Re: Des jeunes pour une Eglise de France qui se réveille
Publié : dim. 06 juil. 2014, 17:08
Cette explication est plus convaincante, dans la mesure où elle correspond à certaines réactions que j'ai entendues de la part de gens qui ont la soixantaine aujourd'hui: une religion trop formaliste (il fallait "être en règle" en allant à la messe le Dimanche matin et en "faisant ses Pâques" et cela suffisait) et un message perçu de la façon négative que vous indiquez. Après, dans quelle mesure ces réactions sont dues à l'incompréhension de ces personnes, c'est plus difficile à dire. Mais si la foi chrétienne a pu être aussi facilement déracinée chez beaucoup, cela indique bien une certaine insuffisance dans la religion de ces populations.Jeremy43 a écrit :D'après ce qu'on m'a dit, dans les campagnes, ce qui semble avoir détourné les fidèles de Dieu, c'est l'image qu'on se faisait de Dieu dans ces années là : le catéchisme était appris par coeur, le quand dira-t-on était la règle, les religieux n'incarnaient pas du tout le message Evangelique. Dieu n'était pas un Père mais un tyran qui attendait seulement de nous jeter en enfer à la moindre occasion (j'exagère mais c'était pas loin de ça).
Là encore je suis d'accord. Et franchement, de ce que j'entends, c'est bien ce que font la plupart des clercs actuels (enfin ceux qui n'en sont pas restés à prêcher la lutte des classes). Après, il n'est jamais évident de trouver le bon équilibre entre "Dieu vous connaît et vous aime" et un laxisme qui ferait oublier que nous sommes tous pécheurs, avons réellement besoin d'être sauvés et avons notre part à faire dans l'accueil de la grâce divine, notamment en renonçant constamment aux tentations du péché.De fait, si tout le monde allait à la messe, personne ne recherchait la relation avec Dieu. Le Père Matteo, Apôtre du Sacré Coeur, exprime bien cet état de fait dans son livre "Jésus Roi d'Amour".
Le problème c'est qu'aujourd'hui on a basculé dans l'extrême inverse dans de nombreuses paroisses, il n'y a plus de péché, l'homme est beau et gentil et tout le monde est sauvé. Ce qui est encore plus faux.
Mais comme vous le signalez cela change petit à petit, en particulier chez les jeunes qui éprouvent le besoin de vivre la pureté de l'Evangile, qui aspirent à rencontrer vraiment Dieu et qui aiment le sacré (il n'y a qu'à voir la différence de vocation entre les monastères "tradis" et "normaux", c'est criant). On revient des illusions de jadis, les jeunes prêtres sont bien formés et ne sont pas des fous de modernité comme la majorité de leurs ainés.
Tout le problème réside vraiment dans la connaissance de Dieu car c'est d'elle que découle tout, on a vite fait de se fabriquer des idoles (qui découle de notre passé, du contexte etc..., je parle en connaissance de cause) et donc au final d'adorer un Dieu qui n'est pas Dieu Père, Fils et Saint-Esprit. Peut-être l'Eglise devrait-elle mettre aujourd'hui l'accent sur cette relation personnelle avec le Sainte Trinité qui est au final le but et le sens de la vie ici bas, que Dieu est vraiment notre Père, bien plus que notre père terrestre.
In Xto,
archi.