ti'hamo a écrit :@Anonymous
Vous dites ne pas voir du tout, mais alors pas du tout, ce qui me permettrait d'affirmer que la révolution française, dans ce qu'elle a justement de révolutionnaire, serait constitutivement violente, fondée sur l'envie, le mensonge, la haine, et de plus antichrétienne.
Généralisation caricaturale. La vie de cour sous l'Ancien Régime était également "fondée sur l'envie, le mensonge, la haine".
Ensuite, l'idéologie révolutionnaire était, au contraire, fondée sur la fraternité, l'instruction publique, l'amour entre les peuples et les citoyens.
Mais pourtant elle œuvre bien, par exemple, par des cabales contre la famille royale, donnant dans l'obscénité et encourageant le rejet violent et la haine. Elle se construit bien non pas comme mouvement de contestation politique, mais comme mouvement de rejet idéologique - rejet du roi et de tout ce qu'il représente, de la religion,
La religion est bien combattue après des tentatives infructueuses de la récupérer ou de la vider de son sens.
Généralisation caricaturale et risible. Au contraire, le roi était aimé de la Révolution, au début. Ce sont plutôt les multiples trahisons venant de la famille royale (fuite à Varennes, correspondance secrète, déclaration de guerre à l'Autriche, manifeste de Brunswick, etc.) qui ont fini par convaincre les révolutionnaires de se séparer du monarque, et d'aller vers la République.
On trouve bien dans les discours et thématiques révolutionnaires, ET dans leurs actions, une volonté de négation de l'ordre passé, du passé même en général. De négation et de rejet violent - qui trouvera sa concrétisation dans les noyades, massacres de prêtres, de religieuses, persécutions en tout genre.
(vous semblez affirmer que ce ne sont directement ni les auteurs de ces crimes, ni leurs inspirateurs et ceux qui les abreuvèrent de discours antireligieux qui furent coupables : doit-on alors considérer les victimes, sans doute, comme en partie coupable de leur sort ?)
Incroyable cette série d'amalgames complètement simplistes et caricaturaux ! D'abord il n'y avait pas qu'un seul type de révolutionnaire (violent, brutal, menteur, obscène, cruel, etc.), mais une multitude de positions et d'attitudes très différentes. La négation du passé s'imposait par la nécessité de passer à un nouvel ordre social. C'est peut-être regrettable, mais on peut au moins le comprendre. Il fallait mettre fin aux privilèges, recouvrer les biens nationaux, abolir la noblesse, etc. Impossible sans tourner la page du passé. On ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs. Et ensuite, on trouve en effet des extrémistes zélés et criminels, c'est vrai. Mais ils ne sont pas l'esprit de la Révolution. Toute guerre engendre des crimes.
Notez bien que nous parlons bien ici de ce qui est révolution ; quant aux réformes, changements… cela n'est pas "la révolution" au sens où on entend ce terme, puisque cela est à l'œuvre hors de la révolution, et ne nécessite pas la révolution.
Sauf quand la volonté de réformer se heurte à l'immobilisme, à l'inertie des classes dirigeantes. Alors une révolution est nécessaire pour faire tomber la muraille. C'est d'ailleurs ce qu'on peut souhaiter en ce moment concernant le capitalisme, qui refuse obstinément de se "moraliser", euphémisme pour dire : "arrêter de spolier les peuples".
D'ailleurs, ce qui est proprement révolutionnaire, dans cette révolution, ne vise même pas à une réforme des institutions françaises pour plus d'efficacité ou de justice : le discours est clairement une prétention à l'"universalité", la conviction d'avoir découvert une nouvelle notion inconnue de tous, la Liberté, qu'il faut porter à travers le monde ; la conviction de représenter la Liberté et la Lumière du monde entier et la conviction de leur devoir de porter Lumière te Liberté au monde entier, par la guerre s'il le faut :
ça n'a vraiment rien de réformes politiques, mais tout d'une idéologie, délirante qui plus est - au vrai sens pathologique du terme : quand le sujet se persuade de la réalité d'une représentation totalement personnelle et imaginaire du monde.
Toujours chez vous cette agaçante manie de ranger les gens dans des catégories mentales d'arriérés. Je ne vois pas ce qu'il y a de gênant dans cette vocation révolutionnaire à l'universalité. C'est déjà ce que prône le Christ : aimez-vous les uns les autres, portez l'Evangile aux Nations, etc. Ils n'a jamais dit d'utiliser l'Evangile pour mieux soumettre les peuples sous la férule de leurs maîtres. Le message révolutionnaire est magnifique, une fois dégagé de quelques erreurs dues au conditionnement de l'époque. Liberté, Egalité, Fraternité, c'est fondamentalement chrétien : l'amour universel porté à tous les peuples indisctinctement.