Didyme a écrit : ↑mar. 15 févr. 2022, 0:51
Un petit extrait d'un texte d'un orthodoxe.
Certaines parties sont certainement discutables et gênantes mais je trouve certaines remarques assez pertinentes.
Vous mettez le doigt là où cela fait mal et je vous préviens ainsi que tous, je vais y appuyer fort !
Cette théologie occidentale dénoncée ici existe, il n’y a qu’à comprendre les interventions sur ce forum de son adepte, Perlim Pimum, elles ne cessent de non pas la défendre mais l’exercer au fil de lourdes démonstrations souvent vaines (car sans effet, tant elles sont rébarbatives) et pourtant rigoureuses.
Je note avec déplaisir et frustration que tant Arnaud Dumouch que le père Normandt, qui chacun proposent une autre théologie, capitulent et refusent de l’affronter vraiment.
Cette théologie a fait beaucoup de bien et a valeureusement servi à promouvoir le bien par le passé, mais elle a ses limites et contient son démenti, sa lacune, et qui à la longue ont fini par distiller le mal au cœur de l’Eglise.
Il ne faut pas chercher plus loin la « conversion » à l’orthodoxie de certains, il suffit d’ajouter à cela un chagrin spirituel fort, la rupture d’une amitié, la perte d’un amour – à chacun de comprendre.
Je vais donc faire ce que d’autres auraient dû et devraient faire : accompagner celui qui en a besoin. Peut-être pas sur trop de chemin, car lui-même ne le souhaite pas ou ne souhaite qu’en profiter pour briller de ses feux, et que ce n’est pas lui rendre service que de le lui permettre s’il ne nous écoute pas et préfère rester dans son autarcie intellectuelle.
Il écrit :
Perlum Pimpum a écrit : ↑lun. 14 févr. 2022, 15:48
(2)
Cet amour de Dieu pour nous n’est que consécutif à l’amour que Dieu a de lui-même. Dieu s’aime souverainement parce qu’il est souverainement aimable. Dieu ne nous aime pas parce que nous sommes aimables, mais nous sommes aimables parce que Dieu nous aime. Car tout ce que nous avons de bon en nous, nous le tenons de Dieu, à commencer par nos œuvres bonnes et le bon mérite qu’elles impliquent.
Et c’est juste et vrai, c’est ce qu’il a résumé ailleurs en « Dieu est amour de Dieu », et qu’il a répété à maintes reprises sans que nous en mesurions croit-il toutes les conséquences, et c’est peut-être vrai pour certains… Mais lui, les mesure-t-il bien ?
Il a poursuivi par des considérations très rigoureuses qui font fi de l’amour, sans qu’il s’en aperçoive ni en soit gêné car l’heure de ces considérations n’était pas à l’amour, mais à la raison, et qu’il pense qu’elle n’était pas non plus à leur conciliation, sinon implicite, car la raison en aurait été sinon troublée.
Il a écrit ensuite (je m’appuie sur son message dans le fil « méditations de hier à 15H48)
Perlum Pimpum a écrit : ↑lun. 14 févr. 2022, 15:48
- Et remarquez jusqu’où va la bonté de Dieu : même l’acte mauvais est bon en tant qu’il est un acte, n’étant mauvais qu’en le défaut de bien spécifiant son objet : ce qui est mauvais dans cet acte n’est pas qu’il soit un acte, mais la malignité morale qui l’affecte, laquelle n’a d’autre cause que le libre-choix de la créature se détournant du bien.
Et là, encore, c’est vrai, etc. et il se croit bon d’être aussi précis et de nous en donner ainsi aussi libéralement toutes les ficelles.
Faites attention à la suite :
Perlum Pimpum a écrit : ↑lun. 14 févr. 2022, 15:48
- (*) Si l’agir divin ad extra avait une autre fin dernière que Dieu, le terme opéré ad extra, d’ordre créé, serait le bien auquel Dieu s’ordonne. Le bien ayant raison de fin, la créature serait la fin de l’acte créateur. Et puisque cet acte est Dieu, car Dieu est absolument simple, le bien serait supérieur au Bien, puisqu’il serait sa fin.
Car s’il parle ensuite de Sa toute-puissance ce n’est pas un hasard, il L’honore encore de cela ici, mais c’est par-là que le ver commence à s’introduire, sans qu’il y ait faute ni erreur : il omet l’humilité de Dieu, qui n’entre pas dans la logique, mais qui fait que Dieu a voulu mette sa créature au-dessus de lui (La kénose dont a si bien parlé Arnaud par ailleurs, sauf qu’il ne l’a pas mise en acte…), qui est son œuvre, sa création, ce qui par ce biais reste cohérent avec ce qu’il affirme mais en dévie un peu, et cela ce raisonnement ne l’accepte pas.
Perlum Pimpum a écrit : ↑lun. 14 févr. 2022, 15:48
(4)
L’Amour aime le Bien ; l’Amour aime le bien ; donc l’Amour n’aime pas le mal : l’Amour hait le mal.
Ici l’orifice s’agrandit puis se referme mais le ver est entré. Dans le fait que l’amour hait le mal. Or l’amour est incapable de haïr, il est stupéfait, rejeté par le mal, il ne peut l’habiter, il est désemparé, comme mis en échec (mais son amour est trop grand pour qu’il en soit frustré : il a pour cela voulu la liberté de ses créatures), il ne peut plus « communier, partager, s’étendre », il reste à l’extérieur, mais il ne HAIT pas, c’est un sentiment qu’il ne peut pas connaitre et qu’il ignore, s’il haïssait le mal ne serait-ce qu’un dixième de seconde le mal aurait gagné.
D’où provient cette erreur ? Nous allons bientôt pouvoir l’expliquer par la suite :
Perlum Pimpum a écrit : ↑lun. 14 févr. 2022, 15:48
(b)
L’Amour aime donc le Bien qu’il est : ici aimer le Bien c’est l’être. L’Amour aime encore le bien qu’il fait, car aimer quelqu’un est lui faire du bien, ce que Dieu nous fait en nous donnant d’être. Mais si l’Amour (Dieu) aime le bien, et si le mal s’oppose au bien, l’Amour n’aime pas le mal, puisque le mal s’oppose au bien.
Il me faudrait en citer plus tant PP est précis, c’est sa qualité, mais il écrit » le mal s’oppose au bien », ce qui là encore est formellement vrai et qui nous suffit, car non, il faut entrer dans les nuances, et dire que le mal ne peut pas s’opposer au bien, sinon le bien ne serait pas ce qu’il est dans toute son intégrité, le mal ne fait que se poser en obstacle, refuser d’en être traversé, refuser d’en être atteint, refuser d’en être aimé – et de fait, le bien ne peut l’aimer, il y a en cela accord entre eux, contact.
Cette pensée toute en dichotomie, fonctionne trop dans les contraires et les oppositions (thèse/antithèse/synthèse) alors elle n’a pas de nuances et elle passe à côté de la Divinité qui est toute dedans sans la voir. La vie est plus complexe qu’un raisonnement, sur la logique duquel la scolastique l’a sacrifiée, alors que la logique peut aussi appartenir à d’autres formes élaborées de pensée mais que n’ont pas connu la philosophie grecque, qui existaient dans d’autres parties du monde cependant (Chine notamment), et qui ont fait la preuve de leur justesse par leurs fruits (acupuncture notamment).
Toutes ces distinctions et finesses faites par l’école de théologie en question sont intéressantes, rien ne doit en être jeté, mais elles doivent être recadrées et remises dans un contexte plus grand, plus subtil, plus proche du vivant et qui lui échappe totalement. Elle peut y devenir un outil fort utile, à condition de lui enlever son autorité et sa prééminence.
Si la haine et l’amour s’opposent, et cela n’y change rien qu’une opposition puisse être tantôt justifiée, tantôt éliminée, selon les objets sur quoi ces sentiments portent : ces sentiments sont incompatibles et c’est ce qui est omis. Il y a plus répulsion qu’opposition, comme en magnétisme.
La subtilité juste entre péché et pécheur, où parfois ils sont à assimiler et d’autres fois à séparer, est dépassée et y trouve plus de sens. L’amour est incompatible avec le mal, il ne peut y entrer, il reste à la porte, et oui, on peut donc dire que le pécheur le veut, mais il ne comprend pas cette incompatibilité pour autant et c’est en quoi l’orgueil (l’impossibilité d’atteindre à la toute-puissance, sinon celle en soi sur soi et pour soi) est à la racine de tous les autres péchés.
Il n’y a pas de haine parfaite, pas même en Lucifer, car la haine n’est qu’un échec d’amour, l’amour seul peut être parfait et c’est Dieu.
Cela pourrait n’être qu’une façon différente de voir la même chose, et ceux qui ont construit leur pensée selon un certain schéma précisément différent croient que ce n’est que cela pour ne pas remettre en question tout leur éclat, mais ce n’est pas le cas, et les conséquences sont énormes. Leur langage est heureusement passé de mode, mais sans quoi les vérités qu’il contient restent des vérités, mais elles sont comme mortes, désuètes, inopérantes, sans efficacité, et malheureusement elles peuvent aussi servir à promouvoir le mal.
Dès lors, avec cette façon différente, la vision de l’enfer s’éclaire… Mais beaucoup en profitent pour se livrer à une autre déformation, celle-là même que voulait combattre cette théologie, avec la conclusion des arguments qui en ont eu raison mais en déformant cette fois la pensée qui aurait dû enfin prévaloir et ils sont beaucoup plus difficiles à démasquer car ils en ont le charme nouveau et l’utilisent.
Comme cette pensée d’amour est encore très peu connue, très peu défendue, très peu exposée, ses carricatures paraissent mieux la représenter qu’elle, et c’est un nouveau mal à combattre.
Qui prétend que l’autre théologie défendait la peur, etc, et qu’elle défend l’amour. Ce n’est pas vrai, cela n’est qu’une apparence.
Ce temps qui est le nôtre, en plus de connaître des erreurs, est celui de la lâcheté face aux mensonges…