Re: Une interview lucide et intéressante
Publié : jeu. 10 juil. 2014, 16:32
Alors là parfaitement d'accord avec vous 
Pour l'intelligence de la foi
https://www.cite-catholique.org/
Pourquoi ? Pensez-vous que si on impose une unique façon de faire à tous, cela augmentera la piété de ceux qui en manqueraient ?Fernand10 a écrit :Ça fait tout de même beaucoup de possibilités !! Il faudrait peut-être choisir une et une seule façon de faire, non ?
Sur ce point, comme sur le précédent d'ailleurs, et comme sur tout ce qui concerne la liturgie, la question qui m'interpelle moi est comment se fait-il que non seulement les instructions officielles de Rome, mais aussi celles des évêques de l'Eglise locale, soient aussi peu respectées ? Et que faire à partir de cette réalité, quand on voit que la "manière forte" tentée par certains évêques récemment encore n'a abouti qu'à l'éviction de l'évêque par un clergé frondeur ?Sans compter la question de savoir qui peut donner la sainte Communion... ce qui est un sujet de troubles.
Je vais lâcher un gros mot : acculturation.Pourquoi l’Église ne propose-t-elle pas une seule gestuelle qui lui soit propre, une seule possibilité qui soit digne et exprime d'elle-même ce qui se passe ?
Un église devrait être un lieu de silence en permanence, pas seulement le dimanche, mais tout le temps.Dans les églises, le dimanche, chacun devrait essayer d'être porteur de ce silence.
Si j'ai bien compris l'enseignement de l'Eglise là dessus: Jésus est venu sauver les pécheurs qui veulent se convertir, c'est à dire qui veulent être sauvés. Quelqu'un qui ne veut pas quitter son péché mortel, c'est quelqu'un qui ne veut pas se convertir, donc recevoir le christ dans ces conditions est même absurde, car c'est vouloir une chose ( la sainteté) et son contraire ( le péché).Peccator a écrit : Sur la question de la communion fréquente, je suis partagé. J'ai un temps pensé comme vous, Suliko. Et puis je me suis dit qu'il y a une certaine arrogance à se dire indigne de recevoir Jésus. Parce qu'en fait, on n'en est jamais digne. Jésus ne dit pas à Matthieu ou à Zachée d'aller faire leurs ablutions parce qu'après il va venir chez eux. Non, Il vient chez des pécheurs, et c'est sa venue qui les sanctifie.
Je ne rejette pas l'enseignement de l'Eglise sur la question de ne pas communier en état de péché mortel. Mais je constate qu'il ne faudrait pas que cette règle en vienne à être interprétée comme la possibilité que l'on puisse être dans un état de péché tel qu'on ne puisse plus recevoir Dieu.
En fait, j'ai de plus en plus de mal avec la notion de péché mortel... Et le catéchisme traditionnel ne répond à aucune de mes questions à ce sujet.
C'est un fait avéré, expérimenté, exposé, débattu avec un prêtre: si vous cessez de communier régulièrement du fait qu'une petite voix vous dit: "J'ai péché, je n'en suis pas digne", et vous verrez que petit à petit, vous ne viendrez même plus assister à la messe aussi souvent. Vous attendrez d'avoir pu vous confesser, vous attendrez Pâques, ou Noël ou la Toussaint. En réalité, oui nous sommes pécheurs et donc, nous avons besoin de communier pour refaire nos forces.Peccator a écrit :Sur la question de la communion fréquente, je suis partagé. J'ai un temps pensé comme vous, Suliko. Et puis je me suis dit qu'il y a une certaine arrogance à se dire indigne de recevoir Jésus. Parce qu'en fait, on n'en est jamais digne.
Bonsoir Suliko,Suliko a écrit :Oui, c'est d'ailleurs bien pour cela que l'Eglise devrait remettre à l'honneur toutes les pratiques traditionnelles qui aident les fidèles à prendre conscience de la sainteté de Dieu et du don incroyable qui nous est fait pendant la messe. A savoir, comme il est dit dans l'article ou comme l'écrit Ferdinand10: rétablir un véritable jeûne eucharistique (une heure, c'est de la rigolade), supprimer progressivement la communion dans la main, reparler des conditions à remplir pour pouvoir communier et bien expliquer que ce qui est un commandement de l'Eglise, c'est l'assistance à la messe dominicale et pas la communion hebdomadaire, etc...Teano a écrit :Bonjour,
Je crois que nous n'avons que trop peu conscience de la sainteté de Dieu.
Dans la joie de Marie,
Teano
En fait, j'aurais aimé avoir votre avis là-dessus et peut-être aussi sur les autres sujets abordés par Mgr Schneider.
Bien à vous,
Suliko
C'est exactement cela pourtant : le péché mortel nous coupe de Dieu.Peccator a écrit : Je ne rejette pas l'enseignement de l'Eglise sur la question de ne pas communier en état de péché mortel. Mais je constate qu'il ne faudrait pas que cette règle en vienne à être interprétée comme la possibilité que l'on puisse être dans un état de péché tel qu'on ne puisse plus recevoir Dieu.
Encore une des erreurs de notre époque : ce n'est pas à un fidèle de distribuer la communion.Cinci a écrit : La découverte d'un pareil zélotisme chez le civil en face qui est nommé pour le service
Je ne sais pas si vous avez bien compris que c'est aussi pour vous que l'Eglise demande de ne pas communier en état de péché mortel.Peccator a écrit : Je ne rejette pas l'enseignement de l'Eglise sur la question de ne pas communier en état de péché mortel. Mais je constate qu'il ne faudrait pas que cette règle en vienne à être interprétée comme la possibilité que l'on puisse être dans un état de péché tel qu'on ne puisse plus recevoir Dieu.
En fait, j'ai de plus en plus de mal avec la notion de péché mortel... Et le catéchisme traditionnel ne répond à aucune de mes questions à ce sujet.
Saint Thomas d'Aquin développe cela dans la séquence Lauda Sion :I Cor 11,28. Que l'homme s'éprouve donc lui-même, et qu'ainsi il mange de ce pain et boive de ce calice.
I Cor 11,29. Car celui qui mange et boit indignement, mange et boit sa condamnation, ne discernant pas le corps du Seigneur.
La communion fréquente est bénéfique si nous sommes en état de grâce, et maléfique dans le cas contraire.Les bons le prennent, les méchants le prennent, mais pour un sort inégal, ici de vie, là de ruine.
Il est mort aux méchants, vie aux bons : vois d'une même manducation combien l'issue est dissemblable !
J'ai donné la communion deux fois dans ma vie, dont le dimanche qui a suivi le décès de mon petit-fils grand prématuré. L'église était déjà bien remplie, et je priais sur mon banc pour le petit, quand le sacristain m'a demandé si je voulais donner la Communion. J'y ai vu une réponse à ma prière.PaxetBonum a écrit :
Encore une des erreurs de notre époque : ce n'est pas à un fidèle de distribuer la communion.
Les mains du prêtre sont consacrées à cet effet.
La subjectivité n'a pas sa place dans la liturgie de l'Eglise.Johnny a écrit : Donner la Communion est une grande grâce reçue par celui qui l'accomplit.
Or, je me souviens qu'un membre protestant de ce forum a reçu par le clergé français l'autorisation de communier. Cela me paraît totalement illogique et je suis d'accord avec Mgr Schneider. Depuis quand l'Eglise autorise-t-elle des non croyants (chrétiens non catholiques) à communier? C'est certainement très récent et source de confusion profonde. Comment expliquer alors aux fidèles qu'ils doivent être en état de grâce si même un non croyant peut communier?!Ce serait un mensonge, contraire à la logique, de partager la Sainte Communion avec des non-Catholiques.
Je déplore d'ailleurs la naïveté de nombre de catholiques face à ce sujet! Ils ne semblent pas voir à quel point nous vivons dans une société anticatholique, une société dans laquelle toutes les valeurs du décalogue sont détournées de leur sens. Détournement logique, car à partir du moment où une société nie Dieu, ne lui accorde plus aucune place, le décalogue n'a plus aucun sens...Nous sommes passés d'une société chrétienne, théocentrique, à une société athée (ou païenne) anthropocentrique. Les droits de l'homme sont déjà la manifestation de cet anthropocentrisme (bien qu'aujourd'hui, nous sommes allés encore bien plus loin dans la négation de l'ordre divin).Mais de nos jours la persécution est plus sophistiquée. On ne demande pas aux Catholiques ou au clergé de déposer de l’encense devant une idole ; ceci serait trop matériel. Maintenant le monde néo-païen nous demande d’accepter leurs idées, par exemple la dissolution du Sixième Commandement de Dieu, ou le prétexte de la miséricorde. Si des prêtres et évêques commencent aujourd’hui à collaborer avec le monde païen dans la dissolution du Sixième Commandement et dans la révision de la manière dont Dieu a créé homme et femme, alors ils trahissent la Foi, ils participent finalement au sacrifice païen.
Je peux comprendre que par manque de prêtre, la communion soit distribuée par des laïcs.PaxetBonum a écrit :Encore une des erreurs de notre époque : ce n'est pas à un fidèle de distribuer la communion.
Les mains du prêtre sont consacrées à cet effet.
C'est d'ailleurs clairement un abus non autorisé (mais tellement habituel!), puisque le droit de l'Eglise ne prévoit la chose qu'en cas de vraie nécessité:astre a écrit :Personnellement, je trouve un peu "abusif" de demander à des laïcs ce service lorsque l'assemblée n'excède pas 40 personnes !
Sachant que dans la forme extraordinaire, on voit couramment des prêtres communier, seuls, des assistances d'environ 200 fidèles en moins de 10 minutes, je ne vois pas pourquoi on aurait besoin d'un 2e ministre jusqu'à 3 à 400 personnes (même 2° minutes de procession, ce n'est pas la mort!), chiffres qu'on ne dépasse qu'exceptionnellement en France dans une messe - et encore plus rarement sans qu'un ou plusieurs autres prêtres ou diacres ne soient présents pour porter assistance.instruction Redemptionis Sacramentum a écrit :Dans la célébration de la Liturgie, on ne doit recourir à l’aide des ministres extraordinaires qu’en cas de vraie nécessité. En effet, cette aide n’est pas prévue pour assurer une participation plus entière des laïcs, mais elle est, par nature, supplétive et provisoire.