Publié : mar. 17 mai 2005, 10:14
Hello Charles,
Stirner confond ‘commandement’ et ‘invitation’, ‘législation’ et ‘autorité’. La législation ouvre des droits ; c’est même son but. Souvent, trop souvent, à ce droit correspond une obligation d’autrui, qu’il n’a pas acceptée, sinon la législation eut été inutile. Elle existe, par exemple, pour interdire aux Polonais de venir travailler en France, par dérogation aux règles de l’UE, justement parce que bien des Polonais le voudraient et bien des employeurs français les accueilleraient. Ils ne peuvent se dérober à ce commandement législatif sans risque de pénalité.
La Vérité, elle, ne confère pas de droits. Mais elle impose à notre conscience un devoir (dont l’unique sanction pour non observance est le remords) : le devoir de l’enseigner. Sachant ce qui est vrai, je dois en témoigner. Je dois inviter celui qui est dans l’erreur à rejoindre la Vérité. Par la raison, par l’exhortation, par l’exemple. Mais certainement pas par la crainte. Car alors comment saurais-je si ma victime est convertie à la Vérité ou feint seulement de l’être pour éviter une sanction ? La législation induit l’hypocrisie, le faux-semblant, la recherche de l’évitement et la dissimulation. Tout sauf la vertu.
Lorsque Jésus parle au jeune homme riche, il lui parle avec autorité, à l’impératif. « Distribue ton bien aux pauvres. Suis-moi ». Mais le jeune homme riche s’en est allé et Jésus l’a laissé s’éloigner de la Vérité. Un percepteur l’aurait fait attraper par des gendarmes. Le percepteur, comme tous les hommes de l’Etat, n’est intéressé que par l’argent, par l’extérieur, le comptabilisable, le matériel, Jésus vise au cœur. Pour cela, il ne peut contraindre. Il invite.
Il nous enseigne tout simplement à vivre libres.
Christian
J’ai bien compris, mais Stirner a tort. Je ne suis libre que si je suis engagé. Sinon ma liberté est comme quelqu'un qui dirait ‘je suis amoureux, mais je ne sais pas de qui’. Pour manifester ma liberté, cependant, et avoir une valeur morale, cet engagement par définition ne doit pas être contraint. Il y a des soldats mobilisés qui seraient partis volontairement, d’autres qui auraient préféré rester chez eux. Mais la conscription efface la différence et chacun peut dire selon la circonstance qu’il ne fait qu’obéir aux ordres ou qu’il est un patriote.Citation:
Mais la question de la Vérité n’a rien à voir avec celle de la législation. La législation impose, c’est son but. La Vérité s’impose, on ne l’impose pas.
Ce n'est pas par exemple ce qu'on tire de la lecture de Stirner qui rejette l'une comme l'autre, les deux ayant un commun, qui est de s'imposer à nous ou de nous être imposées : leur nécessité, incompatible avec la conception absolue et vide de la liberté humaine qui est la conception libertaire.
Stirner confond ‘commandement’ et ‘invitation’, ‘législation’ et ‘autorité’. La législation ouvre des droits ; c’est même son but. Souvent, trop souvent, à ce droit correspond une obligation d’autrui, qu’il n’a pas acceptée, sinon la législation eut été inutile. Elle existe, par exemple, pour interdire aux Polonais de venir travailler en France, par dérogation aux règles de l’UE, justement parce que bien des Polonais le voudraient et bien des employeurs français les accueilleraient. Ils ne peuvent se dérober à ce commandement législatif sans risque de pénalité.
La Vérité, elle, ne confère pas de droits. Mais elle impose à notre conscience un devoir (dont l’unique sanction pour non observance est le remords) : le devoir de l’enseigner. Sachant ce qui est vrai, je dois en témoigner. Je dois inviter celui qui est dans l’erreur à rejoindre la Vérité. Par la raison, par l’exhortation, par l’exemple. Mais certainement pas par la crainte. Car alors comment saurais-je si ma victime est convertie à la Vérité ou feint seulement de l’être pour éviter une sanction ? La législation induit l’hypocrisie, le faux-semblant, la recherche de l’évitement et la dissimulation. Tout sauf la vertu.
Lorsque Jésus parle au jeune homme riche, il lui parle avec autorité, à l’impératif. « Distribue ton bien aux pauvres. Suis-moi ». Mais le jeune homme riche s’en est allé et Jésus l’a laissé s’éloigner de la Vérité. Un percepteur l’aurait fait attraper par des gendarmes. Le percepteur, comme tous les hommes de l’Etat, n’est intéressé que par l’argent, par l’extérieur, le comptabilisable, le matériel, Jésus vise au cœur. Pour cela, il ne peut contraindre. Il invite.
Il nous enseigne tout simplement à vivre libres.
Christian