Bonjour à tous,
Désolé d'avoir tardé à répondre. Il m'a fallu revenir sur ce que j'avais écrit (ou plutôt lancé de manière désordonnée) et faire le point sur vos questions plus nombreuses que vos réponses ! pour lesquelles je vous remercie car elles m'aident à préciser ma pensée.
Je vais tâcher de répondre à tous :
Cinci a écrit :Mais Dieu prend chacun là où il est et dans la situation où il se trouve. Il n'y a personne dans l'Église qui va vous interdire l'entrée, le baptême, la conversion où je-ne-sais-quoi au motif que vous auriez pu vous marier civilement, il y a dix ou quinze ans, et alors que vous étiez en dehors de l'Église!
Peut-être vous vous demander si le fait de devenir catholique maintenant pourrait mettre un obstacle ensuite au parcours serein d'une vie normale avec votre épouse, ou bien qu'à vouloir fréquenter sérieusement l'Église, vous seriez bientôt forcé de ne pas pouvoir communier comme les autres? Vous craignez d'être mal vu?
Pourriez-vous préciser ce qui vous tracasse?
Effectivement vous visez juste, je me demande dans quelle mesure ma situation peut être un obstacle.
Par exemple si mon épouse refuse le mariage religieux (un sujet que nous n'avons évoqué que superficiellement car ma foi naissante reste balbutiante), tout simplement parce qu'il n'a pas de valeur à ses yeux, cela pourrait-il porter un coup d'arrêt ou du moins gêner ma participation à la vie de l'Eglise ?
Je n'ai pas grand-chose à faire d'être "mal vu" ; et même, peut-être naïvement, me dis-je que les catholiques seront les plus à même d'éviter de me juger si je suis un peu hors-normes.
Ce qui me tracasserait le plus effectivement, c'est de ne pouvoir aller au fond des choses (sacrements, communion, etc.) le jour où je me déciderai, car je n'aime pas trop faire les choses à moitié.
PaxetBonum a écrit :
Cher Apatride,
J'ai eu beaucoup de plaisir à lire votre intervention.
Vous évoquez si bien une âme qui se convertit.
Où vais-je ? Qu'est-ce qui va changer dans ma vie ? A quel point ?
J'imagine que vous avez rencontré Notre Seigneur Jésus le Christ Sauveur ?
Et bien je vais vous chahuter : tout va changer !
Il ne restera pas pierre sur pierre…
Mais l'édifice que vous allez édifier sera fondé sur le roc.
Quelles étapes faut-il franchir ?
A votre niveau la rencontre d'un religieux s'impose.
Je prie pour vous, Apatride, afin que vous trouviez le repos dans la patrie de Notre Père.
Merci PaxetBonum.
Je me demandais justement il y a peu ce que signifie "rencontrer Jésus". A lire les témoignages, j'imaginais quelque chose de spectaculaire, un son et lumière où le Christ apparaîtrait auréolé de gloire et parlerait d'une voix forte.
Maintenant je sais que cette rencontre peut être tout à fait douce et discrète, se faire l'air de rien et germer avec le temps. Pour moi il a s'agi d'une rencontre à la lecture de l’Évangile selon Matthieu, avec un homme et les idées qu'il avançait, le sentiment de rencontrer quelqu'un à nul autre pareil.
Puis très vite mon esprit avide de raison a voulu savoir si cela "tenait" et j'ai lu beaucoup de livres d'apologétique, de théologie, voire même d'intellectuels chrétiens (Chesterton, Brague, Guillebaud, etc.) qui m'ont conforté dans l'idée qu'il y a quelque chose de solide ; condition préalable indispensable, en tous cas pour moi, à la confiance.
Cinci a écrit :
apatride,
Je n'ai pas encore assisté à une messe dominicale, je crois qu'il y a encore en moi quelque chose qui regarde tout cela d'un œil interdit (et qui, pour dire les choses crûment, se demande un peu ce que je fiche dans une situation pareille).
Ce fut ma difficulté pendant longtemps.
Je ne parvenais pas à m'Identifier à tous ces autres gens qui circulaient dans l'église ou qui assistaient à la messe. Je me sentais étranger. "Pas ma famille! Je ne suis pas vraiment chez moi."
Je sentais que des kilomètres de distance devaient encore me séparer de ces voisins de banc. "Oui, oui ... Jésus, Jésus ... le beau message ... Merci Jésus! ... Oui, mais ... je ne me sens pas bien en compagnie de ces étrangers ... j'aurais encore un peu honte d'y être vu en compagnie de ceux-là, puis ces autres encore ... puis s'il fallait que mon père me voit ici ! Quel embarras! "
C'est difficile de lutter contre un ressenti, une sorte de truc irrationnel et plutôt imperméable aux beaux raisonnements. On imaginera facilement ce que peut faire cette sorte de ressenti intérieur répulsif mais une fois qu'on l'assaisonnera aussi avec tout le baratin hostile et l'univers de critiques accusatrices qui existe à l'extérieur dans les journaux,au cinéma, à la télé, dans toute la société.
C'est un combat ou un déchirement.
Oui. Pas grand-chose de plus à raconter, comme souvent je pense que je me fais tout un foin de quelque chose qui ne se passera pas comme je l'appréhende.
J'ai aussi du mal à faire face aux (bienveillantes) taquineries de mon épouse, surtout parce qu'elles me renvoient à mes propres doutes et à la part de moi-même qui trouve tout cela ridicule.
Kerniou a écrit :
Si votre situation est délicate concernant votre mariage, celle de vos enfants est claire; vous pourriez, au contraire, commencer par le baptême de vos enfants; ce qui serait une forme de réflexion et de préparation pour envisager le vôtre ...
En effet d'autant plus que mon épouse est d'accord, et qui plus est c'est souvent elle qui me relance à ce sujet ! Quant à moi, je suis déjà baptisé depuis mon plus jeune âge.
Alizee a écrit :
Bonjour apatride,
j'aurais pu écrire il y a quelque temps ce que vous avez écrit, je me reconnais assez bien. J'ai comparé un jour ce que je vivais à un gamin qui, à la piscine, se sent attiré par un saut du plongeoir de 10m. Quelque chose nous pousse, ça attire, oui MAIS... comment ça va être.... et si cela et si ceci... et puis, l'envie est plus forte et on se jette dans le vide, avec confiance "advienne que pourra". Ramené à la foi, je dirais, à un moment donné, on a assez intellectualisé, il arrive un moment où il faut oser, et comme le Seigneur prend soin de nous, il est avec nous, à chaque instant et un chemin s'ouvre devant nous.
Pour ce qui est des enfants et votre désir de les faire baptiser, je pense qu'il faut se hâter avec lenteur, selon l'âge qu'ils ont. S'ils ont l'âge de comprendre, de discerner, je pense qu'il ne faut pas arriver comme un bulldozer. Pensez à votre propre cheminement, qui visiblement ne se fait pas non plus en claquant des doigts. En parler avec eux, leur lire des extraits de la Bible, les emmener à la Messe... ça oblige en même temps "d'avoir un chapitre d'avance".
Oui, aller à la Messe et avant ou en parallèle allez voir un prêtre. Moi, je suis allée voir un prêtre avant, c'est idiot mais j'avais comme un besoin qu'on m'y invite pour me sentir "légitime".
Concernant votre situation d'homme marié civilement : oui, ça risque d'être un problème. Premièrement, pour votre propre conscience. Deuxièmement, lorsque vous souhaitez recevoir des sacrements. Mais la situation est en train d'évoluer sur ce dernier point.
En fait, la foi qui est au commencement une expérience personnelle, dans son jardin secret ni vu ni su, devient très vite quelque chose qui impacte tout le monde dans son entourage. C'est un cap à franchir que de sortir de son jardin secret. Et le premier jardin public, après la famille proche, est la Messe.
Bon courage!
En effet je songe à d'abord aller voir un prêtre avant d'aller à la messe. Cette idée de m'y sentir "légitime" exprime bien une part de mon sentiment.
Pour mes enfants, je pensais à acheter un livre de récits bibliques adaptés aux plus jeunes, ne serait-ce que parce que je trouve cela important qu'ils connaissent les grands récits fondateurs de notre culture et de notre psyché. Puis connaissant mon aîné, très vite viendront les interrogations et de multiples occasions de partager ce cheminement.
J'assume aussi de plus en plus ma foi naissante en public, n'hésitant pas à la défendre et à l'argumenter. Bon, cela se limite à quelques amis, collègues et membres de ma famille, donc pas de quoi en tirer des statistiques définitives mais, à ma grande surprise, les gens sont plutôt curieux et intéressés, je n'ai eu que très peu de réactions agressives ou moqueuses.
Altior a écrit :apatride a écrit :Idem avec la prière, moi qui ai pratiqué la méditation avec assiduité pendant des années, qui ai mis du temps à la comprendre et à en avoir une certaine maîtrise, voilà qu'il faut tout réapprendre...
Demandez à Dieu. C'est ce que les Apôtres ont fait, car ils savaient comment faire la pêche mais pas comment faire la prière. C'est Dieu qui les a appris et c'est de là que nous connaissons «Notre Père».
J'ai déjà demandé à Dieu, en quelques rares occasions, timidement. Je n'ai pas eu de réponse ou alors je ne sais pas écouter. Faut-il aussi que je demande à Dieu comment demander à Dieu ? C'est une question sincère et pas ironique
Altior a écrit :
Ici, j'avoue que je ne comprends pas la question. En quoi les deux hypostases seraient en conflit ?
J'ai répondu un peu plus haut.
Altior a écrit :
C'est justement ce que j'ai fait. Ou plutôt ce que j'ai subi. La caté de mes enfants a énormément contribue à approfondir ma foi. En lisant leurs petits livres et leur cahier, par crainte de ne pas paraître imbécile, j'ai découvert un tas de choses que je ne savais pas, ou, bien pire encore, que je savais à travers.
Que le bon Dieu vous garde dans son chemin! Fraternellement,
A.
Je crois aussi que je crains de me fourvoyer et d'embarquer mes enfants, crédules et confiants envers leur père, dans mon "délire". Il y a toujours cette petite voie qui me souffle à l'oreille, "ok avec tes con***ies mais au moins ne fais pas croire n'importe quoi à de jeunes esprits innocents".
---
Désormais je pense avoir un socle de réflexion suffisamment solide pour m'aider à passer le pas. Rationnellement la foi catholique me semble suffisamment solide pour que je puisse m'y engager en confiance. C'est peut-être idiot, mais j'ai besoin de ça pour m'y lancer corps et âme. Reste à assumer tout cela pleinement et sauter le pas, arrêter de remettre cela au prochain dimanche, puis au prochain, puis...