle. Il ne faudrait pas qu'un catholique sacrifie la compréhension de sa Tradition au profit de la juive, ce serait, il me semble, une erreur. La meilleur preuve de cela est le livre de Benoît XVI lui-même : s'il bénéficie de l'apport des études du judaïsme permettant de mieux connaître la personne du Christ ; s'il est question du statut des juifs ; une bonne part de l'ouvrage donne la place qui lui revient à la Tradition de l'Église.

Une petite question à Teano au sujet de tradition : si j'ai bien compris le Talmud c'est "la loi orale" écrite. C'est-à-dire que c'est la mise à l'écrit d'une tradition orale de réflexion sur la Torah.

Au fond, nous pouvons comparer le Talmud juif à la Tradition catholique (Écrits des saints et des docteurs, Magistère etc.).

La question que je me pose est la suivante : le Talmud étant clos, qu'en est-il de l'oralité ? Je veux dire par là que dans le catholicisme il y aura toujours de nouveau saints, de nouveaux docteurs, et de nouveaux documents magistériels, peut-être de "nouveaux" dogmes etc. Tout cela peut-être discuté en Église et contribuer à l'approfondissement de la foi.

Si le Talmud est clos je suis persuadé que cela n'empêche pas la réflexion et les études sur cette loi orale. Mais qu'en est-il de son extension ? Existe-t-il dans le judaïsme l'équivalent de la Tradition catholique au sens d'une tradition qui continue de se développer et de s'approfondir au fil des siècles, qui n'est pas close ?
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Raistlin
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Re: L'Écriture et les traditions chrétienne et rabbinique

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Merci Jean-Baptiste pour vos explications. Compris comme cela, je suis d'accord.

Fraternellement,
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Teano
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Re: L'Écriture et les traditions chrétienne et rabbinique

Message non lu par Teano »

jeanbaptiste a écrit : Une petite question à Teano au sujet de tradition : si j'ai bien compris le Talmud c'est "la loi orale" écrite. C'est-à-dire que c'est la mise à l'écrit d'une tradition orale de réflexion sur la Torah.

Au fond, nous pouvons comparer le Talmud juif à la Tradition catholique (Écrits des saints et des docteurs, Magistère etc.).

La question que je me pose est la suivante : le Talmud étant clos, qu'en est-il de l'oralité ? Je veux dire par là que dans le catholicisme il y aura toujours de nouveau saints, de nouveaux docteurs, et de nouveaux documents magistériels, peut-être de "nouveaux" dogmes etc. Tout cela peut-être discuté en Église et contribuer à l'approfondissement de la foi.

Si le Talmud est clos je suis persuadé que cela n'empêche pas la réflexion et les études sur cette loi orale. Mais qu'en est-il de son extension ? Existe-t-il dans le judaïsme l'équivalent de la Tradition catholique au sens d'une tradition qui continue de se développer et de s'approfondir au fil des siècles, qui n'est pas close ?
Bonjour Jean-Baptiste,

Vous avez entièrement raison : la Tradition est le commentaire de la Révélation par les autorités légitimes (talmid hakhamim ou successeurs des Apôtres). Les Musulmans ont leur Sunna qui repose sur le même principe qui signifie en fait, que l'exégèse et l'interprétation correcte du Texte révélé ne sont pas immédiatement accessibles au "simple fidèle" mais doivent passer par un intermédiaire qualifié (surtout quand le texte génère une norme juridique).

Le droit rabbinique a 3 sources qui lui donnent une dialectique permanente :

- la Torah écrite, stricto sensu : ce que nous appelons le Pentateuque. Les écrits prophétiques ou sapientiels ne peuvent fonder une norme juridique.
- la Torah orale (Torah she beal pé) : le Talmud
- le Sage (Talmid Hakham) : à chaque génération, les Sages et leurs disciples, les rabbins sont légitimes à rendre des décisions pour l'application pratique de la Torah. Le Rav Adin Steinsaltz est parmi les plus éminents de nos jours. Je cite quelques noms : Hillel, Gamaliel I et II, Rabbi Yohannan Ben Zakaï, Rav Akiva, Rachi, RamBam (Maïmonide), le Gaon de Vilna, le Baal Chem Tov, Rabbi Naaman de Breslav.

La dialectique du judaïsme rabbinique s'articule autour de cette hiérarchie et la pluralité d'opinion est autorisée (depuis Gamaliel II, président du Sanhédrin sous les règnes de Domitien et Trajan). Une même mitsva peut donc souffrir des variétés d'application : par exemple, le judaïsme interdit de mélanger les aliments à base de viande et ceux à base de lait. Telle autorité rabbinique préconise un délai de 3 heures après avoir consommé une catégorie d'aliments pour pouvoir consommer une autre ; telle autre recommandera d'attendre 24 h.

La Torah écrite et la Torah orale ont été révélées au Mont Sinaï, toutes les 2. La Torah orale a été véhiculée par les générations des répétiteurs (Tannaïm) jusqu'au 1er siècle avant notre ère. L'un d'entre eux s'appelait Yéhoshuah Ben Pérakhia : c'était un maître réputé d'Alexandrie qui vivait au 2ème siècle avant notre ère et le Talmud dit qu'il enseigna la Torah à Jésus (vous trouverez tout ce qu'il faut savoir sur cet épisode dans les travaux de Dan Jaffé, précédemment cités).

Au début de l'ère chrétienne, cette loi orale va commencer à être mise par écrit à l'instigation des pharisiens, spécialistes reconnus de cette discipline. La question du statut de cette loi va engendrer des conflits entre les juifs : chaque juif suit la halakha de sa faction (pharisien, sadduccéen, essénien même) en étant persuadés de l'erreur des autres. Les pharisiens outre la Torah, recueillent les textes prophétiques et façonnent le canon de l'Ancien Testament tel que nous le connaissons aujourd'hui, là où les sadduccéens ne reconnaissent que la seule Torah. Les divergences doctrinales sont puissantes entre les différents courants.

Au 1er siècle, le Sanhédrin est présidé par Hillel l'Ancien (nassi). Son école (Beth Hillel) prône la douceur de la Torah car l'Homme qui est bon en a besoin pour s'améliorer. Sa halakha est plutôt souple. Le vice-président (av-beth-din) du Sanhédrin est Shammaï. Son école (Beth Shammaï) croit que la Torah doit se faire rude pour forcer l'Homme à apprendre les vertus car il est profondément mauvais. Sa halakha est rigoureuse, volontiers nationaliste et exclusive. Ses disciples, les shammoti, deviendront les zélotes. Les 2 hommes meurent tous deux vers l'an 10 de notre ère. c'est le fils puis le petit-fils de Hillel qui prendront sa succession à la tête du Sanhédrin.

Le débat sera tranché sous Gamaliel II (arrière-petit-fils de Hillel) : les choses d'ici-bas sont régies par l'école de Hillel. Le judaïsme d'aujourd'hui suit encore ses règles herméneutiques et ses décisions.

La première guerre juive va précipiter les choses : en 70, avec la destruction du Temple, les Juifs n'ont plus pour seul patrimoine que leur Torah. Le Sanhédrin se déplace à Yavné et commence à mettre par écrit le Talmud de Jérusalem. Les communautés juives qui vivent paisiblement dans l'Empire Perse rédigent le Talmud de Babylone. Cette mise par écrit s'étend jusqu'au 5è siècle de l'ère chrétienne. Le Talmud contient 2 grandes catégories de textes : ceux à vocation jurisprudentielle et ceux à vocation homilétique, morale ou parénétique. On y trouve aussi des traditions historiques complémentaires aux récits bibliques (je pense en particulier à Abraham).

Donc, pour répondre précisément à votre question : oui, s'il y a un corpus défini qui fonde la norme juridique, les rabbins continuent cet effort de dialectique pour adapter la halakha aux évolutions du monde et de la société juive.

Voilà, je vous ai résumé tout ça en vrac, c'est très très sommaire !
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jeanbaptiste
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Re: L'Écriture et les traditions chrétienne et rabbinique

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Merci, encore une fois !
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Re: L'Écriture et les traditions chrétienne et rabbinique

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Je suis le fil sans avoir pris part pour l'instant.
:clap: bravo et merci à Teano pour vos indications très Claire(s) et précises.
Heureux ceux qui savent rire d'eux-mêmes. Ils n'ont pas fini de s'amuser !
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Re: L'Écriture et les traditions chrétienne et rabbinique

Message non lu par Gaudeamus »

Tout ce qui permettra de mieux contextualiser le monde dans lequel vivait le Christ est bon à prendre !
Par exemple, Jésus nous dit que Dieu le Père est père (*), mais pour nous ajuster dans une relation à ce Père, nous pouvons nous demander ce que signifiait la paternité dans le monde juif à cette époque-là...
La tradition rabbinique peut nous fournir des éléments de contextes intéressants sur le plan des significations des paroles et actes de Jésus.

(*) Intéressant aussi de se représenter Marie en mère juive :-D
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Re: L'Écriture et les traditions chrétienne et rabbinique

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La preuve que Jésus était Juif : il était sûr que sa mère était vierge et sa mère était sûre que son fils était Dieu.




Exit moi-même ... :arrow:
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Re: L'Écriture et les traditions chrétienne et rabbinique

Message non lu par Jean-Mic »

... et à 30 ans, il habitait encore avec sa mère !
Heureux ceux qui savent rire d'eux-mêmes. Ils n'ont pas fini de s'amuser !
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