Kerygme a écrit : ↑dim. 15 nov. 2020, 15:37
Pathos a écrit : ↑dim. 15 nov. 2020, 13:44
Sûrement pas car ce sinistre personnage est au premières loges pour le combat pro confinement, il intervient partout alors que ce n'est "qu'un" urologue (même pas français mais Belge) que connaît il au virus face à un Didier Raoult ?
Quelle différence avec ces généralistes libéraux Français et pro Raoult qui s'expriment sur la situation Covid alors qu'ils ne sont au mieux que vacataires en milieu hospitalier, et pas forcément en établissement Covid ?
Le fait d'être Français ou Belge n'y changera rien hormis le fait d'exprimer un clivage tout à fait gratuit.
Tout flatteur vit aux dépens de ceux qui l'écoute. ca vaut pour tout le monde : pour les anti ou les pro.
Seulement tout le monde se pense suffisamment éclairé pour prétendre connaitre la vérité mais personne ne s'interroge sur le fait qu'il participe peut être à un numéro de cirque ? Les uns épluchent les oignons et les autres pleurent.
S'il devait y avoir un marionnettiste, il doit bien se marrer face au raisonnement binaire de la société ... et prévisible.
Cela m'amuse de voir tout ce monde vilipender les médias et se faire manipuler tout autant juste parce que leur média provient d'un autre canal.
Divide et impera !
Bonjour,
Vous avez raison sur bien des points. Il y a quelque chose du cirque dans tout cela, et il est quasiment impossible de parler sans immédiatement se retrouver enfermé dans ce carcan binaire (et le complotisme approfondit ceci, à tel point qu'il n'y a plus d'espace possible pour une discussion raisonnable). Il faudrait être pour ou contre, aujourd'hui, et tout se pense à travers ces catégories binaires.
Je pense malgré tout qu'on doit pouvoir parler et qu'il faut distinguer une intervention qui fait preuve, comme vous le dites plus haut, d'un fétichisme qui oublie toute une partie de la spiritualité, et une intervention qui se questionne sur le bien commun et s'interroge sur la meilleure chose à faire pour la société.
Autant je pense que la science n'est pas démocratique, et que c'est normal de refuser en ce domaine le petit jugement de chacun (Platon disait déjà qu'on ne convoque pas l'assemblée d'Athènes pour consulter les différentes opinions sur un problème de géométrie), autant je comprends que la mesure du confinement, qui est une mesure émise par des scientifiques, puisse faire réagir de manière légitime les citoyens et provoquer une discussion équilibrée. Par conséquent, les opinions politiques n'ont aucune légitimité et aucun intérêt pour savoir quel traitement est le meilleur ou pas. Mais les opinions des citoyens ont le droit légitime (et dans doute même le devoir) de se questionner de manière critique sur une mesure de confinement qui, de fait, est une mesure aux conséquences politiques très lourdes. Après tout, tout traitement médical requiert le consentement du patient, me semble-t-il.
Je vois que vous êtes infirmier, et vous êtes au première loge pour mesurer la virulence de cette épidémie sur des centaines de milliers de français. Mais il ne faut pas oublier tous les autres qui travaillent dans le social, dans l'éducation, qui tiennent une boutique et sont en train de tout perdre jusqu'à la ruine, qui sont juges pour enfants, qui travaillent auprès des personnes misérables, etc., et qui voient sous leurs yeux, tous les jours, les conséquences dramatiques des mesures prises en ce moment. Et ils alertent à leur manière, et on ne les écoute que très peu, en leur disant aussitôt que de toute façon, ils n'ont pas à décider, et qu'on ne peut pas être critique à l'égard de ces mesures sans être soupçonné de ne pas se soucier de la survie des autres (bref, on insinue qu'ils sont des égoïstes qui feraient mieux de se taire). C'est oublier un peu vite qu'un certain nombre d'entre eux, et j'en connais quelques uns, ont vu des enfants mourir après être resté plus d'un mois en vase clos dans un foyer violent. Et j'en passe. Il semblerait que le nombre de signalements d'enfants en danger ait explosé durant le premier confinement, et continue d'augmenter en ce moment, à tel point que les juges sont dépassés, et que les travailleurs sociaux essaient de créer des équipes spécifiques en urgence pour extraire des gosses de leur milieu et les accueillir dans un milieu où ils trouveront une vraie sécurité (avec toutes les conséquences qu'un tel placement au moins provisoire peut avoir sur la vie de ces jeunes êtres, quand ils s'en sortent).
Les adeptes du complot se moquent pas mal de cela : leur obsession, c'est plutôt les "franc-maçons", les "forces obscures" et tous les "Deus ex machina"qui, soit disant, rient de leur rire ironique devant la débâcle. Non seulement c'est du délire complet, mais en plus c'est nocif pour la discussion.
Il ne faut pas mettre sur le même plan ces propos vides et les objections légitimes qui peuvent être faites dans le traitement politique et scientifique de l'épidémie. Il faut garder cet espace où la discussion raisonnable est encore possible. C'est vital pour une société; sans cela, il est évident que la force d'attraction des théories du complot sera encore renforcée, car plus les gens ont le sentiment d'être dépossédé de leur vie, plus ils en viennent à soupçonner et à identifier des coupables.
Je ne sais pas si le confinement est une bonne mesure ou pas, bien que j'incline à penser que les choses devraient se faire de manière beaucoup plus équilibrée, en prenant en compte tout un ensemble de facteurs essentiels sur le court et moyen terme. Mais je pense que notre société gagnerait à pouvoir discuter librement, et que le pouvoir aurait grand intérêt à considérer le consentement ou non de la population sur une telle mesure qui, pour le coup, n'est pas seulement scientifique, mais aussi politique, puisqu'elle impose des restrictions très durement vécues par des millions de personnes, avec des conséquences très importantes pour l'avenir. Les êtres humains ont le droit de choisir et de s'exprimer clairement sur des choses aussi importantes, et on ne peut pas laisser cela entre les mains d'une poignée d'hommes qui prétendent tout gérer dans leur bureau.
Au fond, la doctrine sociale de l’Église, qui promeut le principe de subsidiarité, me semble parfaitement équilibrée : il faudrait peut-être articuler de manière plus fine le niveau local et les différents secteurs avec les décisions globales qu'une épidémie requiert nécessairement. Et ceci pourrait être fait avec du consentement, et pas sur une modalité paternaliste que le pouvoir impose en ce moment.