Bassmeg a écrit : ↑jeu. 27 déc. 2018, 22:35
Bien Valentin. On a compris votre attachement à défendre l' idée que la Russi et le régime de Poutine sont une terre de liberté d' expression et de respect des droits de l' homme.
La liberté d'expression existe en Russie, dans le sens où les citoyens sont libres d'exprimer leurs opinions sur Internet, y compris politiques. La lettre de
Reporters sans frontières que vous citez ne le nie pas d'ailleurs : elle reconnaît l'existence de média indépendants en Russie, tout en affirmant de façon quelque peu arbitraire que ceux-ci sont censurés dès lors qu'ils atteignent un auditoire significatif.
Ceci n'est pas conforme à la réalité : la lettre de RSF passe sous silence les chiffres d’
Écho de Moscou, pour ne citer que cet exemple, qui est une radio écoutée par plus de 2 millions d'auditeurs réguliers. La chaîne YouTube de l'opposant Navalny comptabilise près de 450 millions de vues. Des chiffres peu significatifs donc...
Concernant l'Internet, RSF mentionne 4 (!) sites bloqués par le gouvernement, sur les
milliers de sites et blogs indépendants que compte la Toile russophone. Il s'agit de
Grani.ru,
Kasparov.ru,
EJ.ru et
OpenRussia.
Or, RSF omet de préciser les raisons de ces fermetures. Mais en Russie, comme dans n'importe quel autre pays, il existe des lois auxquelles on est tenu de se conformer. En ce qui concerne la France, j'imagine que vous ne vous opposerez pas, sous prétexte de liberté d'expression, à la
fermeture prochaine du site
Démocratie participative ?
Eh bien oui, en Russie aussi, on ferme des sites lorsqu'ils ne respectent pas la loi.
OpenRussia par exemple, est considéré comme un organe de propagande étrangère (comprenez : atlantiste), au même titre que
Radio Free Europe.
OpenRussia appartient à
Michel Khodorkovski, un homme d'affaires qui, lorsqu'il dirigeait le groupe pétrolier Ioukos dans les années 2000 (alors l'un des plus importants de Russie) avait le projet de vendre la majorité des parts de ce groupe aux Américains Exxon Mobil et Chevron Texaco, ce qui aurait eu pour conséquence de donner les clefs du secteur stratégique des hydrocarbures à une puissance étrangère hostile. Heureusement, Poutine a empêché cet acte de trahison, et Khodorkovski a été emprisonné.
Il est toujours délicieux, soit dit en passant, de voir les grands "démocrates" et autres "droits-de-l'hommistes" occidentaux prendre fait et cause pour des personnages pour le moins douteux, tels que Khodorkovski, accusé (entre autres) de corruption dans l'affaire de la réélection de Boris Eltsine en 1996. Quand il s'agit d'ennemis de l'Occident, ils font l'objet de tirs de barrage de la part de tous les grands média ; mais quand c'est un opposant à Poutine,
pouf ! plus rien. Au contraire, on le porte aux nues.
Plus loin, l'article de RSF prétend que
de plus en plus d'internautes sont jetés en prison pour leurs propos sur les réseaux sociaux, voire pour un simple "like". Un seul exemple est donné : le cas du blogueur complotiste Alexis Kourgounov.
Voici quelques extraits de
l'article de blog qui lui a valu sa condamnation :
Je vais vous dire un terrible secret : sinon la totalité, du moins la plupart des organisations recrutant des militants pour l'EI (État islamique) en Russie opèrent sous le couvert du FSB [services de renseignement russes].
(...)
En général, il est à noter que nos concitoyens se représentent très mal ce qu'est « l'État islamique ». En attendant, le nom parle de lui-même : c’est un État, pas un réseau terroriste.
(...)
Il est clair que l'État islamique ne représente aucune menace pour la Fédération de Russie.
(...)
Les Israéliens bénéficient généralement de l'existence de l'EI, car il s'oppose au Hezbollah.
Ce monsieur qui semble défendre des idées pour le moins discutables a donc été condamné à deux ans de colonie pénitentiaire pour apologie du terrorisme. On peut trouver que c'est une peine disproportionnée, mais on ne peut pas passer sous silence, comme le fait RSF, les propos pour lesquels ce blogueur a été condamné, et qui ne sont pas innocents, vous en conviendrez.
Quant aux prétendues condamnations
pour un simple "like", je croyais faire de l'humour dans mon message précédent. Je suis loin du compte, semble-t-il
Plus sérieusement, je n'ai trouvé aucune trace de condamnation pour un "like" en Russie. RSF ne donne pas de source, ne cite aucun exemple. Preuve supplémentaire du caractère orienté et idéologisé de cet article, qui du coup, en devient très peu crédible.