" - (...) le diable est dur et il domine les hommes.
- Il ne peut, dit-il (note : l'ange), dominer les serviteurs de Dieu, si du fond du coeur, ils espèrent en Lui. Le diable a le pouvoir de lutter, il n'a pas celui de triompher. Si donc vous lui opposez de la résistance, vaincu, il vous fuira tout honteux (Jc 4, 7). Mais tous ceux qui sont vides, dit-il, craignent le diable comme s'il avait du pouvoir. "
(Hermas, Le Pasteur, 47)
Qui était Hermas ?
Frère de Pie I, évêque de Rome, Hermas devait composer vers 140 Le Pasteur, ouvrage d’apparence apocalyptique rédigé en réaction au dualisme théologique et au libertinisme morale prônés par les gnostiques, et en particulier par Valentin ; il ne s’agit donc en aucun cas de l’Hermas que salue saint Paul en (Rm 16, 14) comme l’ont cru certains.
Plus qu’un livre unique, il semble que Le Pasteur soit une compilation ou la réunion de plusieurs ouvrages et non pas un ouvrage unique rédigé tel quel.
Toute la morale d’Hermas est une morale d’action, mais non pas de violence. Pour Hermas, la foi ne suffit pas ; elle doit être renforcée, perfectionnée par les œuvres, et l’on est proche ici de l’esprit de l’Épître de Jacques. Les vertus et les vices sont donc à vivre pour les premières, à rejeter pour les seconds, ce qui nous impose d’en faire une liste rapide :
- « Quels sont (…) les vices dont il nous faut s’abstenir ? (…) l’adultère, la fornication, les excès de boisson, la mollesse coupable, les festins multipliés, le luxe que permet la richesse, l’ostentation, l’orgueil, la jactance, le mensonge, la médisance, l’hypocrisie, la rancune et tout méchant propos. Voilà de loin les plus mauvaises actions dans la vie des hommes (…) Et beaucoup, dit-il, dont le serviteur de Dieu doit s’abstenir : le vol, le mensonge, la spoliation, le faux témoignage, la cupidité, la passion mauvaise, la tromperie, la vaine gloire, la vantardise et tous les vices semblables. » (Past. 38, 3-5).
- « Écoute (…) les œuvres du bien qu’il te faut accomplir et non éviter. (…) La foi, la crainte du Seigneur, la charité, la concorde, la parole de justice, la vérité, la résignation (…) Assister les veuves, visiter les orphelins et les indigents, racheter de l’esclavage les serviteurs de Dieu, être hospitalier (…), ne s’opposer à personne, être calme, se faire l’inférieur de tout le monde, honorer les vieillards, pratiquer la justice, garder la fraternité, supporter la violence, être patient, n’avoir pas de rancune, consoler les âmes affligées, ne pas rejeter ceux qui sont inquiets dans leur foi (…) et autres actions semblables. » (Past. 38, 8-10).
- « Si tu veux faire le mal, crains le Seigneur, et tu ne le feras pas. » (Past. 37, 4) ;
« Abstiens-toi du mal et ne le fais pas, mais ne t’abstiens pas du bien. » (Past. 38, 2) ;
« Celui qui détient l’Esprit venant d’en haut, est doux, calme, modeste ; il s’abstient de tout mal. » (Past. 43, 8) …
- « Crains, dit-il, le Seigneur, et garde ses commandements. En gardant les commandements de Dieu, tu seras fort en toute action… » (Past. 37, 1).
- « Crains Dieu et observe ses commandements, car c'est là tout l'homme » (Qo 12, 13) ?
- « Vous, vous avez rejeté votre mollesse et la force vous est revenue et vous vous êtes affermis dans la foi. Et voyant votre force, le Seigneur s’est réjoui ; c’est pourquoi il vous a montré la construction de la tour et il vous fera d’autres révélations, si du fond du cœur vous faites la paix entre vous. » (Past. 20, 3).
- « Soit patient, dit-il, et prudent, et tu triompheras de toutes les turpitudes et tu réaliseras toute justice. » (Past. 33, 1) ;
« Écoute, dit-il, quels sont les effets de la colère, comment elle est mauvaise, comment par sa puissance elle pervertit les serviteurs de Dieu, comment elle les détourne de la justice. » (Past. 34, 1) ;
« Il y a deux anges avec l’homme : l’un de justice, l’autre du mal. (…) L’ange de justice est délicat, modeste, doux, calme. » (Past. 36, 1 & 3).
