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Re: Situation de l'Eglise au Canada

Publié : dim. 23 sept. 2007, 7:14
par jean_droit
Bonjour Boris,
Bonjour à tous !
Excellent dimanche à tous !

Je suis tout à fait d'accord avec toi sur la création de "structires parallèles" pour l'enseignement de la Foi.
Déjà utiliser la revue Transmettre permet de recadrer certaines choses.
L'idée de la FSSP de promouvoir un catéchisme de soutien par correspondance "Les trois blancheurs" me semble intéressante, d'autant plus que la cellule familiale peut s'y impliquer.

cf http://www.fssp.fr/troisblancheurs.htm

Mais, il faut bien que j'apporte un peu de contradiction !, je pense qu'il est très important de ne pas se couper des structures officielles de l'Eglise.

Nous avons tous un peu tendance à choisir nos églises etc ...
C'est mon cas puisque je vais dans une paroisse parisienne, Saint Médard, "selon mon coeur".
Hier matin j'ai assisté à une messe 20/20 .... tout ce que j'aime : Respect de la liturgie, bon sermon, prière eucharistique 1, temps pour la prière personnelle et, cerise sur le gâteau, Angélus.
Mais nous devons faie attention à ne pas nous enfermer sur nous mêmes.
Sur le forum catholique j'essaye de promouvoir une attitude bi ritualiste "décomplexée".
Et surtout qui suit à la lettre le Motu Proprio.

Simple remarque, Boris, simple remarque !

Re: Situation de l'Eglise au Canada

Publié : lun. 24 sept. 2007, 1:41
par erminig
bonjour à tous!
A propos des catéchismes, nous sommes une équipe à mener depuis quelques années une expérience SUPER intéressante:
ok, les groupes de catéchismes des paroisses, ce sont les indéboulonnables.
Les mamans en parallèle, je l'ai fait pendant plus de dix ans.
Les cours par correspondance: la FSSPX & co ont une expérience en la matière de 20 ans. Le cours par correspondance est un peu vieillot autant que je m'en souvienne, mais les petites soeurs qui suivent chacune individuellemnt un enfant pour les corrections, ça les amis, ça n'a pas de prix. Les enfants aiment beaucoup, dans un monde très déshumanisé, avoir cette relation individuelle, et charitable.(leurs corrections étaient pour certaines, remarquables)

Ayant une bonne pratique de la pédagogie montessori, nous avons tenté l'expérience d'ouvrir des "atrium", , atelier liturgique, d'abord dans une école, puis, à la demande du curé qui était scié par ce qu'il avait lu et surtt vu (calme des enfants, capacité de silence, de prière,et acquisitions certaines....) dans des paroisses, avec bien sûr le concours des prêtres. Et ça marche. C'est même extraordinaire.
Ces ateliers sont ouverts en parallèle de la catéchèse, et ne font donc pas de concurrence directe aux "parcours" (auquel je ne connais rien). Cela permet d'être très libres et de ménager les susceptibilités...
`Ce sont des lieux d'accueil pour les enfants, qui sont suivis en individualisation, selon la pédagogie de maria montessori. L'enseignement est directement fondé sur l'année liturgique, tel que conçu par le mouvement liturgique ((Dom Gaspard Lefebvre bien sûr).Le matériel de support est celui proposé par Montessori dans ces ouvrages:
- la Messe vécue pour les enfants
- la vie en Jésus-Christ,

ainsi que de ses disciples ou collaborateurs:
- The Child in th Church, de E.M Standing; thomiste qui se consacra à la pédagogie religieuse en particulier (U.S.) (livre réédité sur le net, mais sinon, rarissime en France
- les ouvrages d'Hélène Lubienska, en particulier sur le silence
- les ouvrages de Sofia Cavaletti (sur la parabole du Bon Berger) ; "Le Potentiel religieux de l'enfant" vient d'être édité il y a quelques mois chez DDB, en Français;

"Transmettre" ainsi que le site de Monique Berger, "prier en famille", sont d'excellents supports.
Il faut savoir que Monique Berger a une formation Montessori.

Si cela vous intéresse, je peux vous donner plus de renseignements sur ces expériences, ainsi que des photos (c'est plus parlant).

Les raisons du succès:

- des personnes formées et motivées
- le soutien du prêtre, présent au moins pour un contact avec les enfants, et à un temps précis pour les confessions.
Les prêtres ont à chaque fois pris le temps de se former (au moins e lisant les ouvrages, et en visitant en génral un atelier fonctionnant déjà. (le bouche à oreille sacerdotal, ça existe)
- le soutien dans la prière (le saint sacrement est régulièrement exposé à côté des ateliers, et les enfants y ont librement accès): ESSENTIEL.
- le soutien logistique: un atelier "du Bon Berger" (la Parabole en est le fondement, pour introduire les enfants à l'Eucharistie), c'est beaucoup de temps et de travail. Nous avons donc décidé un soutien pour la création du matériel de base (par exemple autel miniature avec les objets, etc...) . Si qqn veut tenter, nous l'aidons par ce soutien pédagogique en lui fournissant les matrices du matériel, les objets miniatures (si on peut), les photos des manipulations, et surtt, nous prenons régulièrement un temps d'échange pour réfléchir à ce qui peut être améliorer ( l'individualisation, cela ne s'improvise pas. La première formation, c'est celle du maître. Et c'est aussi des choses toutes simples, comme l'organisation des locaux: comment faire pour amener les enfants ausilence? Nécessité de mobilier adapté, parfois, cela passe siplement par le revêtement du sol, pour éviter le bruit des pieds de chaise sur du carrelage...).
- la régularité: ce sont des enfants de tous les milieux, et parfois même dans des quartiers très difficiles. l'atelier est ouvert quasiment toute l'année (comment vivre sinon la semaine sainte avec les vacances par zones....?). Les enfants savent qu'ils sont TOUJOURS accueillis, et cela, c'est très important. Bien souvent certains n'ont pas de pratique régulière das leur famille, qd les autres ne sont pas collés à la garderie qd ils vont à la messe. Ils débarquent par curiosité, ou lorsque les parents s'inquiètent de la première communion.

Nous sommes trois à la base pour le soutien et les échanges pédagogiques. Chaque atelier crée son propre réseau d'aide sur place: trouver des bénévoles qui aident à fabriquer du matériel, qui font un don de temps ou même d'argent (pour l'achat de mobilier ar exemple). Nous avons le soutien d'une école Montessori qui nous aide aussi à dépanner les ateliers la première ou la deuxième année de fonctionnement, car rien ne se fait en un jour.

Pour donner une idée, en moyenne, là où les catéchèses sont "mourantes", les ateliers sont suivis régulièrement assez rapidement par une soixantaine d'enfants. Nous avons constaté qu'ils se ruent littéralement sur le matériel, parce qu'ils sont en état d'inanition spirituel;
le livre "The Mass explained for the children" réédité aux us, de manière un peu sauvage, il y a presque trois ans, ne cesse d'être réimprimé. En France, Maria Montessori l'ayant écrit avant Vaticn2, il ne fut pas réédité. Aux US, le matériel montessori, pour les écoles et les familles, a été refabriqué (mini autels, ornements miniatures etc....) . Tout est proposé sur des sites catho, y compris pour les familes enseignant à la maison ou complètant l'enseignement scolaire ordinaire.

Nous nous adressons en priorité aux enfants de 4 à 11-12 ans.
Nous constatons que cela répond à un besoin.

Si cela vous intéresse, la suite...au prochain numéro

à +

Re: Situation de l'Eglise au Canada

Publié : lun. 24 sept. 2007, 5:43
par Sapin
Bonjour David,

J'aime bien votre analyse sur la situation de l'Église au Québec et le questionnement que vous y apportez. J'aimerais, si vous le permettez éclaircir certains points que vous soulevez. J'aimerais également vous suggérer de lire Fernand Dumond qui fut un grand sociologue et qui tout en dressant un bon tableau fait aussi une bonne analyse de l'évolution de la société du Québec depuis 1960. Il jette un regard sur la situation de l'Église catholique au Québec depuis la fameuse «Révolution Tranquille».
davidboutin83 a écrit :1- Des personnages de l'Église du Quebec ont participé à certains drames de notre histoire et bien sûr les historiens et les médias font tout ce qu'ils peuvent pour entretenir cette espèce de commotion. Il y a eu, entre autres, des femmes qui se faisaient, selon ce que l'on rapporte, menacer par les prêtres si elles n'enfantaient pas régulièrement.
Ici nous devons comprendre un chose essentielle que les historiens n'ignorent pas mais ne citent jamais. Après les troubles de 1837, le bas clergé qui fut toujours très nationaliste, afin de préserver la race canadienne-française et la religion catholique et l'héritage Français en terre d'Amérique, demanda à tous les couples mariés de faire beaucoup d'enfants et d'avoir des familles nombreuses (la revanche des berceaux). C'était une question de survie. Si le clergé n'avait pas interpellé dans ce sens, nous n'existerions plus en Amérique du Nord, c'est aussi simple que ça! Le refus de l'abosolution pour les couples qui «empêchaient la famille» était justifié par le fait que ces couples ne contribuaient pas à la survie de la race et la préservation de la religion catholique. Nous sommes, il ne faut pas l'oublier, au XIXe siècle. Cette mentalité demeurera jusqu'aux années soixante, même si au début du XXe siècle, la race canadienne-française et la religion catholique n'étaient plus menacées. Voilà peut-être, où était l'erreur.
davidboutin83 a écrit :Il y a eu aussi que des institutions catholiques, des orphelinats et des asiles, qui ont accepté de laisser leurs bénéficiaires aux mains de scientifiques patentés qui les ont utilisés comme cobayes en médecine, détruisant irrémédiablement des vies. Bien sûr, à l'époque, il y avait une certaine "vertu " mal éclairée derrière ces agissements, le plus souvent isolés. Toutefois, il aura fallu quelques faux pas de la part de ces institutions catholiques pour que tout le catholicisme s'en trouve stigmatisé.
Je crois que les communautés religieuses ont fait du mieux qu'elles purent avec les moyens qu'elles avaient à leur disposition à l'époque et selon les progrès de la médecine de jadis. Il est difficile de juger avec des critères du XXIè siècles des événements se déroulant dans un passé pas aussi évolué en terme de mentalité. Je crois que les erreurs commises relevaient de cas plutôt isolés. De manière générale, les patients traités dans les hôpitaux psychiatriques et les enfants des orphelinats dirigés par les religieuses étaient plutôt très bien traités. On devrait plutôt, à mon avis, les remercier.

davidboutin83 a écrit :2- Cela dit, ce n'est pas ce qui fait le plus mal. Il y a eu ici, au Québec, un surinvestissement de la transmission de doctrines toutes faites, donc désincarnées et peu de considération pour l'aspect relationnel à Dieu(qui vient nous rejoindre dans l'ici et maintenant, selon la réalité de chacun) et au prochain dans une vie catholique « raisonnable ». À cause du manque d'ancrage réel de la doctrine catholique à grande échelle, la religion est devenue, malheureusement trop souvent, l’affaire des pauvres et des « désarticulés ». La critique en a donc fait un refuge pour les mésadaptés, la stigmatisant encore une fois sous l’apanage de l’ignorance ou de la « conscience manipulée », bref l’inconscience.
Je saisi mal ce que vous voulez dire, pourriez-vous expliquer davantage avec des cas concrets.
davidboutin83 a écrit :3- Finalement, l'erreur la plus monumentale de nos dirigeants catholiques au Quebec, et plusieurs catholiques et pasteurs luttent d'arrache-pied pour que cette erreur cesse, c'est que l'institution catholique s'en est remise à à peu près n'importe qui pour enseigner la religion dans les écoles. Ça en est devenu une donnée parmi les autres lorsque c'était enseigné par des "tièdes" et à partir du cégep, facilement accessible à la majorité, on nous présente Nietzche, Freud, Marx et on surenchérie sur la critique contre la "religion", mais jamais, au grand jamais, l'on nous fait connaître la réponse catholique à ces critiques parfois quelque peu justifiées.........
Sur ce point je suis parfaitement d'accord avec vous. La philosophie enseignée dans les cegeps (collège d'enseignement général et professionel) est ridicule. Une ignorance crasse de la philosophie classique, de la logique etc. C'est pitoyable. Quant au cardinal-archevêque de Québec, j'avoue que je ne comprends pas sa position en regard de l'enseignement de la catéchèse dans les écoles. C'est réellement un mystère.
davidboutin83 a écrit :j’ai hâte à la faillite définitive des vieilles structures pour que nous cessions enfin de nous déchirer sur les « comment » transmettre la foi et que nous nous mettions en route! Que Dieu me pardonne si j'ai tort, c'est le souci des âmes qui me presse à dénoncer ce qui me semble leur être nuisible. Il y a un appel déchirant du Seigneur, il me semble, dans l’Église du Québec, un appel à aller de l’avant, mais que plusieurs craignent et repoussent. Bref, les problèmes majeurs, présentement, dans l’Église du Canada, sont le manque d’unité, la peur de l'innovation et la nostalgie de plusieurs aînés qui refusent littéralement de faire de la place à la nouvelle génération et à se laisser déplacer. La génération des aînés, tout comme dans le désert, en exode, préfère la sécurité au risque et paralyse la nouvelle génération. Toutefois, j’ai bonne espérance que d’ici vingt ou trente ans, tout ce cauchemar ne sera qu’une histoire et que l’Église qui a donné ses plus belles et ses plus admirables valeurs à mon peuple, qui m'est si cher, mais dont la fragilité identitaire m'inquiète au plus haut point, pourra enfin refleurir dans une grande fécondité.
L'avenir de la foi pour l'Église du Québec passe par une solide formation en éducation de la foi. C'est déjà commencée à Montréal avec l'implantation des parcours de catéchèse dans les paroisses et à mon avis c'est très prometteur.

Un autre problème, c'est le manque de leadership pastoral de nos évêques articulé dans une ecclésiologie boiteuse et nébuleuse. Nous devrions entendre davantage nos évêques interpeller les gens à la pratique dominicale de l'eucharistie mais c'est tristement silencieux sur ce point. Je déplore que l'archevêque de Montréal, qui écrit chaque dimanche dans un quotidien de Montréal depuis plus de 15 ans n'a jamais parlé de la messe du dimanche comme étant essentielle à la vie chrétienne. Pas étonnant que nos églises se vident et ferment.
davidboutin83 a écrit :Toutefois, je crois que nous avons une élite intellectuelle formidable au Québec
Ah oui! et qui? j'aimerais bien les connaître. Moi je la cherche cette élite!
davidboutin83 a écrit :et nous avons les yeux tournés vers la France surtout et l'Europe et demeurons à l’affût de toute innovation qui pourrait enfin soulager cette hémorragie au sein de l’Église du Canada.
J'ai toujours partagé cette idée, c'est à mon avis, la voie d'avenir pour le Québec, tant du côté de la société que de l'Église.
davidboutin83 a écrit :Enfin, après tout cela dit, j’ai confiance aussi. Il y a des gens de grande qualité qui travaillent dur et ferme pour sortir les chrétiens de leur torpeur et leur faire redécouvrir les merveilles de la foi en Jésus-Christ. Il n’en faut que quelques uns pour les entraînés tous s’ils se mettent au diapason de l’Esprit Saint, s’ils vont au large et jettent le filet encore une fois.
Moi aussi j'ai confiance. À cause de nos racines françaises nous avons eu un passé glorieux. Je crois qu'il faut attendre un peu qu'une génération passe, pour laisser à l'autre qui pousse le soin de bâtir une foi catholique solide et qui portera du fruit comme jadis.

Re: Situation de l'Eglise au Canada

Publié : lun. 24 sept. 2007, 7:55
par Boris
jean_droit a écrit :Simple remarque, Boris, simple remarque !
Il me semble avoir conclu par :
Boris a écrit :Ensuite, une ouverture sera possible et nécessaire.

Je pense que le rayonnement de tels groupes les feraient rapidement remarquer comme la voix à emprunter et donc le retour de tel pratique dans les paroisses, écoles, ...

Re: Situation de l'Eglise au Canada

Publié : lun. 24 sept. 2007, 9:12
par jean_droit
Très intéressant.

Bonjour à tous,

Que Dieu, Père, Fils et Saint Esprit, nous bénisse !

Toutes ces intervenions sont rès intéressantes. Bravo !

On voit, bien sûr, que les problèmes sont les mêmes qu'en France, aux nuances près, bien sûr.

La situation semble bien difficile. A ce qui se passe en France, il faut, peut être, ajouter l'influence des évangéliques ou des sectes qui ne sont pas présentes en France. Ou, du moins, discrètes.

En passant mon temps à analyser la situation en France je me suis apperçu que ce qui prédomine c'est le conservatisme et la volonté de changer le minimum de choses. Autour de cet océan de conformisme il y a des évêques, des prêtres, des associations, des laïcs qui cherchent à faire bouger l'ensemble.

Tous les évêques ne sont pas comme monseigneur Rey, évêque de Toulon, à l'activité débordante.

Je pense que l'on est loin, en France, d'avoir atteint le fond. Par diminution constante du nombre de prêtres.

Heureusement qu'il semble qu'une "nouvelle race" de jeunes prêtres est en train de venir.

Avec tous ceux qui "se bougent" ils sont l'avenir de l'Eglise de France.

Mais que ce sera dur ! Mon Dieu ! Aide nous !

Re: Situation de l'Eglise au Canada

Publié : lun. 24 sept. 2007, 18:38
par Hélène
Bonjour David,

Juste un petit mot pour vous dire que je vous rejoins à peu près sur toute la ligne dans votre analyse de la situation de l'Église (et de la société en général) au Québec. Je souffre tout autant que vous de cette situation dans laquelle nous sommes... j'ai parfois l'impression, lorsque je lis tous les textes des infidélités d'Israël, que c'est tout à fait nous...

Ce qui m'affecte particulièrement est que notre jeune génération de catholiques doit sans cesse répondre pour des cas d'arrières-grands-parents qui n'ont pas reçus l'absolution dans un confessionnal obscur du fin fond des campagnes et toute la mauvaise foi qui se joue autour du passé... ça devient lassant de répondre.

Mais encore, gardons l'espérance, il y a des belles petites pousses en germe... même si je crois que nous sommes appelés au martyr (pas au sens de sanglant mais de l'âme, à voir l'état des lieux...c'est une réel martyr de l'amour... un tourment). Une chose est sûre, il faut demeurer dans la louange...

Fraternellement dans le Christ,
Hélène

Re: Situation de l'Eglise au Canada

Publié : lun. 24 sept. 2007, 19:29
par jean_droit
Bonjour Hélène,
Content de vous revoir.
J'espère que votre séjour en France s'est très bien passé.
Petite question : J'ai l'impression que la situation s'est dégradée très vite au Canada. Du moins plus vite qu'en France.
J'avais un ami, athée notoire, qui m'a dit cela.
Est-ce vrai ?

Re: Situation de l'Eglise au Canada

Publié : lun. 24 sept. 2007, 20:14
par Hélène
C'est exact Jean. Ce que la France a vécu depuis "les lumières" (disons un peu plus de 200 ans), nous l'avons vécu de façon brutale en moins de 50 ans... et nous nous croyons très brillants d'être sortis de "la grande noirceur"... (période dite de "l'Église triomphante" au Québec) :zut:

Heureuse de vous revoir aussi. Oui mon séjour a été des plus agréable...voire bouleversant. D'un bouleversement que je n'ai pas pu faire autre chose que de rester au monastère après la retraite pour "absorber" les grâces reçues... j'aurais bien aimé voir quelques personnes mais... le Seigneur en a décidé autrement : j'ai été retournée comme une crêpe ! :amoureux: Mais je suis tout de même allée à Paris pour une demi journée et j'ai eu la très grande grâce d'être à Notre-Dame-de-Paris pour l'Eucharistie du jeudi fin PM... cela a été un moment très émouvant pour avoir fait une belle rencontre encore plus profonde durant ma retraite avec Marie, ma Mère et notre Mère... J'ai bien pensé à vous alors que je me trouvais là par cette magnifique journée ensoleillée.

Désolée pour le hors sujet... :oops:

Re: Situation de l'Eglise au Canada

Publié : lun. 24 sept. 2007, 23:29
par Nanimo
Bonjour à tous, :)
J'ai apprécié vous lire, mais il me semble que l'on confond le Québec et le Canada tout entier. Je peux vous assurer que le Canada-Anglais n'a pas de problème à remplir ses églises catholiques le dimanche et que les paroisses sont dynamiques. Cela est surtout le fait de l'immigration européenne catholique (irlandais, italiens, polonais, etc.) et, bien entendu, l'histoire est différente, ce n'est pas celle d'un seul peuple.

Re: Comme ce fil est intéressant

Publié : mar. 25 sept. 2007, 8:31
par jean_droit
Bonjour à tous !
Bonjour Hélène !
Bonjour Nanino !
Votre remarque sur la Canada anglophone est très intéressante. Elle apporte une vision non exclusivement québecoise des choses. On m'avais déjà raconté cela.
Hélène, il se peut que nous étions à Notre Dame de Paris en même temps ! Je vais trois ou quatre fois par semaine à Notre Dame - selon mon courage ... hum ! hum ! J'aime bien les vêpres suivi de la messe. Et la messe grégorienne du dimanche matin.
Je suis heureux que vous ayez passé un bon séjour.
Que Dieu vous garde tous !
Que Marie, notre Mère, soit auprès de nous et nous montre son Divin Fils !

Re: Situation de l'Eglise au Canada

Publié : mer. 26 sept. 2007, 0:49
par Sapin
Bonjour à tous,
Bonjour David

En passant, merci Jean_droit d’avoir ouvert ce sujet sur la situation de l’Église au Canada et en particulier au Québec. Effectivement la vie de l’Église comme celle de la société au Québec est très différente si vous la comparez avec le reste du Canada anglais et les Etats-Unis. C’est un phénomène qui se rapproche un peu plus de l’Europe que du reste de l’Amérique du Nord y compris tout le problème des «accommodements raisonnables». Les tensions sont pratiquement inexistantes dans le reste du Canada alors qu’au Québec ces tensions sont palpables, surtout avec les communautés juives et musulmanes.

Pour revenir aux écarts de conduite de certains prêtres avant le concile et en particulier pour les refus d’absolution dans des situations pénibles, il est évident qu’un petit groupe de prêtres manquaient parfois de jugement pastoral. Je suis d’accord avec Hélène et je ne comprends pas pourquoi nous avons besoin encore aujourd’hui de ressasser ce passé qui, malheureusement est encore non liquidé. Un peu avant le passage à l’An 2000, feu le pape Jean-Paul II invita toute la communauté mondiale: gouvernement, pays, société et aussi Église à préparer notre entrée dans le nouveau millénaire en faisant une purification et une guérison de la mémoire. C’était l’occasion pour nous ici au Québec d’entrer dans cette dynamique de guérison afin de liquider une fois pour de bon ce passé. Malheureusement aucun de nos évêques a encouragé cette initiative. C’est une des raisons pour laquelle je critique beaucoup le leadership pastoral de nos évêques.
Je suis allé dans une conférence sur le nouvel âge. On disait que c’est mal, on a fait un discours très, mais très ésotérique, selon lequel le nouvel âge, ça rend dépressif. Pourtant, il me semble que la faute réelle du nouvel âge est d’instrumentaliser Dieu pour en faire un objet servant l’égo et non pas la communauté. Il n’y en a pas eu aucune mention. Aucune mention non plus sur le dieu vaporeux que soutient le nouvel âge ni de ce que ce « désengagement » de Dieu enlève le sens de la dignité humaine proposée par le christianisme. Ça rend dépressif et c’est mal. Pas plus que ça et la conférencière a pris deux heures pour sa démonstration. Près de 90 personnes ont assisté à cette conférence. Encore une fois, je n’ai pas de peine à imaginer le résultat quand des gens partiront avec ces arguments : « C’est mal et ça rend dépressif » pour aller prendre la défense du catholicisme. Ce sera beau à voir et ce sera agréable de réparer les dégats en apologies pour les trois prochains siècles.
Je comprends maintenant ce que vous voulez dire, David, et je suis d’accord avec vous. L’Église au Québec manque effroyablement de rigueur intellectuelle, tout est émotif et notre langage est souvent très peu ecclésial. Nos comparaisons et arguments souvent boiteux et alambiqués. Je me souviens du synode diocésain à Montréal en 1997. Lors du vote des propositions, le vicaire épiscopale de Laval avait soumis au vote de l’assemblée un moratoire de 2 ans sur tous les sacrements de l’Initiation chrétienne. Il expliqua de façon claire et limpide qu’au Québec, la demande des baptêmes, premières communions, confirmation relevaient davantage du folklore et de la culture que d’un cheminement de la foi. J’étais d’accord avec lui et j’appréciais son exposé lucide et très réaliste. Il proposa pour les 2 prochaines années d’entrer dans une grande réflexion avec les parents et toute l’Église de Montréal pour déterminer les balises et conditions pour les sacrements de l’Initiation. Suite à cette proposition, des commentaires très émotifs fusaient dans tous les sens sans aucune réflexion ecclésiologique de base. À titre d’exemple voici un pauvre commentaire que j’ai retenu : «On a pas besoin de moratoire, on peut très bien apprendre à marcher et mâcher de la gomme en même temps», pas très fort comme réflexion et arguments n’est-ce pas !! Finalement le moratoire a été rejeté, il n’a pas eu assez de votes. Je considère que nous passions outre une occasion favorable pour un renouveau des sacrements. Le vote sur l’absolution collective fut négatif mais mystère des mystères l’archevêque a renversé la décision et autorisa l’absolution collective. Conséquence : 2 mois plus tard après un retour de Rome, il changea sa décision et interdit l’absolution collective. Imaginez la réaction des prêtres!!

Pour la question du crucifix à l’Assemblée Nationale, je tiens à préciser que c’est des bons québécois catholiques de souche qui voulaient le retirer et que c’est une députée musulmane (Mme Houda-Pepin) qui a insisté pour qu’il demeure en place. Allez-donc comprendre quelque chose à cela, c’est vrai que le ridicule ne tue pas !!! Mme Houda-Pepin disait que ce crucifix était tout d’abord un cadeau que l’Assemblée-Nationale a reçu du pape Pie IX l’ayant remis au Premier-Ministre Honoré Mercier lors d’un voyage à Rome. Deuxièmement Mme Houda-Pepin souligna également que ce crucifix symbolise la foi catholique, élément fondateur de la culture canadienne-française et québécoise, comment pourrions-nous nier ce fait disait-elle. Voilà pourquoi je vous demandais où se trouve cette élite au Québec, assurément je la cherche !

Re: Situation de l'Eglise au Canada

Publié : mer. 26 sept. 2007, 12:44
par jean_droit
Bonjour mesdames et messieurs du Canada,

Voilà bien des points abordés d’une façon complète et très intéressante.

Une petite question : Où en sont les vocations ? Quel est le nombre des ordinations ? Comment cela se passe dans les séminaires ? Et les vocations féminines ?

Il me semble que la fonte des élites chrétiennes est, aussi, préoccupante en France.

Le clergé :

La diminution du nombre d’ordinations et donc de prêtres ne peut qu’aboutir à un appauvrissement de la pensée catholique. Le fait de donner, à juste raison ?, d'une façon prioritaire aux prêtres des activités paroissiales va limiter le nombre de prêtres enseignants.
Reste les ordres réguliers ?
Et on risque d’avoir de plus en plus de difficultés pour trouver des évêques de qualité.
On risque, alors, de passer d’un certain conservatisme ambiant à une médiocratie.

Les laïcs :

Du côté des laïcs j’ai bien peur que le phénomène ne soit pas tout à fait différent.
Le nombre de fidèles diminue, l’Université me semble de plus en plus anti-chrétienne …
Il me semble que les laïcs, comme partout, vont remplacer le clergé.
Cette évolution ne me plait pas beaucoup.

J'ai l'impression que certains évêques ont les mêmes craintes. Monseigneur Vingt Trois, par exemple.

Re: Situation de l'Eglise au Canada

Publié : jeu. 27 sept. 2007, 22:41
par erminig
cher jeandroit,
merci pour le terme "médiocratie".
ça résume tt.
En lisant tous ces messages, je suis frappée par les similitudes entre le québe et la Belgique: ds régions qui ont beaucoup dpnné au tmps du mouvement liturgique , et qui s'effondre totalement du point de vue religieux (vocations, pratiques, familles) avec en plu une critique aigrie permanente des descendants catholiques sur la religion de leurs pères. cet esprit de culpe permanente est même parfois plus virulent et sans nuance que lcelui des laïcards français.
Travaillant en thèse sur les développements du mouvement liturgique de 1870 à 1939, je ne peux ue constater une chose: en ce qui concerne le Québec, les écoles francophones catholiques n'ont as tjs été à la hauteur, avec des problèmes d recrutement et de formation; quant aux catholiques anglophones, ils étaient dans des établissement multiconfessionnels, plus riches, mais sutt plus à la poi,te au niveau pédagogiques (je parle pour le québec), il y a eu quelques rares thèses sur le sujet ces dernières années qui mettent ainsi peut-être le doigt sur le problème. Dans les milieux anglophones, plus confrontés directement au protestantisme et aux sectes diverses, la catéchèse, dans les manuels, était beaucoup plus élaborée et structurée pour former les enfants (ex: livre d'explcation et de direction spirituelle pour les 8/15ans élaboré par Montessori et Ellamay,), plus nourrissante que le question/réponse rabaché des catéchismes francophones. Plus centrée aussi sur la messe et la liturgie aussi, que sur un combat de survie très "social" finalement. Je continue à travailler le sujet...

En tout cas, c'est la résistance liturgique qui a l'air en général de porter beaucoup plus de fruits.
à +

Re: Situation de l'Eglise au Canada

Publié : mar. 02 oct. 2007, 14:33
par Hélène
Bonjour David,
davidboutin83 a écrit :Cela dit, Sapin et Hélène, où allez-vous vous ressourcer, où trouvez-vous votre force et votre vitalité spirituelle?
Je vais en France ! :p À vrai dire, il nous faut, à mon avis, s'enraciner dans une communauté (peut-être de type monastique) pour trouver des frères et soeurs avec lesquels nous pouvons prier et nous porter les uns les autres, fraterniser, cheminer spirituellement... sinon, nous ne tiendrons pas et nous perdrons coeur à voir nos paroisses. J'ai la grâce de cheminer au sein de la Famille de saint Joseph, jeune communauté bénédictine, depuis l'an 2000 (je me suis convertie en 1999 et j'ai cheminé presque un an seule... année où j'aurais pu être trompée et, dans ma fragile foi, me laisser entraîner dans n'importe quoi...mais le Seigneur n'a pas permis). Après quelques voyages entre le Québec et la France, des retraites spirituelles bouleversantes, des enseignements solides, une spiritualité de la vie cachée à Nazareth avec la sainte Famille, je me suis engagée (avec mon époux) comme oblate en 2005. Malgré la distance, je ne sens pas que je suis loin car, grâce à la technologie d'Internet, des enseignements sur CD, de livres, mais surtout de la communion dans la prière, nous parvenons à vivre de cette spiritualité au quotidien. Aussi, suite à cet appel à l'oblature, nous avons eu la mission de créer une petite "frat" (fraternité) afin de nous laisser enseigner et de nous ressourcer dans la prière, la louange et le partage. Nous avons donc une petite branche Saint Joseph au Québec... c'est une toute petite pousse verte mais... elle fleurit de jour en jour par la grâce de Dieu, sous le regard de Marie et de Joseph.

Pour ce qui est du reste, càd, nos paroisses, nous avons la grâce d'en avoir une assez vivante grâce à la jeunesse de notre curé. Quelques jeunes familles reviennent peu à peu avec les parcours catéchétiques mais cela prend du temps, beaucoup de prières, de larmes et de sacrifices... si vous saviez dans quelle sclérose notre paroisse était il y a 6 ou 7 ans...résultat de 40 ans de ministère du même curé... il était certainement sympathique mais pour tuer une paroisse avec des comités de personnes âgées, encroûtées dans une routine... ouf ! Ne perdez pas espérance... prier fort et soyez prêt au martyr ! :D

Bref... on va là où il y a une source dans le désert ! La communauté de Jérusalem est arrivée à Montréal en 2004 mais je n'y vais pas beaucoup. J'aime aller à l'Oratoire de saint Joseph mais il y a peu d'enracinement communautaire puisque c'est un lieu de pèlerinage.

Vous êtes dans quelle région du Québec ?

Fraternellement,
Hélène

Re: Situation de l'Eglise au Canada

Publié : mar. 02 oct. 2007, 17:14
par Hélène
Salut David :)
davidboutin83 a écrit :Prenenz-vous l'avion à Plattsburg? On m'a dit que les prix sont parfois la moitié moins élevés que dans les aéroports du Québec.
Ça me semblerait étrange de passer par les États-Unis pour aller en France... Je pars toujours de Montréal. Je n'ai jamais vérifié si ça coûte moins cher...
Je suis de la ville de Québec. Il y a bien quelques lieux de ressourcements, mais ce que je trouve dommage, c'est que nos paroisses sont très mal en point...

Parmis nos lieux de ressourcement, nous avons Jésus-Ouvrier et le centre Manrèse, la maison Revivre. Mais même s'il y a là des lieux de ressourcement, ça n'empêche pas que nous devrions avoir tout ce qu'il nous faut au sein de la paroisse pour enraciner notre foi. Et cela, je n'en parle pas que pour moi, mais surtout pour l'ensemble du peuple. Toutefois, si nous avons de belles communauté comme celle de Saint Joseph qui commence à "répandre" la Bonne Nouvelle, nous pouvons espérer que ça se replace.
J'ai des amis à Québec, si tu veux, je pourrais te mettre en contact avec une d'entre elle qui est très à l'affût des lieux de ressourcements. Je t'écris par MP...

Tu as quand même de la chance, tu es là où le Congrès Eucharistique aura lieu en juin 2008... je vais certainement y aller. Et la Ville de Québec... elle est si belle, le berceau de l'Amérique ! En plus que la grande Messe de clôture sur les plaines d'Abraham sera le jour de mon anniversaire, je suis sûre que le Seigneur m'attend là avec plein de cadeaux ! :amoureux:

On peut se tutoyer si tu veux... entre frère et soeur québécois ! :trinque:

Union de prière,
Hélène