Solvertune a écrit : ↑jeu. 21 janv. 2021, 12:29
Selon vous, est-ce que le rite extraordinaire est, à long ou court terme amené à être interdit par le pape sur la pression de certains lobbies ?
Bonjour Solvertune,
permettez-moi de vous apporter un autre son de cloche...
Quelques préalables :
Qu’il soit clair que les lobbies puisque vous le dites ainsi, n’ont rien à voir avec cela : parler ainsi est tout à fait inapproprié et tendancieux : l’Esprit-Saint serait-il un « lobby » ou susceptible d’en être influencé ?
Il faut aussi comprendre qu’il ne saurait y avoir d’opposition entre les pratiquants de ces 2 rites. Tout ce qui le prétend, le montre, le défend, le ressent, etc de quelque bord que ce soit, ne saurait être dans la vérité. Chacun a ses qualités et ses défauts, il faut essayer d’améliorer les unes et de diminuer les autres.
Comme l’un se veut « intouchable », ce qui ne veut pas dire qu’il soit parfait, il est facile de deviner lequel s’adaptera toujours mieux aux besoins de l’Eglise, lequel peut devenir meilleur et lequel disparaîtra. Si...
Maintenant ma réponse :
Si vous trouvez aujourd’hui progression et foi, vertu, dans le rite extraordinaire, ne l’abandonnez pas par crainte qu’il disparaisse. Mais restez ouvert à la parole de l’Eglise. Si il disparaissait, votre « changement » n’en sera pas plus difficile, mais plus aisé, si vous avez été sincère dans votre foi et qu’elle est la vraie foi.
Peut-être aurez-vous alors une seconde révélation, comme celle qui vous a fait adopter ce rite, lequel vous permettra de mieux connaître certains aspects de l’Eglise et de sa Tradition qui vous seront toujours utiles, quoi qu’il arrive.
Et ma réserve (sans aucune intention de vous blesser) :
A condition de suivre toutefois l’enseignement du pape et de l’Eglise, notamment quand il diffère de ceux qui cherchent à enfermer ce rite qui vous séduit dans une contestation qui va bien au-delà de la liturgie et qui profite de cette marginalité pour se mettre hors de contrôle.
Les traditionnalistes eux-mêmes (ou surtout) reconnaissent qu’un rite unique et commun est préférable à plusieurs différents, ils l’ont clamé haut et fort, c‘est même une partie du fond de leur contestation d’origine puisque leur rite fut longtemps unique au sein de l’Eglise Romaine qui en proposa depuis plusieurs par des variantes.
Donc un retour arrière n’étant envisageable qu’en rêve, il est souhaitable qu’un jour ce rite dont vous parlez disparaisse, ce qui ne pourra se faire (là, c’est une question de logique et de vases communiquant) que si le rite dit ordinaire s’améliore en qualité.
Il y aura à cela un gros avantage : nous pourrons savoir quels sont ceux qui le suivent et qui appartiennent bien à l’Eglise, de ceux qui n’y appartiennent qu’en apparence.
Enfin, ce qui peut être vrai aussi pour les traditionalistes qui clament haut et fort la réciproque
Car en attendant, une certaine qualité d’ivraie très résistante se mélange ainsi au bon grain et s’ensemence.
Nous humains avons du mal à supporter ce mélange. Nous préférerions que Jésus y remédiât lui-même (rien d’impossible à Dieu) et par le passé et à défaut, ceux qui en eurent le pouvoir essayèrent d’y remédier à leur façon : excommunications, etc.
Avec le recul, les effets pernicieux d’une telle méthode sont apparus, du coup ils n’osent plus ou le moins possible.
C’est parfois regrettable, quand le champ est petit et très délimité... Plus encore quand l’ivraie s’y multiplie.
C’est à surveiller...