Re: Les femmes au foyer : gaspillage?
Publié : jeu. 12 juin 2008, 1:07
Bonsoir Christelle,
pourrais-je vous demander le vouvoiement s'il vous plait ? je regrette d'avoir écrit par oubli des posts ou je tutoyais des personnes : je trouve que le règlement du forum qui conseille le vouvoiement tient compte de la nécessité d'une certaine distance dans nos formulations, cette distance marquant le respect.
La modernité a été envisagée jusqu' à peu comme synonyme de progrès : il n'est pas inutile de montrer aussi ses aspects négatifs. Ce n'est pas tant l'histoire de l'individualisme et des libertés que je regarde d'un oeil critique mais celle de la société de Marché qui triomphe actuellement.
Plus d'émancipation : il faudrait d'abord nous demander ce que nous entendons par là et surtout : DE QUOI voulons-nous nous émanciper ? Une émancipation évidente (celle des tutelles autoritaires) ne conduira-t-elle pas à notre insu à une aliénation plus complète parce qu'insidieuse, occulte, avançant sous le masque de la "liberté" : l'aliénation au marché qui a besoin de nos égoismes ?
Je ne crois pas qu'il s'agisse seulement d'excès dans la façon de vivre les libertés individuelles mais une grande confusion du fait que le principe de la société de marché est tout de même que "les vices privés font la fortune publique"( Mandeville, 1704).
En quoi les considérations sur les salaires serait un mauvais argument ? Il faut bien voir dans quelles conditions économiques les libertés individuelles vont s'exercer. En effet, si chacun fait ce qui lui plait ( les patrons des multinationales et les SDF), ce sont les plus forts qui gagnent. C'est le cas actuellement.
Une liberté individuelle pour s'exercer doit s'appuyer sur un cadre institutionnel qui la respecte mais qui pose aussi des limites. L'économie actuelle tend à repousser les limites en s'appuyant sur la notion de libertés individuelles mais elle désagrège la notion de responsabilité (vis-à-vis des autres notamment) et nous prive finalement des conditions nécessaires à une cohésion sociale. En effet, la vie en société n'est possible qu'au prix d'un renoncement de chacun à une part (une part seulement) de son égoisme.
Je suis d'accord avec Boris. Le problème que j'évoquais est la dévalorisation des mères au foyer. Ce qui n'est pas rentable et autonome n'a pas de valeur. Donner quelque chose de soi, voilà ce qui pose problème du fait de la gratuité de l'acte : les relations humaines aujourd'hui ne sont plus hiérarchisées, les échanges ne sont plus organisés d'après un code qui donnait à chacun sa place et sa dignité. Elles sont contractuelles et régies par l'intéret, facilement résiliables.
Les enfants ont du mal à grandir et à s'autonomiser dans un contexte où ils dépendent à ce point du désir de leurs parents (on peut choisir de ne pas avoir d'enfant, d'interrompre une grossesse, etc.) qui sont eux-mêmes pris par unn travail qu'ils perdront s'ils ne correspondent plus au désir de l'employeur. Les figures d'autorités, le tiers médiateur, tendent à s'éffacer pour faire place à une société des egos en lutte les uns contre les autres. ne pouvant plus compter sur des places statutaires, les individus sont renvoyés à eux-mêmes et sommés de faire des projets qu'ils doivent défendre ensuite dans une concurrence impitoyable.
Dès lors que nous écoutons Dieu qui nous appelle à être parents, nous voyons à quel point le monde actuel nous rend cette tâche difficile.
pourrais-je vous demander le vouvoiement s'il vous plait ? je regrette d'avoir écrit par oubli des posts ou je tutoyais des personnes : je trouve que le règlement du forum qui conseille le vouvoiement tient compte de la nécessité d'une certaine distance dans nos formulations, cette distance marquant le respect.
La modernité a été envisagée jusqu' à peu comme synonyme de progrès : il n'est pas inutile de montrer aussi ses aspects négatifs. Ce n'est pas tant l'histoire de l'individualisme et des libertés que je regarde d'un oeil critique mais celle de la société de Marché qui triomphe actuellement.
Plus d'émancipation : il faudrait d'abord nous demander ce que nous entendons par là et surtout : DE QUOI voulons-nous nous émanciper ? Une émancipation évidente (celle des tutelles autoritaires) ne conduira-t-elle pas à notre insu à une aliénation plus complète parce qu'insidieuse, occulte, avançant sous le masque de la "liberté" : l'aliénation au marché qui a besoin de nos égoismes ?
Je ne crois pas qu'il s'agisse seulement d'excès dans la façon de vivre les libertés individuelles mais une grande confusion du fait que le principe de la société de marché est tout de même que "les vices privés font la fortune publique"( Mandeville, 1704).
En quoi les considérations sur les salaires serait un mauvais argument ? Il faut bien voir dans quelles conditions économiques les libertés individuelles vont s'exercer. En effet, si chacun fait ce qui lui plait ( les patrons des multinationales et les SDF), ce sont les plus forts qui gagnent. C'est le cas actuellement.
Une liberté individuelle pour s'exercer doit s'appuyer sur un cadre institutionnel qui la respecte mais qui pose aussi des limites. L'économie actuelle tend à repousser les limites en s'appuyant sur la notion de libertés individuelles mais elle désagrège la notion de responsabilité (vis-à-vis des autres notamment) et nous prive finalement des conditions nécessaires à une cohésion sociale. En effet, la vie en société n'est possible qu'au prix d'un renoncement de chacun à une part (une part seulement) de son égoisme.
Je suis d'accord avec Boris. Le problème que j'évoquais est la dévalorisation des mères au foyer. Ce qui n'est pas rentable et autonome n'a pas de valeur. Donner quelque chose de soi, voilà ce qui pose problème du fait de la gratuité de l'acte : les relations humaines aujourd'hui ne sont plus hiérarchisées, les échanges ne sont plus organisés d'après un code qui donnait à chacun sa place et sa dignité. Elles sont contractuelles et régies par l'intéret, facilement résiliables.
Les enfants ont du mal à grandir et à s'autonomiser dans un contexte où ils dépendent à ce point du désir de leurs parents (on peut choisir de ne pas avoir d'enfant, d'interrompre une grossesse, etc.) qui sont eux-mêmes pris par unn travail qu'ils perdront s'ils ne correspondent plus au désir de l'employeur. Les figures d'autorités, le tiers médiateur, tendent à s'éffacer pour faire place à une société des egos en lutte les uns contre les autres. ne pouvant plus compter sur des places statutaires, les individus sont renvoyés à eux-mêmes et sommés de faire des projets qu'ils doivent défendre ensuite dans une concurrence impitoyable.
Dès lors que nous écoutons Dieu qui nous appelle à être parents, nous voyons à quel point le monde actuel nous rend cette tâche difficile.