Re: Maladie mentale
Publié : sam. 20 déc. 2014, 0:02
Bonsoir Carmela,
si je vous lis bien, votre prêtre s'est excusé de vous avoir fait de la peine et de vous avoir mal comprise. C'est une preuve d'humilité et d'esprit de vérité de sa part et c'est lui qui se prend une claque spirituelle ! La qualité de son accompagnement, de son discernement et de son écoute sont mis en cause et il le reconnait, tant bien que mal.
Ses réflexions "je vous croyais capable de " et "je suis moins fier que vous" confirment sa maladresse (c'est pour cela que ça vous a vexée) ,
il est brut de décoffrage, dit ce qui lui vient, sans filtre, probablement parce que (comme beaucoup d'hommes si on me pardonne ce propos sexiste), il ne peut faire autrement et doit être passablement paniqué de constater que quoi qu'il dise, il vous heurte, alors qu'il s'arrache les cheveux à vouloir bien faire et vous aider.
Cette situation me ferait rire si elle n'était occasion de souffrance pour vous. Bravo en tout cas d'avoir eu le courage de lui parler en vérité et de lui dire votre colère, ce n'est pas facile, vous pouvez être fière de vous, je suis admirative. Vous verrez bien si c'est juste pour vous de rester avec lui ou pas, vous verrez bien, ne doutez pas que l'Esprit va vous éclairer sur ce sujet. C'est en chemin.
A part ça, l'acceptation. Le sujet m'est familier. je voudrais tellement trouver les mots justes sur ce sujet sensible qui nous mets au coeur de l'essentiel, c'est à dire notre fragilité, et la rencontre de la Croix. Je commence par vous dire que votre colère est juste. Elle a sa place,toute sa raison d'être et mérite d'être accueillie sans jugement.
C'est une belle et forte énergie, la colère, surtout si elle est orientée et exprimée au service de la vie, dans la bonne direction. Sinon, elle risque de devenir une force d'auto-destruction, elle "bouffe" de l'intérieur. (quand elle ne rejaillit pas sur les autres...)
Lorsqu'il y a 2 ans j'ai appris que j'avais une récidive d'un cancer, j'ai été folle de rage, tout en étant très angoissée, je vivais un intense sentiment d'injustice, j'ai refusé les traitements, me suis engueulée avec les médecins, c'était l'évènement de trop : j'avais déja été soignée et opérée plusieurs fois, je me croyais guérie. Ma colère, c'était ma prière : je la criais devant le Saint Sacrement, je blasphémais même parfois (le Seigneur lui ne se vexe pas du tout...), j'exigeais un miracle, je menaçais le ciel de suicide, j'étais comme un boule de feu mais je restais liée à Dieu, intimement, et c'est ce qui m'a sauvée car le Christ venait, sans que je m'en rende compte, habiter cette colère. (je soupsçonne Jésus d'avoir un petit faible pour les sanguins...)
Lorsqu'au bout de quelques semaines dans cet état, je suis allée rencontrer le moine orthodoxe que je vois de temps en temps, il m'a tranquillement et longtemps écouter vociférer, puis je me suis tue, puis il est resté en silence, puis il m'a dit : "Tout ce qui se passe là, est profondément juste."
Nul doute que si une autre personne m'avait dit cela, il s'en serait pris une. Mais là, j'ai été clouée sur place, tout mon être a reconnu la vérité de cette parole : tout cela, c'était mon chemin, c'était ce que j'avais à vivre, c'était juste, et j'allais me battre en effet mais dans la bonne direction : contre la maladie et plus contre moi-même et contre la réalité. Si j'ai accepté d'un coup, c'est certainement parce que la grâce m'avait travaillé pendant cette colère et cette révolte vécue en Christ.
Accepter, c'est dire Amen à ce qui est, au réel et ce n'est pas abandonner le combat, au contraire ! C'est tenir compte du réel pour vivre le juste combat.
j'ai donc accepté les traitements, et je suis guérie. Le moine m'avait dit aussi à propos des traitements qui me faisaient peur : "Si on laisse faire Dieu et si on le laisse faire, Dieu fait les choses à la perfection". ça m'a donné confiance et cette période de traitement a été un magnifique temps de partage avec les autres et d'apaisement, je suis aujourd'hui beaucoup plus en paix après ce dernier "passage". Certes, ça peut revenir, mais quoi qu'il arrive, je le vivrai en Dieu.
La maladie vécue en Dieu, pour nous chrétiens c'est la rencontre de la Croix. Accepter le réel, c'est accepter de porter notre croix comme Il nous l'a demandé mais la porter avec Lui, en Lui, Il nous l'a dit : "Donnez-moi votre fardeau et je le ferai léger". Si nous ne regardons pas notre fardeau en vérité (en état de déni) nous ne pouvons le donner à Jésus et Il ne peut donc le porter avec nous et on se retrouve seul avec un fardeau beaucoup trop lourd pour nous !
Chère Carmela vous n'êtes pas seule, chacun de vos cheveux est compté. L'enjeu est de d'avancer sur notre chemin tel qu'il est avec le Christ , en Lui, par Lui et de tout lui remettre sans jugement préconçu, émotions, ressentis, peines, joies, choix à faire, choses à faire, et Christ transforme en tout et nous ouvre un chemin que nous n'imaginions pas.
(Tiens par exemple, la haine du psychanalyste, voilà qui n'est pas tiède, Jésus a certainement quelque chose à en faire d'intéressant ! ).
Et vous en plus, vous avez reçu beaucoup de grâces, vous êtes dans sa main.
Pour finir, j'ai une image : le chemin de notre vie, c'est comme si nous sommes sur un frêle esquif descendant une rivière. Nous avons à nous laisser porter. Nous tous, nous avons tendance à nous arrêter, nous accrocher aux rochers et tenter de remonter à contre-courant,(c'est dû au péché originel ?) tous seuls, et on s'étonne d'aller mal alors qu'on s'épuise et qu'on se prend plein d'objets dans la figure.
Dire Amen à ce qui est, l'acceptation, c'est se laisser flotter et tenir bon sur l'esquif, en Dieu, qui nous conduits là ou nous devons aller et nous accostons de temps en temps sur de belles terres nouvelles.
Ma prière vous accompagne !
Axou
si je vous lis bien, votre prêtre s'est excusé de vous avoir fait de la peine et de vous avoir mal comprise. C'est une preuve d'humilité et d'esprit de vérité de sa part et c'est lui qui se prend une claque spirituelle ! La qualité de son accompagnement, de son discernement et de son écoute sont mis en cause et il le reconnait, tant bien que mal.
Ses réflexions "je vous croyais capable de " et "je suis moins fier que vous" confirment sa maladresse (c'est pour cela que ça vous a vexée) ,
il est brut de décoffrage, dit ce qui lui vient, sans filtre, probablement parce que (comme beaucoup d'hommes si on me pardonne ce propos sexiste), il ne peut faire autrement et doit être passablement paniqué de constater que quoi qu'il dise, il vous heurte, alors qu'il s'arrache les cheveux à vouloir bien faire et vous aider.
Cette situation me ferait rire si elle n'était occasion de souffrance pour vous. Bravo en tout cas d'avoir eu le courage de lui parler en vérité et de lui dire votre colère, ce n'est pas facile, vous pouvez être fière de vous, je suis admirative. Vous verrez bien si c'est juste pour vous de rester avec lui ou pas, vous verrez bien, ne doutez pas que l'Esprit va vous éclairer sur ce sujet. C'est en chemin.
A part ça, l'acceptation. Le sujet m'est familier. je voudrais tellement trouver les mots justes sur ce sujet sensible qui nous mets au coeur de l'essentiel, c'est à dire notre fragilité, et la rencontre de la Croix. Je commence par vous dire que votre colère est juste. Elle a sa place,toute sa raison d'être et mérite d'être accueillie sans jugement.
C'est une belle et forte énergie, la colère, surtout si elle est orientée et exprimée au service de la vie, dans la bonne direction. Sinon, elle risque de devenir une force d'auto-destruction, elle "bouffe" de l'intérieur. (quand elle ne rejaillit pas sur les autres...)
Lorsqu'il y a 2 ans j'ai appris que j'avais une récidive d'un cancer, j'ai été folle de rage, tout en étant très angoissée, je vivais un intense sentiment d'injustice, j'ai refusé les traitements, me suis engueulée avec les médecins, c'était l'évènement de trop : j'avais déja été soignée et opérée plusieurs fois, je me croyais guérie. Ma colère, c'était ma prière : je la criais devant le Saint Sacrement, je blasphémais même parfois (le Seigneur lui ne se vexe pas du tout...), j'exigeais un miracle, je menaçais le ciel de suicide, j'étais comme un boule de feu mais je restais liée à Dieu, intimement, et c'est ce qui m'a sauvée car le Christ venait, sans que je m'en rende compte, habiter cette colère. (je soupsçonne Jésus d'avoir un petit faible pour les sanguins...)
Lorsqu'au bout de quelques semaines dans cet état, je suis allée rencontrer le moine orthodoxe que je vois de temps en temps, il m'a tranquillement et longtemps écouter vociférer, puis je me suis tue, puis il est resté en silence, puis il m'a dit : "Tout ce qui se passe là, est profondément juste."
Nul doute que si une autre personne m'avait dit cela, il s'en serait pris une. Mais là, j'ai été clouée sur place, tout mon être a reconnu la vérité de cette parole : tout cela, c'était mon chemin, c'était ce que j'avais à vivre, c'était juste, et j'allais me battre en effet mais dans la bonne direction : contre la maladie et plus contre moi-même et contre la réalité. Si j'ai accepté d'un coup, c'est certainement parce que la grâce m'avait travaillé pendant cette colère et cette révolte vécue en Christ.
Accepter, c'est dire Amen à ce qui est, au réel et ce n'est pas abandonner le combat, au contraire ! C'est tenir compte du réel pour vivre le juste combat.
j'ai donc accepté les traitements, et je suis guérie. Le moine m'avait dit aussi à propos des traitements qui me faisaient peur : "Si on laisse faire Dieu et si on le laisse faire, Dieu fait les choses à la perfection". ça m'a donné confiance et cette période de traitement a été un magnifique temps de partage avec les autres et d'apaisement, je suis aujourd'hui beaucoup plus en paix après ce dernier "passage". Certes, ça peut revenir, mais quoi qu'il arrive, je le vivrai en Dieu.
La maladie vécue en Dieu, pour nous chrétiens c'est la rencontre de la Croix. Accepter le réel, c'est accepter de porter notre croix comme Il nous l'a demandé mais la porter avec Lui, en Lui, Il nous l'a dit : "Donnez-moi votre fardeau et je le ferai léger". Si nous ne regardons pas notre fardeau en vérité (en état de déni) nous ne pouvons le donner à Jésus et Il ne peut donc le porter avec nous et on se retrouve seul avec un fardeau beaucoup trop lourd pour nous !
Chère Carmela vous n'êtes pas seule, chacun de vos cheveux est compté. L'enjeu est de d'avancer sur notre chemin tel qu'il est avec le Christ , en Lui, par Lui et de tout lui remettre sans jugement préconçu, émotions, ressentis, peines, joies, choix à faire, choses à faire, et Christ transforme en tout et nous ouvre un chemin que nous n'imaginions pas.
(Tiens par exemple, la haine du psychanalyste, voilà qui n'est pas tiède, Jésus a certainement quelque chose à en faire d'intéressant ! ).
Et vous en plus, vous avez reçu beaucoup de grâces, vous êtes dans sa main.
Pour finir, j'ai une image : le chemin de notre vie, c'est comme si nous sommes sur un frêle esquif descendant une rivière. Nous avons à nous laisser porter. Nous tous, nous avons tendance à nous arrêter, nous accrocher aux rochers et tenter de remonter à contre-courant,(c'est dû au péché originel ?) tous seuls, et on s'étonne d'aller mal alors qu'on s'épuise et qu'on se prend plein d'objets dans la figure.
Dire Amen à ce qui est, l'acceptation, c'est se laisser flotter et tenir bon sur l'esquif, en Dieu, qui nous conduits là ou nous devons aller et nous accostons de temps en temps sur de belles terres nouvelles.
Ma prière vous accompagne !
Axou