Christophe a écrit :Christophe a écrit :Il ne faut pas oublier qu'une théorie scientifique peut être fausse, cela ne l'empêche pas d'être scientifique.
Une théorie n'est pas une science, mais elle peut être scientifique. La physique de Newton est une théorie scientifique, parce que conforme aux critères de scientificité. Mais néanmoins obsolète et manifestement fausse... De même, toutes les théories scientifiques qui ont - au cours du processus d'édification du savoir social qu'est le progrès scientifique - été élaborées, validées, réfutées et finalement supplantées.
Si tu écris "scientifique" mais "manifestement fausse", c'est qu'il y a un problème. Tu devrais t'en rendre compte. Une théorie ne peut être à la fois une connaissance et fausse, et s'appeler science. Dans ce cas, il y a deux mot du Français - "erreur" et "ignorance", qui conviennent parfaitement. A moins que tu veuilles prétendre qu'il y a des erreurs et des ignorances qui sont des connaissances...
A ce compte là, il n'existe donc pas de théorie scientifique...
Parce que la seule "science" serait la physique telle qu'on la pratique depuis Descartes ? Une seule discipline aurait droit au nom de science, à l'exclusion de toutes les autres ? Et cela au nom de l'idéalisme de Descartes ?
C'est un point de vue et ce n'est pas le mien.
C'est le point de vue de la philosophie classique et de l'Eglise catholique.
La certitude est l'antithèse de la démarche scientifique
Oui, pour une science qui est incapable de produire une connaissance certaine, effectivement... comme elle veut garder pour elle seule le nom de science, elle déclare que la certitude est l'antithèse de la science.
De plus, l'axiomatique prouve qu'une telle prétention à la certitude en matière scientifique est illusoire...
Les sciences sont plus ou moins certaines selon l'intelligibilité de leur objet, cette intelligibilité est affaiblie par deux types de contingence : de la matière et de la liberté. Plus on descend dans le concret, plus on perd en certitude, plus on monte dans l'abstrait, plus on gagne. La connaissance certaine par les causes est ce qui distingue la science de l'opinion, opinion qui est aussi incertaine que ce que tu appelles faussement science. Les méthodes et les protocoles ne changent rien au fait que les prémisses et les conclusions ne sont que probables, dialectiques, ne sont que des conjectures. A peine mieux que l'astrologie. Il est inadmissible d'opérer cette réduction, de ne prétendre que seule celle qui est la moins science de toutes puisse porter le nom de science.
La Physique d'Aristote et celle de saint Thomas d'Aquin n'ont pas la prétention d'être des théories scientifiques ! Elles relèvent de la philosophie, pas de la science naturelle (physique)...
Bien sûr que si, ils expliquent très bien en quoi elle est une science au sens fort et non une dialectique, bien que moins certaine que les maths et la métaphysique. Et encore moins bien sûr que la théologie. Leur physique est vraiment la science naturelle, dont notre physique contemporaine est le prolongement et une partie.
La science physique est la recherche des causes physiques, qui recouvrent partiellement la notion de "causes efficientes" de la Physique d'Aristote...
Tu veux dire "la science physique d'aujourd'hui" ? Car sinon, la physique d'Aristote n'est pas définie par la cause mais par l'objet : l'être naturel. Et la science physique d'aujourd'hui ne recherche pas de causes ! Elle est positiviste. Elle ne prétend à aucune explication, seulement à la description et aux applications pratiques.
Je te conseille de lire la Physique d'Aristote et aussi Émile Simard : La nature et la portée de la méthode scientifique, Québec, PUL, 1956, qui n'a pas pris une ride.
Amicalement
Charles