Désolé mais pour moi la notion d'hérésie reflète une divergence à partir d'un tronc commun sans prétendre que telle ou telle branche détient la vérité. Je que je considère comme vrai ne le sera pas pour un autre et je ne veux ni ne peux décider que l'autre est un menteur pathologique simplement parce qu'il pense différemment de moi.
Vous me dites que "pour vous", l'hérésie correspond à telle ou telle définition et moi je vous donne une définition de l'hérésie qui ne dépend pas de mon bon vouloir et je vous rappelle simplement que si vous utilisez le mot "hérésie" dans son sens étymologique (grec), votre interlocuteur n'est pas sensé le savoir et qu'il vaut mieux le préciser. C'est tout.
Et puis, croire qu'il existe une vérité religieuse à laquelle on puisse accéder ne signifie absolument pas considérer ceux qui ont une croyance différente comme des menteurs pathologiques. On peut se tromper sincèrement.
Par contre, effectivement, un argumentaire se juge à sa cohérence, à son exhaustivité, à sa logique et à ses références. Pour moi la divergence vient du concile de Jérusalem et s'est confirmée à Antioche quand le mouvement chrétien naissant s'est séparé en deux branches, une réservée aux Juifs et l'autre acceptant les non-Juifs sans exiger d'eux la conversion.
Votre utilisation du mot "conversion" est ambigue. Ce qui n'était pas exigé n'était pas la conversion (càd la foi en le message du Christ), mais la pratique de la Loi mosaïque, ce qui est bien différent!
D'ailleurs, c'est cette branche universaliste qui s'est très rapidemment imposée!
Je ne sais pas quel est votre niveau de connaissance en étude des textes mais vous devez savoir que les quatre évangiles canoniques représentent grosso modo quatre courants chrétiens. Celui selon Mathieu représente le courant Juif chrétien (que vous appelez judéo-chrétien) et que l'on appelle aussi ébionite, voire elkhasaïte.
L'ébionisme, d'après le peu que j'en sais, n'est pas attesté avant le 2ème siècle! Il est donc abusif d'assimiler judéo-christianisme et ébionisme, d'autant plus que les judéo-chrétiens ne nient pas la divinité du Christ, élément essentiel du christianisme.
Utiliser l'AT pour présenter ses idées ne veut pas dire qu'on le valide. Paul de Tarse fera exactement la même chose.
Certes, mais il me semble hautement improbable que le Christ ait cité les saintes Ecritures s'il n'y voyait pas la Parole divine. Rien dans le NT ne nous permet de supposer que le Christ ou saint Paul ne considéraient pas l'AT comme divinement inspiré. C'est donc à vous de prouver le contraire!
À supposer qu'il se soit incarné. Les recherches philologiques modernes ont démontré que les premiers paragraphes de Luc étaient pseudépigraphiques et qu'en fait seul Mathieu et Marc font état de la naissance de Jésus.
Il n'y a absolument pas unanimité de pensée dans les recherches modernes et vous semblez dire le contraire.
Maintenant donner l'illusion d'être un être incarné facilite grandement la communication et permet donc de durer auprès de ceux à qui on s'adresse. Les textes qui nous sont parvenus sont à considérer avec prudence. Comment expliquer l'absolu silence dans la littérature non chrétienne concernant Jésus alors que des événements bien moins percutants sont relatés ? Seuls trois documents évoquent plus ou moins clairement Jésus et le Christ. Difficile de croire qu'un humain ayant réalisé de tels miracles ait pu échapper à l'attention des chroniqueurs, historiens et écrivains Juifs et Romains. Donc, il serait possible que le trait ait été un peu grossi pour mieux imprégner les esprits de l'époque. On ne fait rien de mieux aujourd'hui.
Pas forcément. Globalement, personne à l'époque ne réfutait la possibilité d'accomplir des miracles, peu importe la religion. Or, le milieu dans lequel a évolué le Christ était assez limité. Il ne me paraît donc pas si étrange que les miracles n'aient pas été relatés en détail par les rares sources de l'époque (NT non compris!).
Par ailleurs, une tradition juive bien vivace ne niait pas (et ne nie toujours pas) que Jésus ait accompli des prodiges, mais refusait (et refuse toujours) de voir en lui le Messie tant attendu. Je peux vous citer les références juives si vous le désirez.
Du point de vue des Juifs si ! Relisez Jean VIII 44. Pour eux si leur Dieu est le diable le Dieu de Jésus est forcément un faux dieu. Dans leur logique sa mise à mort est cohérente.
Mais ils ne pensent pas que leur Dieu est le diable!
D'ailleurs, vous ne réfutez pas mes propos, car j'écrivais précisément qu'il y a une différence de taille entre ne pas reconnaître en Jésus le Messie (et donc appliquer à Jésus les passages de l'AT sur les faux prophètes (messies)) et ce que vous affirmez. Les Juifs qui ont désiré la mort de Jésus (pas tous, évidemment!) avaient tort, car le Christ n'était pas un faux Messie et que les passages de l'AT qui auraient pu justifier leur rejet ne pouvaient donc s'appliquer au vrai Messie!
La Passion perd son caractère sacrificiel au profit d'un caractère révélateur destiné à éclairer les consciences sur la rupture entre un Dieu imparfait et sélectif et un Dieu tout amour et universel. Ce renversement ne peut s'obtenir rapidement. Les disciples semblent avoir eu du mal à le comprendre
S'ils ont eu du mal à le comprendre, c'est tout simplement parce que votre doctrine est apparue bien des décennies après eux!
Tout à fait ! Il ne suffit de se dire dans la vérité pour l'être ! Je dirai même que c'est quand on commence à être convaincu que l'on a atteint la vérité que l'on est sur d'être dans l'erreur.
Ce n'est pas ce que je voulais dire!
Vous trouverez dans Jean la notion qu'il y a de nombreuses religions qui sont à la recherche de la vérité mais que seul l'espace divin hors de ce monde permet d'atteindre la vérité. En fait, tout un chacun peut détenir un petit bout de la vérité divine mais personne ne peut la détenir totalement tant qu'il reste soumis à ce monde imparfait. Donc, toutes les religions sont imparfaites, même le christianisme cathare.
Mais Jean ne dit pas cela! Il affirme au contraire que c'est par le Christ que nous aurons la vie éternelle. C'est très clair. D'autant plus que les écrits de Jean sont ceux du NT qui insistent tout particulièrement sur la nature divine du Christ. Niez-vous ce fait?
Il ne faut pas confondre Mal et morale.
Le bien et le mal sont absolument liés à la morale!
Quand un anthropophage tue son ennemi et le mange, il ne commet aucune faute selon les critères moraux de son groupe ethnique. pourtant cela nous révolterait aisément.
Non! C'est simplement son groupe ethnique qui a une conception erronée du bien et du mal! Un tel homme ne sera certes pas sanctionné, mais ce qu'il fait n'est pas moralement bien pour autant.
Maintenant commettre un acte contraire à la morale est considéré comme un mal, même si l'on peut se demander si notre morale n'est pas quelque fois bancale. Ainsi un meurtre commis sous l'uniforme peut vous valoir une médaille quand il vous vaudra 20 ans de prison en d'autres temps. Le jeune militaire américain qui a révélé les documents secrets montrant l'armée américaine commettant des crimes de guerre va passer sa vie en prison parce que les USA préfèrent un crime de guerre caché à une vérité révélée. Comme disait Montesquieu dans les Les lettres persanes, tout dépend de la façon dont on conçoit la norme.
Il existe des vérités morales objectives. Le problème n'est pas là, il est dans le fait que nos sociétés sont imparfaites, parce que l'homme est imparfait.
Moi, je ne trouve pas clair de supposer que le Christ a berné les apôtres en leur apparaissant ressuscité!
Par contre marcher sur l'eau pour un être incarné, cela ne vous pose aucun problème ?
Non! C'est la définition même du miracle que d'accomplir de tels prodiges.
Suliko a écrit :A partir du moment où il y a mariage religieux, il n'y a plus fornication! Le Christ lui-même ne s'est pas opposé au mariage!
Quelle merveille ! D'ailleurs vous avez raison puisqu'il a suffit d'une sentence pour rendre "saint" le meurtre de milliers d'individus sur les bûchers européens du Moyen Âge. Pour la corrélation entre Jésus et le mariage catholique j'ai déjà répondu.
Mais le Christ lui-même ne réprouve pas le mariage. Et saint Paul en parle explicitement comme d'un bien! Jamais le mariage n'est en soi réprouvé ou considéré comme un péché, que ce soit dans l'AT comme dans le NT.
Mais j'ai l'impression que vous prenez ce qui vous arrange du NT. Vous me faites penser aux musulmans, qui parlent d'Ecritures saintes falsifiées et ne prennent que ce qui va dans leur sens.
Le cathare ne juge pas les autres car il se considère pécheur donc indigne. Il se contente de chercher à s'améliorer lui-même. Vous savez l'histoire de la paille et de la poutre.
Vous me disiez pourtant plus haut que seul le bon-homme peut commettre des péchés et que la majorité de l'humanité ne fait que suivre sa nature mondaine! On ôtant son libre-arbitre à cette majorité, vous ôtez par conséquent toute légitimité à la justice humaine et divine. Comment juger un être qui n'est pas libre?