Re: Adam et Eve : une existence vraiment historique
Publié : mar. 29 oct. 2019, 1:36
Xavi,
Au risque de vous décevoir, vous n'avez rien apporté à ma compréhension du récit.
Comme vous, j'ai parfaitement saisi que l'accès à la vie éternelle est indissociable de la communion avec Dieu.
Cependant, vous allez trop loin dans votre interprétation et je puis affirmer que vous faites erreur en écrivant : "Or, toucher et partager avec Dieu la connaissance n’était pas interdit. La connaissance en communion d’amour et de confiance était permise."
Seul le fait de manger du fruit peut apporter la connaissance, pas le simple toucher. C'est justement une fois qu'Adam et Eve ont goûté du fruit que leurs yeux s'ouvrent. C'est aussi parce qu'ils l'ont goûté que Dieu s'exclame que "l’homme est devenu comme l’un de nous par la connaissance du bien et du mal !"
Contrairement à ce que vous affirmez, l'humanité n'avait nullement vocation à acquérir la connaissance du bien et du mal qui est l'attribut divin par excellence. Or, en goûtant du fruit, Adam et Eve ont voulu s'émanciper, s'affranchir de leur Créateur et décider par eux-mêmes, se coupant ainsi totalement de Dieu.
Cette remarque achevée, je ne vois pas en quoi la bonne compréhension du récit peut lui donner pour autant une valeur historique.
L'Eglise catholique est extrêmement partagée sur ce point. Pas seulement du fait que les Catholiques orientaux ne croient pas au péché originel (et donc en l'Immaculée Conception). Du côté de Rome, nombre de prêtres et de religieux prennent clairement leurs distances avec l'existence supposée d'Adam et Eve. Il suffit de regarder l'émission La Foi Prise au Mot sur KTO pour s'en convaincre. Le sujet a été traité à plusieurs reprises et je n'ai pas vu un seul intervenant soutenir leur historicité. Il s'agit pourtant d'hommes d'Eglise !
Et nul besoin de remonter jusqu'à Adam et Eve, l'historicité d'Abraham elle-même est sujette à caution jusqu'au cœur de la Bible Traduction Officielle Liturgique qui est utilisée à la messe chaque dimanche. L'introduction à la Genèse est très claire :
"Entrer dans les préoccupations de la communauté qui a produit ce texte est sans conteste la meilleure manière de l'aborder. Un groupe éprouvé ou menacé, qui a perdu ses repères, ressentira un besoin plus urgent de redéfinir sa propre identité et de se situer par rapport à son environnement. Cette tâche s'imposait à la communauté juive dans son effort de restructuration au sortir de l'épreuve de l'Exil. Aussi la Genèse remonte-t-elle jusqu'aux origines du monde et de l'humanité." (p. 56)
"L'histoire des ancêtres commence avec Abraham. La tradition exhalte à juste titre Abraham comme l'ami de Dieu et le père des croyants, celui dont se réclament les trois grandes religions monothéistes. Pourtant, sur le plan de l'histoire, il n'émerge guère comme une figure individuelle qu'au moment de l'Exil (Ez 33,24 ; Is 51,2). Les activités d'Abraham gravitent autour d'Hébron, au sud de Jérusalem, la première capitale de David. La "primauté" du patriarche doit être mise en relation avec la prééminence acquise par le royaume de Juda, sans qu'il soit possible de suivre à la trace la tradition d'Abraham avant l'Exil. Des textes réputés tardifs le font venir de Mésopotamie, pays d'où reviendront les rapatriés." (p. 57)
Je sais pertinemment que ces évidences même vous rebutent car c'est toute votre théologie qui s'effondre, vous qui défendez l'idée d'une tradition relative à Adam et Eve apportée par Abraham (théorie que l'Eglise catholique elle-même ne reprend pas).
Toute personne qui s'informe, ainsi que je le fais, est forcée de reconnaître l'égarement de ce qui est votre cheval de bataille. Libre à vous de persister.
Au risque de vous décevoir, vous n'avez rien apporté à ma compréhension du récit.
Comme vous, j'ai parfaitement saisi que l'accès à la vie éternelle est indissociable de la communion avec Dieu.
Cependant, vous allez trop loin dans votre interprétation et je puis affirmer que vous faites erreur en écrivant : "Or, toucher et partager avec Dieu la connaissance n’était pas interdit. La connaissance en communion d’amour et de confiance était permise."
Seul le fait de manger du fruit peut apporter la connaissance, pas le simple toucher. C'est justement une fois qu'Adam et Eve ont goûté du fruit que leurs yeux s'ouvrent. C'est aussi parce qu'ils l'ont goûté que Dieu s'exclame que "l’homme est devenu comme l’un de nous par la connaissance du bien et du mal !"
Contrairement à ce que vous affirmez, l'humanité n'avait nullement vocation à acquérir la connaissance du bien et du mal qui est l'attribut divin par excellence. Or, en goûtant du fruit, Adam et Eve ont voulu s'émanciper, s'affranchir de leur Créateur et décider par eux-mêmes, se coupant ainsi totalement de Dieu.
Cette remarque achevée, je ne vois pas en quoi la bonne compréhension du récit peut lui donner pour autant une valeur historique.
L'Eglise catholique est extrêmement partagée sur ce point. Pas seulement du fait que les Catholiques orientaux ne croient pas au péché originel (et donc en l'Immaculée Conception). Du côté de Rome, nombre de prêtres et de religieux prennent clairement leurs distances avec l'existence supposée d'Adam et Eve. Il suffit de regarder l'émission La Foi Prise au Mot sur KTO pour s'en convaincre. Le sujet a été traité à plusieurs reprises et je n'ai pas vu un seul intervenant soutenir leur historicité. Il s'agit pourtant d'hommes d'Eglise !
Et nul besoin de remonter jusqu'à Adam et Eve, l'historicité d'Abraham elle-même est sujette à caution jusqu'au cœur de la Bible Traduction Officielle Liturgique qui est utilisée à la messe chaque dimanche. L'introduction à la Genèse est très claire :
"Entrer dans les préoccupations de la communauté qui a produit ce texte est sans conteste la meilleure manière de l'aborder. Un groupe éprouvé ou menacé, qui a perdu ses repères, ressentira un besoin plus urgent de redéfinir sa propre identité et de se situer par rapport à son environnement. Cette tâche s'imposait à la communauté juive dans son effort de restructuration au sortir de l'épreuve de l'Exil. Aussi la Genèse remonte-t-elle jusqu'aux origines du monde et de l'humanité." (p. 56)
"L'histoire des ancêtres commence avec Abraham. La tradition exhalte à juste titre Abraham comme l'ami de Dieu et le père des croyants, celui dont se réclament les trois grandes religions monothéistes. Pourtant, sur le plan de l'histoire, il n'émerge guère comme une figure individuelle qu'au moment de l'Exil (Ez 33,24 ; Is 51,2). Les activités d'Abraham gravitent autour d'Hébron, au sud de Jérusalem, la première capitale de David. La "primauté" du patriarche doit être mise en relation avec la prééminence acquise par le royaume de Juda, sans qu'il soit possible de suivre à la trace la tradition d'Abraham avant l'Exil. Des textes réputés tardifs le font venir de Mésopotamie, pays d'où reviendront les rapatriés." (p. 57)
Je sais pertinemment que ces évidences même vous rebutent car c'est toute votre théologie qui s'effondre, vous qui défendez l'idée d'une tradition relative à Adam et Eve apportée par Abraham (théorie que l'Eglise catholique elle-même ne reprend pas).
Toute personne qui s'informe, ainsi que je le fais, est forcée de reconnaître l'égarement de ce qui est votre cheval de bataille. Libre à vous de persister.