Re: Vos questions sur la Somme théologique de St Thomas
Publié : mer. 22 avr. 2026, 10:22
Pardonnez-moi ma cuistrerie, mais je ne peux m'empêcher de faire le professeur et d'exposer un élément essentiel au débat.
C'est que la somme théologique obéit à une méthode systématique d'ailleurs très originale, qu'il faut bien avoir en tête pour mieux comprendre la pensée de Thomas.
Cette méthode est la suivante, en quatre moments.
1) exposer d'abord ce que Thomas appelle les objections (toujours au moins 3), et qui sont les raisons que l'on pourrait croire valables de conclure à ce qui sera démontré faux par la suite.
2) procéder à un retournement, sur la foi d'une pensée qui fait autorité (provenant de la bible, ou de saint Augustin, ou d'un autre) et qui dit le contraire de ce qui a été argumenté en 1.
3) justifier ce retournement, donc montrer la vérité de ce qui sera la conclusion
4) apporter les solutions, c'est-à-dire répondre aux objections énoncées en 1, en les corrigeant.
Or, dans l'article qui nous intéresse, la supériorité de l'homme sur la femme n'est pas démontrée, ce n'est pas le but. Elle est admise par Thomas d'Aquin (vous et moi et n'importe qui d'autre avons parfaitement le droit de penser que c'est à tort), car elle sert d'argument. Elle est ce qui prouve, et non ce qui est prouvé.
Voici donc en résumé le raisonnement de Thomas d'Aquin, en réponse à la question : ""la production des choses devait-elle comporter la production de la femme?".
La femme étant inférieure à l'homme, on pourrait penser que Dieu aurait pu ne pas la créer, mais en réalité même si on admet cette infériorité (ce que fait, toujours à tort selon nous, saint Thomas d'Aquin) la femme est utile à l'homme, et donc Dieu a bien fait de créer la femme, et ceux qui pensent le contraire ont tort.
Si on pose l'égalité de l'homme et de la femme, le raisonnement est le même, remarquons-le. Dieu a bien fait de créer et l'homme, et la femme. La division sexuelle est une bonne chose, ce que, je le reconnais, d'aucuns admettent sans raisonnement à l'appui.
C'est que la somme théologique obéit à une méthode systématique d'ailleurs très originale, qu'il faut bien avoir en tête pour mieux comprendre la pensée de Thomas.
Cette méthode est la suivante, en quatre moments.
1) exposer d'abord ce que Thomas appelle les objections (toujours au moins 3), et qui sont les raisons que l'on pourrait croire valables de conclure à ce qui sera démontré faux par la suite.
2) procéder à un retournement, sur la foi d'une pensée qui fait autorité (provenant de la bible, ou de saint Augustin, ou d'un autre) et qui dit le contraire de ce qui a été argumenté en 1.
3) justifier ce retournement, donc montrer la vérité de ce qui sera la conclusion
4) apporter les solutions, c'est-à-dire répondre aux objections énoncées en 1, en les corrigeant.
Or, dans l'article qui nous intéresse, la supériorité de l'homme sur la femme n'est pas démontrée, ce n'est pas le but. Elle est admise par Thomas d'Aquin (vous et moi et n'importe qui d'autre avons parfaitement le droit de penser que c'est à tort), car elle sert d'argument. Elle est ce qui prouve, et non ce qui est prouvé.
Voici donc en résumé le raisonnement de Thomas d'Aquin, en réponse à la question : ""la production des choses devait-elle comporter la production de la femme?".
La femme étant inférieure à l'homme, on pourrait penser que Dieu aurait pu ne pas la créer, mais en réalité même si on admet cette infériorité (ce que fait, toujours à tort selon nous, saint Thomas d'Aquin) la femme est utile à l'homme, et donc Dieu a bien fait de créer la femme, et ceux qui pensent le contraire ont tort.
Si on pose l'égalité de l'homme et de la femme, le raisonnement est le même, remarquons-le. Dieu a bien fait de créer et l'homme, et la femme. La division sexuelle est une bonne chose, ce que, je le reconnais, d'aucuns admettent sans raisonnement à l'appui.