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Re: Des jeunes pour une Eglise de France qui se réveille

Publié : dim. 06 juil. 2014, 17:08
par archi
Jeremy43 a écrit :D'après ce qu'on m'a dit, dans les campagnes, ce qui semble avoir détourné les fidèles de Dieu, c'est l'image qu'on se faisait de Dieu dans ces années là : le catéchisme était appris par coeur, le quand dira-t-on était la règle, les religieux n'incarnaient pas du tout le message Evangelique. Dieu n'était pas un Père mais un tyran qui attendait seulement de nous jeter en enfer à la moindre occasion (j'exagère mais c'était pas loin de ça).
Cette explication est plus convaincante, dans la mesure où elle correspond à certaines réactions que j'ai entendues de la part de gens qui ont la soixantaine aujourd'hui: une religion trop formaliste (il fallait "être en règle" en allant à la messe le Dimanche matin et en "faisant ses Pâques" et cela suffisait) et un message perçu de la façon négative que vous indiquez. Après, dans quelle mesure ces réactions sont dues à l'incompréhension de ces personnes, c'est plus difficile à dire. Mais si la foi chrétienne a pu être aussi facilement déracinée chez beaucoup, cela indique bien une certaine insuffisance dans la religion de ces populations.
De fait, si tout le monde allait à la messe, personne ne recherchait la relation avec Dieu. Le Père Matteo, Apôtre du Sacré Coeur, exprime bien cet état de fait dans son livre "Jésus Roi d'Amour".

Le problème c'est qu'aujourd'hui on a basculé dans l'extrême inverse dans de nombreuses paroisses, il n'y a plus de péché, l'homme est beau et gentil et tout le monde est sauvé. Ce qui est encore plus faux.

Mais comme vous le signalez cela change petit à petit, en particulier chez les jeunes qui éprouvent le besoin de vivre la pureté de l'Evangile, qui aspirent à rencontrer vraiment Dieu et qui aiment le sacré (il n'y a qu'à voir la différence de vocation entre les monastères "tradis" et "normaux", c'est criant). On revient des illusions de jadis, les jeunes prêtres sont bien formés et ne sont pas des fous de modernité comme la majorité de leurs ainés.

Tout le problème réside vraiment dans la connaissance de Dieu car c'est d'elle que découle tout, on a vite fait de se fabriquer des idoles (qui découle de notre passé, du contexte etc..., je parle en connaissance de cause) et donc au final d'adorer un Dieu qui n'est pas Dieu Père, Fils et Saint-Esprit. Peut-être l'Eglise devrait-elle mettre aujourd'hui l'accent sur cette relation personnelle avec le Sainte Trinité qui est au final le but et le sens de la vie ici bas, que Dieu est vraiment notre Père, bien plus que notre père terrestre.
Là encore je suis d'accord. Et franchement, de ce que j'entends, c'est bien ce que font la plupart des clercs actuels (enfin ceux qui n'en sont pas restés à prêcher la lutte des classes). Après, il n'est jamais évident de trouver le bon équilibre entre "Dieu vous connaît et vous aime" et un laxisme qui ferait oublier que nous sommes tous pécheurs, avons réellement besoin d'être sauvés et avons notre part à faire dans l'accueil de la grâce divine, notamment en renonçant constamment aux tentations du péché.

In Xto,
archi.

Re: Des jeunes pour une Eglise de France qui se réveille

Publié : dim. 06 juil. 2014, 18:07
par Jeremy43
Bonjour,
Après, dans quelle mesure ces réactions sont dues à l'incompréhension de ces personnes, c'est plus difficile à dire. Mais si la foi chrétienne a pu être aussi facilement déracinée chez beaucoup, cela indique bien une certaine insuffisance dans la religion de ces populations.
D'après ce qu'on m'a raconté, l'Eglise c'était comme le service militaire, personne n'y échappait, c'était "comme ça". D'ailleurs les ordres religieux venaient dans les villages recruter des personnes qui n'avaient pas du tout la vocation, ce qui explique en grande partie tous ceux qui ont brisé leurs voeux dès que l'étau s'est desserré. Les religieux et prêtres qui vivaient dans les villages avaient souvent le coeur très dur, on avait bien du mal à voir la bonté de Dieu à travers eux alors que pour guider les âmes il faut avoir le coeur grand ouvert. La religion était très "légaliste" et consistait en l'accomplissement de tâches (comme vous le signalez et comme les pharisiens en fait), ce qui est totalement à l'encontre de ce que Jésus nous a enseigné et de ce que le Père désire.

Re: Des jeunes pour une Eglise de France qui se réveille

Publié : dim. 06 juil. 2014, 18:07
par Kerniou
Je suis désolée, Archi, je ne sais quel âge vous avez ni où vous avez vécu. Je parle de ce que j'ai vécu. de plus, il ne faudrait pas confondre marxisme et sociologie.
Je ne dis pas que l'église écartait les jeunes modestes de la prêtrise, je dis que comme ils ne faisaient pas d'études, ils avaient peu accès au séminaire. Il était ancré dans les mentalités que les fils reprenaient le même travail que leur père. Le clergé n'échappait pas à la règle. certains garçons, intelligents, bénéficiaient d'études secondaires exclusivement pour devenir prêtres.
J'ai grandi dans une région marquée par la guerre scolaire. Quand nous allions au catéchisme à la paroisse, Les enfants de l'école des soeurs occupaient les premiers rangs puis un banc restait inoccupé pour faire séparation avec les enfants de l'école publique qui se mettaient derrière le banc vide pour ne pas qu'ils nous dissipent ... à moins qu'ils ne se soient sentis trop éloignés.
Ma belle-mère m'a raconté que dans le nord de l'Aveyron, dans les années 20, chez les soeurs on accueillait tous les enfants mais à des régimes différents: celui de la soupe et celui de la viande. Les enfants dont les parents pouvaient payer mangeaient un repas complet avec de la viande et les autres de la soupe et du fromage. Quand des filles de paysans étaient douées pour les études , elles se retrouvaient en pension à Rodez pour devenir institutrices, au régime de la soupe et du service. Elles devaient participer au ménage et au service de table. Elles payaient en services leur pension et n'avaient pas de récréation. En tablier, elles servaient à table les filles de leur classe dont les parents pouvaient payer plein tarif ... Cependant, elles devenaient institutrices. Dans ce contexte vous vez intérêt à être bon élève. On ne rate pas une occasion de vous rappeler tout ce qu'on fait pour vous.
En Bretagne, à la même époque, les soeurs, dans les villages, tenaient la cantine pour tous les enfants de la commune, les écoles confondues, qui ne pouvaient rentrer chez eux le midi. Chacun venait avec son frugal repas et les soeurs servaient une soupe chaude à tout le monde. Je ne peux m'empêcher de penser que ces religieuses qui jardinaient venaient de la campagne et connaissaient la dureté de la vie.
Avez-vous été fils d'ouvrier, boursier , en pension dans une boîte libre avec les fils des notables de la région ?
Au grès des mutations de mon père, je suis allée dans deux boîte libres différentes la première était très chaleureuse et j'y retourne régulièrement avec anciennes élèves l'autre, puante, je n'y suis restée qu'un an et j'en garde un souvenir épouvantable et mes parent aussi..
Les gens de mon âge, qui ont vécu ces mesquineries, comment pensez-vous qu'ils ont parlé de l'église et de la religion à leurs enfants ?

Re: Des jeunes pour une Eglise de France qui se réveille

Publié : dim. 06 juil. 2014, 18:56
par jean_droit
Il faut dire que jusqu'à ces dernières décennies, le clergé n'était pas issu de milieux modestes puisque les enfants ne faisaient pas d'études secondaires. Il existait un "interdit social", ni écrit ni formulé nulle part, mais bien réel et implacable. Une collusion existait de fait entre notables et clergé qui s'opposaient aux syndicats qui revendiquaient des droits.L'Eglise prônait, alors, l'obéissance à la volonté divine de placer tel ou tel dans une une catégorie sociale. Ne pas se tenir silencieusement à la place que Dieu nous avait assignée dans la société était une offense à l'ordre social voulu par Dieu et un péché de ne pas respecter son devoir d'état ... Le clergé était complètement coupé de la vie des fidèles ...
Je pense un peu que vous avez une lecture idéologique et fausse de la réalité.

Le curé de campagne était très proche, très proche de ses fidèles. Sur ce point il y a des centaines de témoignages.
En commençant par le Saint curé d'Ars.

L'ancien curé de mon village, quand il y avait un curé, tenait dans sa cure une sorte d'estaminet. C'était sa façon à lui d'être proche de ses fidèles. Les anciens en parlent encore avec émotion.

Dans ma jeunesse les prêtres venaient de bien des horizons mais surtout des couches populaires.

J'avais, en cinquième, un professeur modeste et humble. Une vraie tête de paysan. Et d'ailleurs, dans ma folie juvénile, je le prenais pour tel. Et puis un jour que je constate son absence l'on me répond qu'il a été appelé à Rome dans une réunion de théologiens. Mon petit prêtre avait un doctorat de théologie ..... Il est revenu de Rome comme si rien ne s'était passé, modeste et effacé.

La très grande majorité des prêtres actuels que je connais est issue de milieux modestes.

Re: Des jeunes pour une Eglise de France qui se réveille

Publié : dim. 06 juil. 2014, 20:09
par archi
Kerniou a écrit :Au grès des mutations de mon père, je suis allée dans deux boîte libres différentes la première était très chaleureuse et j'y retourne régulièrement avec anciennes élèves l'autre, puante, je n'y suis restée qu'un an et j'en garde un souvenir épouvantable et mes parent aussi..
Les gens de mon âge, qui ont vécu ces mesquineries, comment pensez-vous qu'ils ont parlé de l'église et de la religion à leurs enfants ?
Veuillez me pardonner mes 2 messages précédents agressifs à votre égard :fleur: , mais la vulgate de l'"Eglise des riches contre les pauvres" a tellement été entendue, surtout de la part de ceux qui la saccagent depuis 40 ans, que j'ai réagi trop vivement... Je serais plutôt disposé à suivre l'avis de Jeremy43: si l'Eglise recrutait des religieux qui n'avaient pas la vocation, vous pouviez effectivement vous attendre de leur part à des mesquineries, comme vous dites. C'est sans doute cela que vous avez constaté. Il me semble que l'image du curé de campagne pré-conciliaire était plutôt bonne, en revanche, beaucoup ont effectivement gardé de mauvais souvenirs de leur éducation chez les soeurs.

Près de chez moi, il y a un lieu de pélerinage tenu par des religieux, qui comporta pendant longtemps un petit séminaire. Effectivement, des échos que j'en ai eu, la religion qu'ils enseignaient était très légaliste et hypocrite. L'oncle de ma femme, parfaitement athée, y passa quelques années d'école jusqu'en 1968, d'après lui, il a vu cette année-là que les religieux ne croyaient pas plus que lui à ce qu'ils prêchaient, donc il est parti sans regrets. Et comme le dit mon curé, ce sont les mêmes qui se sont jetés à corps de bras dans la révolution ecclésiale. Où ils n'ont pas fait non plus preuve de la moindre charité vis-à-vis de ceux qui voulaient conserver la tradition ecclésiale qu'ils connaissaient et aimaient. Bref, ça colle avec ce que nous explique Jeremy.

Je pense donc qu'il ne faut pas tout mélanger, lutte des classes et mauvaise qualité du recrutement sont 2 choses qui n'ont rien à voir. Nous pouvons semble-til nous entendre sur la mauvaise qualité du recrutement.

Il est important d'analyser précisément ces faiblesses. Autant je pense qu'il faut recouvrer petit à petit (dans la mesure où c'est encore possible!) les richesses de la vie pré-conciliaire qui ont été jetées par dessus-bord dans les années folles 60-70, autant il faut être conscient des faiblesses dans la vie ecclésiale qui ont rendu cette situation possible. Sans tomber dans les conclusions trop faciles ou hâtives.

In Xto,
archi.

Re: Des jeunes pour une Eglise de France qui se réveille

Publié : lun. 07 juil. 2014, 12:00
par Kerniou
Ne vous excusez pas, je suis parfois un peu (?) vive. L'important est que nous puissions comprendre le point de vue de l'autre.
Pour avoir vécu cette évolution, je réagis quand l'époque d'avant le concile est idéalisée par des gens qui ne l'ont pas connue. Il n'existe pas de période idéale pour toute la société, ce n'est pas possible. L'époque que nous vivons montre combien certains doivent peiner pour que d'autres vivent dans l'opulence et inversement, la fortune facile d'un petit nombre se construit sur le chômage et la précarité d'un plus grand nombre.
Il existait une différence entre la campagne, les petites villes et les grandes, vous avez raison. J'ai connu les trois. C'est pourquoi, l'exode rural n'est pas une excuse.
Dans les années 50, quand les jeunes de la campagne sont partis, en ville chercher du travail, ils se sont retrouvés dans les HLM, construits à la hâte, à l'extérieur des villes où il n'y avait pas d'église et pas de bus le dimanche quand, toutefois, il y en avait un en semaine. Pour ceux qui surmontaient ces difficultés pratiques, ils se retrouvaient "marginalisés" dans une grande église où les gens se connaissaient entre eux et où on ne les connaissait pas. Ils y voyaient, aussi, leurs employeurs. On se saluait d'un signe de tête en gardant ses distances et parfois la distance faisait qu'on ne se croisait pas ... Dans ce contexte, la pratique religieuse et le catéchisme devenaient compliqués. Cependant, les HLM offraient le confort: logement clairs, avec l'eau, le gaz, l'électricité, une douche et une prise pour la machine à laver ... Ce qui fait que les femmes qui, traditionnellement transmettent la foi, ne voulaient à aucun prix quitter ces logements pratiques qui facilitaient leur vie quotidienne et leur libéraient du temps pour aller travailler à l'extérieur. C'était le début des 30 glorieuses.
S'ajoutait aux mentalités différentes, une confrontation des connaissances apprises au catéchisme avec la réalité sociale citadine ... tout volait très vite en éclats !
Les bons n'étaient pas récompensés ni bien considérés et les mauvais punis. A la campagne le travail bien fait et la qualité de la récolte sont indissociables et tout le monde partageait les mêmes valeurs de travail et de morale chrétienne. La Providence assignait une place à chacun qui contribuait à la vie du village. Les gens de la campagne connaissaient peu le cynisme, tout le monde se connaissait, se saluait et reconnaissait les qualités de chacun. Les notables avaient le souci de fournir un travail aux personnes dans le besoin. Même mal payés les petits emplois donnaient à chacun un moyen de vivre et une identité.
En ville, il existait un mur invisible et mais infranchissable entre le gens de milieu différent. Ces ouvriers de souche paysanne se trouvaient face à des employeurs qui ne reconnaissaient pas la dureté de leurs conditions de travail ni la qualité de leur travail. Ils ont découvert qu'ils coûtaient cher à ceux qu'ils enrichissaient et qui fréquentaient assidument le clergé et l'église où ils ne se sentaient plus chez eux ... Les cités ouvrières ou HLM avaient déjà la mauvaise réputation des cités actuelles qui pour nombre d'entre elles ont été habitées, au départ, par les français modestes. On parlait déjà de la racaille des usines.
L'Eglise a la mission d'accueillir tous les hommes quelque soit leur statut social et c'est une tâche difficile. Je trouve que l'Eglise s'est ouverte à une plus grande partie de la société, qu'elle est devenue plus humaine et ce n'est pas une faiblesse.
L'humain n'est pas à mépriser, on ne peut dissocier le divin de l'humain. Sans l'humain, il n'y a pas de divin et les changements ne se font pas sans heurts...

Re: Des jeunes pour une Eglise de France qui se réveille

Publié : lun. 07 juil. 2014, 14:16
par Suliko
Bonjour Kerniou,
Pour avoir vécu cette évolution, je réagis quand l'époque d'avant le concile est idéalisée par des gens qui ne l'ont pas connue. Il n'existe pas de période idéale pour toute la société, ce n'est pas possible. L'époque que nous vivons montre combien certains doivent peiner pour que d'autres vivent dans l'opulence et inversement, la fortune facile d'un petit nombre se construit sur le chômage et la précarité d'un plus grand nombre.
Je n'ai pas vécu cette période préconciliaire, mais j'ai lu et entendu un certain nombre de témoignages qui ne concordent pas forcément avec le vôtre. Je vous trouve trop négative. On dirait parfois que vous avez peur de voir la réalité en face, à savoir l'effondrement dramatique du catholicisme en l'espace de quelques décennies. D'ailleurs, vous ne parlez pas du tout de la crise doctrinale que traverse l'Eglise. Pour vous, si les gens ont abandonné toute pratique, c'est avant tout pour des raisons extérieures à l'Eglise elle-même. C'est en tout cas ce que vous décrivez. Il faut tout de même rappeler que la foi n'a tout simplement pas été correctement transmise, voire pas transmise du tout...
Votre réaction me semble symptomatique d'un travers de la société occidentale actuelle: l'autocritique perpétuelle associée à une grande indulgence pour les doctrines hétérodoxes. Je m'explique: on nous explique sans cesse que si les gens ont quitté l'Eglise, c'est à cause du comportement pas assez évangélique de ses membres. Par contre, dès qu'il s'agit de rappeler que les idéologies qui ont remplacé la foi chrétienne dans les consciences sont prônées par des gens tout aussi imparfaits, voire plus, que les catholiques, c'est le grand silence...Il va falloir cesser de faire la critique de l'Eglise au nom du socialisme, du libéralisme, des Lumières, etc...Ce sont tout de même ces catholiques soit disant massivement légalistes et peu priants qui ont bâti les églises de la Chrétienté, qui sont partis en mission, qui se sont battus pour une société chrétienne!
Sinon, j'aurais tendance à penser que la société actuelle est plus imparfaite que celle d'autrefois sur le plan spirituel (qui est le plan le plus important), car beaucoup moins de gens sont catholiques pratiquants et donc, assez logiquement, plus d'âmes se damnent...Ce n'est tout de même pas rien. C'est même dramatique! Je ne vois pas en quoi l'admettre serait idéaliser le passé...Si matériellement, la vie d'autrefois était pour beaucoup nettement plus dures, spirituellement, cela allait mieux qu'aujourd'hui.
Mais ce qui me chagrine le plus, c'est que l'Eglise elle-même semble vaciller et se soumettre aux valeurs du monde, y compris dans les plus hautes sphères. Elle n'est plus cette forteresse inébranlable qui osait critiquer fermement les idéologies néfastes qui pesaient toujours plus sur les esprits et la société...Sans doute cette image très préconciliaire de l'Eglise a-t-elle quelque chose de pathétique, mais enfin, lorsque toutes les valeurs traditionnelles s'effondrent autour de soi, on serait bien soulagé de trouver en l'Eglise-institution un refuge!

Bien à vous,

Suliko

Re: Des jeunes pour une Eglise de France qui se réveille

Publié : lun. 07 juil. 2014, 17:22
par Kerniou
Il n'y a pas qu'un seul facteur au déclin de la pratique religieuse et je bondis à chaque fois que l'on incrimine la seule liturgie. Comme vous, je regrette ce déclin et je l'ai constaté lorsque j'animais encore un groupe d'aumônerie, il n'y a pas si longtemps. Dieu n'arrive que loin derrière le foot et les copains. Ces jeunes avaient vraiment le sentiment de pouvoir vivre sans Dieu et ne voyaient pas la nécessité de croire à quelque chose qui les dépasse. Quand les parents considèrent la foi comme un superflu, ils ne la transmettent pas à leurs enfants et c'est la famille le berceau de la foi.
Quand le jeune riche s'en va, Jésus ne le rappelle pas, ne le retient pas. C'est à lui de revenir de lui-même quand il entendra l'appel de Dieu et sera prêt à y répondre ...

PS: je fais partie d'une cousinade de 35 cousins germains, nous avons reçu une éducation religieuse vivante et heureuse
Nous sommes trois pratiquantes et engagées dans la vie de l'Eglise ... Je ne refuse pas de voir, je me sens perplexe et impuissante face à cette constatation.

Re: Des jeunes pour une Eglise de France qui se réveille

Publié : mar. 08 juil. 2014, 20:49
par Suliko
Bonjour Kerniou,
Il n'y a pas qu'un seul facteur au déclin de la pratique religieuse et je bondis à chaque fois que l'on incrimine la seule liturgie.
Pourtant, je n'ai jamais lu un seul catholique qui incriminait la seule liturgie!
Comme vous, je regrette ce déclin et je l'ai constaté lorsque j'animais encore un groupe d'aumônerie, il n'y a pas si longtemps. Dieu n'arrive que loin derrière le foot et les copains. Ces jeunes avaient vraiment le sentiment de pouvoir vivre sans Dieu et ne voyaient pas la nécessité de croire à quelque chose qui les dépasse. Quand les parents considèrent la foi comme un superflu, ils ne la transmettent pas à leurs enfants et c'est la famille le berceau de la foi.
Oui, la famille est le berceau de la foi. Cependant, quand j'entends le discours de beaucoup de catholiques actuels (laïcs ou clercs), je comprends assez clairement pourquoi les jeunes abandonnent massivement toute pratique religieuse. Je vous donne mon expérience: je n'ai pas grandi dans une famille très chrétienne, mais j'ai tout de même suivi le catéchisme. Or, je n'y ai pas appris grand chose, et surtout pas que la religion catholique était la seule vraie (ce qui est quand même assez basique!). Il faut le dire avec délicatesse, mais le dire tout de même...Pourquoi voudrait-on que les jeunes (ou les moins jeunes) se conforment à des règles morales contraignantes et à un dogme particulier si on ne leur apprend jamais qu'être chrétien n'est pas une option pour être sauvé? Bien sûr que l'on doit enseigner que Dieu nous aime, mais il ne faut pas négliger de parler des fins dernières, ce sujet si peu politiquement correct! Il y a une très mauvaise transmission de la foi et pas assez de respect des sacrements. A ce sujet, je vous conseille l'interview que je viens de poster dans "Vie de l'Eglise". Je reconnais beaucoup de vrai dans ce que dis Mgr Schneider (Béni soit-il!) Ce qui est malheureux, c'est que même dans bien des familles dont les parents sont sincèrement catholiques (et donc ne considèrent pas la foi comme quelque chose de superflu), les enfants quittent massivement l'Eglise...Je crois qu'il y a bien sûr comme je l'ai écrit un catéchisme et une connaissance de la religion trop défaillants, mais aussi peut-être une certaine naïveté face à l'hostilité du monde moderne envers la foi chrétienne...Les écoles confessionnelles sont peut-être une solution face à cet état de fait?
PS: je fais partie d'une cousinade de 35 cousins germains, nous avons reçu une éducation religieuse vivante et heureuse
Nous sommes trois pratiquantes et engagées dans la vie de l'Eglise ... Je ne refuse pas de voir, je me sens perplexe et impuissante face à cette constatation.
Oui, vous me l'aviez déjà confié. C'est pour cela que je vous encourage à réfléchir aux raisons du déclin de l'Eglise. On ne peut nier une grande confusion dogmatique...Mgr Schneider ne la nie nullement et je trouve réconfortant de lire des propos lucides (mais pas désespérés!)

Bien à vous Kerniou!

Suliko

Eglises en péril: réagir par la prière

Publié : dim. 20 juil. 2014, 22:52
par de La Mettrie
CLOCHERS EN PERIL : REAGIR PAR LA PRIERE
Nous assistons avec tristesse à la disparition de lieux de cultes, parcelles ostentatoires de notre patrimoine cultuel et culturel : ici, une église est désaffectée ; là, transformée en musée ; là encore, abandonnée aux ravages des intempéries, quand ce n’est pas la pelle du bulldozer qui la met à bas.
Ne sommes-nous pas, nous catholiques, en particulier ceux résidant dans nos campagnes et nos petites villes, responsables de la disparition des églises de nos villages ? Ne condamnons pas trop vite les élus qui refusent de les entretenir, quand elles ne sont ouvertes qu’une fois pas an, devenant le reste de l’année les tombeaux poussiéreux d’une foi populaire morte.
Je rêve alors que ces églises retrouvent leur vocation de « Lieu de prière » (« La maison de mon Père est une maison de prière »). Elles retrouveront cette vocation par l’audace, le courage de quelques-uns, convaincus que la prière en commun est un des piliers de la demande d’intercession ou de louange avec la prière personnelle. N’est- il pas possible de voir filtrer pendant quelques minutes, une fois par semaine, la lumière à travers leurs vitraux, de faire entendre, à celui qui passerait sous leurs murs, les intonations priantes ou les paroles d’un « Je vous salue Marie » ? En outre, quelques tintements de cloches ne pourraient-ils pas porter aux alentours le message suivant : « Des catholiques prient dans leur église » ?
Dans tel ou tel village de 200 habitants, n’y aurait-il un matin ou un soir que 20 priants dans l’église, cela suffirait pour faire entendre nos prières. Y en aurait-il que 10, ce serait assez pour témoigner de notre foi. Y en aurait –il que 5, c’est encore assez. Y en aurait-il que 2, fidèles parmi les fidèles, cela suffirait à Dieu, car « Là où deux ou trois sont assemblés en Mon nom, Je suis au milieu d’eux ». C’est assez pour redonner vie, aux yeux du monde, à cette maison de prière et témoigner qu’elle est un lieu privilégié de rencontre et de dialogue avec Dieu.
Point n’est besoin de clercs pour rouvrir nos églises ; le laïc y entre de plein droit. Personne ne nous en chasse. C’est nous, catholiques, qui la désertons, par notre tiédeur, notre manque de courage, la peur de nous montrer, et par l’alibi, parfois justifié, des contraintes de la vie quotidienne.
Oui, je rêve de voir nos églises de campagne devenir les multiples chapelles dispersées d’un monastère immense, sans clôture, celui des hommes et des femmes de toutes conditions qui y prieront quelques minutes par jour ou par semaine. Cette démarche de foi d’un petit nombre, véritable levain dans la pâte, vaudra sans doute témoignage plus fécond que la grand’messe annuelle, dédiée au Saint de la contrée.
Alors, si nos églises sont «habitées », je dirais même « éclairées », fréquemment par la prière, alors seulement nous pourrons dire à nos élus : « Ne touchez pas à mon église, nous ne pouvons vivre sans elle, car c’est en ce lieu que monte notre prière commune à Celui qui est venu pour le salut de tous les peuples »
Quant à l’argent nécessaire pour leur entretien, j’ose dire qu’il nous sera donné par surcroît. Non pas qu’il tombera du ciel, mais que la nécessité d’une participation financière des catholiques de notre pays à la conservation de lieux de cultes s’imposera. Les modes de collecte associatifs, développés ici et là avec succès, apportent la preuve que les chrétiens savent et sauront réserver à cette grande cause de sauvegarde de notre patrimoine religieux une part de leurs biens matériels.
Catholiques fervents des campagnes, osez ouvrir vos églises pour y prier, soyez les visibles
« Priants des campagnes » ; votre témoignage touchera les cœurs, parfois même les plus endurcis, et votre présence fréquente et priante en ces lieux sera la cause première de la sauvegarde de nos églises. Une église où l’on prie est une lumière qui brille dans les ténèbres du monde.
Novembre 2013 Philippe de La Mettrie

Si vous-même, ou votre groupe de prière, vous vous sentez proche de cette « communauté » des priants des campagnes et vous souhaitez en faire partie, sans autre engagement que la prière, vous pouvez adresser à priantsdescampagnes@gmail.com: nom, prénom, ou nom du groupe, département et paroisse (aucune information vous concernant ne sera diffusée sans votre autorisation). Notre nombre, en effet, peut être déterminant pour la sauvegarde d’une église ou chapelle, car, dans un diocèse, 1000 priants «pèseront » plus lourd que 10 fidèles