Re: Le drapeau de la France réelle.
Publié : mar. 27 juil. 2010, 23:31
Pour l'intelligence de la foi
https://www.cite-catholique.org/
...et ça n'est pas choisi ni présenté comme un événement fondateur de la royauté."Le vase de Soissons, en revanche, c'est très paisible comme histoire...
Justement, Ti'hamo, tout le monde ne cherche pas à échaffauder des thèses et des doctrines, à faire des généralisations à partir de faits complètement isolés, à brosser de grands traits caricaturaux à partir d'une lecture réduite de faits historiques sélectionnés et uniquement regardés à travers l'image d'Epinal colportée jusqu'à nous, et filtrée par plusieurs siècles de propagandes diverses, tout le monde ne cherche pas à faire passer en force des idéologies, de grandes théories définitives chargées de jugements moraux et anachroniques, de sorte à imposer des idéologies contemporaines.ti'hamo a écrit :@ Philémon...et ça n'est pas choisi ni présenté comme un événement fondateur de la royauté."Le vase de Soissons, en revanche, c'est très paisible comme histoire...
Encore une fois, vous ne lisez pas ce qu'on écrit, vous continuer à essayer de "démontrer" quelque chose, en poursuivant sur votre lancée et en ne faisant que piocher ici et là dans les propos de vos interlocuteurs ce dont vous pensez que ça puisse être utile à votre développement.
Votre réponse montre à quel point vous n'avez pas saisi du tout ce dont il était question. Merci donc de prendre le temps de lire ce à quoi vous répondez, sinon ça n'a aucun sens.
À noter que :
"Peu importe comment ils sont entrés. L'important c'est le résultat final." est une doctrine assez discutable.
ti'hamo a écrit :@Philémon
. Mon choix de symboles n'est pas arbitraire, puisque la fête nationale, il me semble, est le 14 juillet.
Vous faites remarquer que les épisodes violents se retrouvent à toutes les époques : mais, justement, c'est cela la question : pourquoi avoir choisi (et ce n'est pas moi qui l'ai ainsi choisi) comme symbole de "la Liberté" un acte violent, irrationnel, et par définition pas libre du tout ?
On voit bien que c'est le 14 juillet que les choses évoluent de façon significative. Le 13 juillet, la veille, est fondée la municipalité de Paris, on forme une garde municipale. Le lendemain, cette garde s'empare de la Bastille : logique, le peuple réclame de contrôler ses citadelles pour assurer sa défense. Cela aurait pu se passer sans violence, si le gouverneur n'avait pas fait tirer sur la foule. Ce n'est pas la violence en tant que telle qui est exaltée. Le lendemain Bailly est élu maire de Paris, et Paris est vraiment maître de ses murs depuis que la Bastille est tombée. On forme une Garde nationale. Dès ce moment, le pouvoir réel est dans Paris. Louis XVI n'a plus aucune marge de manoeuvre. Il doit rappeler Necker le 16, venir à l'Hôtel de ville le 17, où l'attendent le maire, la municipalité, la garde nationale, il doit porter la cocarde tricolore. Le rapport de force a radicalement changé, et c'est bien la Prise de la Bastille qui marque symboliquement ce basculement.5 mai : Ouverture des États généraux à Versailles dans la salle des Menus Plaisirs.
6 mai : Brissot publie le premier numéro du « Patriote français ». Un arrêt du Conseil d'État interdit la publication toute espèce de journaux sans autorisation expresse.
13 juin : 3 membres du clergé se joignent au tiers état (trois prêtres venant de Poitou.) Louis XVI ne réagit pas, son fils ainé de sept ans se meurt, il est à son chevet.
17 juin : Le tiers état se proclame Assemblée nationale, les deux autres ordres ayant refusé la délibération commune.
19 juin : Louis XVI pour seule réaction décide de fermer la salle des Menus Plaisirs en prétextant des travaux.
Barère publie le 1er numéro du « Point du jour ».
De nouveaux délégués du Clergé se joignent au tiers état.
20 juin : Le matin les députés se heurtent à la fermeture de la salle des menus plaisirs. J.Guillotin proposera alors de se réunir dans la salle du jeu de paume. Dans cette salle les députés prêtent serment de ne jamais se séparer tant que la France ne sera pas dotée d'une constitution écrite : c'est le Serment du Jeu de Paume .
22 juin : L'Assemblée nationale se réunit à l'église Saint-Louis à Versailles.
23 juin :
Séance royale : Le roi se rend lui même dans la salle du jeu de paume et déclare le maintien des trois ordres et annule les délibérations du 17 juin tout en acceptant un certains nombres des réformes des députés des états généraux (par exemple réforme fiscale)
Apostrophe apocryphe de Mirabeau : « Nous sommes ici par la volonté du peuple et nous n'en sortirons que par la force des baïonnettes ».
L'Assemblée nationale déclare inviolable la personne de ses députés.
Création du Club Breton
27 juin : Le roi cède aux revendications, renonce aux trois ordres et accepte l'assemblée constituante.
28 juin : 1er numéro du Patriote français de Brissot.
9 juillet : Proclamation de l'Assemblée constituante
11 juillet : Renvoi de Necker. Mécontentement, agitation dans Paris
Joseph-Gilbert Motier, marquis de La Fayette présente un projet de déclaration des Droits de l'Homme à l'Assemblée constituante.
12 juillet : Harangue de Camille Desmoulins au Palais-Royal.
13 juillet : Formation d'une municipalité et d'une garde bourgeoise à Paris.
14 juillet : Prise de la Bastille
15 juillet :
Bailly devient le premier maire de Paris.
Le commandement de la garde Nationale de Paris est confié au marquis de La Fayette.
16 juillet : Necker est rappelé dans ses fonctions
17 juillet : Louis XVI à l'Hôtel de ville de Paris; Adoption par Louis XVI de la cocarde tricolore.
18 juillet : Début de l'émigration avec le départ des grandes familles du royaume (Condé, Artois, etc.). Cela marque aussi le début de la Grande Peur.
4 août : Abolition des privilèges et du système féodal.
26 août : Déclaration des droits de l'homme et du citoyen.
11 septembre : l'Assemblée constituante accorde au roi le droit de veto.
5-6 octobre : Révolte du peuple de Paris.
marche des femmes sur Versailles, qui force le roi à retirer son véto et à signer les décrets d'abolition des privilèges et la DDHC.
le roi est forcé de rentrer a Paris et est installé au palais des Tuileries.
l'Assemblée s'installe à Paris.
Lisez la chronologie, et vous verrez que ce n'est pas une affaire de soulèvement désordonné d'une masse, mais un processus coordonné de prise de pouvoir, où s'articule logiquement le comportement de la foule, la constitution d'une autorité municipale, d'une garde, parallèlement à l'émancipation des députés du Tiers-Etat, et leur lutte contre un pouvoir absolu de moins en moins légitime. Tout cela a marché ensemble. L'irrationnel est plutôt du côté absolutiste que du côté démocratique, d'un point de vue moderne.Or choisir de fonder cette représentation, magnifiée et glorifiée par des termes comme "liberté" ou "fraternité", avant tout sur la lutte, la guerre contre les déclarés "nantis", les mouvements de soulèvement de masse et la peur irrationnelle, voir et désigner là LE fondement de la liberté et de la république, me semble assez problématique.
Ce que vous dites est grotesque. Comment nier les privilèges, comment nier les rapports dominés-dominants dans la société, comment nier l'injustice sociale, les écarts de richesse, l'exploitation des faibles par les puissants ?D'autant que ce sont là, justement, des ressorts qui continuent de jouer : ne pas voir comme but le bien commun, la vie commune à construire, mais voir et vouloir d'abord s'imaginer, et devoir s'imaginer, comme les grands ancêtres fondateurs, en lutte contre les nantis, les méchants, les riches, les privilégiés,
que l'on désigne avec tout autant d'intelligence et de lucidité qu'à l'époque, d'ailleurs (normal, puisqu'il s'agit de peurs irrationnelles, d'envie, et de mouvements de foule).
Tant que vous voulez. Par quoi pourrions-nous remplacer cette république bourgeoise et capitaliste, par exemple ?Ma question n'est donc pas (il me semblait pourtant que c'était clair) : "est-ce que la république c'est bien ?" mais quelle république, sur quels fondements et pour quel but.
Mais non... Je répondais à ces messieurs cy-devant Dragon du Roy et Harfang, pour contrebalancer leur point de vue légitimiste, et expliquer celui de la Révolution. Je n'ai jamais dit que la monarchie était en soi une tyrannie. Mais au lieu de caricaturer la Révolution, je trouve plus intéressant de comprendre le raisonnement révolutionnaire, et de le situer dans son temps. Je n'en fais pas une vérité idéologique absolue.(pour le reste je n'ai rien compris : précédemment vous avez essayé d'expliquer à tout le monde en quoi "la monarchie" c'est forcément "la tyrannie" et motivé par le seul appât du gain et du pouvoir, puis finalement vous soutenez n'avoir jamais cherché à dénigrer un mode d'organisation politique plutôt qu'un autre car ce serait anachronique... enfin tout cela manque un peu de cohésion.
Ben quand on parle avec un mec qui dit que la monarchie d'Ancien régime c'était mieux que la République, je ne trouve pas absurde de rappeler tous ces aspects, qui sont vrais historiquement.Quant à l'anachronisme, il me semble qu'appliquer aux époques féodales puis de l'Ancien Régime un cadre de lecture en forme de lutte des classes, avec des seigneurs malhonnêtes forcément motivés par leur intérêt économique et exploiteurs, c'en est un, d'anachronisme.)
C'est fatigant, vous interprétez systématiquement votre interlocuteur en lui attribuant des théories, des généralisations, et des sytèmes de pensée. Je ne lis pas l'histoire par le filtre de la lutte des classes. Où m'avez-vous vu dire ça ? Je dis simplement que c'est un aspect de l'histoire.L'inégalité hommes/femmes est aussi un aspect de l'histoire. On ne peut pas plus nier ces réalités qu'on ne peut en faire des fils conducteurs.ti'hamo a écrit :@Philémon
. Vouloir relire toute l'Histoire à travers le seul filtre d'une soit-disant "lutte des classes", c'est se condamner à ne rien comprendre ni à l'Histoire, ni aux personnes des temps passés, ni à leur vie. Un peu comme les courants féministes qui veulent à tout prix tout réinterpréter en termes de lutte de dominance "homme/femme".
Le résultat d'une telle "étude", c'est qu'on ne retient de l'Histoire que ce qui arrange le parti pris initial, a priori, voire qu'on réécrit les passages ne cadrant pas avec la conclusion voulue. Donc, qu'on ne fait pas d'Histoire.
ok : le débarquement américain en Normandie est un évènement violent, dans ce cas. La libération de Paris est un évènement violent. Les campagnes de Jeanne d'Arc étaient violentes. Le Christ était violent lorsqu'il chassait les marchands du Temple. Le problème, c'est que vous cherchez à réduire l'évènement à une partie de son aspect factuel. ça n'a aucun sens. Vous cherchez à manipuler l'histoire pour faire passer vos idées, en choisissant uniquement les faits qui vous arrangent.. Dire d'un acte violent qu'il est violent, ça n'a rien d'anachronique. Une foule qui décapite des gens, qui éviscère une femme et va trimballer sa tête et ses organes génitaux sous les fenêtres de son amie, c'est violent. Quelle que soit l'époque.
Non. La réalité concrète est la Prise de la Bastille, c'est-à-dire la prise de contrôle par le peuple de Paris, qui vient de se constituer en municipalité, d'une citadelle importante se trouvant dans ses murs. Le fait qu'il y ait eu des débordements, des morts, est purement accidentel.Qu'on choisisse ensuite de récupérer l'événement pour en faire un symbole, soit. Mais alors il y a, dans ce cas, dans le cas d'un tel acte, d'un côté les événements, et de l'autre le symbole qu'on veut en faire ; mais l'acte en lui-même ne contient pas ce symbole. C'est là une opération purement intellectuelle, abstraite. D'un côté la réalité concrète, de l'autre le monde des idées, ce dernier puisant dans le premier pour en tirer au hasard des illustrations.
(et là on pourra faire un apparté sur Descartes, au point où on en est...)
Oui, c'est ce que je dis. Il y a une mise en place d'une idéologie nationale, par le moyen de symboles.. Dans le même ordre d'idée, parler d'"avènement de la liberté" à ce propos est là encore une relecture, une idée, un produit de l'imaginaire qui réinvente une histoire en la colorant par des bribes de faits réels : la liberté ne naît pas en 1789.
C'était déjà l'imagination présomptueuse des intellectuels du XVIIIe qui s'imaginaient avoir découvert et inventé la culture, la raison, la science, la philosophie, et la réflexion, et cela aboutit assez logiquement à s'imaginer inventer et découvrir la liberté.
(là encore, on retrouve les mêmes mécanismes de pensée quand notre époque actuelle s'imagine avoir découvert et inventé la liberté et l'amour, que les innombrables siècles précédents n'auraient, pense-t-telle, jamais connus ni même imaginés).
La notion de liberté ne repose pas sur un acte violent en lui-même. Cette violence découle uniquement de la résistance s'opposant à cette aspiration à la liberté. La violence n'est pas forcément illégitime. Si je viens chez vous et que je tente de vous expulser, vous allez, je suppose, me résister. Et pour cela, vous userez de violence... Si des kidnappeurs vous enlèvent et vous réduisent en esclavage dans un camp, et que vous décidiez de vous enfuir, je suppose que vous ferez à un moment appel à la violence, si par exemple quelqu'un se met en travers de votre chemin. Vous aurez ainsi fondé votre liberté sur un acte violent, selon votre théorie. Vous voyez, c'est absurde. Et Clovis, pour convertir son royaume au christianisme, a bien dû conquérir ce royaume par la violence, aussi ! Donc, ça ne veut strictement rien dire.Je laisse posée ma question : pourquoi devoir à tout prix fonder la notion de liberté sur un acte violent, irrationnel (c'est vous-même qui avez parlé de peur irrationnelle), pourquoi devoir fonder la notion de liberté avant tout sur des principes de lutte, de guerre, de rejet, de division,
et pour quelles conséquences ?
Non, je regarde ce qui s'est passé sans porter de jugement, et en essayant de comprendre. C'est tout.Remarquez aussi que vos messages ne feront que conforter Dragon du roy ou d'autres dans leur propre analyse : vous leur confirmez que la république est née uniquement du rejet total du passé, de l'opposition violente, de la guerre d'une partie des français contre une autre, que cela devait naître ainsi, que cela est bon et souhaitable, et louable, et que cela doit se poursuivre et se répéter comme moteur principal de la société, et comme exercice principal de la liberté. Vous confirmez totalement leur conception d'une république fière d'être née dans le sang, fondée avant tout sur la division et la démagogie, en justifiant même cette attitude !
Je trouve ça encore réducteur. Pourquoi la fête de la Fédération a-t-elle eu lieu un 14 juillet ? A peine un an après, il s'agissait bien de célébrer déjà la Prise de la Bastille. Donc si on commémore la Fédération, on commémore aussi la Prise de la Bastille.La précision de Serge vient par contre m'éclairer plus heureusement sur ma question : il est possible et il existe une autre vision et un autre exercice de la république, plus apaisée, et dès l'origine des républicains recherchèrent cette autre vision, cet apaisement.
Quel fondement injuste ? Vous pourriez donner un exemple ?À mon sens, voir dans la révolution française une œuvre aux fondements bons et louables, bénéfique, malgré quelques égarements marginaux, c'est inverser la réalité, et que bien plutôt cette révolution soit un mouvement aux fondements injustes, faux, dans lequel cependant certaines personnes de bonne volonté se retrouvèrent plus ou moins engagées.
Une vision moins optimiste quoique pas forcément fausse serait que les personnes de bonne volonté en question sont apparues un peu plus tard
En général, il me semble que ce n'est pas ce que vont faire les observateurs non plus, comme les commentateurs d'époque jusqu'à aujourd'hui, et comme pratiquement tous les historiens quoi.Mais il ne me semble pas honnête ou en tout cas pas exact de prendre prétexte de ces mouvements légitimes (au moins en partie) de contestation, de réformes, pour justifier et glorifier toute la révolution
... et voili-voilou !Alors que ce que je vous propose, c'est de ne pas juger l'histoire, ne pas juger la Révolution, ni l'Ancien Régime, mais d'accepter l'ensemble de cet héritage et de voir, aujourd'hui, les leçons objectives à en tirer, pour le bien actuel de la Cité, ou pour la simple méditation intemporelle de l'histoire des hommes. Je ne suis pas en train de prôner la Révolution contre l'Ancien Régime, parce que c'est à mes yeux anachronique. Je n'ai rien contre l'ancienne royauté. L'histoire est ce qu'elle est, et l'humanité évolue. Il n'y a pas de jugement à porter sur l'histoire. Elle est à prendre telle qu'elle est.