En Bretagne, où la contestation a pris le tour le plus symbolique, des dizaines de camions convergeaient vers feu le portique de Lanrodec (Côtes d'Armor), entre Saint-Brieuc et Guingamp détruit le 3 novembre par des manifestants.
Plusieurs centaines de camions - 4.000 selon les organisateurs - ont défilé samedi au pas contre l'écotaxe dont ils réclament l'abandon, créant de sérieux ralentissements autour des grandes villes mais prenant soin d'éviter toute violence.
En fin de matinée, des cortèges poids-lourds se dirigeaient vers Toulouse, Bordeaux, Marseille, Lyon, Lille et en Ile-de-France autour du marché de gros de Rungis près de l'aéroport d'Orly, s'arrêtant sous les portiques installés pour la collecte de l'écotaxe mais en prenant soin de les épargner.
Sur les banderoles déployées sur le pont à l'entrée de Marseille, à hauteur des Pennes Mirabeau, on pouvait lire : "Ecotaxe + dumping social = mort des PME du transport routier" et "Ecotaxe= racket, faillite, chômage". Mais pas question de brouiller le message.
"On est complètement étranglés. Nous demandons suppression pure et simple de l'écotaxe", a déclaré à l'AFP sur l'A63 à proximité de Bordeaux le représentant de la société de transport TLA, Eric Richard. "Il n'y a pas 56.000 solutions, soient ils nous ils écoutent soit le chômage augmente".
En Bretagne, où la contestation a pris le tour le plus symbolique, des dizaines de camions convergeaient vers feu le portique de Lanrodec (Côtes d'Armor), entre Saint-Brieuc et Guingamp détruit le 3 novembre par des manifestants.
Précisément, l'OTRE, la fédération de routiers qui appelait à la mobilisation en arguant que l'écotaxe coûterait plusieurs dizaines de millions d'euros par entreprise, a donné consigne à ses adhérents d'éviter toute violence et destruction pour ne pas brouiller le message.
"Tout se passe bien, on est bien conscient de l'impact que pourraient avoir des destructions et c'est pas dans notre état d'esprit" a assuré la présidente de l'OTRE, Aline Mesplès jointe par l'AFP dans le cortège d'Aquitaine sous le portique sur l'A 63.
Selon Mme Mesplès, les poids-lourds veillaient à laisser une voie de circulation libre pour les véhicules légers, en revanche pas question de laisser passer les "camions étrangers", immatriculés en Espagne ou dans les pays de l'Est: "On ne veut pas que nos concurrents continuent à rouler pendant qu'on est arrêté", a justifié la présidente.
Selon le porte parole de l'OTRE, Kevin Beard, la fédération dénombrait 4.000 camions à midi dans plus d'une trentaine de cortège, tous calmes; "le public est même réceptif à nos distributions de tracts" a-t-il affirmé à l'AFP.
"Ces chiffres vont bien au-delà de ce qu'on escomptait" a-t-il insisté.
La mobilisation des forces de l'ordre -- gendarmes et CRS - visait à protéger les portiques de la société Ecomouv dont l'OTRE demande l'annulation du contrat, autant qu'à limiter les perturbations du trafic.
Cependant, autour de Paris, 300 à 400 routiers convergeant vers Rungis risquaient de compliquer l'accès à l'aéroport d'Orly. En région les autoroutes A7 au sud de Lyon et A1, entre Valenciennes et Lille, étaient bloquées par des opérations escargot. Au niveau du portique sur l'A63 en direction de l'Espagne, les camions bloquaient les deux voies laissant passer les voitures sur la bande d'arrêt d'urgence sur 5 kilomètres environ.
Des déviations ont été mises en place là où c'était nécessaire, Bison Fûté s'attendant à des perturbations jusque vers 15H00.
L'OTRE, qui représente les petites entreprises du secteur des transporteurs routiers (3.000 adhérents) était la seule à mobiliser samedi.
Les autres fédérations de transporteurs (Unostra,FNTR, CSD et TLF) ont tenu à marquer leur différence par un communiqué commun envoyé à l'AFP: rappelant que le ministre des Transports Frédéric Cuvillier les avait reçues mercredi elles réaffirment qu'elles s'abstiendront de "toute manifestation type pique-nique sous les portiques" tant que le gouvernement maintiendra ses promesses de majoration forfaitaire et d'un plan de soutien au transport routier.
http://www.lalibre.be/actu/internationa ... 4f79070a0a