Re: Manifeste des chrétiens indignés
Publié : ven. 10 févr. 2012, 18:37
Quoiqu'il en soit...
Bonjour,Aldous a écrit :Quoiqu'il en soit...
Ils sont assez pareils dans l'ensemble.Cela signifie simplement que les jeunes sont aujourd'hui plus adultes que ceux d'hier
Merci. Inutile de me donner du Wikipedia : je n'ai pas besoin d'intermédiaire et j'ai lu et annoté la Société du Spectacle moi-même. J'ai aussi lu Marx et Lukacks...Aldous a écrit :Non je voulais dire: Quoiqu'il en soit, le fait que tout soit devenu une marchandise à notre époque n'est pas la conséquence de 68. Le concept de marchandisation existe depuis trés longtemps (depuis Marx; et Debord l'a relayé quoique vous en pensiez)
Ce qui est mon propos d'origine: dire à Pneumatis que la marchandisation n'est pas une conséquence de 68.
Si vous pensez que Debord n'a pas relayé ce concept* qui existe depuis Marx, et tout ce que vous pensez de lui, n'y change rien: le fait est que la marchandisation n'est pas une conséquence de 68.
* Mais à mon avis vous avez tort:
Cette notion reprend en partie l'idée de fétichisme de la marchandise, concept développé par Karl Marx dans Le Capital, où l'auteur évoque la disparition des interactions humaines dans le processus de production désincarnée du capitalisme.
Ce concept fut repris et développé par György Lukács. Il fut étendu par Guy Debord à l'ensemble des activités humaines, dans sa théorie de La société du spectacle.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Marchandisation
Cordialement
Voilà pour mes références.Transformer la réalité sociale par la force de l'Évangile, témoignée par des femmes et des hommes fidèles à Jésus-Christ, a toujours été un défi et le demeure aujourd'hui encore, au début du troisième millénaire de l'ère chrétienne. L'annonce de Jésus-Christ, « bonne nouvelle » de salut, d'amour, de justice et de paix, ne trouve pas facilement accueil dans le monde d'aujourd'hui, encore dévasté par les guerres, la misère et les injustices. C'est précisément pour cela que l'homme de notre temps a plus besoin que jamais de l'Évangile: de la foi qui sauve, de l'espérance qui éclaire et de la charité qui aime.
Et pour répondre à l’aporie devant laquelle nous placent Debord et tous ses comparses de toutes tendances :Le chrétien sait qu'il peut trouver dans la doctrine sociale de l'Église les principes de réflexion, les critères de jugement et les directives d'action sur la base desquels promouvoir un humanisme intégral et solidaire. Diffuser cette doctrine constitue, par conséquent, une priorité pastorale authentique, afin que les personnes, éclairées par celle-ci, soient capables d'interpréter la réalité d'aujourd'hui et de chercher des voies appropriées à l'action.
Je vous rappelle enfin que la pensée catholique fait, certes, exactement le même constat que la pensée marxiste : le libéralisme détruit l’unité politique, sociale et culturelle des nations. Simplement, l’Eglise catholique l’explique d’une toute autre manière : par l'apostasie et l'effondrement de la pensée métaphysique réaliste catholique. Ce que je constate, au moins pour ce qui concerne directement la vie de l'Eglise - c'est tout simplement l'apostasie d’une génération qui n’a transmis aucune connaissance métaphysique à ces enfants et s'est crue autorisée à manipuler la doctrine et la liturgie à sa convenance ; et l'effondrement de la pensée réaliste, remplacée la plupart du temps par une macédoine idéologique relativiste et inconsistante qui est incapable d'offrir le moindre point de résistance au libéralisme.Les interrogations radicales qui accompagnent dès le commencement le chemin des hommes acquièrent, à notre époque, une importance encore plus grande en raison de l'ampleur des défis, de la nouveauté des scénarios, des choix décisifs que les générations actuelles sont appelées à faire. Le premier de ces défis, auxquels l'humanité d'aujourd'hui est confrontée, est celui de la vérité même de l'être-homme.
Le grand peuple non plus, d'ailleurs.salésienne05 a écrit :Mes parents étaient des purs "soixante-huitard", entendus qu'ils avaient 18 ans en 1968. Issus de familles "bourgeoises" marseillaises. Mon père a appris cette année là au service militaire que des jeunes de son âge ne mangeaient pas à leur faim... Ma mère, en débutant ses études d'infirmière a appris grâce aux grands "forums" qui étaient organisés ci et là, que de très nombreuses jeunes filles de son âge vivaient dans la misère, étaient victimes de leur maris violents (à 18 ans !) imposés par les parents... Et pourtant, mon père était scout et ma mère élevée dans un pensionnat catholique où la seule chose qu'elle ait apprise sur Dieu, c'est qu'Il s'occupait avant tout des problèmes sexuels et corporels (étant donnée l'insistance des soeurs sur le sujet).
Mes parents ont choisi des voies contraires aux souhaits familiaux pour aider les autres (enseignement public pour mon père en tant qu'instituteur, et école d'infirmière pour ma mère). Ils n'ont jamais prôné la pornographie, la débauche, ou je ne sais quoi d'autres. Et la plupart de leurs amis partageant leurs idéaux sont plutôt du genre à être engagés auprès des plus démunis, et n'ont pas des vies de débauchés...
Un vrai vent de liberté a soufflé pour ceux qui ont vécu mai 68, et notamment la jeunesse, qui était complètement assujettie à la coupe parentale. Certains, il est vrai, le plus grand nombre, se sont servis des manifestations pour rater les cours, fumer ou "forniquer"... mais cette jeunesse là, un peu légère, a toujours existé et n'a pas attendu mai 1968 avant de se manifester.
Par ailleurs, je trouve très réducteur de résumer une société à ce qu'elle fait ou non avec le sexe. Personnellement, je trouve qu'il y a des sujets bien plus graves, moralement parlant, que la sexualité... Et notamment que des hommes puissent encore mourir de faim et de froid dans notre pays.
Quant à la foi... là aussi, c'est un leurre que de penser que les hommes étaient plus saints à d'autres époques, ou plus croyants. Plus pratiquants certainement, mais c'était souvent sous le poids de la tradition et de l'éducation. Là aussi, quand on lit les hagiographies et biographies, même fort lointaines, la vie de foi ne va pas de soi. Même dans les temps où le problème de la foi ne se posait pas réellement, la majorité du petit peuple n'en avait cure.
Vous oubliez de dire que le mouvement de mai 68 n'a pas mis à bas la société capitaliste et le libéralisme économique, ce qui était dans son projet au moins pour des personnes comme Debord ou ceux se réclamant du marxisme.Virgile a écrit : Votre manière de présenter les choses est tout simplement extraordinaire. Ce que vous tentez de m’expliquez, c’est que la génération de mai 1968 s’est soudain occupée de "faire un joyeux mai" parce qu’elle étouffait dans le consumérisme, l’autoritarisme et la "marchandisation" des rapports sociaux d’une société encore traditionnelle...
Je vous réponds que la sortie du type de société traditionnelle que connaissait la France avant 68 a eu pour conséquences de transformer de façon brutale la société et la culture, et de nous faire automatiquement plonger dans un autre type de société et de culture : celui dans lequel nous nous trouvons à présent, vous et moi, et qui se caractérise très précisément par la "marchandisation des rapports sociaux".
Comment?Fée Violine a écrit :Comment tout ça a pu ensuite être perverti en libéralisme, je n'en sais rien, mais au départ c'était un grand coup d'air frais.
Bonjour,salésienne05 a écrit :Sincèrement, Virgile, vous trouvez que la société d'avant 68, avec toute sa pesanteur bourgeoise (nous sommes il est vrai passé à une autre "pesanteur"), était meilleure que celle d'aujourd'hui?
Je trouve inquiétant que, depuis que le monde est monde, il y ait toujours des personnes pour regretter "le temps d'avant" .
Cécile
Bonjour Coeurderoy,coeurderoy a écrit :Que d'habitudes, de codes, d'apparences qui masquaient souvent pas mal de vacuité, d'ennui...
S'il s'agit d'avoir cette nostalgie, pourquoi pas. Si c'est celle-là seulement, alors je la partage avec vous.Si je regrette les années soixante, c'est sans doute parce qu'une certaine paix et douceur régnaient encore au sein des campagnes, que la télévision ne trônait pas dans tous les foyers, que la France n'était pas encore livrée entièrement aux aménageurs et promoteurs de tout poil...
Mais j'étais enfant et il entre sans doute pas mal de nostalgie dans ces regrets ; vivant dans un monde protégé j'assistais, sans le savoir, à la mort d'une société.
Un souvenir frappant : pendant les vacances (dans le Gers ou en Auvergne) je percevais, à 8 ans, combien la société de consommation (pour moi mes parents "modernes" ayant une automobile et écoutant la radio !) ne faisait pas le poids, spirituellement parlant, face aux rudes paysans, costauds, sages et méfiants que je rencontrais lors de balades champêtres...
C'est que, Virgile, ce n'est pas facile de comprendre de quoi vous parlez au juste. Vos propos volent si haut que ça me passe au-dessus de la tête, je dois dire. (pardon, ce n'est pas à moi que vous parliez)Virgile a écrit : vous n'avez manifestement pas compris de quoi il est question.