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Re: Je soigne mon islamophobie

Publié : lun. 23 juil. 2012, 10:26
par Raistlin
etienne lorant a écrit :Nous avons reçu deux commandements - je ne vais pas rappeler le premier, puisque tous ici le connaissent, mais le second qui lui est semblable: "Tu aimeras ton prochain comme toi-même". Le prochain peut être musulman: si nous n'aimons pas le prochain, comment notre dévotion à Dieu serait-elle parfaite ?
Certes.

Mais n'oubliez pas que la première charité à avoir envers son prochain, c'est la vérité. D'où le devoir d'évangéliser, justement par charité. C'est ce que les chrétiens ont oublié : ils imaginent que la charité, c'est prendre le thé ensemble en se passant la main dans le dos. Allons, soyons un peu sérieux. Nous sommes invités à aimer comme Dieu aime et l'amour de Dieu est bien plus exigeant que ça.

Re: Je soigne mon islamophobie

Publié : lun. 23 juil. 2012, 11:31
par François-Xavier
etienne lorant a écrit :Sur base des lectures de ce lundi, je ne veux pas me joindre à la critique des musulmans.
Je crois que personne ici ne critique les Musulmans ; par contre il est indispensable d’avoir un regard vrai c'est à dire critique sur l'islam.
Comme dit le P. Madros, pas d'islamophilie, pas d'islamophobie, mais de l'islamologie.

Re: Je soigne mon islamophobie

Publié : lun. 23 juil. 2012, 15:28
par etienne lorant
Raistlin a écrit :Mais n'oubliez pas que la première charité à avoir envers son prochain, c'est la vérité. D'où le devoir d'évangéliser, justement par charité. C'est ce que les chrétiens ont oublié : ils imaginent que la charité, c'est prendre le thé ensemble en se passant la main dans le dos. Allons, soyons un peu sérieux. Nous sommes invités à aimer comme Dieu aime et l'amour de Dieu est bien plus exigeant que ça.
Pour la première fois depuis... non, c'est vraiment la première fois que je ne puis pas vous suivre. La première charité envers son prochain consiste tout simplement à lui sauver la vie. A l'intention de ceux ou celles qui ne connaîtraient pas cette parole fondamentale de Jésus, je la citerai en entier ci-dessous.

Je voudrais souligner quelques points qui indiquent que la charité passe au-dessus de toutes autres considérations:

- Les deux premiers passants à voir passer à proximité de l'homme "à moitié mort" sont un prêtre et un Lévite. Or, selon les règles de la Torah, l'interdit sur le fait de toucher les morts concerne l'ensemble de la communauté. D'une façon générale, la règle s'applique de façon plus rigoureuse aux serviteurs du Temple, prêtres et lévites. Ces derniers, servants des prêtres, obéissent à des lois de pureté comparables. Ces règles se trouvent précisées dans le Livre des Nombres et le Lévitique.

- L'homme qui descendait de Jérusalem à Jéricho, c'est certainement un juif pieux qui rentrait chez lui. Or, les samaritains et les juifs sont opposés entre eux au point qu'ils évitent de se fréquenter.

- Il n'y a aucun dialogue entre les deux personnages. Le premier est en trop mauvais état pour pouvoir entretenir un débat de toute manière.

- Et évidemment, le Bon Samaritain "saisi de pitié" est l'image du Christ lui-même.

Donc, je ne puis être en accord avec vous, pour cette fois. Je songe aussi au "bon larron" crucifié avec Jésus: ce dernier ne lui a pas fait la morale. Pas d'accord non plus avec la suite:
Raistlin a écrit : C'est ce que les chrétiens ont oublié : ils imaginent que la charité, c'est prendre le thé ensemble en se passant la main dans le dos. Allons, soyons un peu sérieux. Nous sommes invités à aimer comme Dieu aime et l'amour de Dieu est bien plus exigeant que ça.
En fait, le devoir d'aimer son prochain par les actes vient en premier avant toute parole ou enseignement. Le penseur autrichien et américain Ivan Illich affirme même que la dimension morale dissimule ce que la parabole avait de radical et nouveau à l'époque, et fait qu'elle le garde encore aujourd'hui. Illich propose même de la comprendre en imaginant le samaritain comme un palestinien prenant soin d'un juif blessé. Non seulement il dépasse sa préférence ethnique pour prendre soin de son semblable, mais en plus il commet une sorte de trahison en s'occupant de cet étranger, qui est, de plus, son ennemi. En faisant cela il exprime sa liberté de choix. La réponse à la question " qui est mon prochain ? " n'est donc pas l'expression d'un devoir, mais d'un don librement offert. Il ne s'agit plus selon Illich de règle ou de morale, mais plutôt d'établir une relation par un choix arbitraire, en s'affranchissant justement des catégories imposées par l'éthique. C'est une réponse libre à un appel.

(trouvé ici : http://egmoulinsnevers.free.fr/asso/lissonnet.html)
***

Voici le texte de cet Evangile :
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
Pour mettre Jésus à l'épreuve, un docteur de la Loi lui posa cette question : « Maître, que dois-je faire pour avoir part à la vie éternelle ? »
Jésus lui demanda : « Dans la Loi, qu'y a-t-il d'écrit ? Que lis-tu ? »
L'autre répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit, et ton prochain comme toi-même. »
Jésus lui dit : « Tu as bien répondu. Fais ainsi et tu auras la vie. »
Mais lui, voulant montrer qu'il était un homme juste, dit à Jésus : « Et qui donc est mon prochain ? »
Jésus reprit : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba sur des bandits ; ceux-ci, après l'avoir dépouillé, roué de coups, s'en allèrent en le laissant à moitié mort.
Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ; il le vit et passa de l'autre côté.
De même un lévite arriva à cet endroit ; il le vit et passa de l'autre côté.
Mais un Samaritain, qui était en voyage, arriva près de lui ; il le vit et fut saisi de pitié.
Il s'approcha, pansa ses plaies en y versant de l'huile et du vin ; puis il le chargea sur sa propre monture, le conduisit dans une auberge et prit soin de lui.
Le lendemain, il sortit deux pièces d'argent, et les donna à l'aubergiste, en lui disant : 'Prends soin de lui ; tout ce que tu auras dépensé en plus, je te le rendrai quand je repasserai.'
Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l'homme qui était tombé entre les mains des bandits ? »
Le docteur de la Loi répond : « Celui qui a fait preuve de bonté envers lui. » Jésus lui dit : « Va, et toi aussi fais de même. »

Re: Je soigne mon islamophobie

Publié : lun. 23 juil. 2012, 16:33
par Raistlin
Cher etienne, je me range à votre avis. Vous avez raison, la charité en actes doit venir en premier.

Re: Je soigne mon islamophobie

Publié : mer. 25 juil. 2012, 9:18
par Isabelle47
François-Xavier a écrit :Je trouverais intéressant d'essayer de voir pourquoi on en est arrivé là, sur le plan psychologique et sur le plan théologique.
Parce que, dans la série "citations choquantes", il y a celle ci :
Christian Troll sj a écrit :« le Coran contient une parole de Dieu, et pas seulement pour les musulmans mais pour tous les hommes et donc aussi pour moi personnellement. En effet je puis dans l’annonce puissante du Dieu unique et transcendant du Coran transmis par Mahomet reconnaître le rappel d’un élément essentiel du message de Jésus et une invitation à vivre davantage en cohérence avec ce message. Ainsi comme chrétien je puis reconnaître que Mahomet a reçu de Dieu la mission d’annoncer cet aspect essentiel de la vérité, à savoir l’unicité et la transcendance de Dieu. ». Que répondre aux Musulmans? (traduction Jacques Weisshaupt, éditions Fidélité, Namur, 2011)
C'est donc incroyable de voir autant de personnes, y compris de prélats, théologiens, cardinaux, dire des choses aussi "henaurmes".
Je pense queuant à moi que cet "état de déliquescence" qui concrètement conduit à une stérilisaiton de l'apostolat vers l'islam a 3 sources :

1 - le pensée de Louis Massignon : qui promeut un
Massignon a écrit :« expatriement où nous entraîne notre « substitution » aux âmes musulmanes, cette grâce de Dieu qui les justifie devant Lui, en nous sanctifiant”, ou encore une “mise à la disposition spirituelle, toute offerte au désir que Jésus a des âmes, pour répondre à leur place à Son Appel » (Lettre de la Badaliya n° 3 et 4, citées par Jacques Keryell in Louis Massignon et ses contemporains, Paris, Karthala, 1997, p.365).
pour finalement affirmer que
Massignon a écrit :“L’Islam constitue une réponse mystérieuse de la grâce à la prière d’Abraham pour Ismaël et les Arabes” auxquels “Dieu a donné le Coran en signe de bénédiction” (Parole donnée, Paris, Seuil, rééd. 1983, p.267)
2 - une lecture erronée de Vatican II :
Nostra Aetate a écrit :« L’Église regarde aussi avec estime les musulmans, [ici le texte de dit pas « regarde avec estime l’islam »] qui adorent le Dieu unique, [le texte ne dit pas « qui adorent comme nous » un Dieu unique] vivant et subsistant, miséricordieux et tout-puissant, créateur du ciel et de la terre ( Saint Grégoire VII, Épître III, 21 ad Anzir (El-Nâsir), regem Mauritaniae, éd. E. Caspar in mgh, Ep. sel. II, 1920, I, p. 288, 11-15 ; PL 148, 451 A.), qui a parlé aux hommes [le texte ne dit pas : qui a a parlé au prophète Mahomet]. Ils cherchent à se soumettre de toute leur âme aux décrets de Dieu, même s’ils sont cachés, comme s’est soumis à Dieu Abraham, auquel la foi islamique se réfère volontiers. [le texte ne dit pas que l’islam est une des trois religions abrahamiques] Bien qu’ils ne reconnaissent pas Jésus comme Dieu, ils le vénèrent comme prophète ; ils honorent sa Mère virginale, Marie, et parfois même l’invoquent avec piété. De plus, ils attendent le jour du jugement, où Dieu rétribuera tous les hommes après les avoir ressuscités. [le texte voit bien la clef du dialogue avec l’islam, qui est eschatologique] Aussi ont-ils en estime la vie morale et rendent-ils un culte à Dieu, surtout par la prière, l’aumône et le jeûne.
Même si, au cours des siècles, de nombreuses dissensions et inimitiés se sont manifestées entre les chrétiens et les musulmans, [c’est un euphémisme, ici : puisqu’il s’agit concrètement de guerres et de batailles rangées, y compris menées directement par les armées pontificales pour certaines d’entre elles] le saint Concile les exhorte tous à oublier le passé et à s’efforcer sincèrement à la compréhension mutuelle, ainsi qu’à protéger et à promouvoir ensemble, pour tous les hommes, la justice sociale, les valeurs morales, la paix et la liberté. »
Lumen Gentium 16 a écrit :Enfin, pour ceux qui n’ont pas encore reçu l’Évangile, [Donc : les hommes sont appelés à tous recevoir l’Evangile] sous des formes diverses, eux aussi sont ordonnés au Peuple de Dieu (Cf. Saint Thomas, Somme théologique III, q. 8, a. 3, ad 1.) et, en premier lieu, ce peuple [hébreu] qui reçut les alliances et les promesses, et dont le Christ est issu selon la chair (cf. Rm 9, 4-5), peuple très aimé du point de vue de l’élection, à cause des Pères, car Dieu ne regrette rien de ses dons ni de son appel (cf. Rm 11, 28-29). Mais le dessein de salut enveloppe également ceux qui reconnaissent le Créateur, en tout premier lieu les musulmans qui, professant avoir la foi d’Abraham, [le texte ne dit pas : ils ont la foi d’Abraham] adorent avec nous le Dieu unique, [le texte affirme … contre les Musulmans que nous ne sommes pas associateurs « mushrikin »] miséricordieux, futur juge des hommes au dernier jour. [perception de l’enjeu eschatologique du dialogue avec les Musulmans] Et même des autres, qui cherchent encore dans les ombres et sous des images un Dieu qu’ils ignorent, de ceux-là mêmes Dieu n’est pas loin, puisque c’est lui qui donne à tous vie, souffle et toutes choses (cf. Ac 17, 25-28), et puisqu’il veut, comme Sauveur, amener tous les hommes au salut (cf. 1 Tm 2, 4).
En effet, ceux qui, sans qu’il y ait de leur faute, ignorent l’Évangile du Christ et son Église, mais cherchent pourtant Dieu d’un cœur sincère et s’efforcent, sous l’influence de sa grâce, d’agir de façon à accomplir sa volonté telle que leur conscience la leur révèle et la leur dicte, eux aussi peuvent arriver au salut éternel [peuvent arriver ne signifie certainement pas arrivent à coup sûr] (Cf. Lettre de la Sacrée Congrégation du Saint-Office à l’archevêque de Boston. : Denz. 3869-72.). À ceux-là mêmes qui, sans faute de leur part, ne sont pas encore parvenus à une connaissance expresse de Dieu, mais travaillent, non sans la grâce divine, [la grâce divine qui n’est pas enfermée dans son exercice à l’intérieur des frontières de l’Eglise visible] à avoir une vie droite, la divine Providence ne refuse pas les secours nécessaires à leur salut. En effet, tout ce qui, chez eux, peut se trouver de bon et de vrai, l’Église le considère comme une préparation évangélique (Cf. Eusèbe de Césarée, Praeparatio Evangelica, 1, 1 : PG 21, 28 AB.) et comme un don de Celui qui illumine tout homme pour que, finalement, il ait la vie.
Bien souvent, malheureusement, les hommes, trompés par le démon, se sont égarés dans leurs raisonnements, [Ce qui pourrait être une préparation évangélique est cependant « bien souvent » une cause de chute et de malheur. Le texte d’origine dit même « saepius » c'est-à-dire en fait « le plus souvent »] ils ont délaissé le vrai Dieu pour des êtres de mensonge, servi la créature au lieu du Créateur (cf. Rm 1, 21.25) 21.25) ou bien, vivant et mourant sans Dieu dans ce monde, ils sont exposés aux extrémités du désespoir. C’est pourquoi l’Église, soucieuse de la gloire de Dieu et du salut de tous ces hommes, se souvenant du commandement du Seigneur : « Prêchez l’Évangile à toutes créatures» (Mc 16, 16), met tout son soin à encourager et soutenir les missions. [A aucun moment on en voit donc l’Eglise dans Vatican II décourager les missions vers l’Islam]
3 - un développement théologique qui ne donne pas toute sa place à la question de l'anthropologie : quelle est la place de l'homme dans le dessein de Dieu ? Qui entraîne alors une torsion de l'enseignement magistériel post conciliaire avec une vision de l'homme et de son salut qui part non pas de la tradition apostolique mais d'un certain jansénisme. Et il est vrai que certaines affirmations journetiennes par exemple finissent par être troublantes, si on n'est pas capable de distinguer dans le discours de Journet les affirmations qui concernent le salut en acte et le salut en puissance. Tout cela est également très en lien avec deux questions complémentaires :
- la difficulté posée par l'hypothèse de S. Thomas sur les "limbes" qui en réalité oblige à "mal" penser la question du salut des non baptisés.
- la crise de la pensée ecclésiologique dans les années 1980 qui a amené l'émergence dans les milieux intellectuels chrétiens des hypothèses du P. Dupuis, combattues par Rome (notamment au travers de la déclaration Dominus Iesus, et de la notification de 1999 au sujet de l'ouvrage "Vers une théologie chrétienne du pluralisme religieux" Paris, Cerf 1997.

On est donc pour le moins dans une grande difficulté non pas théologique (parce que le magistère et les CDF s'expriment clairement sur ces questions) mais dans une difficulté catéchétique. L'emergence de l'islam dans la société française de façon particulière mais aussi dans l'environnement occidental oblige à éclaircir et à promouvoir pastoralement une position ecclesiale claire.
Cependant, touts ne suivent pas le senseignements de l'Eglise. Un bon exemple de dérapage c'est le livre de Christian Salenson (ardemment promu par le SRI et la librairie Siloë) qui utilise largement Christian de Chergé dans le quel on peut lire sans rire :
Christian Salenson, [i]Christian de Chergé, une théologie de l'Espérance[/i] a écrit :« Il ne suffit pas de dire, à juste titre, que nous ne devons pas relativiser la foi chrétienne et affirmer l'universelle médiation du Christ, encore faut-il en tirer les conséquences c'est-à-dire, en Église, recevoir un visage du Christ qui nous vient précisément de cette médiation universelle dans les cultures et les religions. » (p. 126)
«Puisque la médiation salvifique s'exerce dans l'islam, et que les chrétiens ne peuvent prétendre tout connaître du Christ qui dépasse les frontières des religions, les chrétiens doivent recevoir aussi le Christ de l'islam. Que signifie recevoir le Christ de l'islam? Certainement, recevoir avec bienveillance ce que le Coran dit du Christ : « je suis sûr que le Christ du Coran a quelque chose à voir avec celui de notre foi ». Il faut aussi recevoir ce que l'islam vécu nous fait mieux comprendre du Christ : « pour enrichir notre connaissance partielle du moment, nous avons besoin de ce que l'autre peut y ajouter par ce qu'il est, ce qu'il fait, ce qu'il croit » (Christian de Chergé, « L’invincible espérance, p. 174)
Mais pour pouvoir recevoir le Christ aussi d'une autre tradition religieuse, il faut accepter de vivre le mystère pascal dans la compréhension que nous avons du Christ: Comme les apôtres, il faut accepter de perdre le Christ, la connaissance que nous en avons et Le retrouver.
« II nous faut perdre le Christ, Le laisser mourir dans l'humanité tellement nôtre dont nous l'avons revêtu et parfois maquillé, pour le laisser renaître, autre et identique, dans ce surcroît d'humanité où notre place est marquée, celle de l'autre aussi » (Christian de Chergé, Correspondance avec un ami, lettre du 7 juillet 81).
Notre connaissance du Christ est partielle, si elle est absolutisée elle devient enfermante.
« Pour entrer en vérité dans le dialogue, il nous faudra accepter, au nom du Christ, que l'islam ait quelque chose à nous dire de la part du Christ » (Christian de Chergé, Correspondance avec un ami, lettre du 12 juin 82)
C'est cette pensée qui est dominante aujourd'hui dans les ISTR (peut être pas à Toulouse où il y a un changement de chef !) et au SRI. Et on voit bien malheureusement, il faut accepter de le regarder en face, que c'est directement contraire à ce que dit la CDF dans Dominus Iesus ; et pour le constater, on n'a pas besoin d'avoir fait une thèse en théologie ; voyez plutôt :
Congrégation de la doctrine de la Foi, Dominus Iesus, Cardinal Ratzinger a écrit :6. Est donc contraire à la foi de l'Église la thèse qui soutient le caractère limité, incomplet et imparfait de la révélation de Jésus-Christ, qui compléterait la révélation présente dans les autres religions. La cause fondamentale de cette assertion est la persuasion que la vérité sur Dieu ne pourrait être ni saisie ni manifestée dans sa totalité et dans sa complétude par aucune religion historique, par le christianisme non plus par conséquent, et ni même par Jésus-Christ." (...)
7. (...) On doit donc tenir fermement la distinction entre la foi théologale et la croyance dans les autres religions. Alors que la foi est l'accueil dans la grâce de la vérité révélée, qui « permet de pénétrer le mystère, dont elle favorise une compréhension cohérente », la croyance dans les autres religions est cet ensemble d'expériences et de réflexions, trésors humains de sagesse et de religiosité, que l'homme dans sa recherche de la vérité a pensé et vécu, pour ses relations avec le Divin et l'Absolu.
Votre développement de la question est intéressant et sérieux et je vous remercie.
Je vais consulter les références que vous donnez.

Re: Je soigne mon islamophobie

Publié : sam. 28 juil. 2012, 18:37
par Cinci
Mouais...

Je n'aime pas du tout la pente qu'aura pris ce fil [...]


J'avais un fil plus loin où je posais de vrais questions pour le relancer plus avant : je n'ai pas obtenu de réponse. [...] Vous m'excuserez mais je suis déçu et très fâché.

Si vous reprenez le fil au début, le bobo commence avec ces supputations à vide («malhonnêteté, procédé, vouloir se convaincre soi-même»). C'est de moi qu'il s'agit. C'est insultant. Non, je n'aime vraiment pas.

Re: Je soigne mon islamophobie

Publié : sam. 28 juil. 2012, 19:34
par etienne lorant
Cinci a écrit :Mouais...
Il ne reste plus qu'une solution : ouvrir un forum pour soi tout seul - ainsi plus jamais de contradicteur, on se retrouverait à parler à soi-même, indéfiniment...

:dormir:

Re: Je soigne mon islamophobie

Publié : dim. 05 août 2012, 15:04
par ti'hamo
Mais, il me semble qu'une raison de toutes ces affirmations erronnées, c'est que leurs auteurs semblent ignorer totalement le concept de "vérité partielle". Oui, certainement, il y a des vérités partielles dans les différentes religions - et forcément d'autant plus, quoique distordues, dans une religion qui, à l'origine, s'inspire en partie de dérivés de la religion chrétienne.

Or, comme toute vérité vient de l'Esprit, alors, oui, Mouhammad est bien inspiré quand il dit que Dieu est unique - et assez mal pour pas mal d'autres choses.


Ce que je ne comprends pas, c'est la place éminente et toute spéciale que ces gens veulent donner, sur ce point, à la religion de l'Islam : car, de même, on trouvera aussi des vérités dans le bouddhisme, dans le chamanisme, dans la religion des sioux, et tant d'autres.

Ont-il pour autant, ces gens-là, écrit de gros livres pour expliquer en quoi le chamanisme est une voie de connaissance du Christ ou la religion des sioux une partie de la révélation ? (oh, sur le bouddhisme, je pense qu'on doit pouvoir en trouver...)
En toute logique, ils devraient.

Pourquoi donc se focalisent-ils ainsi sur l'Islam, sinon par un effet d'optique ? De nos jours, l'Islam est plus visible, prend de l'ampleur dans nos pays, on en parle dans les salons et sur les plateaux télé - il est à la mode, quoi.



Je verrais donc deux origines conjuguées à ces erreurs (deux mécanismes pathogéniques, quoi, en fait) :
- l'absence totale de réflexion, même assez simple et sommaire, sur la vérité - ce qu'est la vérité -, ce qui fait qu'ils n'ont aucune idée de distinguer entre LA vérité et les vérités partielles.

- l'influence du monde environnant dont ils suivent les modes : l'Islam et l'orientalisme sont à la mode, parlons d'Islam. (et les sioux ? ils disent plus de bêtises que les musulmans, peut-être ??)



Plus quelques autres :
notamment, ils ne distinguent pas entre le fait que d'un mal ou d'une erreur Dieu peut tirer un bien (et donc nous aussi avec Son aide), et le fait qu'une chose soit réellement un bien ou un mal, une erreur ou une vérité.

Ainsi, ils confondent "l'Islam peut avoir quelque chose à me dire, me ramener à une compréhension et une pratique plus juste de la religion chrétienne" avec "l'Islam est une révélation de Dieu".

Or, à ce compte là, toutes les hérésies (et donc finalement toutes les erreurs) doivent être considérées comme des révélations divines, puisque (c'est bien chaque fois ce qui s'est produit) l'émergence d'une erreur, d'une hérésie, entraîne forcément une réflexion, une discussion, des explications, et aboutit ainsi à préciser, à mieux cerner, à mieux expliquer, à mieux pratiquer, tel ou tel point de la foi.



En plus de la métaphysique la plus élémentaire ("qu'est-ce que la vérité ?"), c'est donc aussi une connaissance de la simple histoire de l'Église, de leur propre religion, qui leur fait défaut.

Re: Je soigne mon islamophobie

Publié : dim. 05 août 2012, 17:53
par Cinci
Bonjour,

Merci en gros pour toute votre réflexion ici, ti'hamo.

Quand vous écrivez :
Ce que je ne comprends pas, c'est la place éminente et toute spéciale que ces gens veulent donner, sur ce point, à la religion de l'Islam : car, de même, on trouvera aussi des vérités dans le bouddhisme, dans le chamanisme, dans la religion des sioux, et tant d'autres.
Pareillement. Je suis dans la même incompréhension en quelque sorte.

Re: Je soigne mon islamophobie

Publié : lun. 06 août 2012, 14:26
par PaxetBonum
Cinci a écrit : Le père Giuseppe Basett-Sani voyait «Muhammad comme un vrai prophète dans l'histoire du salut centré sur le Christ».
Un vrai prophète dans l'histoire du salut centré sur le Christ qui nie le sacrifice de Jésus sur la Croix… ben voyons…
Cinci a écrit : Le père Robert Caspar :«[....] Il faut admettre que l'islam n'est pas plus une religion naturelle que le christianisme et que son origine doit être surnaturelle, c'est à dire divine». Il dit clairement : «Nous croyons que Muhammad est prophète; mais que pour un chrétien, la plénitude de la prophétie se trouve en Jésus-Christ».
Ce père croit-il encore en la divinité de Jésus ?

Je crois qu'au nom de l'œcuménisme et de la recherche de paix (louable) on arrive à oublier que Jésus nous a enseigné à aimer nos ennemis.
Si nous devons aimer nos ennemis…c'est que nous avons des ennemis…
Ces prêtres veulent nous faire croire que tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil et qu'on ira tous au paradis… dés lors on obtient cette théologie du nihilisme…

Re: Je soigne mon islamophobie

Publié : lun. 06 août 2012, 15:14
par Raistlin
Cinci a écrit :Le père Robert Caspar :«[....] Il faut admettre que l'islam n'est pas plus une religion naturelle que le christianisme et que son origine doit être surnaturelle, c'est à dire divine». Il dit clairement : «Nous croyons que Muhammad est prophète; mais que pour un chrétien, la plénitude de la prophétie se trouve en Jésus-Christ».
Pour rebondir à la suite de Paxetbonum sur ce qu'a dit le père Caspar, je me permets de mentionner ici la meilleure définition théologique que j'ai lue sur l'islam : l'islam est la religion naturelle du Dieu révélé.

Cela signifie que l'islam, en saine théologie, ne saurait être considérée comme une religion surnaturelle (où Dieu se révèle). Néanmoins, au contraire des diverses religions païennes, l'islam est une religion du Dieu qui s'est révélé dans le judéo-christianisme.

Cordialement,

Re: Je soigne mon islamophobie

Publié : mer. 08 août 2012, 18:05
par Sol Invictus
Le néologisme "islamophobie" ne veut strictement rien dire. Il suffit de prendre le coran, de remplacer la qualification de nazaréens, de fils d'Israel, de juifs, de païens, de mécréants par musulmans et vous en faite le Livre Saint le plus plus islamophobe de tous les temps. Idem pour la sharia, idem pour le statut octroyé aux "gens du Livre" dans la Dhimma, dans le Millet, idem pour des centaines de hadiths sahihs contenus dans la Sunna.

De plus il suffit de s’intéresser à la genèse de ce terme d'islamophobie pour comprendre qu'il ne s'agit pas plus pas moins d'une stratégie ayant pour objectif l'annihilation de toute critique non élogieuse ou négative envers l'islam/Islam ou la communauté islamique.

http://www.islamisation.fr/archive/2012 ... lmans.html

14.03.2012
Le terme "islamophobie" a été inventé par les Frères Musulmans révèle un ex-membre.

Alors que jeudi Science-po Aix-en-Provence organise avec l'Institut du Monde Arabe un colloque intitulé "Dépasser les islamophobies européennes-Muslim Pride" (en partenariat avec les sites communautaristes Oumma et Saphirnews qui font de la pub pour l'UOIF!) il est important de souligner d'où vient ce vocable destiné à paralyser toute critique même scientifique de l'islam.

Le néologisme «islamophobie» n'a pas émergé ex nihilo. Il a été inventé, délibérément, par les Frères musulmans de l'Institut international pour la pensée islamique (IIIT), qui est basé en Virginie du Nord, qui fait office de boîte à idée et d'Institut de formation pour les cadres du mouvement. J'ai parfaitement démontré le caractère radical de cet institut en citant les ouvrages qu'il édite dans mon livre Ces Maires qui courtisent l'islamisme (Tatamis,2010), notamment les écrits du fondateurs Isma'il Raji al-Faruqi (1921-1986).

Abdur-Rahman Muhammad, un ancien membre de l'IIIT qui a depuis quitté l'Institut par désaccord, était présent lors de la création du mot. "Ce terme odieux" écrit-il, "n'est rien de plus qu'un terme cliché conçu dans les entrailles du think tank musulman dans le but de mettre à bas les critiques" ...

Muhammad décrit la stratégie derrière l'invention du mot:

"Dans un effort pour faire taire les critiques envers l'islam politique, ses défenseurs ont jugé utile de construire une terminologie qui leur permettrait de se poser en victimes."

Muhammad a dit qu'il était présent quand ses collègues d'alors, réunis dans les bureaux de l'Institut international pour la pensée islamique dans le Nord de la Virginie, ont inventé le terme «islamophobie».

Abdur-Rahman Muhammad a déclaré que les islamistes ont décidé d'imiter les militants homosexuels qui ont utilisé le terme «homophobie» pour faire taire les critiques.

(source: FrontPageMag)

Repenti, et dorénavant musulman libéral militant contre les Frères Musulmans, Abdur-Rahman Muhammad a écrit une tribune dans le DailyNews où il dit comprendre les opposants à la mosquée de Ground Zero et où il dénonce l'usage subversif du terme islamophobie.

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Maintenant si on garde le mot islamophobie, qui concerne la critique de l'islam ou de l'Islam (civilisation), et qu'on balaye le sous-entendu raciste qui est là uniquement pour tuer le débat rationnel, on peut affirmer sans mal que l'islam des textes est fondamentalement contre les non musulmans, et que l'Islam, sur le plan géographique est historique est une catastrophe pour les non musulmans.

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En 1997 suite à un colloque en Angleterre sur la question de l'islamophobie voici ce que les politiques assistés d'intellectuels de gauche et de représentants musulmans ont retenu pour la définir : «une perspective ou vision du monde impliquant une peur infondée et d'aversion vis à vis des musulmans, se traduisant par des pratiques d'exclusion et de discrimination».

Réfléchissons deux minutes à cette définition et mettons l'islam sur le ban des accusés... c'est tout à fait valide pour évoquer et encore cela va bien plus loin que l'exclusion ou la discrimination (qui je le rappelle est la capacité d'identifier et de choisir entre deux éléments distincts).

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L'autre jour un ami du forum docteur angélique m'évoquait en privé une situation, dans la discussion il m'a cité une référence concernant le prophète Mohammed, une hagiographie (Sira) expurgée de toute élément critiquable) écrit par un peindre Orientaliste et un musulman algérien, il s'agissait de Dinet Alphonse Étienne et de Sliman ben Ibrahim. C'est dans cette "Sira" parue en 1918 qu'est apparue pour la première fois ce mot en langue Française, alors qu'en Anglais : "feelings inimical to Islam".

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Mais en fait Dahou Ezzerhouni lui a cité plusieurs autres utilisations en français dès 1910, et 1912 à 1918. En réalité les premières utilisations du terme n'avaient pas, selon Christopher Allen (un universitaire Anglais) ,la même signification que dans l'usage contemporain,l'islamophobie était belle et bien là pour décrite " la peur de l'islam chez les musulmans eux-mêmes" et non pas la crainte ou l'aversion / haine vis à vis des musulmans par des non-musulmans.

Celui qui a véritablement popularisé ce terme n'est autre que l'inénarrable Edward Said, un professeur d'anglais et de littératures comparées (comme Meedeb :dormir: ) d'ascendance Palestinienne (chrétien)