Cher Charles,
Tu as tout à fait raison. Mais je pense néanmoins n’avoir pas tort. Question de perspective. Il est certain que les êtres humains de tout temps ont contemplé la Nature, mais leur ravissement n’avait pas la même source. Le Kosmos grec n’est beau et ordonné que parce qu’il est d’essence divine (pour Platon comme pour les stoïciens). Ces corps que la statuaire nous a laissés sont sur-naturels ; les dieux et les héros ne prennent que la forme humaine parfaite, celle que nul n’a jamais rencontrée vendant des oignons sur l’agora. Ce n’est pas la nature qui remplit de joie, mais comme St Bonaventure le dit, la contemplation de Dieu à travers « les vestiges » de ses créatures. Dédivinisée, la nature est ingrate, impitoyable, inhospitalière.
A partir des Lumières, et surtout de l’idéalisme allemand, cette nature désenchantée n’est plus que le cadre matériel sur lequel l’être humain projette son esprit. Dieu s’en est retiré. Pour Hegel, elle une non-valeur, pour Marx, un facteur de production. Et donc, à ce moment-là, pour la première fois, les êtres humains découvrent la nature dans sa nudité. Elle peut certes évoquer, comme le Mont Blanc pour Rousseau, ‘le Grand Etre’, mais c’est le contemplateur désormais qui l’y place, il n’y était pas au départ, et de moins en moins de gens perçoivent du divin dans le naturel. Si le paysage est beau, c’est en soi. La nature ne conserve plus que sa seule dimension utilitaire, pour procurer au touriste le frisson esthétique, ou pour y planter des choux.
Christian
Le Politique et le Sacré - Falk Van Gaver
[align=justify]1 Jésus disait encore à ses disciples : « Un homme riche avait un gérant qui lui fut dénoncé parce qu'il gaspillait ses biens. 2 Il le convoqua et lui dit : 'Qu'est-ce que j'entends dire de toi ? Rends-moi les comptes de ta gestion, car désormais tu ne pourras plus gérer mes affaires.' 3 Le gérant pensa : 'Que vais-je faire, puisque mon maître me retire la gérance ? Travailler la terre ? Je n'ai pas la force. Mendier ? J'aurais honte. 4 Je sais ce que je vais faire, pour qu'une fois renvoyé de ma gérance, je trouve des gens pour m'accueillir.'Falk Van Gaver
Le principal agent du mépris de la Création et de l'exploitation égoïste des ressources naturelles est une société déchristianisée, ayant perdu le respect des oeuvres de Dieu et l'espérance d'un salut cosmique englobant toutes les créatures." (p. 28)
Falk Van Gaver encore:
"Le monde n'est pas en notre possession, il s'agit d'un don (...) L'ascèse, la chasteté, la maîtrise de soi signifient que nous devons volontairement limiter notre production et notre consommation en faisant une distinction cruciale entre ce que nous désirons et ce dont nous avons besoin. Le sacrifice est la dimension qui manque à l'éthique moderne de l'environnement et à toute action écologique". (pp. 59-60)
Christian a écrit:
Je viens de faire un commentaire dans ma paroisse du très curieux évangile du ‘gérant malhonnête' (Lc, 16), qui ne m’a pas valu que des enthousiasmes, mais qui je crois réfute ce[s] affirmation[s] de Falk Van Gaver.
Christophe
Pouvez-vous préciser dans quelle mesure la parabole de l'intendant infidèle vous semble réfuter l'affirmation de Falk van Gaver ?
5 Il fit alors venir, un par un, ceux qui avaient des dettes envers son maître. Il demanda au premier : 'Combien dois-tu à mon maître ? - 6 Cent barils d'huile.' Le gérant lui dit : 'Voici ton reçu ; vite, assieds-toi et écris cinquante.' 7 Puis il demanda à un autre : 'Et toi, combien dois-tu ? - Cent sacs de blé.' Le gérant lui dit : 'Voici ton reçu, écris quatre-vingts.' 8 Ce gérant trompeur, le maître fit son éloge : effectivement, il s'était montré habile, car les fils de ce monde sont plus habiles entre eux que les fils de la lumière.
9 Eh bien moi, je vous le dis : Faites-vous des amis avec l'Argent trompeur, afin que, le jour où il ne sera plus là, ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles. 10 Celui qui est digne de confiance dans une toute petite affaire est digne de confiance aussi dans une grande. Celui qui est trompeur dans une petite affaire est trompeur aussi dans une grande. 11 Si vous n'avez pas été dignes de confiance avec l'Argent trompeur, qui vous confiera le bien véritable ? 12 Et si vous n'avez pas été dignes de confiance pour des biens étrangers, le vôtre, qui vous le donnera ?
13 Aucun domestique ne peut servir deux maîtres : ou bien il détestera le premier, et aimera le second ; ou bien il s'attachera au premier, et méprisera le second. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l'Argent. » (Luc, 16)[/align]
Il est certain que Jésus ne se livre pas ici à une étude de cas pour école de commerce. J’ai lu bien des commentaires de cette parabole et aucun ne m’a satisfait. Mon interprétation (qui vaut ce qu’elle vaut) est celle-ci :
Le propriétaire est le Père (comme celui du Fils prodigue, comme le Maître de la vigne, l’Hôte du grand festin, l’Epoux qui vient tard le soir, comme tant de figures des paraboles). Et s’il est le Père, alors Son domaine donné en gérance est la création. La logique du Père n’est pas celle comptable des intérêts humains. Il n’attend pas de dividendes de son domaine. Sa création est là pour la félicité de ceux qu’Il y placés. La faute du gérant est de l’avoir oublié. Justement, il a cru que Dieu était âpre à exiger des comptes, à Se faire payer.
Mais non, Dieu ne demande rien pour Lui de Son domaine. Voilà pourquoi cette parabole torpille tout le discours constipé des écolos-cathos-gauchos, qui viennent cafter chez le propriétaire : «Il y en a un qui gaspille Tes biens, gnagnagna» ; tout le discours de ‘l’intendance’, celui de ces ‘fils de la lumière’, de blanc vêtus, qui ne mettent pas la main à la pâte et ne font pas juter le domaine alors que les endettés manquent d’huile et de froment, de ces peureux qui enfouissent le talent qu’on leur a donné pour le rendre bien intact, écologiquement propre, des rabat-joie et pense-petit qui prêchent ‘vivez dans la gêne’, ‘consommez moins’, ‘faites des sacrifices’, ‘Dieu (le radin) n’en a pas créé assez pour tout le monde’...
Le gérant a vite fait de réparer son erreur. « Je n’avais pas compris que le critère de gestion, celui sur lequel je serai jugé, c’est l’abondance ». Et de remettre une partie des dettes dues à son maître. Il ne s’agit pas de se ‘servir au tas’, ce qui serait irresponsable, ni que la remise de dette soit égale pour tout le monde (50% pour l’un, 20% pour l’autre), ce qui ne tient pas compte des personnes, mais que chacun ait le maximum de ce qu'il peut faire produire à la création.
Se mettre au service d’autrui, totalement dépendant de son bon vouloir, est l’humilité que le marché réclame de chacun de ses acteurs. Nous ne pouvons plus, pris dans sa discipline, nous attacher à la terre, au domaine, à l’argent, à la matière, mais seulement à leur finalité, qui est le peuple humain. Nous ne devons plus être comme ces paysans, amoureux de leur lopin, mais comme ces producteurs, conscients d’avoir à nourrir le maximum d’êtres humains. Nous ne devons plus être comme ces artisans et ces ingénieurs, amoureux de leur belle ouvrage, mais comme ces entrepreneurs, qui regardent d’abord quel problème humain l’ouvrage doit résoudre, belle ou pas.
Ainsi, nous ne serons pas trompés par la séduction de la matière. Ainsi nous aurons porté la création jusqu'à l'abondance, et nous l'aurons offerte, à grandes mesures débordantes aux êtres humains, qui nous accueilleront un jour dans les demeures éternelles.
Voilà la trame de l’argument que j’ai développé dans une communauté ultra progressiste de Londres. Je ne sais pas dans quelle demeure ils m’accueilleront, ces braves gens, mais sûrement plus chez eux :lol:
Bien à vous tous
Christian[align=justify][/align]
Bonsoir Christian
,
votre interprétation est étonnante : vous n'avez pas le sentiment que lorsque Jésus dit " Faites vous des amis avec l'argent trompeur, pour que le jour où il ne sera plus là, ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles " il expose au contraire de manière ironique ce qu'il faut éviter de faire : seul Dieu a le pouvoir d'accueillir dans les demeures éternelles, certainement pas des " amis" achetés !
Par ailleurs que dire du maître louant ensuite son gérant malhonnête pour son ingéniosité: comment pouvez vous confondre dans cette parabole ce maître avec le Père Eternel ? Surtout quand Jésus les assimile aux fils de ce monde, plus habiles entre eux que les fils de la Lumière.
Cordialement
votre interprétation est étonnante : vous n'avez pas le sentiment que lorsque Jésus dit " Faites vous des amis avec l'argent trompeur, pour que le jour où il ne sera plus là, ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles " il expose au contraire de manière ironique ce qu'il faut éviter de faire : seul Dieu a le pouvoir d'accueillir dans les demeures éternelles, certainement pas des " amis" achetés !
Par ailleurs que dire du maître louant ensuite son gérant malhonnête pour son ingéniosité: comment pouvez vous confondre dans cette parabole ce maître avec le Père Eternel ? Surtout quand Jésus les assimile aux fils de ce monde, plus habiles entre eux que les fils de la Lumière.
Cordialement
" Or c'est ici la vie éternelle, qu'ils te connaissent , Toi, le seul vrai Dieu et celui que Tu as envoyé, Jésus Christ" Jean 17,3
Une pensée latérale pour suivre ma réponse ci-dessus à Charles.
Cette nature d’où Dieu s’est retiré, comme le déplore Van Gaver, nous pouvons la re-diviniser. Comment ?
C’est la fonction de l’économie. Eh oui.
L’homme, c’est du divinisable, nous dit le Père Varillon à la suite de Tertullien. « Dieu s’est fait homme pour que l’homme soit fait Dieu ». Or l’homme économique est bien le démiurge de la nature. L’évolution, fruit du hasard selon Darwin, est aujourd’hui clairement son œuvre. A travers lui, l’évolution est devenue consciente. Il n’est bientôt plus un coin de terre que l’homme n’ait travaillé, plus un vivant dont il n’ait modifié l’environnement et/ou le patrimoine génétique par domestication, croisement ou manipulation.
L’économie, donc, humanise la nature. Elle façonne la nature à l’image de l’être humain, tantôt hideuse, tantôt splendide. Plus que tous autres, prêtres, politiciens, militaires, intellectuels, artistes, ce sont les hommes et les femmes d’affaires qui portent la responsabilité de cette humanisation de la nature.
A nous d’informer leur action. Pour que l’être humain en voie de divinisation imprime sur la nature sa marque divine.
Voilà le vrai enjeu de l’activité économique, sa fonction ultime et sublime.
Ma pensée du dimanche.
Christian
PS. A lire sur ce sujet les penseurs russes, Troubetskoï, Berdiaev, et surtout le Père Serge Boulgakov.
Cette nature d’où Dieu s’est retiré, comme le déplore Van Gaver, nous pouvons la re-diviniser. Comment ?
C’est la fonction de l’économie. Eh oui.
L’homme, c’est du divinisable, nous dit le Père Varillon à la suite de Tertullien. « Dieu s’est fait homme pour que l’homme soit fait Dieu ». Or l’homme économique est bien le démiurge de la nature. L’évolution, fruit du hasard selon Darwin, est aujourd’hui clairement son œuvre. A travers lui, l’évolution est devenue consciente. Il n’est bientôt plus un coin de terre que l’homme n’ait travaillé, plus un vivant dont il n’ait modifié l’environnement et/ou le patrimoine génétique par domestication, croisement ou manipulation.
L’économie, donc, humanise la nature. Elle façonne la nature à l’image de l’être humain, tantôt hideuse, tantôt splendide. Plus que tous autres, prêtres, politiciens, militaires, intellectuels, artistes, ce sont les hommes et les femmes d’affaires qui portent la responsabilité de cette humanisation de la nature.
A nous d’informer leur action. Pour que l’être humain en voie de divinisation imprime sur la nature sa marque divine.
Voilà le vrai enjeu de l’activité économique, sa fonction ultime et sublime.
Ma pensée du dimanche.
Christian
PS. A lire sur ce sujet les penseurs russes, Troubetskoï, Berdiaev, et surtout le Père Serge Boulgakov.
Bonjour zefdebruz,
L’intendant de la création d’après la chute, où il faut bosser à la sueur de son front, où le fric existe, où chacun est endetté vis-à-vis de son frère, cet intendant agit juste. Il use du monde matériel comme il faut, pour soulager les peines humaines. Et il découvrira que ceux qui l’accueilleront dans le ciel ont le visage de ceux qu’il aura soulagés.
Et puisqu’on parle d’argent trompeur, rappelons-nous l’injonction de Jésus au jeune homme riche : « Vends tes biens et donne l’argent reçu aux pauvres. Tu auras un trésor dans les cieux ». Aurait-il ‘acheté’ les pauvres, ce jeune homme ?
En revanche, le récit fait sens si les félicitations viennent du Père, de Celui qui a tout donné, qui ne retient rien. Le Père voit alors à travers l’action du gérant à quoi sert Sa création. Et effectivement, à quel meilleur usage l’affecter que de rendre plus légère la dette des hommes, que de rendre plus abondants l’huile et le froment ?
Et c’est Lui (sous la forme des désendettés) qui accueillera son gérant dans les demeures éternelles. Seule cette version tient la route. Jésus le charpentier sait bien que dans le monde des affaires, on ne rend guère les faveurs reçues (surtout si elles viennent d’un voleur). Le gérant ne pourrait sûrement pas compter sur de ‘vrais’ débiteurs du propriétaire lésé pour lui donner l’hospitalité après son renvoi.
Les fils de ce monde sont plus habiles que les fils de la lumière. C’est que ce Jésus reproche à ces derniers. « Et moi, je vous le dis… », formule habituelle du Seigneur pour contredire les idées reçues. « On vous a dit que… Et moi, je vous dis…. ». Il serait temps que les fils de la lumière pensent au bien matériel d’autrui, pensent à gérer la création et pas seulement leur âme. Il faut certes des Maries, mais des Marthes aussi.
Bon dimanche
Christian
“Ce que vous faites aux plus petits d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites”lorsque Jésus dit " Faites vous des amis avec l'argent trompeur, pour que le jour où il ne sera plus là, ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles " il expose au contraire de manière ironique ce qu'il faut éviter de faire : seul Dieu a le pouvoir d'accueillir dans les demeures éternelles, certainement pas des " amis" achetés !
L’intendant de la création d’après la chute, où il faut bosser à la sueur de son front, où le fric existe, où chacun est endetté vis-à-vis de son frère, cet intendant agit juste. Il use du monde matériel comme il faut, pour soulager les peines humaines. Et il découvrira que ceux qui l’accueilleront dans le ciel ont le visage de ceux qu’il aura soulagés.
Et puisqu’on parle d’argent trompeur, rappelons-nous l’injonction de Jésus au jeune homme riche : « Vends tes biens et donne l’argent reçu aux pauvres. Tu auras un trésor dans les cieux ». Aurait-il ‘acheté’ les pauvres, ce jeune homme ?
Comme en science, retenons pour interpréter ce texte la théorie qui rend compte du maximum de phénomènes. Quel propriétaire humain féliciterait son intendant de l’avoir volé ? La parabole est incohérente si le propriétaire n’est pas le Père.Par ailleurs que dire du maître louant ensuite son gérant malhonnête pour son ingéniosité: comment pouvez vous confondre dans cette parabole ce maître avec le Père Eternel ? Surtout quand Jésus les assimile aux fils de ce monde, plus habiles entre eux que les fils de la Lumière.
En revanche, le récit fait sens si les félicitations viennent du Père, de Celui qui a tout donné, qui ne retient rien. Le Père voit alors à travers l’action du gérant à quoi sert Sa création. Et effectivement, à quel meilleur usage l’affecter que de rendre plus légère la dette des hommes, que de rendre plus abondants l’huile et le froment ?
Et c’est Lui (sous la forme des désendettés) qui accueillera son gérant dans les demeures éternelles. Seule cette version tient la route. Jésus le charpentier sait bien que dans le monde des affaires, on ne rend guère les faveurs reçues (surtout si elles viennent d’un voleur). Le gérant ne pourrait sûrement pas compter sur de ‘vrais’ débiteurs du propriétaire lésé pour lui donner l’hospitalité après son renvoi.
Les fils de ce monde sont plus habiles que les fils de la lumière. C’est que ce Jésus reproche à ces derniers. « Et moi, je vous le dis… », formule habituelle du Seigneur pour contredire les idées reçues. « On vous a dit que… Et moi, je vous dis…. ». Il serait temps que les fils de la lumière pensent au bien matériel d’autrui, pensent à gérer la création et pas seulement leur âme. Il faut certes des Maries, mais des Marthes aussi.
Bon dimanche
Christian
Bonjour Christian,
et un grand merci pour votre analyse très intéressante de ce passage. J'interprétais cette parabole de manière très différente, mais j'avoue que votre raisonnement se tient ! La Parole du Seigneur est décidément inépuisable !
A bientôt
et un grand merci pour votre analyse très intéressante de ce passage. J'interprétais cette parabole de manière très différente, mais j'avoue que votre raisonnement se tient ! La Parole du Seigneur est décidément inépuisable !
A bientôt
" Or c'est ici la vie éternelle, qu'ils te connaissent , Toi, le seul vrai Dieu et celui que Tu as envoyé, Jésus Christ" Jean 17,3
mon petit mot
Falk Van Gaver a fait un livre qui présente un certain intérêt, ce qui le gâte, à moins que ce ne soit l'effet de la lecture des seules citations, c'est cet aspect aphoristique, sentencieux.
Plus que d'aphorismes ou de sentences, nous avons besoins d'études sérieuses référencées. Nous crevons des calomnies.
Cela dit j'ai bien aimé : Sur la laïcité qui n'est pas de mettre l'Etat et l'Eglise, cote à cote, mais de faire dominer l'Etat sur l'Eglise. Bien vu.
Alors que l'Eglise parle de "saine laïcité" (Pie XII)
Pour ce qui de l'économe infidèle, je crois avoir compris que ce que loue le père de famille dans l'économe infidèle, ce n'est pas sa malhonnêteté, mais son caractère réfléchi et avisé. Il semble nous dire "vous ne réfléchissez pas assez, regardez donc les pécheurs comme ils sont malins, "prudents". Sur ce point, soyez comme eux."
C'est la même idée que dans "s'assoir avant de bâtir" (Lc 14, 28), il recommande de ne pas se lancer dans l'action sans avoir bien réfléchi préalablement. Toujours réfléchir avant d'agir. Celui qui se lance dans une construction doit d'abord bien réfléchir : "ai-je les moyens d'arriver jusqu'au boût du chantier." Il doit s'assoir avant de bâtir, pour calculer.
Et effectivement l'homme est l'intendant des biens mis par Dieu à sa disposition. Il n'est pas autorisé à en abuser, mais ces biens sont à son service et non l'inverse.
Pour ce qui est du sacrifice des animaux, c'est vrai que c'est un crêve coeur pour les humains dignes de ce nom, d'être obligés de tuer pour se nourrir. C'est certainement une suite de nos péchés et des péchés de nos pères. Nos anciens l'attribuaient au Déluge et à ses suites (les végétaux sont devenus moins nourrissant).
Plus que d'aphorismes ou de sentences, nous avons besoins d'études sérieuses référencées. Nous crevons des calomnies.
Cela dit j'ai bien aimé : Sur la laïcité qui n'est pas de mettre l'Etat et l'Eglise, cote à cote, mais de faire dominer l'Etat sur l'Eglise. Bien vu.
Alors que l'Eglise parle de "saine laïcité" (Pie XII)
Pour ce qui de l'économe infidèle, je crois avoir compris que ce que loue le père de famille dans l'économe infidèle, ce n'est pas sa malhonnêteté, mais son caractère réfléchi et avisé. Il semble nous dire "vous ne réfléchissez pas assez, regardez donc les pécheurs comme ils sont malins, "prudents". Sur ce point, soyez comme eux."
C'est la même idée que dans "s'assoir avant de bâtir" (Lc 14, 28), il recommande de ne pas se lancer dans l'action sans avoir bien réfléchi préalablement. Toujours réfléchir avant d'agir. Celui qui se lance dans une construction doit d'abord bien réfléchir : "ai-je les moyens d'arriver jusqu'au boût du chantier." Il doit s'assoir avant de bâtir, pour calculer.
Et effectivement l'homme est l'intendant des biens mis par Dieu à sa disposition. Il n'est pas autorisé à en abuser, mais ces biens sont à son service et non l'inverse.
Pour ce qui est du sacrifice des animaux, c'est vrai que c'est un crêve coeur pour les humains dignes de ce nom, d'être obligés de tuer pour se nourrir. C'est certainement une suite de nos péchés et des péchés de nos pères. Nos anciens l'attribuaient au Déluge et à ses suites (les végétaux sont devenus moins nourrissant).
Loué soit Jésus-Christ
La difficulté avec cette notion d’intendant est qu’elle est vide de tout contenu. Si je confie la gestion de mes nombreux immeubles à un syndic et de mon portefeuille à un banquier, je leur indique quel type de rendement je souhaite obtenir, quels investissements je souhaite exclure, etc. Aucun gérant sérieux n’acceptera un mandat ‘en blanc’. Or depuis le temps qu’on épluche la Bible, on n’a rien trouvé, rien de rien, sur le comportement que les êtres humains doivent avoir vis-à-vis de la nature, sinon qu’elle est là pour que nous la dominions, ce que nous faisons heureusement assez bien....l'homme est l'intendant des biens mis par Dieu à sa disposition. Il n'est pas autorisé à en abuser, mais ces biens sont à son service et non l'inverse.
Non seulement le concept d’intendant est inopérant, mais il est dangereux, car en l’absence d’instruction divine, ce sont des instructions humaines que nous sommes sommés d’appliquer, avec les écolos, les gauchos, les tradis, les experts, chacun s’installant à la place du maître pour nous dire, à nous les gérants, ce que nous devons faire.
On a déjà assez donné avec les gens qui détournent les enseignements de la Bible pour que nous ne suivions pas ceux qui carrément en inventent.
Cela dit, l’absence d’instruction divine ne nous dégage pas de la responsabilité de la Création. Au contraire. Mais c’est à chacun de trouver la juste relation qu’il ou elle veut entretenir avec la nature. Vous avez donc bien raison de souligner que les ‘biens de la nature sont au service de l’être humain, et non l’inverse’ (l’inverse étant que nous ne devons ni idolâtrer, ni être prisonnier du monde matériel, ni le mépriser). Il n’existe nulle part une bonne réponse applicable à tous et que quelques esprits éclairés, voire illuminés, auraient découverte.
Christian
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