Re: Rencontre avec le Christ à l'heure de la mort ?
Publié : lun. 24 janv. 2022, 23:16
Chers amis, je m'en vais de ce débat. Il aura duré deux jours et je vous en remercie.
Pour l'intelligence de la foi
https://www.cite-catholique.org/
C’est si peu méprisant que c’est le titre qu’il se donne dans son en-tête….Arnaud Dumouch a écrit : ↑lun. 24 janv. 2022, 23:15 Bon, je ne vais pas entrer de nouveau dans ce genre de débats. Qualifier l'archevêque émérite Monseigneur Léonard de "Chapelain" montre à la fois votre mépris et que vous n'avez aucune idée des persécutions qu'a lui-même subi cet archevêque nommé par la volonté de Benoît XVI.
Essayez un jour de rester dans le domaine du débat théologique.
Il s’agit ici de la grâce actuelle, non de la grâce habituelle et sanctifiante…GS, XXII, 5 : « 5. Et cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ, mais bien pour tous les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce »
La possibilité d’être associé au salut suppose précisément que l’homme (l’adulte) coopère à la grâce actuelle en posant des actes surnaturels le disposant à sa justification, comme l’enseigne le Concile de Trente dans son Décret sur la justification.« En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’être associé au mystère pascal. »
Bref le temps du passage, c’est le temps durant lequel l’âme reste au Purgatoire.SS 47. Certains théologiens récents sont de l'avis que le feu qui brûle et en même temps sauve est le Christ lui-même, le Juge et Sauveur. La rencontre avec Lui est l'acte décisif du Jugement. Devant son regard s'évanouit toute fausseté. C'est la rencontre avec Lui qui, en nous brûlant, nous transforme et nous libère pour nous faire devenir vraiment nous-mêmes. Les choses édifiées durant la vie peuvent alors se révéler paille sèche, vantardise vide et s'écrouler. Mais dans la souffrance de cette rencontre, où l'impur et le malsain de notre être nous apparaissent évidents, se trouve le salut. Le regard du Christ, le battement de son cœur nous guérissent grâce à une transformation assurément douloureuse, comme « par le feu ». Cependant, c'est une heureuse souffrance, dans laquelle le saint pouvoir de son amour nous pénètre comme une flamme, nous permettant à la fin d'être totalement nous-mêmes et par là totalement de Dieu. Ainsi se rend évidente aussi la compénétration de la justice et de la grâce: notre façon de vivre n'est pas insignifiante, mais notre saleté ne nous tache pas éternellement, si du moins nous sommes demeurés tendus vers le Christ, vers la vérité et vers l'amour. En fin de compte, cette saleté a déjà été brûlée dans la Passion du Christ. Au moment du Jugement, nous expérimentons et nous accueillons cette domination de son amour sur tout le mal dans le monde et en nous. La souffrance de l'amour devient notre salut et notre joie. Il est clair que la « durée » de cette brûlure qui transforme, nous ne pouvons la calculer avec les mesures chronométriques de ce monde. Le « moment » transformant de cette rencontre échappe au chronométrage terrestre – c'est le temps du cœur, le temps du « passage » à la communion avec Dieu dans le Corps du Christ.
C'est moi qui ne cite pas la bonne partie ...Arnaud Dumouch a écrit :
C'est juste que vous n'avez pas cité la bonne partie de Gaudium et Spes 22, 5.
Gaudium et Spes 22, 5, première partie : Il est évident que les païens et athées de bonnes volonté se verront NON SEULEMENT proposer le salut MAIS QUE DE PLUS ils seront sauvés.
Gaudium et Spes 22, 5, deuxième partie : Il est certain (nous devons tenir) que TOUT HOMMES (donc aussi les païens, athées et chrétiens de mauvaise volonté) se verront proposer le salut (ce qui ne veut pas dire qu'ils seront sauvés).
Gaudium et Spes 22
5. Et cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ, mais bien pour tous les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce [38]. En effet, puisque le Christ est mort pour tous [39] et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’être associé au mystère pascal.
https://www.vatican.va/archive/hist_cou ... es_fr.html
Ce que notre ami Arnaud vient de m'écrire ne se trouve que dans son imagination. Cela n'existe pas dans le texte.Arnaud Dumouch a écrit :
Gaudium et Spes 22, 5, première partie : Il est évident que les païens et athées de bonnes volonté se verront NON SEULEMENT proposer le salut MAIS QUE DE PLUS ils seront SAUVÉS.
Ce n’est pas le cas en ce que ces personnes n’ont précisément pas eu de « première chance ».
Arnaud lui-même vous a répondu sur le second point, il était de fait difficile pour moi de répondre à 2 en 1 vu que vous ne partagez pas exactement la même idée, c’est maintenant clair.
Je vous ai dit que je n’avais rien contre cette idée, car je ne vois pas quand sinon le salut de ceux que le dogme ne sauve pas autrement qu’en en reportant la responsabilité sur Jésus lui-même, ce salut serait effectué.Libremax a écrit : ↑lun. 24 janv. 2022, 20:50 L'idée de la proposition du Salut dans le passage de la mort, ce n'est pas la proposition du pardon sans condition. Le Salut, quel que soit le moment où l'homme le reçoit de Dieu, implique une conversion. Cette conversion est purification, et la purification peut être douloureuse.
Croyez bien que je désire autant que vous que tout le monde soit sauvé, seulement moi je ne prends pas mes désirs pour la réalité mais je prends en compte ce que nous disent les évangiles et l'Eglise catholique sur la justice divine, alors que vous, vous tombez dans le sentimentalisme, en croyant que Dieu est aussi clément que vous, et qu'on peut persévérer dans le péché grave sans s'inquiéter pour son salut, du moment qu'on n'oublie pas d'accepter d'être pardonné à la fin. Vous croyez avec le pape François qu'il suffit de se laisser pardonner. Non, il faut renoncer au péché.Arnaud Dumouch a écrit :Dites-moi Coco lapin , Ca ne vous suffit pas LE PURGATOIRE APRES CETTEVIE, pour que les pauvres pécheurs fragiles ou ignorants qui se convertissent face au Christ à l'heure de la mort, épuisent votre soif de justice de Jésus ?
Je ne lui ai pas donné la paix et la bénédiction parce qu'elle n'avait pas en elle ce complet détachement de son péché qui est requis pour être pardonné. Dans sa chair, et malheureusement dans son cœur, elle n'avait pas la nausée du péché. Marie de Magdala, après avoir goûté la saveur de mon Verbe, avait eu le dégoût du péché et elle était venue à Moi avec la volonté totale d'être une autre. Mais elle, elle flottait encore entre les voix de la chair et celles de l'esprit. Et elle, dans le trouble du moment, n'avait pas pu encore mettre la hache contre la souche de la chair et l'abattre pour aller mutilée du poids de son avidité vers le Royaume de Dieu, mutilée de ce qui était pour elle la ruine, mais pourvue de ce qui est le salut.
Tu veux savoir si ensuite elle s'est sauvée ? Ce n'est pas pour tous que j'ai été Sauveur. Pour tous, j'ai voulu l'être, mais je ne l'ai pas été car pas tous ont eu la volonté d'être sauvés. Et cela a été une des flèches les plus pénétrantes de mon agonie du Gethsémani.
Il sera sauvé parce qu'il aura quand même cru en Jésus-Christ et aura essayé d'œuvrer dans le bon sens. Ce type de sauvetage in extremis ne concerne pas les pécheurs impénitents qui ne veulent ni croire en Jésus-Christ ni combattre le péché.Arnaud Dumouch a écrit :Je sais que certains pensent que cette doctrine est trop miséricordieuse. Qu'ils se rassurent : Tout sera juste et LE PURGATOIRE suffit à expliquer la justice qui sera appliquée à nous, pauvres pécheurs. Lisez : "1 Corinthiens 3, 13 l'oeuvre de chacun deviendra manifeste ; le Jour, en effet, la fera connaître, car il doit se révéler dans le feu, et c'est ce feu qui éprouvera la qualité de l'oeuvre de chacun. Si l'oeuvre bâtie sur le fondement subsiste, l'ouvrier recevra une récompense ; si son oeuvre est consumée, il en subira la perte ; quant à lui, il sera sauvé, mais comme à travers le feu.
Hélas, l'avis personnel d'un pape ne vaut pas grand-chose quand il n'apporte pas d'arguments mais se réfère simplement à l'opinion de "certains théologiens".Arnaud Dumouch a écrit :Pape Benoît XVI, décembre 2007 encyclique « Spe Salvi, 47 ».
« 47. Certains théologiens récents sont de l'avis que le feu qui brûle et en même temps sauve est le Christ lui-même, le Juge et Sauveur. La rencontre avec le Christ est l'acte décisif du Jugement. Devant son regard s'évanouit toute fausseté. C'est la rencontre avec Lui qui, nous brûlant, nous transforme et nous libère pour nous faire devenir vraiment nous-mêmes. Les choses édifiées durant la vie peuvent alors se révéler paille sèche, vantardise vide et s'écrouler. Mais dans la souffrance de cette rencontre, où l'impur et le malsain de notre être nous apparaissent évidents, se trouve le salut. Le regard du Christ, le battement de son cœur nous guérissent grâce à une transformation certainement douloureuse, comme « par le feu ».
La souffrance de l'amour devient notre salut et notre joie. Il est clair que la « durée » de cette brûlure qui transforme, nous ne pouvons la calculer avec les mesures chronométriques de ce monde. Le « moment » transformant de cette rencontre échappe au chronométrage terrestre – c'est le temps du cœur, le temps du « passage » à la communion avec Dieu dans le Corps du Christ.
Et vous, monsieur Dumouch, vous prétendez connaître cette façon que Dieu connaît, et en quoi doit consister la possibilité d'être sauvé : l'apparition salvatrice !L'Esprit Saint offre à tous, d'une façon que Dieu connaît, la possibilité d'être [sauvé].
Arnaud a eu raison de me reprendre, j'ai écrit trop vite en pensant au désir constant de Dieu de nous voir venir à Lui.
La "levée de masques" que vous décrivez correspond presque mot pour mot au discours eschatologique de Jésus en Mt 25, 31-46.Mais alors il ne s’agit pas d’une conversion à proprement parlé, mais d’une « levée de masques » : l’âme ne le savait pas, mais celui qu’elle a embaumé dans telle situation, ou flagellé dans telle autre, c’était Jésus, tel est le visage et la caractéristique de Dieu, si différent de ce que cette âme imaginait, et cette « révélation » entraînera une réaction en chaîne qui transformera sa situation – car il est bien dit que l’âme qui ira en enfer, aussi étonnant que cela peut le paraître, fera volontairement le choix d’y aller parce que cela correspond à ses choix passés, à sa détermination implicite et la plus vraie.
Même si elle regrettera d’y séjourner à cause de la souffrance, elle le pourrait qu'elle n'en sortirait pas compte tenu de sa "position" à l'égard de Dieu.
C’est en effet un paradoxe mais cela se comprend. Et c’est aussi vrai que de dire que c’est Jésus qui l’y enverra, mais cela explique en tout cas que la miséricorde de Dieu n’est pas en jeu !
Je m’étonne que vous puissiez encore croire que ce soit mon cas, et je ne pense pas que ce soit cet aspect qui trouble le plus les opposants : c’est plutôt que se passerait après la mort quelque chose qui selon eux devrait se passer avant – et je ne leur donne pas entièrement tort dans la mesure où… j’y reviendrai plus tard pour l’explication.
C’est très bien dit et nous sommes d’accord.
De façon stricte je vous l’accorde. Mais sans aller jusqu’à penser à Judas, les nombreux affrontements dont l’évangile de Jean rend compte entre Lui et les religieux du Temple, sont malgré tout et souvent sans appel sur ce qu’il pense de leur sort et de leur choix .
C’était bien ce passage qui m’inspirait. Quant à ce que j’y vois elle tient compte de la miséricorde comme je viens de l’exprimer.
Admettons (quoiqu'il faudrait voir les extraits auxquels vous pensez), mais quand bien même, qu'il pense ou qu'il sache quoi que ce soit de la destinée des hommes qu'il a rencontrés ne change rien au fait qu'il ne condamne pas : Jésus ne dit jamais : "untel, tu seras damné". Il ne fait que donner des avertissements, devant lesquels on peut éventuellement constater l'obstination de certains. La condamnation aura bien lieu, évidemment. Mais c'est pour l'au-delà. Jésus passe tout son ministère à proposer son Salut. Point.cmoi a écrit : ↑mar. 25 janv. 2022, 14:17 De façon stricte je vous l’accorde. Mais sans aller jusqu’à penser à Judas, les nombreux affrontements dont l’évangile de Jean rend compte entre Lui et les religieux du Temple, sont malgré tout et souvent sans appel sur ce qu’il pense de leur sort et de leur choix .
Autrement dit, entre la justice et la miséricorde, il y a un arbitre et qui est la vérité. Sachant que Jésus est cette vérité, la vérité a un esprit, mais aussi un cœur, une âme et une conscience, et ses décisions font donc intervenir toutes ces facultés à la fois. Si Jésus n’est pas venu en juge mais en sauveur, il n’empêche que sous cette casquette se dévoilait malgré tout l’autre très clairement et sans chichi - avec juste une pointe de réserve.
Mais ce reproche est vain : en rien cette thèse de la rencontre du Christ dans la mort ne suppose que celui-ci en ait besoin. Dieu n'a "besoin" de rien, Il fait tout par amour. Le Jugement lui-même, quelque soit la forme qu'il revête, est le fruit de Sa miséricorde, parce qu'Il respecte la dignité de l'individu.mais là où je donne raison aux « opposants », c’est que précisément ils pourraient reprocher à cette « doctrine », selon la façon dont elle s’expose (et je ne fais que l’amender de considérations supplémentaires à cette fin, car au fond vous ne faites me semble-t-il que décortiquer un tout et en détailler une partie qui est comprise dedans) d’oublier que Jésus sait d’avance quel sera son jugement et qu’il n’a besoin de rien de plus pour l’exercer.
C’est l’âme qui en a besoin pour réaliser sa chance (ou le contraire) mais il n’y a rien de nouveau en soi concernant son sort et à venir d’elle, sinon que la grâce (celle qui donne la foi et qui sauve) lui sera signifiée et qu’elle y réagira comme prévu par son créateur – en l’acceptant ou la refusant, ce qui sera le fruit de sa volonté .
Il est certain que Dieu sait par avance les dispositions passées et futures de chacun. Mais imaginer Dieu imposer Son jugement sans que l'âme sache de quoi il est jugé ni pourquoi fait de Lui un tyran. "Ce seront mes paroles qui vous jugeront" dit Jésus : Nous aurons bien toute connaissance de la cause de notre sort. Et si nous savons pourquoi nous sommes jugés, nous saurons par qui. En cela réside la rencontre de Jésus dans la mort.Ce qui pose une autre ambiguïté ou un autre paradoxe qui répond à la fin de mon précédent message : la miséricorde ne doit pas nous faire oublier la liberté humaine, qui en quelque sorte a le dernier mot, et cette liberté Dieu et lui seul la connaît au point d’en prévoir les mouvements, ce qui rend toute imagination sur la façon dont les choses se déroulent sans conséquence ni nécessité au regard de ce qui s’appuie sur l’histoire et la vie et les choix de la personne ici-bas, mais relèverait plutôt d’une démarche pédagogique.
Bonjour Coco lapin,Coco lapin a écrit : ↑mar. 25 janv. 2022, 13:08 Libremax, dans la parabole du retour du Roi, où voyez-vous la miséricorde ? Où voyez-vous la pleine connaissance de la personne du Christ ?
"- Mais quand, Seigneur, etc ?
- En vérité, c'est à moi que vous avez fait ceci, et pas fait cela. Maintenant allez au feu éternel !"
Il placera les brebis à sa droite, et les boucs à sa gauche.
J'en suis navré, mais les évangiles vous donnent tort, on ne choisit pas le pardon et le salut comme on accepte de se faire servir un bon petit plat au restaurant. Le Christ ne peut que nous montrer le chemin qui mène à la vie éternelle, c'est à nous de faire l'effort de le suivre.
Oui coco lapin, nous sommes d'accord, et je puis vous assurer que tous les interlocuteurs de ce sujet le sont aussi sur ce point :Coco lapin a écrit : ↑mar. 25 janv. 2022, 16:17 Ah d'accord, oui, au moins on saura pour quelles raisons on sera condamné. Toujours est-il que c'est le roi qui les place à sa gauche, ils ne choisissent en rien leur destination, le roi le leur ordonne. C'est comme dans la parabole des vierges folles, ce ne sont pas elles qui choisissent de rester dehors mais l'époux qui leur ferme la porte au nez, et c'est bien définitif, il n'y a pas d'allusion au Purgatoire du genre "revenez quand vous aurez payé".
Je me suis rapidement livré à l'exercice auquel vous m'invitez, un peu hors sujet il est vrai, mais je l'ai trouvé intéressant et cela donne :