Page 2 sur 4

Re: Application du Motu Proprio

Publié : jeu. 28 févr. 2008, 23:24
par AdoramusTe
Bonjour,

Etant nouveau ici, je me premets d'intervenir en cours de discussion.
Boris a écrit :A tous les séminaristes de la Cité : vous savez ce qui vous reste à faire !
Demander à apprendre les 2 formes du rite romain.
Cela dit, je ne peux m'empêcher de citer cet article de Pro Liturgia
Il n’y aura pas de formation à la célébration du “rite extraordinaire” de la messe à l’Université Pontificale Benoît XVI de Heiligenkreuz. C’est ce qu’explique le Père Karl Wallner, Recteur de cet établissement, en réponse à une question qui lui a été posée par un étudiant. Voici ce qu’il dit: “La demande que m’adresse cet étudiant procède d’un malentendu: c’est mal comprendre, en effet, le Motu Proprio Summorum Pontificum que d’en déduire qu’il faudrait instaurer une formation spécifique à la célébration selon l’ancien rite. Ce document doit servir à la réconciliation avec le passé, et non pas au rétablissement du passé.
Heiligenkreuz, aussi bien le Couvent que l’Université, a opté pour l’authentique application du Concile Vatican II. D’ailleurs, en ce qui concerne la forme et le style des célébrations liturgiques, nous pensons le Pape a voulu, par sa récente visite, nous élever au rang de modèle du genre! Et ce, justement, parce que nous faisons ce que demande vraiment le Concile, ce qui est écrit dans les textes, etc. Nous ne sommes pas crispés sur le passé; nous ne sommes pas projetés loin en avant; mais nous vivons quotidiennement de ce que le Concile Vatican II nous a VRAIMENT offert.
En tant qu’université, nous avons le droit, et le devoir, d’affirmer notre identité à travers les filières de formation que nous proposons. Il ne peut donc pas être question d’introduire officiellement un cours sur le rite tridentin, puisque nous voulons célébrer la liturgie de l’Eglise telle qu’elle a été proposée par les hautes Autorités de l’Eglise à la suite du Concile Vatican II. Et aussi parce que nous ne voulons pas que nos étudiants soient éduqués à un rite qui, certes, est à nouveau autorisé, mais ne se trouve pas être la grande tendance de l’Eglise actuelle, ni celle du Pape dont notre école porte le nom.
Ce n’est pas parce qu’une chose, rigoureusement interdite jusque là, est à nouveau admise, qu’il faut y voir l’avenir de l’Eglise. Nous ne voulons pas former des groupes marginaux, ou pousser des jeunes à rejoindre ce type de groupes, nous voulons former des prêtres sages et heureux, qui célèbrerons le rite de Paul VI, le rite ORDINAIRE de l’Eglise romaine latine, de façon digne et respectueuse des normes. Il n’y aura donc pas d’exercices spécifiques concernant l’ancien rite, mais bien sûr un entraînement à l’Ars celebrandi conformément au rite “ordinaire” de l’Eglise latine.”
Rappelons que lors de son dernier voyage en Autriche, le pape Benoît XVI a tenu à s’arrêter à Heiligenkreuz pour encourager vivement les moines Cisterciens - nombreux dans cette abbaye - à poursuivre dans la direction qu’ils ont choisie et qui est celle d’une totale fidélité à Vatican II.
Autrement dit, priorité à la restauration de la forme ordinaire.

Personnellement, je suis plutôt favorable au Motu Proprio parce que c'est le point de départ d'une paix liturgique et parce qu'il ne peut qu'être bénéfique à la forme ordinaire. La forme de la messe a en elle-même certaines qualités.
Cependant, les réactions de ses bénéficiares feraient presque regretter que le Pape ait accordé cet indult.
Il suffit de parcourir les fils du Forum Catholique pour s'en convaincre. Les gens deviennent de plus en plus revendicatifs, agressifs et sont toujours plus convaincus qu'ils ont raison puisque désormais ils sont sur un pied d'égalité avec les autres.
Bref, c'est moche. :(

Re: Application du Motu Proprio

Publié : sam. 29 mars 2008, 8:52
par jean_droit
Petit article intéressant sur le Motu Proprio ou, plutôt, la lutte anti "latin" :

Beaucoup de choses exactes et que je partage.

http://pagesperso-orange.fr/radix.eccle ... latin.html

Re: Application du Motu Proprio

Publié : mar. 22 avr. 2008, 12:39
par monachorum
Demande auprès de mon curé de paroisse (ou nous sommes censés être en "froid liturgique" depuis plusieurs mois) au sujet du Motu proprio : "Mr L'Abbé serait-ce possible que vous célébriez une messe en latin ?".
Réponse de l'Abbé :"Mon fils il faudrait déjà que je sache le latin, je ne l'ai jamais appris et je suis incapable de célébrer une messe en latin parce qu'on ne m'a jamais appris à le faire. C'est bien beau de vouloir autoriser quelque chose encore faudrait-il que les principaux interessés (ceux qui vont célébrer l'office) soient capable de le faire".
Réponse ahuri et amusé :"Effectivement s'il faut que vous retourniez au séminaire pour apprendre quelques mots de latin je devrais attendre un bon moment". :siffle:
Réponse faussement mécontent :"De toute manière mon fils si vous avez une grande soif de latin, allez donc à l'Eglise St Georges ou les messes ne sont qu'en latin et grégorien". (J'habite à lyon pour ceux qui connaissent l'Eglise St Georges et tenu par les prêtres de la Fraternité St Pierre).

Voilà ce que donne le Motu Proprio et je crois que je peux m'assoire définitivement pour avoir un jour une messe en latin à côté de chez moi.


Monachorum.

Re: Application du Motu Proprio

Publié : mar. 22 avr. 2008, 13:27
par jean_droit
Patience .... patience.
Bien sûr il y a des opposants "idéologues" au Motu Proprio.
C'est leur affaire.
Puis il y a ceux qui pensent que ce peut être, après tout, une demande légitime de certains fidèles.
Mais ces prêtres savent bien que rien n'est vraiment simple.
Apprendre la messe Saint Pie V.
Avoir l'environnement ( autel etc ) pour la célébrer.
Expliquer aux fidèles que nous faisons tous partie de la même Eglise.
Etc .... Etc ....
Rien ne se fait en un jour.
Mais, s'il y a bonne volonté, tout arrive.

Re: Application du Motu Proprio

Publié : mar. 22 avr. 2008, 14:36
par Arzur
monachorum a écrit :"Mr L'Abbé serait-ce possible que vous célébriez une messe en latin ?".
Vous avez demandé une messe selon la forme ordinaire (Paul VI) ou extradorinair (Pie V / Bx Jean XXIII) ?

Car les deux formes de la messe peuvent être dîtes en latin... mais bon, dans votre paroisse, cela n'est pas gagné ...


Arzur

Re: Application du Motu Proprio

Publié : mar. 22 avr. 2008, 15:58
par monachorum
J'ai demandé celle ou il n'y a pas de prières en bas de l'autel (Paul VI) mais comme il ne parle pas un mot de latin...


Monachorum.

Re: Application du Motu Proprio

Publié : ven. 16 mai 2008, 23:26
par Gandulf
Lu sur http://eucharistiemisericor.free.fr/ind ... 1_richesse

Le Motu Proprio de Benoît XVI est une grande richesse spirituelle pour toute l'Église

Le 13 mai 2008 - (E.S.M.) - Le cardinal Dario Castrillon Hoyos qui est à la tête de la Commission pontificale « Ecclesia Dei » explique en quoi le Motu Proprio de Benoît XVI est une grande richesse spirituelle pour toute l'Église, et la façon de résoudre les problèmes qui sont apparus jusqu’ici.

Dario Castrillon Hoyos : Tradition sans contestation

par Vittoria Prisciandaro

Le cardinal qui est à la tête de la Commission pontificale « Ecclesia Dei » explique en quoi le Motu Proprio de Benoît XVI est une grande richesse spirituelle pour toute l'Église, et la façon de résoudre les problèmes qui sont apparus jusqu’ici.

Son Éminence est satisfaite. Le téléphone du bureau du rez-de-chaussée, dans le palais de l'ex Saint Office, connaît une nouvelle vie, et sur les tables s’accumule une correspondance venue du monde entier. Après la promulgation du Motu proprio, la Commission pontificale « Ecclesia Dei » est en effet devenue un maillon important dans l'organigramme du Vatican. « À présent, j'ai deux fois plus de travail que dans la Congrégation du clergé », confie le cardinal Dario Castrillon Hoyos, colombien, 79 ans, chaleureux partisan de la réintégration des Lefebvristes et, depuis l’an 2000, président de la Commission. Créée pour gérer les rapports avec la Fraternité Saint Pie X et avec les groupes qui gravitent dans la galaxie traditionaliste, « Ecclesia Dei » est aujourd'hui devenue un interlocuteur incontournable des diocèses et des paroisses pour les controverses relatives à l'application du rite extraordinaire.

Éminence, quelques mois après la promulgation du Motu proprio, quel bilan en faites-vous ?

« Avec le Motu proprio, le Pape a voulu offrir à tous une nouvelle occasion de profiter de l'énorme richesse spirituelle, religieuse et culturelle présente dans la liturgie de rite grégorien. Le Motu proprio a été conçu comme un trésor offert à tous, et non fondamentalement pour répondre aux lamentations ou aux demandes de qui que ce soit. Un bon nombre de personnes qui n’étaient pas initialement impliquées dans cette forme extraordinaire du rite romain ont maintenant pour lui une grande estime. Parmi les fidèles, je distinguerais trois groupes : ceux qui ont un lien quasi organique avec la Fraternité Saint Pie X ; ceux de la Fraternité Saint-Pierre ; et enfin ceux du groupe le plus important et le plus nombreux, formé de personnes éprises de culture religieuse de tous les temps et qui, aujourd'hui, découvrent l'intensité spirituelle du rite ancien, dont de nombreux jeunes. Au cours de ces mois-ci sont nées de nouvelles associations de personnes appartenant à ce dernier groupe ».

À propos de la richesse, certains spécialistes de la liturgie soulignent le fait que le rite extraordinaire n'offre pas la richesse biblique introduite par la novus ordo…

« Ils n'ont pas lu le Motu proprio, parce que le Pape affirme que les deux formes doivent s’enrichir mutuellement. Et il est évident que cette richesse liturgique ne va pas être gaspillée. Dans le novus ordo, en quelques années, on lit pratiquement toute la Bible, et c’est là une richesse qui ne s'oppose pas au rite extraordinaire, mais s’y intègre ».

Une autre objection porte sur le risque que des célébrations séparées et différentes créent des communautés séparées…

« C’est une multiplicité enrichissante ; c'est un surcroît de liberté culturelle que le Pape introduit sous une forme audacieuse. Du reste, dans les paroisses, il y a beaucoup de différences dans les célébrations, et je ne veux pas parler des abus, parce que ce ne sont pas les abus qui constituent la raison principale du Motu proprio ».

Votre secrétaire, monseigneur Camille Perl, a annoncé qu'il y aurait un document d'éclaircissement sur le Motu proprio. Quand sera-t-il publié ?

« C’est le cardinal Bertone qui l’a annoncé, et il a le droit de le faire. Mais moi qui suis un serviteur du Pape, je ne l'annoncerai que quand le Pape me dira de le faire. Notre Commission a indiqué au Souverain Pontife que de nombreuses demandes arrivent de chaque partie du monde, dont un très grand nombre sont justifiées, mais dont certaines sont basées sur un manque de connaissance. Le Saint-Père, et seulement lui, dira s'il convient de publier un tel document et quand ».

Quelles sont les demandes qui vous sont parvenues et lesquelles mériteraient une réponse ?

« La première concerne le latin, parce que - disent les auteurs de ce type de demande - célébrer dans une langue qu’on ne connaît n’est pas pratique. Malheureusement les séminaristes, et même certains prêtres, ne l'ont pas étudié et il leur est donc difficile de célébrer sous la forme extraordinaire. Pour ce faire, ils devraient au moins connaître le canon de la Messe – la partie de la consécration. Nous autres d‘« Ecclesia Dei », nous nous équipons et nous préparons des rencontres, des cours et une communication informatique en vue d’une connaissance approfondie de la liturgie antérieure. Plusieurs cours déjà sont en activité en France, en Allemagne, au Brésil, en Amérique centrale et aux États-Unis. À Tolède, en Espagne, par exemple, nous sommes en train d’évaluer s'il convient de créer un séminaire supplémentaire pour la préparation au rite extraordinaire ou de donner des cours spéciaux dans le séminaire du diocèse. En général on remarque dans le monde académique un certain intérêt pour un retour au latin. Il a été triste au cours de ces années de constater l'abandon non seulement de la langue, mais même de certains contenus théologiques liés à la précision sémantique de la langue latine ».

« S'il manque de prêtres dans un diocèse et que seuls trois ou quatre fidèles demandent le rite extraordinaire, le bon sens dit qu’il est difficile de satisfaire cette demande. Cependant, puisque l'intention, la mens du Pape est de concéder ce trésor pour le bien de l'Église, le mieux pour les endroits où il n’y a pas de prêtres, serait d’offrir une célébration selon le rite extraordinaire dans une des Messes dominicales paroissiales. Ce serait une Messe pour tous ; tous, même les jeunes générations, profiteraient de la richesse du rite extraordinaire, par exemple de ces instants de contemplation qui, dans le novus ordo, ont disparu ».

Donc vous dites que, s'il n'y a pas de groupe consistant et stable, à l'avenir, il est question de proposer une des Messes dominicales selon le rite extraordinaire ?

« Je dirais que oui. D’ailleurs cette possibilité avait déjà été approuvée à l'unanimité en 1986 par une commission cardinalice à laquelle participait le cardinal Ratzinger lui-même (mais elle n'était pas devenue opérationnelle). Je serais sûr que cela serait faisable maintenant. ».
Un autre point à éclaircir est la définition d’un « groupe stable et consistant ». Que veut dire cela exactement ?

« C’est une question de bon sens : pourquoi faire un problème si les personnes qui demandent le rite viennent de paroisses différentes ? Si elles se réunissent et, ensemble, demandent une Messe, elles deviennent un groupe stable, même si elles ne se connaissaient pas au départ. Même le nombre est une question de bonne volonté. Dans certaines paroisses, en particulier à la campagne, les jours ouvrables, les personnes qui participent à la Messe ordinaire sont trois ou quatre et le même cas se produit dans de nombreuses maisons religieuses. Si ces trois personnes demandent la Messe ancienne, faut-il, d’un point de vue pastoral, la leur refuser ? ».

Donc le futur document devrait être plus accueillant aux demandes émanant de petits groupes ?


« Oui, mais il faut le voir non pas comme quelque chose qui va à l’encontre des autres, de la majorité, mais qui vise à leur enrichissement et toujours en évitant toute forme d’antagonisme ».

Il y a ensuite le problème des sacrements : je pense au rite de l’Ordination ou à celui de l’Onction des malades, pour lesquels on se réfère à des codes de droit canonique différents et on emploie des formules différentes…

« A première vue, il y a certainement quelques problèmes par rapport à l'Ordination, à l’Onction des malades et même aux divergences de calendrier. En ce qui concerne l'Ordination, dans la forme ancienne, il y avait la tonsure, les ordres mineurs et le sous-diaconat. Cette forme est encore en service et continuera à l'être dans les Institutions liées de façon stable au rite ancien, comme la Fraternité Saint-Pierre, la Fraternité Saint Pie X et d’autres Institutions. Pour l’Onction, avant même le Motu proprio, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi avait déjà indiqué qu'il n'y a pas de conflit entre les deux formules, et que la formule nouvelle comme l'ancienne sont valides, et elle a dit la même chose au sujet des autres sacrements dont les formules diffèrent. En ce qui concerne les calendriers qui ne coïncident pas toujours, il y a effectivement des problèmes comme dans les cas des fêtes patronales d'une paroisse, des sanctuaires, des congrégations et des instituts religieux, etc. On usera de prudence et de bon sens pour réaliser les accommodements nécessaires. La Commission pontificale « Ecclesia Dei » » s’en occupe aussi.

Quels sont les délais prévus pour la réconciliation avec la Fraternité Saint Pie X ?

« Il y a des signes positifs ; il y a un dialogue non interrompu. Il y a quelques jours à peine, j’ai écrit une nouvelle lettre à monseigneur Fellay, le supérieur de la Fraternité, en réponse à sa lettre précédente. Outre les rencontres et la correspondance, nous nous parlons au téléphone. Je considère viable une réconciliation avec la Fraternité Saint Pie X parce que, comme nous l'avons souvent dit à « Ecclesia Dei », il ne s'agit pas d'un vrai schisme mais d'une situation anormale apparue après l'« action schismatique » de monseigneur Lefebvre avec l'attribution de l'épiscopat sans mandat pontifical, à l’encontre de la volonté exprimée par le Pape. Dans mon cœur, j'ai une grande confiance que le Saint-Père réussira à retisser les liens de l'Église avec l’accès de ces frères à la pleine communion. Il restera toujours quelques différences, comme nous en avons toujours eu dans l'histoire de l'Église ».

Mais avec les Lefevbristes il y a aussi un problème d'acceptation du dialogue œcuménique…

« Oui, en effet, il y des difficultés relatives à l'interprétation des témoins du Concile à ce sujet et à certaines pratiques concrètes œcuméniques, mais aucun évêque de la Fraternité Saint Pie X ne dira qu'il ne faut pas chercher l'unité des chrétiens ».

Après le Motu proprio, certains membres de la Fraternité Saint Pie X sont-ils de nouveaux en communion avec l'Église de Rome ?

« Oui, et d’autres souhaitent le faire aussi. Mais j'ai l'espoir que le groupe entier vienne ; je ne voudrais pas qu'il se divise. Cependant si une personne vient et dit qu'elle veut être rapidement en unité avec le Pape, nous devons l’accepter. Le Motu proprio a aussi suscité le rapprochement d’autres personnes. Par exemple, le 28 mars, j'ai reçu la lettre d'un évêque non catholique qui a décidé d'entrer dans l'Église catholique avec d’autres évêques et des prêtres qui célèbrent la Messe tridentine ».

Les nouveaux pouvoirs d'« Ecclesia Dei » n'entrent-ils pas en conflit avec le ministère des évêques ?

« Le Pape Benoît XVI, qui possède l'autorité sur toute l'Église, sur chacun des fidèles et des évêques, a établi les nouvelles règles dans le Motu proprio, et la Commission pontificale n’est qu’un moyen à la disposition du Vicaire du Christ pour faire appliquer sa décision. « Ecclesia Dei » est attentive à l'application du Motu proprio en fraternelle harmonie, en compréhension et en collaboration avec les évêques. Il faut éviter les attitudes de divergence avec les pasteurs de la part de personnes, de groupes ou d’institutions à cause du Motu proprio. Les pasteurs, dans l’obéissance au Pape, auront certainement de la compréhension pour les fidèles qui ont un amour particulier envers la tradition liturgique. Avec les évêques qui se sont mis en contact avec nous, j’ai toujours eu de la compréhension ».

Dans l'introduction à la réimpression du Compendium de Liturgie pratique de Trimeloni, vous écrivez que le Pape se sert de la Commission pontificale « Ecclesia Dei » pour que, dans la diversité des formes cultuelles, puisse briller la richesse des trésors de la foi et de la spiritualité de l’Épouse du Christ. En quoi consiste la différence entre la liturgie de Jean XXIII et celle, réformée, de Paul VI?


« Le Pape Jean XXIII a incorporé la liturgie dans son désir de dialogue entre l'Église et la culture contemporaine. Paul VI a donné un caractère organique aux réformes nées de ce désir. L'Esprit Saint, qui accompagne l'Église en permanence, inspire les changements nécessaires à tout moment de l'histoire, sans rupture violente du processus de perfectionnement qu'il a lui-même inspiré au cours de l’histoire. Benoît XVI, avec ce Motu proprio, unit les richesses des deux stades du processus, en dissipant le malaise de ceux qui ont cru qu’il y avait eu dans le domaine liturgique une rupture inacceptable ».

Après la reformulation de la prière du Vendredi Saint, il a été dit qu'on faisait un retour de 40 ans en arrière dans le dialogue entre juifs et chrétiens. S’attendait-on à ces critiques ?

« N'est-il pas une bonne chose de prier pour nos frères, fils d'Abraham comme nous ? Abraham est le père de la foi, mais il s’inscrit dans une chaîne de salvification dans laquelle on attend le Messie. Et le Messie est arrivé. Dans les Actes des Apôtres nous lisons que 5000 juifs se sont convertis en un jour. Je ne conteste pas la prière du novus ordo, mais je considère comme parfaite celle, actuelle, du rite extraordinaire. Et je prie volontiers pour la conversion de mes nombreux amis juifs, parce que je crois vraiment que Jésus est le Fils de Dieu et le Sauveur de tous ».

Vittoria Prisciandaro


Sources : http://www.sanpaolo.org - (© traduction E.S.M.)

Re: Application du Motu Proprio

Publié : lun. 26 mai 2008, 12:25
par Olivier
jean_droit a écrit :Je viens d'apprendre que dans le 16ème arrondissement de Paris tous les curés ont refusé les "groupes stables".
Je viens d'apprendre qu'à Marseille l'évêque vient de fermer l'église de la Trinité qui appliquait le Motu Proprio.
Nous avions très bien compris que bien des évêques ne voulaient pas du Motu Proprio et étaient prêts à s'opposer à Notre Pape.
Je croyais que les évêques, chaque année, réaffirmaient leur communion avec le siège de Rome.
Au lieu de s'opposer directement au Pape ils feraient mieux de remplir leurs églises.
Car c'est à cela que l'on devrait les juger et à rien d'autre. Combien de nouveaux fidèles ? Quelle progression des baptêmes ? Quelle progression du nombre de catéchumènes ? Quelle progression du nombre de mariages religieux ? Quelle progression du nombre de vocations ?
Pour moi, tout le reste est barratin donc futile !
A Marseille, deux églises reconnues par l'évêque pratiquent le rite extraordinaire, même trois puisque nous avons une en langue grecque ancienne.

Re: Application du Motu Proprio

Publié : lun. 26 mai 2008, 16:53
par jean_droit
Voilà une bonne nouvelle.
Au fur et à mesure la messe Saint Pie V se répand.
Avec plus ou moins de bonheur.
A Paris la première messe "Motu Proprio" va s'arrêter ( Saint Georges de la Ville dans le XIX ème ) par suite, si j'ai compris, du peu de succès ( 8 personnes la dernière fois ) et d'une fâcherie entre l'évêché et le prêtre qui en était le promoteur. Par contre bien des groupes stables se constituent ....
Et le Saint Siège pousse autant qu'il le peut à la mise en place du Motu Proprio.

Re: Application du Motu Proprio

Publié : dim. 15 juin 2008, 10:31
par jean_droit
Je suis toujours avec gourmandise la mise en pratique du Motu proprio.
Il n'est pas de jours où on voit son application s'étendre.
Hier une messe Saint Pie V à Fourvière à Lyon.
La dernière : une messe va être célébrée à Notre Dame de Paris mardi.
Ce devait être une messe demandée par Saint Eugène, je suppose, et qui ne devait être célébrée que pour les paroissiens de Saint Eugène.
De toute façon c'est un très beau geste de monseigneur Jacquin et du cardinal Vingt Trois.
Mais dès que le nombre de demandes a excédé les 200 il a fallu se rendre à l'évidence et supprimer toute restriction.
Cette messe sera célébrée à la chapelle de la Vierge ... même pour 200 c'est vraiment tout petit et l'on va se bousculer.
Si je peux je vais aller à Notre Dame pour faire "la totale" : Vêpres puis messe Paul VI puis messe Saint Pie V.
Mais, aussi, je me dis que je n'ai pas envie de me mélanger à ceux qui considèrent cela comme une "victoire".

.....................

La Lettre de Motu Proprio
Ile de FranceN° 1– 15 juin 2008
Alléluia à Paris ! Le 17 juin à 19 h 30 Grand' Messe "extraordinaire" à Notre-Dame

Vous êtes tous invités à vous rendre nombreux et en famille à la célébration d’une messe solennelle selon la forme extraordinaire du rite romain qui sera célébrée le mardi 17 juin à 19 h 30 dans l’église Cathédrale Notre-Dame de Paris. Espérons que les parisiens et autres franciliens s’uniront en foule par leurs prières ou leur présence à cet événement exceptionnel.

Remercions bien vivement Monseigneur Jacquin, recteur-archiprêtre de la cathédrale et son éminence le cardinal André Vingt-Trois .d’avoir ouvert dans la paix cette célébration à tous les fidèles. Merci à ces vrais pasteurs de leur action en faveur de la paix et de la réconciliation.

Renseignements: http://www.motuproprio75.com

Pour nous contacter: info@motuproprioiledefrance.com

Re: Application du Motu Proprio

Publié : dim. 15 juin 2008, 22:17
par Olivier JC
Extraits traduits d’un article du Telegraph – Damian Thomson – 14 juin 2008. a écrit :
La messe latin revient en Angleterre et au Pays de Galles

Lors d’une conférence de presse tenue hier à Londres, le Cardinal Castrillon Hoyos, responsable de la liturgie latine au Vatican, a annoncé que la messe latine traditionnelle – effectivement bannie par Rome pendant 40 ans – allait être réintroduite dans chaque paroisse catholique romaine de l’Angleterre et du Pays de Galles.

En outre, tous les séminaires seront tenus d’enseigner la messe tridentine aux séminaristes afin qu’ils puissent la célébrer dans toutes les paroisses. Les assemblées catholiques à travers le monde recevront des directives particulières afin d’être à même d’apprécier la liturgie ancienne, antérieurement connue sous le nom de rit tridentin.

L’annonce faite hier par le Cardinal en charge de la liturgie latine, s’exprimant au nom du pape Benoît XVI, choquera les progressistes, ainsi que de nombreux évêques d’Angleterre et du Pays de Galles.

Le pape a mécontenté les progressistes l’année dernière en faisant paraitre un décret supprimant aux évêques leur capacité à bloquer la célébration de l’ancienne messe. L’annonce d’avant-hier démontre que le Vatican a l’intention d’aller bien au-delà en promouvant l’ancienne liturgie.

Lorsqu’on a demandé au Cardinal Castrillon si la messe en latin serait célébrée dans beaucoup de paroisses ordinaires dans le futur, il a dit : « Non, pas dans beaucoup de paroisses, mais dans toutes les paroisses ». La Saint Père offre cette possibilité, non pas à quelques groupes qui la demandent, mais afin que tous connaissent cette façon de célébrer l’Eucharistie.

Le cardinal, qui est à la tête de la Commission Ecclesia Dei, a fait ce commentaire tandis qu’il se préparait à célébrer une messe traditionnelle en latin à la Cathédrale de Westminster. C’était la première fois qu’un cardinal s’exprimait de cette façon depuis quarante ans.

Dans le rite traditionnel, le prêtre est tourné dans la même direction que l’assistance et il lit la prière principale de la messe en latin à voix si basse qu’on pourrait le croire silencieux. Au contraire, dans le nouveau rite, le prêtre est en face des fidèles et il parle à haute voix dans la langue des fidèles. Le cardinal Castrillon a dit que ce silence révérencieux du rite traditionnel était un des trésors que les catholiques allaient redécouvrir et que beaucoup de jeunes apprécieraient pour la première fois. Le Pape Benoît réintroduira le rite ancien, qui sera connu sous le nom de « rite grégorien », même là où l’assemblée ne l’a pas demandé. « Les gens ne le connaissent pas, et par conséquent, ne le demandent pas » a expliqué le cardinal.

La nouvelle messe, adoptée en 1970 après le concile de Vatican II a donné lieu à « beaucoup, beaucoup, beaucoup d’abus » a dit le cardinal. Il a ajouté : « L’expérience de ces quarante dernières années n’a pas toujours été bénéfique. Beaucoup de gens ont perdu le sens de l’adoration de Dieu et ces abus ont abouti à ce que beaucoup d’enfants ne savent pas comment se mettre en présence de Dieu. » Cependant la nouvelle messe ne disparaitra pas. Le pape souhaite voir les deux formes de messe coexister….

Après le décret du pape de l’année dernière, les évêques progressistes d’Amérique ont essayé de limiter l’introduction de l’ancienne messe en prétextant que les directives disaient qu’elle serait réintroduite seulement lorsqu’un groupe stable de paroissiens la demanderait. Mais le cardinal Castrillon a dit qu’un groupe stable pourrait se composer seulement de trois personnes et qu’il n’était pas nécessaire qu’elles soient de la même paroisse.

« Les changements prendront quelques années pour s’appliquer vraiment », ajouta-t-il, « comme le concile de Vatican II avait mis longtemps à faire disparaître la messe traditionnelle en latin ». Il a précisé que la réintroduction de l’ancienne messe n’était pas en contradiction avec les enseignements du Concile.
Wow... Qui a dit que Benoît XVI était un pape de transition ???

+

Re: Application du Motu Proprio

Publié : dim. 15 juin 2008, 23:32
par Gandulf
Extraordinaires, ces propos du cardinal, j'ai encore du mal à y croire.
Ils semblent pourtant confirmés dans une interview donnée à Mother Angelica d'EWTN et traduite ici :
http://leblogdejeannesmits.blogspot.com ... t-tre.html :
Et même lorsqu’il n’y a pas de demande spécifique, ni de requête, ils devraient la rendre accessible, afin que chacun puisse avoir accès à ce trésor de la liturgie ancienne de l’Eglise. Là est l’objectif primordial du Motu proprio : une richesse spirituelle et théologique. Le Saint-Père veut que cette forme de la Messe devienne normale dans les paroisses afin que, de cette manière, des communautés jeunes puissent aussi se familiariser avec ce rite.
L'intention du cardinal est clairement de faire connaitre au plus grand nombre le trésor de la liturgie traditionnelle.

Gandulf

Re: Messe Saint Pie V à Notre Dame de Paris

Publié : mer. 18 juin 2008, 8:21
par jean_droit
Bien belle messe il faut le dire.
Je pense qu'il y avait 800 personnes.
Le positif :
Monseigneur Jacquin qui accueillait très gentiment en soutane les fidèles à l'entrée de la cathédrale.
Jeunesse de l'assemblée ... cela nous change.
Messe très bien dite, bien sûr.
Très belle chorale qui m'a vraiment plu dans un régistre différent de celui de la chorale de Notre Dame.
Des fidèles qui savent s'agenouiller.
Une atmosphère de recueillement.
Une vraie fraternité à la sortie de la messe.
Le moyen :
Messe au grand autel de la cathédrale donc bien loin.
J'étais dans la deuxième travée et je ne voyais rien.
Des hésitations pour savoir s'il fallait ou non répondre.
De même pour le Magnificat final.
Sermon bizarre, mais très bien prononcé , "d'allégeance à l'Eglise". Trop insistant. M'enfin.
Le négatif :
Je regrette que la messe Paul VI précédente n'ait pas été dite avec suffisamment de rigueur. Trop molassone.
De même la façon de donner la communion par monseigneur Jacquin n'était pas assez digne ( ou pieuse ...).
Je pensais que le clergé de la cathédrale ferait un petit effort de rigueur. Mais non. Les mauvaises habitudes.
Dommage car cela dévalorise un peu la liturgie Paul VI.

Re: Application du Motu Proprio

Publié : mer. 18 juin 2008, 15:39
par christelle
C'est interessant tout ça, j'avoue ne pas avoir tout compris, meme si je sais ce qu'est techniquement le MOtu Proprio.
Les groupes stables, jamais entendu parlé, on me parle par ci par là du retour des messes en latin, mais j'ai jamais cherché à en savoir plus.
Par contre ça cache aussi des courants très différents au sein de l'Eglise, et souvent face à une querelle sur la liturgie, sous entend des tendances qui ne s'entendent pas forcément.

Re: Application du Motu Proprio

Publié : sam. 21 juin 2008, 0:29
par deniserp
vous voulez sans doutes parler de la FSSPX (fraternité sacerdotale saint Pie X) dont les journalistes n'arrêtent pas de nous dire que c'est seulement dans le but de satisfaire à ces gens là qu'il y'aurait le retour de cette messe (qui n'est pas un retour entendons nous bien puisqu'il s'agit de la forme extraordinnaire du rite romain, la forme ordinnaire étant basée sur le missel de Jean-Paul II de 2002, qui est en fait une évolution du rite romain de Paul VI). Mais en fait, il n'y a pas que la FSSPX dans l'affaire. Il y'a aussi une fraternité comme la FSSP (fraternité sacerdotale Saint Pierre qui acceptent le concile Vatican II (contrairement à la FSSPX qui de facto n'appartient plus à l'Eglise catholique) mais aussi l'IBP (Institut bon pasteur) qui eux sont une force de proposition si je puis m'exprimer ainsi puisqu'ils font une critique constructive du concile Vatican II mais qui pour autant l'acceptent tel qu'il est.

En gros, pour mieux comprendre, tant que la FSSPX n'aura pas accepté le concile Vatican II, il sera hors de question qu'ils reviennent au sein de l'Eglise catholique. Maintenant, la litturgie ne va plus avoir la forme actuelle d'ici quelques années puisque le Saint Père à prévu de faire une réforme de la réforme en empruntant ce qu'il y'a de bon aux deux formes litturiques, la forme ordinnaire et la forme extraordinnaire du rite romain. A partir de ce momment, le Motu Proprio Summorum Ponctificum n'aura très certainement plus lieu d'être puisque ce sera alors le Missel de Benoit XVI qui sera applicable (mais bon, là c'est un autre débat que vous pouvez trouver aussi sur ce forum sous le nom "la réforme de la réforme il me semble)