Le seul passage des Évangiles ? Non. Il arrive aussi que le Christ guérit un lépreux et puisse lui demande ensuite d'aller se montrer aux prêtres afin que cette guérison du lépreux leur soit un témoignage.Pierrot2 a écrit :
[...] c'est sans doute le seul passage où une guérison miraculeuse de Jésus est suivie d'une telle initiative.
Le mobile est très simple. Et il ne s'agit pas d'une hypothèse.Le mobile de ce "on", que vous évoquez [Fée Violine] n'est pas mentionné dans l' évangile: Que ce soit une démarche de "sondage d'opinion", si j' ai bien compris ce que vous disiez, reste une hypothèse.
Dans la Judée du temps de Jésus, les individus considérés alors tels des "pécheurs publics" et perçus comme frappés par la justice de Dieu pour leurs péchés a fortiori (aveugles, scofuleux, lépreux, etc.) devaient se présenter aux autorités religieuses, en cas de guérison miraculeuse. Ils devaient le faire à la fois pour présenter un sacrifice à Dieu et pour pouvoir être réintégrés officiellement dans la communauté, en tant que membre honorable pouvant jouir de tous les droits des honnêtes sujets hébreux et pour y jouir du droit d'accès au Temple de Jérusalem notamment.
Dans l'épisode narré par Jean, "les" Pharisiens ont déjà décidé que Jésus serait un imposteur et que l'aveugle miraculé serait son complice. Ils refusent d'accepter le fait qu'un miracle aurait dû s'être produit au bénéfice du quidam revendiquant la chose. Ils ne veulent rien entendre au sujet d'une possible réintégration de ce pécheur public ("faux aveugle, tricheur-menteur") au sein de la communauté des honnêtes gens. Tout le passage porte sur la question de l'exclusion des pécheurs, des disciples de Jésus et à commencer par Jésus lui-même. Tous se font exclure de la communauté des "vrais croyants" pour peu qu'il eusse pu en dépendre du jugement d'un certain parti des Pharisiens; en particulier de ceux qui tiennent le haut du pavé, dans ces "combats de rue" qui font rage sur le plan religieux dans l'Israël du temps.
Le récit évangélique veut nous montrer à quel point ces mauvais Pharisiens pouvaient avoir le coeur dur, dans leur aveuglement avoir déjà décidé d'avance que Jésus ne pourrait pas être le Messie et dusse pour cela devoir aller jusqu'à mentir pour la bonne cause s'il le fallait, refuser de reconnaître l'évidence.
