Bonjour Invité,
Sauf à répéter ce qui a déjà été dit, je ne vois pas ce qui pourrait être ajouté utilement à nos échanges précédents, mais la fin de votre message ouvre cependant une perspective plus large qui pourrait aider dans les difficultés qui demeurent.
Invité a écrit : ↑jeu. 23 sept. 2021, 13:55
Pour terminer, j'ai une question en rapport avec votre message précédent dans lequel vous affirmiez que la Création n'aurait pas pu exister en dehors d'un Dieu trinitaire car c'est l'amour des différentes personnes entre elles qui conduit à la volonté de créer. Comment expliquez-vous que l'univers ait un commencement en sachant que l'amour en Dieu est éternel ? J'avoue que c'est une question difficile, même pour quiconque tendrait à considérer Dieu comme une personne unique.
Excellente question !
Si la solitude était la perfection éternelle en Dieu, la création d’un «
autre », et, plus encore, d’un «
autre » libre et capable de s’écarter de Dieu, du Bien, ne pourrait être qu’une imperfection. Impossible qu’une solitude qui serait la perfection décide de créer un autre qui serait une imperfection.
La Trinité, que les Évangiles nous révèlent et que l’Église proclame, présente une réalité bien différente dans laquelle, au contraire, il y a en Dieu même un amour éternel entre plusieurs personnes.
Cela relève de l’essence même de Dieu. Contrairement aux dieux multiples en conflit des polythéismes antiques, il est impensable que Dieu soit en conflit en Lui-même. Sem ou Abraham l’avaient déjà bien compris. Des personnes multiples en conflit se détruiraient jusqu’à la domination du plus fort. Seule une vie d’amour peut être éternelle sans se détruire et seule une vie d’amour peut créer.
En effet, une vie éternelle d’amour suppose nécessairement un autre à aimer. Il n’y a pas d’amour sans un autre à aimer, sans une relation entre des personnes distinctes et donc autres.
Vient alors votre question : la création d’un autre que Dieu est-elle possible ? La création d’un univers qui n’est pas Dieu, qui est «
autre » que Dieu, se pose aussi pour la création d’un être personnel vivant «
autre » que Dieu.
Il me semble que nous ne pouvons pas le comprendre si nous considérons Dieu comme un être solitaire en qui il n’y a aucun «
autre ».
Mais, le Christ nous a révélé que Dieu est Trinité et est Amour. Il y a, dans l’éternité de Dieu et dans sa vie même, de la relation à un autre entre le Père et le Fils, et avec l’Esprit Saint.
L’autre, dans une relation où chacun est et reste pleinement Lui-même dans sa singularité, est une réalité en Dieu Lui-même.
Voilà pourquoi, une création d’un autre matériel (l’Univers) ou personnel (l’humain) est possible sans contradiction avec la perfection éternelle de Dieu.
Parce que l’amour d’un autre est la vie même en Dieu, une création parfaitement bonne d'un autre est possible sans confusion avec le Créateur.
À cet égard, tout panthéisme qui confond à tort le Créateur et sa créature n’est qu’une manière de nier la possibilité pour Dieu de pouvoir créer un autre (matériel ou personnel) que Lui-même.
Et, créer un autre suppose un passage de l’inexistence à l’existence et donc un commencement.
Et, bien sûr, comme oeuvre de Dieu qui est parfait, tout est amour et perfection dans ce commencement qui est possible parce que la relation à un autre que soi est de l’essence parfaite de Dieu, Père, Fils et Esprit Saint.
Dieu, qui est infiniment libre, n’est pas enfermé dans l’éternité. Parce qu’il y a de l’altérité (de «
l’autre ») en Dieu, Dieu peut créer infiniment et librement un commencement pour un autre que Lui-même. Un autre matériel (l’univers) aussi bien qu’un autre personnel (l’humain).
Et, cela va de soi, il peut le faire sans dysharmonie, sans imperfection, ce qui nous ramène au sujet de ce fil. Sa création est tellement parfaite que Dieu lui-même peut se faire créature, peut se faire homme en tout semblable à nous sauf, évidemment, le manque d’amour et les désordres que la liberté permet à l’humain créé.
Comprenons bien que si Dieu ne pouvait créer un commencement d’un autre que Lui, il serait enfermé en Lui-même, ce qui serait un défaut et serait donc absurde.