Re: Breviaire monastique
Publié : jeu. 04 avr. 2013, 20:24
bonjour
quelques éléments pour favoriser une synthèse
I. Deux distinctions sont à faire d'emblée :
le rit bénédictin des autres : romain, dominicain, cartusien, etc
et chacun de ces rites selon sa version traditionnelle ou Paul VI.
Notez qu'il existe au sein de la catégorie rit bénédictin des variations selon les congrégations, des coutumes selon les monastères, etc
Ce post vise le rit bénédictin traditionnel :
II. trois livres vous permettront de prier l'Office
* le bréviaire monastique
Il vous donne tous l'Office pour chacun des jours de l'année liturgiques
de toutes les heures, toutes les fêtes, etc.
Mais sans la notation grégorienne.
* le diurnal bénédictin
est le précédent abrégé des matines / nocturnes, en gros.
Donc de Laudes à Complies.
* l'antiphonale monasticum 1933
est un monument de la liturgie latine.
C'est le diurnal avec la notation grégorienne.
Et le grégorien n'est pas seulement une mélodie, une chanson plaquée sur le texte.
C'est l'expression du sens que le texte lui aussi exprime avec des mots.
III. Disponibilité
Tous trois ouvrages sont disponibles
- en PdF.
- d'occasion ou réédités pour une quarantaine d'euros. sans trop de difficulté.
L'Office est partiellement retransmis gratuitement
sur le site du Barroux
sur le site des bénédictins de Norcia
IV. Spécificité
Deux spécificités du rit bénédictin (tradi) sur les rits (tradis) romains et dominicains
- qui sont les plus en usage chez les laïcs.
* Matines :
- le rit bénédictin propose des petites heures fixes de mardi à vendredi inclus.
i.e. tierce, sexte et none proposent les même psaumes tous les jours.
Changent donc : la collecte, selon qu'il s'agit d'une fête, et selon le temps liturgique (l'hymne et les antiennes).
- Les vêpres ne comportent que quatre psaume contre cinq.
Vous comprenez donc l'importance de matines dans le rit bénédictin.
L'avantage pour un laïc est que sa journée étant tendue, en ne priant pas les petites heures il ne sacrifie pas le psautier, elles sont toujours les mêmes. Il peut aussi les savoir de mémoire assez rapidement.
L'inconvénient est qu'il faut aimer se lever tôt et pouvoir rester concentrer le matin.
Dans les deux autres rits romains et dominicain le psautier est réparti sur toutes les heures, certes les petites heures ne comptent que trois psaumes mais ils changent chaque jours.
C'est un des critères je crois dans le choix d'un Office, sachant qu'il existe aussi le Petit Office de la Ste Vierge et l'Office des Défunts.
* la seconde spécificité du rit bénédictin est sa richesse.
Le rit dominicain est fait pour des precheurs, qui jouissent de dispense, le rit romain pour des séculiers qui sont au turbin, et vont prier le bréviaire un peut quand ils pourront. Cela se ressent. L'antiphonale de 1933 comme indiqué est vraiment un monument, vous avez dans les mains une somme liturgique, auto suffisante.
Dans le rit dominicain, l'antiphonaire est déficient, incomplet, moins développé... comprenez, je ne compare pas les liturgies dominicaines et bénédictines, mais les livres et la façon dont l'Office l’intègre.
Si vous avez des questions n'hésitez pas.
Je ne peux que vous recommander d'essayer une fois dans votre vie de suivre l'Office
par exemple une semaine de vacance.
La Foi catholique n'est pas seulement une croyance ou une pratique, la liturgie nous rend participant des mystères, elle élargit notre cœur à la dimension de l'Eglise. Notre prière alors n'est pas seulement une démarche individuelle c'est la réalisation de notre identité baptismale de prêtre, prophète et roi, elle est aussi une ascèse, et une humilité.
bon courage.
P.S. combien cela prend il de temps, qu'est ce que ça demande ?
la discussion sur le net anglo saxon est très riche et vous trouverez réponse à tout si vous lisez l'anglais.
En gros laudes et Vepres : une quinzaine de minutes chacune.
Mais dur à dire car il s'agit de liturgie : On ne peut pas expédier l'Office, comme on peut se décharger de certains actes de piétés, par exemple un chapelet qu'on va dire en conduisant ou un pèlerinage avec ses distractions mentales ou des sens. C'est un mystère : il mériterait d'être prié à genoux, en ayant été préparé, d'être chanté, laisser chacun des verset faire écho, etc.
Ce que cela demande ?
- de se faire une idée du sens des phrases latines. ce n'est pas sioux, intuitivement en une année si vous fréquentez une paroisse tradie vous serez dans le coup.
L'enjeu est que ce faisant vous soyez transformé.
De même que les prêtres disent parfois qu'en célébrant la Messe ils ont commencé vraiment à la vivre,
l'Office est un moyen souverain pour vous faire tenir au cœur de l'Eglise.
Telle ou telle pratique ou acte vont nous unir particulièrement à telle réalité, faire grandir telle ou telle vertu.
l'Office je crois unit particulièrement au mystère de l'Eglise.
sur ces derniers points pratiques, il n'y a pas de différence entre les trois rits cités, sinon que le rit bénédictin s'y prête plus, il a l'avantage que vous le pourrez découvrir dans une retraite dans un monastère. Le rit dominicain a ses spécificités (complies développées, mélodies, fêtes, etc), le rit romain a l'avantage que vous pourrez le prier avec un prêtre.
quelques éléments pour favoriser une synthèse
I. Deux distinctions sont à faire d'emblée :
le rit bénédictin des autres : romain, dominicain, cartusien, etc
et chacun de ces rites selon sa version traditionnelle ou Paul VI.
Notez qu'il existe au sein de la catégorie rit bénédictin des variations selon les congrégations, des coutumes selon les monastères, etc
Ce post vise le rit bénédictin traditionnel :
II. trois livres vous permettront de prier l'Office
* le bréviaire monastique
Il vous donne tous l'Office pour chacun des jours de l'année liturgiques
de toutes les heures, toutes les fêtes, etc.
Mais sans la notation grégorienne.
* le diurnal bénédictin
est le précédent abrégé des matines / nocturnes, en gros.
Donc de Laudes à Complies.
* l'antiphonale monasticum 1933
est un monument de la liturgie latine.
C'est le diurnal avec la notation grégorienne.
Et le grégorien n'est pas seulement une mélodie, une chanson plaquée sur le texte.
C'est l'expression du sens que le texte lui aussi exprime avec des mots.
III. Disponibilité
Tous trois ouvrages sont disponibles
- en PdF.
- d'occasion ou réédités pour une quarantaine d'euros. sans trop de difficulté.
L'Office est partiellement retransmis gratuitement
sur le site du Barroux
sur le site des bénédictins de Norcia
IV. Spécificité
Deux spécificités du rit bénédictin (tradi) sur les rits (tradis) romains et dominicains
- qui sont les plus en usage chez les laïcs.
* Matines :
- le rit bénédictin propose des petites heures fixes de mardi à vendredi inclus.
i.e. tierce, sexte et none proposent les même psaumes tous les jours.
Changent donc : la collecte, selon qu'il s'agit d'une fête, et selon le temps liturgique (l'hymne et les antiennes).
- Les vêpres ne comportent que quatre psaume contre cinq.
Vous comprenez donc l'importance de matines dans le rit bénédictin.
L'avantage pour un laïc est que sa journée étant tendue, en ne priant pas les petites heures il ne sacrifie pas le psautier, elles sont toujours les mêmes. Il peut aussi les savoir de mémoire assez rapidement.
L'inconvénient est qu'il faut aimer se lever tôt et pouvoir rester concentrer le matin.
Dans les deux autres rits romains et dominicain le psautier est réparti sur toutes les heures, certes les petites heures ne comptent que trois psaumes mais ils changent chaque jours.
C'est un des critères je crois dans le choix d'un Office, sachant qu'il existe aussi le Petit Office de la Ste Vierge et l'Office des Défunts.
* la seconde spécificité du rit bénédictin est sa richesse.
Le rit dominicain est fait pour des precheurs, qui jouissent de dispense, le rit romain pour des séculiers qui sont au turbin, et vont prier le bréviaire un peut quand ils pourront. Cela se ressent. L'antiphonale de 1933 comme indiqué est vraiment un monument, vous avez dans les mains une somme liturgique, auto suffisante.
Dans le rit dominicain, l'antiphonaire est déficient, incomplet, moins développé... comprenez, je ne compare pas les liturgies dominicaines et bénédictines, mais les livres et la façon dont l'Office l’intègre.
Si vous avez des questions n'hésitez pas.
Je ne peux que vous recommander d'essayer une fois dans votre vie de suivre l'Office
par exemple une semaine de vacance.
La Foi catholique n'est pas seulement une croyance ou une pratique, la liturgie nous rend participant des mystères, elle élargit notre cœur à la dimension de l'Eglise. Notre prière alors n'est pas seulement une démarche individuelle c'est la réalisation de notre identité baptismale de prêtre, prophète et roi, elle est aussi une ascèse, et une humilité.
bon courage.
P.S. combien cela prend il de temps, qu'est ce que ça demande ?
la discussion sur le net anglo saxon est très riche et vous trouverez réponse à tout si vous lisez l'anglais.
En gros laudes et Vepres : une quinzaine de minutes chacune.
Mais dur à dire car il s'agit de liturgie : On ne peut pas expédier l'Office, comme on peut se décharger de certains actes de piétés, par exemple un chapelet qu'on va dire en conduisant ou un pèlerinage avec ses distractions mentales ou des sens. C'est un mystère : il mériterait d'être prié à genoux, en ayant été préparé, d'être chanté, laisser chacun des verset faire écho, etc.
Ce que cela demande ?
- de se faire une idée du sens des phrases latines. ce n'est pas sioux, intuitivement en une année si vous fréquentez une paroisse tradie vous serez dans le coup.
L'enjeu est que ce faisant vous soyez transformé.
De même que les prêtres disent parfois qu'en célébrant la Messe ils ont commencé vraiment à la vivre,
l'Office est un moyen souverain pour vous faire tenir au cœur de l'Eglise.
Telle ou telle pratique ou acte vont nous unir particulièrement à telle réalité, faire grandir telle ou telle vertu.
l'Office je crois unit particulièrement au mystère de l'Eglise.
sur ces derniers points pratiques, il n'y a pas de différence entre les trois rits cités, sinon que le rit bénédictin s'y prête plus, il a l'avantage que vous le pourrez découvrir dans une retraite dans un monastère. Le rit dominicain a ses spécificités (complies développées, mélodies, fêtes, etc), le rit romain a l'avantage que vous pourrez le prier avec un prêtre.