philémon.siclone a écrit :Lorsqu'on s'aime vraiment, me semble-t-il, on met tous les biens en commun, et on décide ensemble de ce qu'on en fait, non ?
Bonjour Philemon,
en lisant la citation plus haut, je me pose la question: pourquoi
devrait-ilnécessairement en être ainsi? N'est-ce pas , dès le départ , donner une importance indue à l'argent dans le couple? N'est-ce pas en faire une condition de départ à l'amour? Ne pourrait-on changer l'ordre des mots dans cette citation et dire plutôt: Lorsqu'on s'aime vraiment, on décide de ce qu'on veut faire ensemble et ensuite on met en commun tous les biens et argents nécessaires à la réalisation de notre projet de couple.
C'est ce que nous avons fait dans le nôtre. Finalement, on les partage, nos billes, pour tout ce qui a trait à notre vie en commun. Au-delà de ça, était-il nécessaire de les mettre
toutesdans le même panier? Deux questions à se poser:
-qu'est-ce que ça nous aurait apporté de plus? Absolument rien.
-est-ce que ça aurait pû compliquer les choses? Oui. Je m'explique:
Il faut considérer d'autres facteurs que je n'ai pas pensé mentionner. Quand on s'installe dans une vie de couple à 25ans avec l'intention de fonder une famille, c'est une chose. Quand on le fait à un âge plus avancé et qu'on a déjà tous deux une vie derrière soi , c'en est une autre. Si en plus il y a dans le tableau des enfants qui ne sont pas nos enfants communs, ça se corse. Mais abstraction faite de ces facteurs, il y a encore autre chose: qu'on ait 25 ans ou 45ans, quel type d'union sera la nôtre? Vivrons-nous maritalement ou en union libre? Cela fait toute la différence dans les implications que ça suppose.
Peut-être ne peut-on pas dire qu'il
fauttout partager pas plus qu'on ne peut dire qu'il
ne faut pastout partager. Pour ne pas donner à l'argent un pouvoir indu dans nos relations, il faut à mon avis faire le choix qui convient à la situation et adapter la gestion qu'on en fait aux circonstances de notre vie et de notre union et non pas assujettir notre amour au partage absolu de tout.
Mais par-dessus tout, je reviens toujours à ça, quel que soit le style de vie et de partage qu'on adopte, il faut éviter de se mettre dans une situation d'extrême vulnérabilité. Rien ne justifie cela. L'exemple classique est le suivant:
-deux jeunes décident de vivre ensemble. Ils optent pour une
union libre. Ils décident ensuite d'avoir des enfants (2). D'un commun accord la p'tite dame quitte son emploi pour s'occuper des enfants . Après quelques années, arrive ce qui arrive souvent, le couple se disloque et monsieur part. Je ne sais pas ce qui se passe en France dans ces cas, mais voici le tableau ici:
-la plupart du temps, c'est la femme qui a la garde des enfants.
-le père doit payer à son ex-conjointe une pension alimentaire pour ses enfants.
-en ce qui concerne l'ex-conjointe, comme ils n'étaient pas mariés, il ne lui doit
absolument rien . Pas de pension alimentaire pour elle, pas de compensation pour toutes les années de salaire perdues.
Alors, en plus de devoir s'occuper seule des enfants, ce qui n'est pas toujours une partie de plaisir, elle doit retourner en catastrophe sur le marché du travail pour subvenir à ses besoins, où elle trouvera un travail peu rémunérateur par manque de formation, ou si elle en a une, elle devra recommencer au bas de l'échelle pour être restée trop longtemps hors du circuit.
Est-ce qu'on s'entend pour dire que la p'tite dame, elle rame fort et que c'est dur, très dur?
Est-ce qu'on s'entend pour dire que sa vie, elle la voyait autrement et qu'elle aurait pu mieux se protéger? Ce n'est qu'un exemple.
Voilà. C'est beau l'amour, j'en conviens. C'est...merveilleux. Mais il ne faut pas tout abandonner entre ses mains, parce que c'est pas vrai que tout le monde il est beau , tout le monde il est gentil, et que ça ira toujours bien.