Taisez-vous les mâles, j'arrive !
Concernant l'accès des femmes à la prêtrise, je ne sais si le refus est définitif par essence comme le dit Héraclius ou possible un jour (peut-être un débat dans quelques décennies ?) mais je suis certaine d'une chose : ce n'est pas d'actualité. La question de l'égalité entre hommes et femmes est une question récente dans l'histoire humaine, quelques décennies; hommes et femmes sont encore en train de trouver leurs marques dans ce nouveau paradigme de l'égalité, ce n'est pas le moment de lancer un débat théologique sur le sujet.
Pour ma part, Jésus étant un homme, j'aurais du mal à contempler une femme prêtre pendant la messe, car je crois que le prêtre personnifie le Christ à ce moment là.
En revanche, l'accès des femmes aux hautes fonctions et responsabilités, oui, c'est d'actualité. Vous parlez de compétence, PaxetBonum, mais des femmes religieuses et laïques au Vatican (des madames cardinales ?) apporteraient des compétences différentes de celles des hommes parce qu'elles ont un cerveau de femme et un coeur de femmes, justement, et qu'elles abordent les choses avec un angle de vue différent. Des femmes mariées apporteraient entre autres leur expérience du couple et de la famille, l'Eglise y gagnerait grandement en crédibilité. De nombreuses voix se sont élevées pour dire que les silences désolants de la hiérarchie catholique pendant longtemps sur les exactions pédophiles n'auraient pas eu cette ampleur si des femmes avaient été aux commandes...
Il y a une question concernant certains sacrements : Guy Gilbert, dans un de ses livres ("
et si je me confessais"), dit que les femmes devraient pouvoir administrer le sacrement des malades puisque c'est elles qui les accompagnent au long court. J'ai aussi une amie responsable d'aumônerie en hôpital qui écoute pendant des mois des personnes qui vont mourir et qui ont à faire face aux demandes des malades qui veulent se confesser à elle et pas à un prêtre qu'ils ne connaissent pas. C'est une vraie question, je n'ai pas de réponse.
J'ai retrouvé mon bouquin des 2 journalistes : Maud Amandier et Alice Chablis "
Le déni, ils sont au pouvoir,elles sont au service", préface du jésuite Joseph Moingt (vous qui lisez beaucoup Héraclius, avez vous lu Joseph Moingt ?).
Je ne l'ai pas encore bien lu mais je suis tombée sur un passage qui met des mots sur un sujet qui m'a toujours mise mal à l'aise. Les auteurs soulignent l'insistance suspecte de nombreux hommes d'Eglise à dire que les femmes doivent prendre Marie pour modèle. Cette insistance m'a toujours gênée et j'ai compris pourquoi : d'abord, ce n'est pas évangélique, jamais Jésus ne donne sa mère comme modèle aux femmes : à chaque rencontre particulière avec une femme, il la relève et la remet sur son chemin propre et la renvoie à sa mission propre. Ensuite Marie est très discrète dans les Evangiles et il est possible que les hommes d'Eglise, pendant des siècles (et encore aujourd'hui), l'ont proposée comme modèle parce que cela les arrangeait d'avoir affaire à des femmes très discrètes, qui ne les remettent pas en cause.
En tout cas, la Vierge Marie n'est pas mon modèle : elle est ma mère, je la prends pour mère.
Sinon, j'ai compris que le livre décrypte en long, en large et en travers, le modèle patriarcal défendu par l'Eglise et que ce modèle touche à sa fin, de gré ou de force. Je vais le lire.
Bien à vous, merci Papounet d'avoir lancé le sujet !
Axou