Loi Gayssot (anti-négationnisme)
Publié : mar. 13 janv. 2015, 20:06
Ma liste n'était nullement exhaustive : elle n'avait que pour but de faire prendre conscience à Wazabi que la conclusion à laquelle il parvient est faussée.
Pour l'intelligence de la foi
https://www.cite-catholique.org/
Mais votre liste justifiait la loi Gayssot : si on ne l'applique pas c'est soit parce que tous comme des moutons on a bien appris la leçon sur la shoah, soit qu'on est un indécrottable pays de loups négationnistes.Anne a écrit :Ma liste n'était nullement exhaustive : elle n'avait que pour but de faire prendre conscience à Wazabi que la conclusion à laquelle il parvient est faussée.
Le révisionnisme est la méthode classique de l'étude de l'histoire?PaxetBonum a écrit : parce que le révisionnisme qui est la méthode classique de l'étude de l'histoire n'a pas de limite d'époque chez eux ?
Le revisionisme n'est pas exclusivement réservé à la Shoah.Fée Violine a écrit :Le révisionnisme est la méthode classique de l'étude de l'histoire?PaxetBonum a écrit : parce que le révisionnisme qui est la méthode classique de l'étude de l'histoire n'a pas de limite d'époque chez eux ?
Ah mais si vous voulez parler de "révision", c'est différent. Rien à voir avec le "révisionnisme" qui est une idéologie.Wazabi a écrit :Il devrait, pas exemple, selon moi, y avoir un révisionnisme sur la période des lumières et sur Voltaire...
Je parle là de la Shoa ? J'emplois bien le mot révisionnisme pourtant. Et c'est un mode de fonctionnement propre à la science de l'histoire.
Et sur 39-45 il doit également y avoir une possibilité de révisionnisme ; car il peut apparaitre, après l'apaisement des esprits et la découverte de documents supplémentaires, des nuances qui sont verrouillées par une loi dogmatique.
Le révisionnisme historique[modifier | modifier le code]
Pour les historiens, le révisionnisme est un terme sans connotation particulière qui désigne une démarche critique consistant à réviser de manière rationnelle certaines opinions couramment admises en histoire, que ce soit par le grand public (le plus souvent), ou même par des historiens de profession non spécialistes de la période ou du domaine d'études considéré. Il se fonde sur un apport d'informations nouvelles, un réexamen des sources et propose une nouvelle interprétation (une ré-écriture) de l'histoire.
Comme l'avait énoncé Auguste Comte, l'histoire est une discipline fondamentalement ambiguë, où l'interprétation de la réalité historique doit souvent composer avec les vérités de son époque, l'historien se trouvant convoqué à tenir le discours attendu de lui par ses contemporains, sa société, en fonction des préjugés de son temps, de sa nation d'appartenance, etc. Un exemple flagrant, rapporté par Pierre Vidal-Naquet, en est l'œuvre de Jules Michelet, construisant au xixe siècle une patrie française éternelle, à travers une lecture romantique (et parfois romanesque) des faits historiques. Tout historien se doit donc d'être selon ces termes « révisionniste ». De nouveaux documents, de nouvelles sources, la levée de barrières politiques, idéologiques, sociologiques, etc., lui permettent de réviser et d'apporter avec une nouvelle vision, de nouvelles informations, de nouvelles sources, des éléments supplémentaires à la construction du fait historique.[réf. souhaitée]
La notion de révisionnisme peut également désigner, par abus, la remise en cause de certains aspects de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale par la négation, la minimisation ou la contestation de certains éléments du génocide commis par les nazis. La plupart des historiens utilisent le terme de négationnisme, alors que les négationnistes se désignent eux-mêmes par le terme de « révisionnisme ». Ainsi, en histoire, le révisionnisme diffère du négationnisme, et il ne faut pas confondre ces deux termes.
En élargissant cette dernière signification du mot, « révisionnisme » peut également être employé dans un sens politique, le plus souvent péjoratif. Il est utilisé par des observateurs non historiens pour dénoncer le caractère supposé biaisé d'un travail historique, ou simplement pour discréditer des mouvements d'idées ou des idéologies politiques, des branches dissidentes, remettant en cause la tendance majoritaire.
C'est une absurdité en effet. Il y a des historiens pour traiter des points d'histoire, non pas des juges ou des députés de l'Assemblée nationale. La loi susdite est comme du poison à rat parce qu'elle réintroduit le délit d'opinion; chose bien plus grave que les erreurs ou l'illusion de trois ou quatre personnalités sur la scène publique. On l'a déjà dit. Il y a déjà des lois pour punir les incitations à la violence, la propagande haineuse, l'association de malfaiteurs, etc. La journée où un ami du négationnisme de la Shoah financera trois comploteurs pour placer une bombe dans une synagogue, la police s'en chargera pour ce crime réel. Autrement, une loi qui veut punir par avance, qui donne dans le procès d'intention ...Si l'on a besoin de juristes pour défendre un fait historique c'est que ce fait n'est pas avéré.
Simone Veil elle-même a dénoncé la loi Gayssot en disant que l'on a rien à caché.
Les négationnistes doivent subir un débat contradictoire historique pas de la prison, c'est un non sens !
C'est le truc standard des «conformistes de la vertu», je dirais. Toujours la bonne vieille censure et quand les censeurs auront toujours raison de censurer naturellement. Imposer le «bien» par la force dans l'esprit des gens, légiférant pour cela jusque dans le domaine des idées.C'est le TRUC standard utilisé contre la liberté d'expression en France : étiqueter et sortir l'étiquette pour ne pas argumenter.
Je ne vois pas de quoi vous parler. Car je ne vois pas tellement que Wazabi dirait bien plus de faussetés que bien d'autres. La loi Gayssot est contestée par bien du monde, et pas que des plaisantins. On peut très légitimement penser que ce genre d'initiative de censure politique est nuisible dans le champ de la critique historique entre autres. C'est lourd de menace. Le problème c'est l'esprit manipulateur qu'il y a derrière le projet, avec l'instauration de tabous, l'élimination du champ de la critique pour certaines plages du réel. Après la Shoah? Quoi? Mohammed, l'islamisme, le colonialisme, l'esclavage, la guerre d'Algérie, etc. (?)Ma liste n'était nullement exhaustive : elle n'avait que pour but de faire prendre conscience à Wazabi que la conclusion à laquelle il parvient est faussée.
Je pense que Paxetbonum voulait parler en réalité de la «critique», du fait que dans une discipline comme en histoire il serait normal de revisiter ou reprendre certaines idées reçues, pour en étudier l'objet, à la lumière de telle soi-disante nouvelle trouvaille ou nouvelle façon de traiter les sources, etc. C'est sûr que les disciplines de science humaine procèdent de la sorte. Ce n'est peut-être pas ce que fait tel négationniste notoire, raciste pour vrai, antisémite et de mauvaise foi. Non, mais une fois la loi en place, elle devient elle-même un jalon à partir duquel pouvoir châtier professionnellement d'autres chercheurs ou penseurs, qui n'ont rien à voir, eux, avec le racialisme, le crime, le fascisme et tout.Le révisionnisme est la méthode classique de l'étude de l'histoire?
Oui, justement, les mots ont un sens. C'est pourquoi il importe de ne pas les confondre. "Révision" n'aura jamais le même sens que "révisionnisme".Wazabi a écrit :Je n'aime pas que l'on connote les mots... C'est mal... XD
Pourquoi ? parce que ça restreint le vocabulaire, la réflexion et le sens critique.
Les mots ont un sens avant d'être connotés.
La connotation appartient encore au monde du dogme...
Origine du mot
Le mot « révisionnisme » est un dérivé du verbe « réviser », issu du latin « revisere », signifiant « revenir voir, examiner à nouveau ». Attesté à partir du XIIIe siècle, ce verbe est d’abord employé dans le sens de « considérer, examiner» ; au XVIe siècle il prend le sens de « soumettre une chose à un nouvel examen », puis, au XVIIIe celui de « revoir un ouvrage ». Ces deux derniers sens perdurent encore et cohabitent aujourd’hui. Le mot « révisionnisme » apparaît en France à la fin du XIXe siècle, à l’occasion de l’affaire Boulanger, et s’impose à l’occasion de l’affaire Dreyfus.
L’Affaire Dreyfus
En 1894, le capitaine Alfred Dreyfus, Alsacien d’origine juive, est accusé d’avoir livré des documents sensibles à l’Allemagne. Au terme de son jugement il est condamné à la prison à perpétuité et déporté au bagne guyanais.
Rapidement toutefois, certains se rendent compte que l’enquête et le procès ont été entachés d’irrégularités, et mènent une campagne pour la « révision » du procès. L’affaire Dreyfus passionne et divise profondément les Français pendant plus de dix ans, les « antidreyfusards » ou « antirévisionnistes » croyant fermement à la culpabilité du capitaine, les « dreyfusards » ou « révisionnistes » remettant en cause la régularité du procès et demandant la réhabilitation de l’homme. C’est donc dans un contexte juridique que le terme entre de plain-pied dans la langue française. Peut être qualifiée de « révisionniste » toute personne qui remet en cause une décision de justice.
Les communistes révisionnistes des années cinquante
L’usage du mot se perd par la suite, pour resurgir dans les années cinquante. En 1948 le maréchal Tito critique le centralisme soviétique et revendique pour son pays, la Yougoslavie, une « voie spécifique ». Cette vague révisionniste de l’héritage de l’URSS en général et de Staline en particulier va prendre de l’ampleur avec la divulgation du rapport Khrouchtchev en 1956 qui dénonce certains aspects de la période stalinienne, comme le culte de la personnalité et des crimes injustifiés. Mao Zedong et le PC chinois sont vent debout contre ce mouvement et nombreux sont les communistes qui, dans le contexte de la Guerre froide, voient dans ces critiques internes une démarche propre à saper l’unité et la confiance du camp communiste. Les stalino-critiques sont qualifiés par les pro-staliniens de « révisionnistes, avec une nouvelle connotation très négative puisque le terme, dans l’esprit de ceux qui l’utilisent, est un quasi-synonyme de « traître ».
C’est donc dans le contexte d’une controverse historique que le terme apparaît une seconde fois. Peut-être considéré comme « révisionniste » toute personne qui estime qu’un événement historique ou une séquence d’événements historiques, tout ou partie, doit être reconsidérée et réécrite.
Les historiens révisionnistes de la Seconde Guerre mondiale
Les deux sens du mot révisionnisme (judiciaire et historique) vont se retrouver dans la troisième incarnation du mot. Dans les années quatre-vingt, un nombre croissant d’historiens, réexaminant certaines séquences du procès de Nuremberg (nov. 1945/oct. 1946), au cours duquel furent jugés des dignitaires nazis pour crimes de guerre, relèvent ce qu’ils identifient comme des irrégularités et des incohérences, et demandent la révision d’un certain nombre de points, touchant notamment à la réalité et aux modalités du génocide des juifs et des tziganes.
Comme ils remettent en question certains éléments cruciaux, comme l’utilisation de chambres à gaz homicides, ces historiens sont également qualifiés de négationnistes par leurs adversaires. Comme dans les années cinquante, le terme est très négativement connoté, mais avec des colorations différentes. Le révisionniste désormais n’est plus un traître (comme au temps de l’affaire. Dreyfus), mais un « nazi », un « antisémite », un « fasciste », et plus récemment, un « conspirationniste ».
L’accusation de « révisionnisme » est d’autant plus redoutable que les députés français ont voté, le 13 juillet 1990, la loi Gayssot, qui interdit toute révision des conclusions du rapport final du procès de Nuremberg, sous peine de lourdes sanctions pénales.
Et de nos jours…
Les termes « révisionniste », et « négationniste » ont été fréquemment employés ces dernières années dans les médias pour qualifier ceux qui remettent en cause le récit d’événements historiques polémiques plus récents, comme les attentats du 11 septembre 2001, le génocide rwandais, ou encore les récents événements de Syrie. Bien que la remise en cause de la version officielle de ces événements ne soit pas pénalement répréhensible, l’utilisation de ces qualificatifs, combinée à l’existence de la loi Gayssot, peut prêter à confusion auprès du grand public, d’autant que de nombreux journalistes n’hésitent pas à opérer cet amalgame quand il est question de ces événements.
Le révisionnisme, consubstantiel à la méthode historique
Cette dérive est d’autant plus étrange que c’est une règle universelle, en science historique, qu’il n’existe pas d’événement ou de séquence d’événements qui ne soit susceptible d’être révisés avec le temps. En effet, les documents pertinents permettant d’éclaircir un événement n’apparaissent jamais tous ensemble, et loin s’en faut qu’on puisse en réunir suffisamment pour aboutir à une version « inrévisable ». C’est d’autant plus vrai quand il s’agit d’événements historiques brûlants qui sont dépendants d’enjeux politiques susceptibles de biaiser l’approche des juges et des historiens. Un bon exemple est celui de la Révolution française, dont l’historiographie a beaucoup fluctué depuis deux siècles, de Tocqueville à Mathiez en passant par Chateaubriand, Michelet, et Furet.
C’est pourquoi la loi Gayssot peut être considérée comme une singularité judiciaire doublée d’une singularité historique. Avec la loi interdisant la remise en cause du génocide arménien votée en 2001 sur son modèle, c’est la seule loi en France qui interdise aux historiens d’opérer un travail de révision sur une séquence historique donnée. La singularité de cette loi est redoublée par le fait qu’elle est adossée aux conclusions d’un procès militaire organisé par le camp des vainqueurs, quelques mois seulement après la guerre.
On peut pour finir souligner cette ironie de l’histoire dans l’évolution de la connotation du mot « révisionniste » en France. Alors que le terme désignait, il y a un siècle, les défenseurs d’un capitaine juif accusé de trahison, le « révisionniste » de nos jours, dans l’imaginaire collectif, est associé mécaniquement à l’antisémitisme et à l’apologie du nazisme.
Etonnant renversement !
François Belliot
Chronique Encyclopédique
Décembre 2013
Cinci a écrit : Je ne vois pas de quoi vous parler. Car je ne vois pas tellement que Wazabi dirait bien plus de faussetés que bien d'autres. La loi Gayssot est contestée par bien du monde, et pas que des plaisantins. On peut très légitimement penser que ce genre d'initiative de censure politique est nuisible dans le champ de la critique historique entre autres. C'est lourd de menace. Le problème c'est l'esprit manipulateur qu'il y a derrière le projet, avec l'instauration de tabous, l'élimination du champ de la critique pour certaines plages du réel. Après la Shoah? Quoi? Mohammed, l'islamisme, le colonialisme, l'esclavage, la guerre d'Algérie, etc. (?)
Parce que perso, je ne vois pas en quoi le fait que 4 pays aient légiféré en la matière équivaut automatiquement avec le fait que les 193 autres défendent la liberté d'expression mieux que ces 4 pays.Wasabi a écrit :En effet, 4 pays (Allemagne, Belgique, France, Suisse). Cela fait quand même peu sur 197.
En tout cas, il n'y a pas de quoi se targuer de défendre la liberté d'expression.