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Re: L'immigration comme remède

Publié : mar. 06 mars 2012, 21:34
par Cinci
Anonymus,

Faut pas chercher à s'expliquer les saillies humoristiques. Ça gâcherait tout.
Et où cela va-t-il mener les japonais ? A ce rythme, il parait que la population sera divisée par 2 dans 100 ans et composée majoritairement de personnes âgées...
Ce que je comprendrais du propos des auteurs est qu'il n'existe pas un impératif (« [...] n'a pas le choix; coincé; le décret divin; résignons-nous; faudra bien s'y faire; indiscutable; enchaîné par la fatalité ...») tel qu'à devoir obligatoirement hausser d'une manière dramatique les quotas d'immigrations, sous peine de déclin démographique épouvantable, la catastrophe et tout. Non, parce que des politiciens véritablement animés par un authentique souci de démographie favoriseraient bien plutôt une hausse de la fécondité des familles premièrement, rendant tout simplement plus attrayant le fait d'avoir des enfants. Il existerait donc des scénarios plus solides afin d'atteindre l'objectif, et alors quand ce dernier consisterait simplement qu'à vouloir nous rajeunir la population d'une manière stable.

Rajeunir ou diversifiée la population ? augmenter simplement le décompte des habitants sans se soucier de l'âge ? sans se soucier de leur employablité ? C'est quoi l'objectif ?

Mes auteurs considèrent qu'une forte immigration ne parvient même pas à changer significativement la pyramide des âges sur un graphique. Et le calcul vaudrait aussi bien pour le Japon.

[...]

Il ne sera pas prouvé non plus - loin de là - qu'une forte immigration devrait contribuer quasi-mécaniquement (magiquement ?) à soulager les finances publiques.

[...]

Actuellement, des secteurs entiers de l'économie française ne pourraient pas fonctionner sans les immigrés.
... et si le pays importait des esclaves demain, des pans entiers de l'économie ne pourraient plus se passer des esclaves non plus. Le patronnat est très adaptable. Une étrange entité nommé "économie'' ne règne pas dans un pays, en réalité. C'est bien plutôt qu'il se trouve surtout des décideurs pour choisir (choisir) d'une manière parfaitement délibérée, une certaine ingénierie sociale et dans laquelle il entrera des pauvres, des affamés, des clandestins, des immigrés charriés, de citoyens dépossédés, des inégalités, etc. C'est tout à fait volontaire. Il procède bien d'une volonté politique. Et qui dit volonté dit possibilité que la volonté soit autre. L'activité globale dans le pays s'ajuste; immigrés ou pas. Or c'est simplement pour dire ici que l'«économie» n'est pas coincée telle à devoir fonctionner uniquement d'une manière.

Dans un pays composé uniquement d'hommes mais le travail de couture va être effectué par des hommes, s'il n'est que des femmes mais alors des femmes seront PDG, conceptices de missiles super-étendard; si pour faire des affaires en Chine il faut que General Electric donne des millions aux fonctionnaires du parti, General Electric va donner des millions aux fonctionaires du parti, et si pour faire de bonnes affaires au Canada le premier ministre exigeait de la compagnie Pfizer qu'elle double le salaire de ses employés sur la chaîne de montage en plus que d'embaucher uniquement que des blonds, alors Pfizer consentirait. Pas du tout ? Pfizer choisirait le Mexique ? Tant pis. Passons le contrat à Ciba. Quoi ? Ciba préfère des esclaves thaïlandais ? Eh bien, le gouvernement canadien décidera alors de se lancer lui-même dans l'industrie pharmaceutique. Les décideurs sur place n'ont pas réellement de boulets aux pieds. Ils ont les boulets qu'ils acceptent de bien vouloir se cadenasser autour des jambes.

Re: L'immigration comme remède

Publié : sam. 10 mars 2012, 17:37
par Anonymus
Bonjour,
Non, parce que des politiciens véritablement animés par un authentique souci de démographie favoriseraient bien plutôt une hausse de la fécondité des familles premièrement, rendant tout simplement plus attrayant le fait d'avoir des enfants.
Je suis d'accord, vous pourrez même me lire ici ou là en train de regretter que ceux qui désignent l'immigration comme responsable de tous les maux de la société ne parlent jamais de natalité.

Néanmoins, une politique nataliste met 10 ans à se mettre en place, et il faut 20 ans de plus pour que les enfants deviennent grands.

Autrement dit, c'est une solution à l'horizon de...2040. Que fait-on pendant 30 ans ?

Pour le reste de votre message, je suis d'accord aussi, mais vous vous ne posez pas la question de la transition. Les politiques efficaces prévoient en général bien les transitions, car sinon "l'activité globale dans le pays qui s'ajuste" sera un doux euphémisme pour désigner des situations difficiles.

Re: L'immigration comme remède

Publié : dim. 11 mars 2012, 12:22
par MB
Avé
Cinci a écrit :

... et si le pays importait des esclaves demain, des pans entiers de l'économie ne pourraient plus se passer des esclaves non plus. Le patronnat est très adaptable. Une étrange entité nommé "économie'' ne règne pas dans un pays, en réalité. C'est bien plutôt qu'il se trouve surtout des décideurs pour choisir (choisir) d'une manière parfaitement délibérée, une certaine ingénierie sociale et dans laquelle il entrera des pauvres, des affamés, des clandestins, des immigrés charriés, de citoyens dépossédés, des inégalités, etc. C'est tout à fait volontaire. Il procède bien d'une volonté politique. Et qui dit volonté dit possibilité que la volonté soit autre. L'activité globale dans le pays s'ajuste; immigrés ou pas. Or c'est simplement pour dire ici que l'«économie» n'est pas coincée telle à devoir fonctionner uniquement d'une manière.

Dans un pays composé uniquement d'hommes mais le travail de couture va être effectué par des hommes, s'il n'est que des femmes mais alors des femmes seront PDG, conceptices de missiles super-étendard; si pour faire des affaires en Chine il faut que General Electric donne des millions aux fonctionnaires du parti, General Electric va donner des millions aux fonctionaires du parti, et si pour faire de bonnes affaires au Canada le premier ministre exigeait de la compagnie Pfizer qu'elle double le salaire de ses employés sur la chaîne de montage en plus que d'embaucher uniquement que des blonds, alors Pfizer consentirait. Pas du tout ? Pfizer choisirait le Mexique ? Tant pis. Passons le contrat à Ciba. Quoi ? Ciba préfère des esclaves thaïlandais ? Eh bien, le gouvernement canadien décidera alors de se lancer lui-même dans l'industrie pharmaceutique. Les décideurs sur place n'ont pas réellement de boulets aux pieds. Ils ont les boulets qu'ils acceptent de bien vouloir se cadenasser autour des jambes.
Ah, la mythologie de l'omnipotence de la décision politique...

En passant, une remarque sur ceci (dans l'hypothèse où la natalité d'un pays est relancée) :
Néanmoins, une politique nataliste met 10 ans à se mettre en place, et il faut 20 ans de plus pour que les enfants deviennent grands.

Autrement dit, c'est une solution à l'horizon de...2040. Que fait-on pendant 30 ans ?
En fait, ça va nettement plus vite. Une société avec beaucoup d'enfants, c'est une société plus jeune et dynamique, et ça a des conséquences économiques positives tout de suite. Cf. les sociétés occidentales jusque dans les années 70... (et, à l'inverse, les mêmes aujourd'hui, avec les mêmes baby-boomers en vieux croûtons déprimés...).

Amicalement
MB

Re: L'immigration comme remède

Publié : lun. 12 mars 2012, 7:46
par Cinci
Anonymous,
Que fait-on pendant 30 ans ?
Eh bien, rien de très spécial.

Dans un calcul :
  • « ... dans le scénario sans immigration depuis 1971, l'âge moyen des québécois serait de 41 ans en 2006, soit à peine un an de plus que l'âge moyen réel qui est de 40 ans.»
En un mot, l'absence d'immigration carrément ne rime pas forcément avec le mot catastrophe. Il ne se serait pas trouvé un seul immigrant au Québec les derniers trente ans, la pyramide statistique pour l'âge moyen n'aurait pratiquement pas été différente qu'elle ne l'est présentement. Une immigration locale permet seulement d'augmenter dans une certaine mesure le chiffre total de la population à un endroit donné, non pas de rajeunir significativement toute la population dans le pays d'accueil.
  • «Pour s'en convaincre, une simple démonstration mathématique est suffisante. Supposons une communauté stable de 1000 habitants et dont l'âge moyen est de 40 ans. Cette société décide d'accueillir cinq immigrants âgés en moyenne de 30 ans, soit un taux annuel équivalent à celui du Québec actuellement. Quelle impact cette immigration aura-t-elle sur l'âge moyen de cette communauté au terme de l'année ? Elle ne l'aura diminué que de 0.05 an. L'âge moyen de la communauté après immigration sera donc de 39.95 ans au lieu de 40 ans. L'effet sera donc quasi nul. Et si cette communauté élisait un gouvernement qui décidait de doubler le nombre d'immigrants, quel en serait le résultat pour l'âge moyen de la population ? À peu près nul encore une fois; ce dernier n'aurait baissé que de 0,1 an, pour atteindre 39.9 ans.»

    Si le Québec décidait de doubler son nombre d'immigrants (c'est à dire de le porter à un niveau complètement irréaliste), l'âge moyen augmenterait chaque année de 0,2 au lieu de 0,3. Le vieillissement ne serait ainsi pas du tout évité. Tout au plus, il ne serait que légèrement ralenti, de manière presque imperceptible. (p.53)
Quand une politique nataliste serait mise en place au pays, ce qui aurait pour effet de rajeunir véritablement la population, et quand il faudrait attendre un certain délai avant que la pleine mesure de l'impact puisse se faire sentir sur le plan du travail et de l'économie en général, dans le pire du pire, comme pour alléger les finances publiques, entretemps, alors le gouvernement pourrait aussi bien repousser l'âge de la retraite.
  • «... Guillemette et Robson pour le compte de l'Institut C.D. Howe, ont démontré qu'une redéfinition de la population en âge de travailler aurait un impact beaucoup plus grand qu'une hausse de l'immigration. La borne supérieure de la population en âge de travailler est traditionnellement fixée à 65 ans; ce nouveau scénario prévoyait de hausser cette limite à 70 ans. Les résultats sont sans équivoque. Un tel changement permettrait de maintenir pendant une quinzaine d'années de plus le rapport actuel de dépendance des personnes âgées et de ralentir fortement ensuite sa croissance. Au terme de leur projection, en 2050, le poids des personnes âgées sur la population en âge de travailler serait deux fois moins important que dans le scénario de référence. Voyant l'impact d'un tel changement, plusieurs pays ont déjà commencé à modifier leur législation. En Allemagne, l'âge de la retraite sera repoussée de deux ans, de 65 à 67 ans. En France, un projet de loi prévoit de le faire passer de 60 à 62 ans. Le Royaume-Uni l'étudie quant à lui de le faire passer à 68 ans.

    L'augmentation de l'activité pourrait avoir des retombées considérables sur les finances publiques. Pierre-Olivier Ménard et Jacques Légaré ont notamment calculé que si le taux d'activité des 50-69 ans du Québec atteignait celui de l'Islande, le déclin appréhendé de la population active d'ici 2051 serait réduit de 75% («L'augmentation des taux d'activité chez les travailleurs âgés du Québec : une solution pour faire face au financement par répartition de la sécurité sociale ?», communication présentée au colloque Démographie et politique publique, 75e congrès de l'ACFAS, Trois-Rivières (Québec), 9-10 mai 2007). (p.68) »

Re: L'immigration comme remède

Publié : lun. 12 mars 2012, 14:46
par Cinci
MB,
Ah, la mythologie de l'omnipotence de la décision politique...
C'est parce qu'un gouvernement peut exercer un impact sur le citoyen ou sur le mode d'opération des entreprises. Il suffirait de penser au domaine de la santé, des aliments ou de l'environnement. Une décision collective s'exprimant par le truchement de l'organe politique représente un facteur beaucoup plus décisif en tout cas, mais que de souhaiter tout faire reposer sur la bonne volonté individuelle des gens.

Le gouvernement d'un pays qui n'exigerait rien des compagnies sur le plan environnemental et qui s'attendrait en retour des patrons qu'ils nous en respectent spontanément l'air, l'eau, les sols; comme les rivières et les forêts, il n'obtiendra certainement pas de très bons résultats en terme d'écologie. On transposera ensuite pour le domaine qui nous intéresse. Qui pourrait exercer le plus d'impact positif en faveur de familles franchouillardes entre des ministres élus ou des actionnaires néolibéraux de compagnies à numéro ?

Re: L'immigration comme remède

Publié : dim. 25 mars 2012, 17:13
par Cinci
Regardez-moi cette manchette de journal :

http://oladaf.over-blog.com/article-fra ... 34791.html

"C'est une position odieuse, non seulement parce qu'elle s'appuie sur des sentiments détestables mais aussi parce que c'est un exemple parfait d'ignorance économique", poursuit le quotidien, qui souligne que l'une des menaces les plus importantes à l'Etat-providence français est le vieillissement de la population et un taux de natalité qui ne permet pas le renouvellement de la population, même s'il est le plus élevé d'Europe. Pour le WSJ, l'immigration est au contraire le meilleur moyen d'assurer que le système français perdure.

Wall Street Journal, 14 mars 2012

Re: L'immigration comme remède

Publié : lun. 26 mars 2012, 5:44
par Cinci
la mythologie de l'omnipotence de la décision politique... (prise 2)

... c'est ainsi que le 19 juin 2007 l'article du Wall Street Journal, la Bible financière américaine, reproduit dans le quotidien montréalais s'intitulait : «Exxon file doux avec les Russes.» Vraiment intéressant. La plus grande pétrolière américaine du monde file doux avec les Russes et fait la loi ici au Canada et au Québec. Puis une autre daté du 10 novembre 2007, s'intitulait : «La Russie fait obstacle aux projets de Chevron.» Chevron-Texaco est une autre compagnie pétrolière américaine. Comme la Russie a repris le contrôle de son pétrole et de son gaz naturel et des énormes profits qui viennent avec, le titre de cet article du Devoir du 27 juin 2006 dit tout : «De pays pauvre à prêteur. Des États émergents comme la Russie et le Mexique remboursent leur dette en bloc et deviennent eux-mêmes des créanciers.»

Voici le titre d'un autre article récent du Wall Street Journal paru dans le Journal de Montréal du 27 septembre 2007 : «Le réveil spectaculaire d'un géant.» Cet article est consacré à Petrobas, la société d'État pétrolière du Brésil. Et puis en ce qui concerne le Vénézuela, le titre de cet article du Devoir du 10 avril 2006 est révélateur : «Les compagnies pétrolières étrangères se plient aux volontés de Chavez.» Au Québec et au Canada c'est tout le contraire : ce sont nos gouvernements qui se plient docilement aux quatres volontés des pétrolières étrangères. Et en Bolivie ? Voici le titre de l'article que lui consacrait le Devoir le 2 mai 2006 : «La Bolivie prend le contrôle de ses hydrocarbures. Les gisements gaziers et pétroliers passeront aux mains de la compagnie publique YPFB.»

Le New York Times du 4 mai 2007, dans un article intitulé : «Norway keeps nest egg from some U.S. companies», nous informe que la Norvège possède déjà 300 milliards de dollars dans un fond spécial provenant des recettes de l'exportation de leur pétrole, somme qui servira à financer les services publics des générations actuelles et futures, et que ce fond atteindra environ 900 milliards de dollars dans dix ans. En Norvège, le gouvernement a repris le contrôle de cette ressource naturelle stratégique, et c'est lui qui mène, non les multinationales étrangères et leur fameux marché [...]



LA CORRUPTION EN AFRIQUE ET ICI

L'Afrique est pauvre et le restera longtemps à cause de l'absence de l'État qui a bradé ses immenses ressources naturelles, ses terres, ses services publics et des pans entiers de secteurs névralgiques à des étrangers qui, pour avoir reçu ces biens volés à la population, ont corrompu les élus et l'élite locale en les gavant de pot-de-vin en catimini, via des paradis fiscaux. Par exemple, dans un excellent article de La Presse du 24 février 2007 intitulé :«Une population pauvre dans un pays riche», Pascal Breton écrit : «La république démocratique du Congo est riche. Mais les infrastructures datent de l'époque coloniale. Les hôpitaux ont été pillés. Plus de 80% de la population vit dans l'extrême pauvreté. L'école coûte cher. Beaucoup d'enfants ne savent ni lire ni écrire. Dans les classes, il n'y a pas de manuels scolaires. Les enfants sont assis sur le sol. Au lieu de fréquenter l'école, beaucoup d'enfants passent leurs journées à charroyer du bois, du charbon, etc. [...]» Tout le contraire de ce qui se passe à Cuba.

Mais au Congo les exploiteurs nous disent que les exploités sont libres, que c'est un pays démocratique où l'on applique les règles de l'économie de marché et où la libre entreprise peut opérer sans aucune entrave bureaucratique. C'est à pleurer. N'oublions pas que le Congo est un pays de 53 millions d'habitants. Ce qui se passe au Congo est monnaie courante au Kenya, au Nigeria, en Angola, en Afrique du Sud, en Guinée équatoriale et ailleurs.

Dans la revue annuelle Atlaseco 2006, publiée par le Nouvel Observateur en France, qui passe en revue la situation économique, politique et sociale de tous les pays du monde (un vrai petit bijou et une mine d'informations utiles), on peut justement lire ceci à propos du Congo : «La grande richesse de ce pays a longtemps attiré les étrangers, qui ont acheté à bas prix les diamants du Congo, son or, son cobalt. L'Est du pays est le fournisseur de plus de la moitié des ressources mondiales de coltran, minerai très recherché par les compagnies de téléphone. Parmi ces entreprises l'on compte America Mineral Fields et Barrick Gold, qui bénéficient de l'économie informelle du pays, au lieu d'être taxés légalement afin que le Congo puisse contrôler ses ressources naturelles et engranger ainsi de meilleures recettes fiscales.» Et on ne parle pas ici d'une publication socialiste !

L'espérance de vie au Congo est de 45 ans, alors qu'elle est de 77 ans à Cuba.

Mais les Congolais sont plus libres ! Libres de quoi au juste ? Je ne sais pas ... Ils pourraient peut-être vivre plus longtemps, mais je suppose qu'ils ont choisi librement de mourir plus jeunes. Atlaseco dit aussi que «le Congo possède des ressources naturelles d'une richesse considérable», ressources qu'il se fait voler littéralement par des firmes étrangères, et aussi par ses élus et des notables locaux. Voila pourquoi la population vit dans une pauvreté extrême.


DROITS DE L'INDIVIDU VERSUS DROITS DE LA PERSONNE

Le titre d'un article du Journal de Montréal du 11 décembre 2008 indiquait :«Droits de l'homme : il reste un long chemin à faire, selon le pape Benoit XVI.» Dans le même texte, le cardinal Renato Martino critique «une conception individualiste des droits de l'homme transformée en affirmation des droits de l'individu plus que des droits de la personne, c'est à dire de l'être humain amputé de sa dimension sociale et privé de transcendance.» Bien dit. Pour les capitalistes, le patronat et ses porte-queues, le droit à la propriété privée est prioritaire et plus important que le droit à la vie, à la dignité et à l'égalité. Ils prônent à tout vent une conception étroite et intéressés de la liberté individuelle, fondée principalement sur le capital et la propriétée privée. Aux États-Unis, le pays le plus puissant et le plus riche du monde, qui leur sert toujours de modèle, ça sert à quoi, la liberté des cinquantes millions d'individus qui n'ont aucune assurance maladie, des milions de pauvres qui n'ont pas accès à l'éducation supérieure et aux garderies, et des millions de prisonniers ?

Pour les doctrinaires de droite, la notion de liberté individuelle se résume à ériger l'égoïsme en vertu et au droit d'exploiter les autres sans limite. Ce n'est pas être rêveur et vertueux que de militer pour un meilleur partage des services publics, de nos ressources naturelles et de la plus-value crée par les travailleurs [...]

Dans un article de La Presse du 1er février 2004 titré «Sida : le Vatican fustige les pharmaceutiques, il est dit : le Vatican a lancé une attaque sans précédent contre l'industrie mondiale pharmaceutique, l'accusant de «génocide» des sidéens des pays pauvres. Au moins 400 personnes meurent chaque jour au Kenya à cause du Sida. C'est l'action génocide du cartel des entreprises pharmaceutiques qui refusent de rendre les médicaments abordables. C'est une question morale qui montre le manque de conscience sociale de ces entreprises capitalistes.

Faut souligner aussi le courage des religieuses québécoises qui s'en sont prises à Alcan et à Bombardier pour leur comportement dans les pays sous-développés, comme le rapportait Le Devoir du 5 avril 2005 : «Les religieuses investisseuses s'attaquent à Alcan et à Bombardier pour faire respecter les droits humains et sociaux ainsi que la protection de l'environnement.»

UN ÉVÊQUE SOCIALISTE COMME PRÉSIDENT DU PARAGUAY

Un article du Devoir du 4 août 2008 est titré : «Au Paraguay, l'ancien ''évêque rouge'' obtient une dispense papale pour devenir président. Monseigneur Fernando Lugo a remercié le pape pour cette dispense, lui qui mènera au Paraguay des politiques socialistes, afin de sortir de la misère la moitié des six millions de Paraguayens, exploités qu'ils ont été par les capitalistes locaux et étrangers. Le prix Nobel d'économie, l'américain Joseph Stiglitz, s'est rendu au Paraguay pour conseiller gratuitement le nouveau président.

[...]


Contes et comptes du prof Lauzon, «Lecture de chevet pour ceux qui veulent restés allumés», chaire d'études socio-économiques de l'université du Québec à Montréal

http://www.france24.com/fr/20080421-fer ... navi=MONDE

Re: L'immigration comme remède

Publié : ven. 01 juin 2012, 23:00
par Nanimo
Anonymus a écrit :
Les Japonnais auraient certainement les mêmes statistiques «désastreuses» sur le plan du renouvellement de la population par chez eux, mais il ne leur viendrait pas à l'idée pour autant d'ouvrir le Japon par exemple à l'immigration
Et où cela va-t-il mener les japonais ? A ce rythme, il parait que la population sera divisée par 2 dans 100 ans et composée majoritairement de personnes âgées...
Salut Anonymus,
Vous êtes en train de nous dire qu'ils se font hara-kiri. J'ai compris ou pas?
(en imaginant ici des hordes de britanniques blanc fuyant le Royaume-Uni, la charia et tout)
Anonymus a écrit : :roule:
Je ne vois pas ce qu'apporte ce genre d'imagination.
C'est de l'imagination? Vous me rassurez.

Re: L'immigration comme remède

Publié : sam. 02 juin 2012, 0:57
par Anonymus
Salut Anonymus,
Vous êtes en train de nous dire qu'ils se font hara-kiri. J'ai compris ou pas?
Pas vraiment puisque cela signifierait que c'est un acte volontaire, mais oui la situation sur le long terme est très inquiétante si rien ne change...
«Pour s'en convaincre, une simple démonstration mathématique est suffisante. Supposons une communauté stable de 1000 habitants et dont l'âge moyen est de 40 ans. Cette société décide d'accueillir cinq immigrants âgés en moyenne de 30 ans, soit un taux annuel équivalent à celui du Québec actuellement. Quelle impact cette immigration aura-t-elle sur l'âge moyen de cette communauté au terme de l'année ? Elle ne l'aura diminué que de 0.05 an. L'âge moyen de la communauté après immigration sera donc de 39.95 ans au lieu de 40 ans. L'effet sera donc quasi nul. Et si cette communauté élisait un gouvernement qui décidait de doubler le nombre d'immigrants, quel en serait le résultat pour l'âge moyen de la population ? À peu près nul encore une fois; ce dernier n'aurait baissé que de 0,1 an, pour atteindre 39.9 ans.»
Je réponds avec un peu de retard mais ces statistiques ne s'intéressent qu'à l'âge moyen. Il est évident que si l'âge moyen est de 40 ans et que les immigrés en ont 30, la moyenne ne baisse pas significativement. En revanche l'écart type, lui il diminue. Autrement dit, il y aura plus de gens en âge de travailler et de faire des enfants même si l'âge moyen n'aura peu ou pas changé.

Quant à allonger l'âge de la retraite, c'est sans doute la meilleure solution pour les finances publiques, puisque cela agrandit de fait la part des personnes en âge de travailler et diminue celle des retraités, mais cela ne règle en aucun cas le problème démographique de fond.