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Re: Du pouvoir dans l''Eglise
Publié : mer. 27 mai 2015, 11:38
par Mac
Bonjour Etienne,
etienne lorant a écrit :...que j'occupe depuis quinze abs pour un loyer extraordinaire de ... cinquante euros !
Merci pour ton commentaire Etienne et ceux du Pape aussi.
cinquante euros ...c'est extraordinaire tu as raison.
Fraternellement.

Dieu entend les cris des aveugles
Publié : jeu. 28 mai 2015, 10:22
par etienne lorant
Jeudi de la 8e semaine du Temps Ordinaire
Livre de l'Ecclésiastique 42,15-26.
Je vais rappeler les œuvres du Seigneur. Ce que j’ai vu, je vais le raconter : c’est par sa parole que le Seigneur a réalisé ses œuvres, tel fut son décret par sa bénédiction.
Comme le soleil, dans son éclat, regarde chaque chose, ainsi la gloire du Seigneur rayonne dans toute son œuvre.
Il est impossible aux anges, les saints du Seigneur, de décrire toutes les merveilles que le Seigneur souverain de l’univers fit inébranlables pour que l’univers soit affermi dans sa gloire.
Le Seigneur a scruté les abîmes et les cœurs, il a discerné leurs subtilités. Car le Très-Haut possède toute connaissance, il a observé les signes des temps,
faisant connaître le passé et l’avenir, et dévoilant les traces des choses cachées.
Aucune pensée ne lui a échappé, pas une parole ne lui a été cachée.
Il a organisé les chefs-d’œuvre de sa sagesse, lui qui existe depuis toujours et pour toujours ; rien n’y fut ajouté ni retranché :
il n’a eu besoin d’aucun conseiller.
Comme toutes ses œuvres sont attirantes, jusqu’à la plus petite étincelle qu’on peut apercevoir !
Tout cela vit et demeure à jamais, remplit son office et lui obéit.
Tout va par deux, l’un correspond à l’autre, il n’a rien fait de défectueux,
il a confirmé l’excellence d’une chose par l’autre ; qui se rassasierait de contempler sa gloire ?
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 10,46-52.
En ce temps-là, tandis que Jésus sortait de Jéricho avec ses disciples et une foule nombreuse, le fils de Timée, Bartimée, un aveugle qui mendiait, était assis au bord du chemin.
Quand il entendit que c’était Jésus de Nazareth, il se mit à crier : « Fils de David, Jésus, prends pitié de moi ! »
Beaucoup de gens le rabrouaient pour le faire taire, mais il criait de plus belle : « Fils de David, prends pitié de moi ! »
Jésus s’arrête et dit : « Appelez-le. » On appelle donc l’aveugle, et on lui dit : « Confiance, lève-toi ; il t’appelle. »
L’aveugle jeta son manteau, bondit et courut vers Jésus.
Prenant la parole, Jésus lui dit : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » L’aveugle lui dit : « Rabbouni, que je retrouve la vue ! »
Et Jésus lui dit : « Va, ta foi t’a sauvé. » Aussitôt l’homme retrouva la vue, et il suivait Jésus sur le chemin.
Textes de l’Évangile au quotidien
Parmi la foule qui guette le passage de Jésus, à la sortie de Jéricho, nombreux sont venus par curiosité, pour voir le Nazaréen dont la réputation commence de se répandre. Mais l'aveugle et mendiant Bartimée, nom qui signifie simplement qu'il est le fils de Timée, est parmi toutes les personnes qui se pressent au bord de la route, le seul qui a placé en Jésus l'espérance d'être guéri de sa cécité. Car pour tous les autres, l'homme qui va passer n'est encore que Jésus de Nazareth. Ils ont entendu parler de lui et beaucoup se posent des questions à son sujet : ils sont là par curiosité tandis que l'aveugle est là pour mendier et survivre, ce qui est tout différent, bien sûr.
Jésus, pour lui, est l'occasion unique d'être guéri: si quelqu'un sur terre peut quelque chose pour lui, c'est bien ce Jésus dont il a entendu parler; il est bien cet homme que Jean le baptiste, le prophète, a désigné comme étant plus grand que lui. D'un seul coup, Bartimée comprend qu'il tient sa chance d'être guéri de sa cécité et de sortir de sa misère. Il se met donc à crier après Jésus, quitte à exaspérer tout le monde, peu lui importe !
Et lorsque Jésus l'appelle, le voici qu'il se lève, qu'il abandonne son manteau et s'élance dans l'inconnu et dans le noir absolu pour le rencontrer. Ce ne sont déjà plus les yeux de chair qui lui permettent ce mouvement, mais c'est son âme, qui vient de s'éveiller à l'espérance. Jésus ne lui pose donc qu'une question, mais de la manière dont il la pose, il est évident que ne sont pas seulement les yeux de chair que le Seigneur va ouvrir à la lumière, mais aussi le regard intérieur... Car toutes et tous, autant que nous sommes - et moi-même certainement, nous avons été cet aveugle sur le bord du chemin. Comme lui, nous nous sommes sentis souvent perdus face au monde, nous nous sommes demandés que faire, nous avons cherché à comprendre, nous avons espéré des réponses. Je me retrouve moi-même dans cette guérison car avant ma conversion, je n'avais pas cessé de tergiverser entre la conquête du bonheur et celle de l'argent et du pouvoir...
Si trois des évangélistes ont retenu cet épisode dans leurs écrits, c'est bien qu'ils ont saisi son importance. Aussi bien, la première lecture dit encore : "Aucune pensée ne lui a échappé, pas une parole ne lui a été cachée "et "toutes ses œuvres sont attirantes, jusqu’à la plus petite étincelle qu’on peut apercevoir"...
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Montagne de l'égo, jette-toi dans la mer !
Publié : ven. 29 mai 2015, 10:25
par etienne lorant
Vendredi de la 8e semaine du Temps Ordinaire
Livre de l'Ecclésiastique 44,1.9-13.
Faisons l’éloge de ces hommes glorieux qui sont nos ancêtres.
Il y en a d’autres dont le souvenir s’est perdu ; ils sont morts, et c’est comme s’ils n’avaient jamais existé, c’est comme s’ils n’étaient jamais nés, et de même leurs enfants après eux.
Il n’en est pas ainsi des hommes de miséricorde, leurs œuvres de justice n’ont pas été oubliées.
Avec leur postérité se maintiendra le bel héritage que sont leurs descendants.
Leur postérité a persévéré dans les lois de l’Alliance, leurs enfants y sont restés fidèles grâce à eux.
Leur descendance subsistera toujours, jamais leur gloire ne sera effacée.
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 11,11-26
Après son arrivée au milieu des acclamations de la foule, Jésus entra à Jérusalem, dans le Temple. Il parcourut du regard toutes choses et, comme c’était déjà le soir, il sortit pour aller à Béthanie avec les Douze.
Le lendemain, quand ils quittèrent Béthanie, il eut faim.
Voyant de loin un figuier qui avait des feuilles, il alla voir s’il y trouverait quelque chose ; mais, en s’approchant, il ne trouva que des feuilles, car ce n’était pas la saison des figues.
Alors il dit au figuier : « Que jamais plus personne ne mange de tes fruits ! » Et ses disciples avaient bien entendu.
Ils arrivèrent à Jérusalem. Entré dans le Temple, Jésus se mit à expulser ceux qui vendaient et ceux qui achetaient dans le Temple. Il renversa les comptoirs des changeurs et les sièges des marchands de colombes,
et il ne laissait personne transporter quoi que ce soit à travers le Temple.
Il enseignait, et il déclarait aux gens : « L’Écriture ne dit-elle pas : Ma maison sera appelée maison de prière pour toutes les nations ? Or vous, vous en avez fait une caverne de bandits. »
Apprenant cela, les grands prêtres et les scribes cherchaient comment le faire périr. En effet, ils avaient peur de lui, car toute la foule était frappée par son enseignement.
Et quand le soir tomba, Jésus et ses disciples s’en allèrent hors de la ville.
Le lendemain matin, en passant, ils virent le figuier qui était desséché jusqu’aux racines.
Pierre, se rappelant ce qui s’était passé, dit à Jésus : « Rabbi, regarde : le figuier que tu as maudit est desséché. »
Alors Jésus, prenant la parole, leur dit : « Ayez foi en Dieu.
Amen, je vous le dis : quiconque dira à cette montagne : “Enlève-toi de là, et va te jeter dans la mer”, s’il ne doute pas dans son cœur, mais s’il croit que ce qu’il dit arrivera, cela lui sera accordé !
C’est pourquoi, je vous le dis : tout ce que vous demandez dans la prière, croyez que vous l’avez obtenu, et cela vous sera accordé.
Et quand vous vous tenez en prière, si vous avez quelque chose contre quelqu’un, pardonnez, afin que votre Père qui est aux cieux vous pardonne aussi vos fautes.
Textes de l’Évangile au quotidien
Jésus n'a-t-il pas maudit un figuier sain, mais dont ce n'était pas la saison, pour nous donner une leçon de foi et de vigilance dans la pratique de notrefoi ? Il est clair, comme pour la parabole des vignerons homicides, que le figuier représente Israël. Car de très nombreux épisodes de l'ancien testament nous montrent comment les israélites ont cherché à instrumentaliser leur relation à Dieu pour mener des guerres inutiles. Dans le Premier livre de Samuel, battus par les Philistins à la bataille d'Eben Ezer, ils décident de placer l'arche d'alliance en tête de leurs troupes, convaincus que Dieu ne peut, dès lors, que leur donner la victoire ! Mais ils furent de nouveau battus et la précieuse arche fut saisie par l'ennemi, d'alliance qui l'emportèrent à Ashdod dans le temple de Dagon . Plus tard, ils récriminèrent encore devant le prophète Samüel, afin d'avoir un roi et d'être "comme les autres peuples"... Ces exemples de détournements de la foi en disent long sur la tentation, pour tout homme, dans sa relation à Dieu, d'avoir "le dessus". Ces calculs sont médiocres et peuvent fausser complètement nos relations à Dieu.
Bref, lorsque Jésus maudit le figuier, il rétablit, en quelque sorte, la véritable relation de l'homme avec son créateur. On retrouve la même issue dans le langage de l'Ecclésiastique : parmi les ancêtres, Il y en a dont le souvenir s’est perdu ; ils sont morts, et c’est comme s’ils n’avaient jamais existé - mais quant aux hommes qui ont pratiqué la miséricorde leur descendance subsistera toujours, jamais leur gloire ne sera effacée.
Ceci vaut aussi pour nous, dans notre propre relation à Dieu. Une pratique impeccable et rigide de tous les sacrements ne nous vaut pas plus que pour les juifs du temps de Jésus, si notre pratique ue ne nous conduit pas à la miséricorde envers notre prochain, quel qu'il soit. Que cet obstacle qu'est la "montagne" de notre ego, aille donc se jeter dans la mer !
(Pour cette fois, le Doyen a prêché - lundi, retour de congés de notre prêtre...)
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Celui qui a des oreilles, qu'il entende !
Publié : sam. 30 mai 2015, 10:29
par etienne lorant
Samedi de la 8e semaine du Temps Ordinaire
Livre de l'Ecclésiastique 51,12c-20.
Je veux te rendre grâce et te louer, je bénirai le nom du Seigneur.
Quand j’étais encore jeune et que je n’avais pas erré çà et là, aux yeux de tous j’ai cherché la Sagesse dans ma prière.
Devant le Temple, je priais pour la recevoir, et jusqu’au bout je la rechercherai.
Depuis la fleur jusqu’à la maturité de la grappe, elle a été la joie de mon cœur. Mon pied s’est avancé sur le droit chemin ; depuis ma jeunesse, je marchais sur ses traces.
Il m’a suffi de tendre un peu l’oreille pour la recevoir, et j’y ai trouvé de grandes leçons.
Grâce à elle, j’ai progressé ; je rendrai gloire à celui qui me donne la Sagesse.
J’ai résolu de la mettre en pratique, ardemment j’ai désiré le bien, et jamais je n’aurai à le regretter.
Pour elle, j’ai vaillamment combattu, j’ai mis, à pratiquer la Loi, beaucoup d’exactitude. J’ai levé mes mains vers le ciel, j’ai déploré de la connaître si mal.
J’ai dirigé mon âme vers elle, c’est dans la pureté que je l’ai trouvée. Avec elle, dès le commencement, j’ai trouvé l’intelligence, c’est pourquoi je ne serai jamais abandonné.
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 11,27-33.
En ce temps-là, Jésus et ses disciples reviennent à Jérusalem. Et comme Jésus allait et venait dans le Temple, les grands prêtres, les scribes et les anciens vinrent le trouver.
Ils lui demandaient : « Par quelle autorité fais-tu cela ? Ou alors qui t’a donné cette autorité pour le faire ? »
Jésus leur dit : « Je vais vous poser une seule question. Répondez-moi, et je vous dirai par quelle autorité je fais cela.
Le baptême de Jean venait-il du ciel ou des hommes ? Répondez-moi. » Ils se faisaient entre eux ce raisonnement : « Si nous disons : “Du ciel”, il va dire : “Pourquoi donc n’avez-vous pas cru à sa parole ?” - Mais allons-nous dire : “Des hommes” ? » Ils avaient peur de la foule, car tout le monde estimait que Jean était réellement un prophète.
Ils répondent donc à Jésus : « Nous ne savons pas ! » Alors Jésus leur dit : « Moi, je ne vous dis pas non plus par quelle autorité je fais cela. »
Textes de l’évangile au quotidien
Dans cette brève altercation avec les grands prêtres, les scribes et les anciens, se sont de nouveau réunis pour essayer de confondre Jésus par une question piège. Mais à nouveau, ils ne feront, une fois de plus, qu'illustrer le proverbe : tel est pris qui croyait prendre. Mais ce qui est intéressant, c'est comment l'évangéliste Marc s'y prend pour nous dévoiler leurs raisonnements secrets, dans lesquels ils vont s'empêtrer, non par un défaut dans leurs calculs, mais parce qu'ils ne recherchent pas sincèrement la vérité.
Eh bien, nombreux sont les "apprentis chrétiens" qui vont parcourir les évangiles, non pour chercher vraiment la vérité, non pour découvrir quelque chose de neuf qui les ferait progresser dans leur conscience, mais au contraire, afin de pouvoir dire plus tard: "Moi, je l'ai lu, le livre des chrétiens, et je peux dire que leur évangile est rempli de contradictions, de situations improbables, de raisonnements "tirés par les cheveux" ! Il y a très longtemps, désormais, je fus un de ces raisonneurs - c'est pour cela que je veux en dire quelque chose et témoigner un peu de mon "bouleversement".
La lecture de l’Évangile ne sert à rien pour celles et ceux qui se sentent satisfaits dans leur propre existence. La lecture de l’Évangile est même détestable pour les humains qui vivent uniquement de que suggère le monde : "La vie est courte, profitons-en au maximum !" - ce sont les mêmes qui disent durant leur jeunesse : "Après nous le déluge !", mais qui finissent tout de même par conclure avec leur conscience empesée : "Après nous les mouches !" - car la crainte finit toujours par saisir le pécheur endurci...
A côté des profiteurs et des jouisseurs, qui veulent chasser tout entrave à la conquête de la fortune, du pouvoir et des plaisirs, il y a pourtant un très grand nombre d'indécis sincères - qui cherchent la vérité comme un Bien qui leur permettrait de progresser en cessant de craindre l'issue finale. Il y a également ceux qui ont perdu un être cher, qui ont le cœur brisé et voudraient bien être consolés. Sans doute, ils commenceront comme l'Ecclésiastique, par rechercher une forme de sagesse. Et ceux-là, s'ils persévèrent trouveront sûrement Jésus qui est le chemin qui conduit à la vérité, et la vérité qui conduit à la Vie. (Saint Jean, 14,6)
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Nous aussi somme les témoins de la Miséricorde
Publié : lun. 01 juin 2015, 10:30
par etienne lorant
Lundi de la 9e semaine du Temps Ordinaire
Livre de Tobie 1,3.2,1a-8.
Moi, Tobith, j’ai marché dans les voies de la vérité et j’ai fait ce qui est juste tous les jours de ma vie ; j’ai fait beaucoup d’aumônes à mes frères et aux gens de ma nation qui avaient été emmenés captifs avec moi au pays des Assyriens, à Ninive.
C’est ainsi que, sous le règne d’Asarhaddone, je revins chez moi, et ma femme Anna me fut rendue, ainsi que mon fils Tobie. Lors de notre fête de la Pentecôte, qui est la sainte fête des Semaines, on me prépara un bon repas et je m’étendis pour le prendre.
On plaça devant moi une table et on me servit quantité de petits plats. Alors je dis à mon fils Tobie : « Va, mon enfant, essaie de trouver parmi nos frères déportés à Ninive un pauvre qui se souvienne de Dieu de tout son cœur ; amène-le pour qu’il partage mon repas. Moi, mon enfant, j’attendrai que tu sois de retour. »
Tobie partit chercher un pauvre parmi nos frères. À son retour, il dit : « Père ! – Qu’y a-t-il, mon enfant ? – Père, quelqu’un de notre nation a été assassiné ; il a été jeté sur la place publique, il vient d’y être étranglé. »
Laissant là mon repas avant même d’y avoir touché, je me précipitai, j’enlevai de la place le cadavre que je déposai dans une dépendance en attendant le coucher du soleil pour l’enterrer.
À mon retour, je pris un bain et je mangeai mon pain dans le deuil,
en me rappelant la parole que le prophète Amos avait dite sur Béthel : « Vos fêtes se changeront en deuil, et tous vos chants en lamentation. »
Et je me mis à pleurer. Puis, quand le soleil fut couché, je partis creuser une tombe pour enterrer le mort.
Mes voisins se moquaient de moi : « N’a-t-il donc plus peur ?, disaient-ils. On l’a déjà recherché pour le tuer à cause de cette manière d’agir, et il a dû s’enfuir. Et voilà qu’il recommence à enterrer les morts ! »
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 12,1-12.
Jésus se mit à leur parler en paraboles : « Un homme planta une vigne, il l’entoura d’une clôture, y creusa un pressoir et y bâtit une tour de garde. Puis il loua cette vigne à des vignerons, et partit en voyage.
Le moment venu, il envoya un serviteur auprès des vignerons pour se faire remettre par eux ce qui lui revenait des fruits de la vigne.
Mais les vignerons se saisirent du serviteur, le frappèrent, et le renvoyèrent les mains vides.
De nouveau, il leur envoya un autre serviteur ; et celui-là, ils l’assommèrent et l’humilièrent.
Il en envoya encore un autre, et celui-là, ils le tuèrent ; puis beaucoup d’autres serviteurs : ils frappèrent les uns et tuèrent les autres.
Il lui restait encore quelqu’un : son fils bien-aimé. Il l’envoya vers eux en dernier, en se disant : “Ils respecteront mon fils.”
Mais ces vignerons-là se dirent entre eux : “Voici l’héritier : allons-y ! tuons-le, et l’héritage va être à nous !”
Ils se saisirent de lui, le tuèrent, et le jetèrent hors de la vigne.
Que fera le maître de la vigne ? Il viendra, fera périr les vignerons, et donnera la vigne à d’autres.
N’avez-vous pas lu ce passage de l’Écriture ? La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle :
c’est là l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux ! »
Les chefs du peuple cherchaient à arrêter Jésus, mais ils eurent peur de la foule. – Ils avaient bien compris en effet qu’il avait dit la parabole à leur intention. Ils le laissèrent donc et s’en allèrent.
Textes de l’Évangile au quotidien
Tobith, exilé en terre étrangère, à Ninive, garde sa foi en Dieu en dépit des circonstances et pratique fidèlement la miséricorde. C'est ainsi qu'il envoie son fils chercher un pauvre parmi ses frères afin de lui offrir de partager son repas. Or, ce que trouve Tobie, c'est le cadavre d'un autre de ses compatriotes, un corps dont l'oppresseur interdit même l'ensevelissement. Mais s'il ne peut pratiquer la miséricorde en offrant un repas à l'un de ses compatriotes, c'est envers sa dépouille que Tobith le fera.
Si Tobith agit ainsi et ne perd pas courage, le propriétaire de la vigne, dans la parabole, prend patience lui aussi. Dieu n'a cessé d'envoyer des prophètes aux Israélites, des juges et finalement des rois selon son cœur afin et il met le comble à son amour et à sa patience en leur envoyant son Fils. Jésus sera mis à mort, mais sa mort sera naissance pour toutes celles et tous ceux qui adhèreront à sa parole.
Les textes de ce jour, nous a dit le prêtre, doivent nous inciter, non à quitter le monde en bouleversement - tel que nous le voyons se produire, mais à inaugurer déjà, entre nous et autour de nous, le règne de Dieu. Il nous a réellement engagés à ne rien craindre du témoignage de la foi pratiquée puisque notre témoignage parlera toujours plus haut que les mensonges de notre temps... Une homélie que j'ai trouvée bien adaptée à notre époque tout autant qu'à ce beaucoup d'entre nous vivent individuellement.
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Raisonnements humains et sagesse divine
Publié : mar. 02 juin 2015, 10:23
par etienne lorant
Mardi de la 9e semaine du Temps Ordinaire
Livre de Tobie 2,9-14.
Cette nuit-là, je pris un bain, puis j’entrai dans la cour de ma maison et je m’étendis contre le mur de la cour, le visage découvert à cause de la chaleur.
Je ne m’aperçus pas qu’il y avait des moineaux dans le mur, au-dessus de moi, et leur fiente me tomba toute chaude dans les yeux et provoqua des leucomes. Je me rendis chez les médecins pour être soigné, mais plus ils m’appliquaient leurs baumes, plus ce voile blanchâtre m’empêchait de voir, et je finis par devenir complètement aveugle : je restai privé de la vue durant quatre ans. Tous mes frères s’apitoyaient sur mon sort, et Ahikar pourvut à mes besoins pendant deux ans jusqu’à son départ pour l’Élymaïde.
Pendant ce temps-là, ma femme Anna, pour gagner sa vie, exécutait des travaux d’ouvrière,
qu’elle livrait à ses patrons, et ceux-ci lui réglaient son salaire. Or, le sept du mois de Dystros, elle acheva une pièce de tissu et l’envoya à ses patrons ; ils lui réglèrent tout ce qu’ils lui devaient et, pour un repas de fête, ils lui offrirent un chevreau pris à sa mère.
Arrivé chez moi, le chevreau se mit à bêler. J’appelai ma femme et lui dis : « D’où vient ce chevreau ? N’aurait-il pas été volé ? Rends-le à ses propriétaires. Car nous ne sommes pas autorisés à manger quoi que ce soit de volé ! »
Elle me dit : « Mais c’est un cadeau qu’on m’a donné en plus de mon salaire ! » Je refusai de la croire, je lui dis de rendre l’animal à ses propriétaires, et je me fâchai contre ma femme à cause de cela. Alors elle me répliqua : « Qu’en est-il donc de tes aumônes ? Qu’en est-il de tes bonnes œuvres ? On voit bien maintenant ce qu’elles signifient ! »
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 12,13-17.
On envoya à Jésus des pharisiens et des partisans d’Hérode pour lui tendre un piège en le faisant parler,
et ceux-ci vinrent lui dire : « Maître, nous le savons : tu es toujours vrai ; tu ne te laisses influencer par personne, car ce n’est pas selon l’apparence que tu considères les gens, mais tu enseignes le chemin de Dieu selon la vérité. Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à César, l’empereur ? Devons-nous payer, oui ou non ? »
Mais lui, sachant leur hypocrisie, leur dit : « Pourquoi voulez-vous me mettre à l’épreuve ? Faites-moi voir une pièce d’argent. »
Ils en apportèrent une, et Jésus leur dit : « Cette effigie et cette inscription, de qui sont-elles ? – De César », répondent-ils.
Jésus leur dit : « Ce qui est à César, rendez-le à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » Et ils étaient remplis d’étonnement à son sujet.
Textes de l’évangile au quotidien
Les textes de la liturgie de ce jour dénoncent tous deux des attitudes de "légalisme" dans la pratique de la religion. Ainsi, pour être certain de demeurer parfaitement juste selon la loi (tandis que Dieu semble le mettre à l'épreuve comme dans le cas de Job), Tobith refuse le chevreau qu'a reçu son épouse car d’emblée il redoute quelque mal, comme une fraude ou une tentative de corruption. Et son légalisme, on pourrait dire aussi : son caractère excessivement scrupuleux, provoque une réaction très saine de son épouse - qui lui reproche, par outrance, de se priver d'un bienfait.
Et dans l’Évangile, lorsque ces pharisiens flatteurs et hypocrites viennent questionner Jésus sur l'impôt qu'ils doivent payer à César,
c'est pour mieux pouvoir l'accuser ensuite. Comme leur question est habile ! En effet, si Jésus répond que les romains sont des païens et donc qu'ils n'ont pas à réclamer de l'argent au peuple élu par Dieu... ces pharisiens, et plus encore les partisans d'Hérode, ne manqueront pas de l'accuser d'incitation à la rébellion; et, à l'inverse, s'il répond de manière positive, ils pourront le dénigrer auprès du peuple en lui fournissant l'argument que Jésus ne peut être le Messie libérateur qu'ils espèrent - puisque Jésus se soumet à l'autorité romaine.
Merveilleuse et extraordinaire réponse de Jésus: puisque la pièce qu'on lui montre porte l'effigie de César, il n'est que justice de lui rendre ce qui lui appartient ! Mais, quant à l'homme, n'a-t-il pas été créé "à l'image de Dieu et selon sa ressemblance", alors il se doit - plus encore - à l'écoute et à la mise en œuvre de Sa volonté. Puissions-nous donc discerner, chacun(e) dans vie quel est le dessein du Seigneur sur nous, et tout deviendra simple, clair, lumineux...
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L'épreuve, l'occasion de trouver Dieu
Publié : mer. 03 juin 2015, 10:47
par etienne lorant
Mercredi de la 9e semaine du Temps Ordinaire
Livre de Tobie 3,1-11a.16-17a.
La mort dans l’âme, je gémissais et je pleurais ; puis, au milieu de mes gémissements, je commençai à prier :
« Tu es juste, Seigneur, toutes tes œuvres sont justes, tous tes chemins, miséricorde et vérité ; c’est toi qui juges le monde.
Et maintenant, Seigneur, souviens-toi de moi et regarde : ne me punis pas pour mes péchés, mes égarements, ni pour ceux de mes pères, qui ont péché devant toi
et refusé d’entendre tes commandements. Tu nous as livrés au pillage, à la déportation et à la mort, pour être la fable, la risée, le sarcasme de toutes les nations où tu nous as disséminés.
Et maintenant encore, ils sont vrais les nombreux jugements que tu portes contre moi, pour mes péchés et ceux de mes pères, car nous n’avons pas pratiqué tes commandements ni marché dans la vérité devant toi.
Et maintenant, agis avec moi comme il te plaira, ordonne que mon souffle me soit repris, pour que je disparaisse de la face de la terre et devienne, moi-même, terre. Pour moi, mieux vaut mourir que vivre, car j’ai entendu des insultes mensongères, et je suis accablé de tristesse. Seigneur, ordonne que je sois délivré de cette adversité, laisse-moi partir au séjour éternel, et ne détourne pas de moi ta face, Seigneur. Car, pour moi, mieux vaut mourir que connaître tant d’adversité à longueur de vie. Ainsi, je n’aurai plus à entendre de telles insultes. »
Or ce jour-là, Sarra, la fille de Ragouël d’Ecbatane en Médie, se fit, elle aussi, insulter par une jeune servante de son père :
elle avait été mariée sept fois, et Asmodée, le pire des démons, tuait les maris avant qu’ils ne se soient approchés d’elle. Donc, la servante dit à Sarra : « C’est toi qui as tué tes maris ! En voilà déjà sept à qui tu as été donnée en mariage, et d’aucun d’entre eux tu n’as porté le nom.
Pourquoi nous fouetter, sous prétexte que tes maris sont morts ? Va les rejoindre : puissions-nous ne jamais voir de toi un fils ni une fille ! »
Ce jour-là, Sarra, la mort dans l’âme, se mit à pleurer. Et elle monta dans la chambre haute de la maison de son père avec l’intention de se pendre. Mais, à la réflexion, elle se dit : « Eh bien, non ! On irait insulter mon père et lui dire : “Tu n’avais qu’une fille, une fille très aimée, et elle s’est pendue à cause de ses malheurs !” Je ferais ainsi descendre mon vieux père plein de tristesse au séjour des morts. Mieux vaut pour moi ne pas me pendre, mais supplier le Seigneur de me faire mourir, pour que je n’aie plus à entendre de telles insultes à longueur de vie. »
À l’instant même, elle étendit les mains vers la fenêtre et fit cette prière : « Béni sois-tu, Dieu de miséricorde ; béni soit ton nom pour les siècles ; que toutes tes œuvres te bénissent à jamais !
À cet instant précis, la prière de l’un et de l’autre fut portée en présence de la gloire de Dieu où elle fut entendue.
Et Raphaël fut envoyé pour les guérir tous deux : à Tobith pour enlever le voile blanchâtre qui couvrait ses yeux afin que, de ses yeux, il voie la lumière de Dieu, et à Sarra, fille de Ragouël, pour la donner en mariage à Tobie, fils de Tobith, et expulser d’elle Asmodée, le pire des démons ; en effet c’est à Tobie que revenait le droit de l’épouser plutôt qu’à tous ses prétendants. Juste à ce moment, Tobith rentrait de la cour dans sa maison tandis que Sarra, fille de Ragouël, descendait de la chambre haute.
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 12,18-27.
Des sadducéens – ceux qui affirment qu’il n’y a pas de résurrection – viennent trouver Jésus. Ils l’interrogeaient :
« Maître, Moïse nous a prescrit : Si un homme a un frère qui meurt en laissant une femme, mais aucun enfant, il doit épouser la veuve pour susciter une descendance à son frère.
Il y avait sept frères ; le premier se maria, et mourut sans laisser de descendance.
Le deuxième épousa la veuve, et mourut sans laisser de descendance. Le troisième pareillement.
Et aucun des sept ne laissa de descendance. Et en dernier, après eux tous, la femme mourut aussi.
À la résurrection, quand ils ressusciteront, duquel d’entre eux sera-t-elle l’épouse, puisque les sept l’ont eue pour épouse ? »
Jésus leur dit : « N’êtes-vous pas en train de vous égarer, en méconnaissant les Écritures et la puissance de Dieu ?
Lorsqu’on ressuscite d’entre les morts, on ne prend ni femme ni mari, mais on est comme les anges dans les cieux.
Et sur le fait que les morts ressuscitent, n’avez-vous pas lu dans le livre de Moïse, au récit du buisson ardent, comment Dieu lui a dit : Moi, je suis le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob ?
Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Vous vous égarez complètement. »
Textes de l’Évangile au quotidien
Les textes d'aujourd'hui traitent du malheur. Des malheurs de toutes sortes qui peuvent nous atteindre, ainsi que des questions auxquelles ils nous entraînent, comme des résolutions auxquelles ces derniers peuvent nous conduire. Tobith n'espère plus guérir et de demande la mort en prière; quant à Sarra, possédée du démon, songe tout simplement à se pendre, mais elle en est retenue par affection pour son père: et plutôt que le suicide, elle prie Dieu de la faire mourir. Cette grande misère du malheur, beaucoup l'ont un jour ou l'autre traversée, et ils n'existent pas ceux qui s'en accommodent sans se rebeller jusqu'à désirer la mort... Notre prêtre nous a rappelé les drames "en cascade" que Job a enduré lui aussi.
C'est d'abord dans toutes les situations de malheur, a-t-il ajouté, que la question de l'existence de Dieu se pose à l'homme. Aussi longtemps que les hommes et les femmes, considérés dans leur individualité, n'ont pas été remis en question par le malheur, ils ne songent guère à Dieu. Si les épreuves sont bénéfiques, c'est tout simplement parce qu'elles nous obligent à nous remettre en question. Non pas superficiellement, mais de manière fondamentale.
Dans le malheur, le jeu du démon est, toujours, de pousser l'âme au désespoir. Mais dans la plupart des épreuves de désespérance, la miséricorde divine intervient pour "ouvrir" la conscience et le cœur des malheureux et les inciter à s'ouvrir à Dieu et au prochain.
Quant aux sadducéens, à l'histoire des sept maris et de la destinée post mortem de tous ces personnages, c'est tout simplement, du refus de croire qu'il s'agit , c'est le rationalisme ambiant, c'est la folie de prétendre que l'homme ne peut "se réussir" que par lui-même, et qu'il est également apte à décider qui peut vivre et qui doit mourir: "Nous y sommes en plein", a conclu notre prêtre.
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La vraie vertu se reconnaît aux oeuvres
Publié : jeu. 04 juin 2015, 10:12
par etienne lorant
Jeudi de la 9e semaine du Temps Ordinaire
Livre de Tobie 6,10-11.7,1.9-17.8,4-9a.
Quand il fut entré en Médie et que déjà il approchait d’Ecbatane,
Raphaël dit au garçon : « Tobie, mon frère », et celui-ci répondit : « Qu’y a-t-il ? » Raphaël reprit : « Nous devons loger cette nuit chez Ragouël. Cet homme est ton parent, et il a une fille qui s’appelle Sarra.
Entré à Ecbatane, Tobie dit à Raphaël : « Azarias, mon frère, conduis-moi tout droit chez notre frère Ragouël. » Raphaël le conduisit donc chez Ragouël. Ils le trouvèrent assis à l’entrée de la cour et le saluèrent les premiers. Il leur répondit : « Grande joie à vous, frères, soyez les bienvenus ! », et il les fit entrer dans sa maison.
Tobie et Raphaël prirent un bain, ils se lavèrent, avant de prendre place pour le repas. Puis, Tobie dit à Raphaël : « Azarias, mon frère, demande à Ragouël de me donner en mariage Sarra ma parente. »
Ragouël entendit ces mots et dit au jeune Tobie : « Cette nuit, mange, bois, prends du bon temps : toi seul as le droit d’épouser ma fille Sarra, et moi-même je n’ai pas le pouvoir de la donner à un autre homme, puisque tu es mon plus proche parent. Pourtant, je dois te dire la vérité, mon enfant : je l’ai donnée en mariage à sept de nos frères, et ils sont morts la nuit même, au moment où ils allaient s’approcher d’elle. Mais à présent, mon enfant, mange et bois : le Seigneur interviendra en votre faveur. »
Tobie répliqua : « Je ne mangerai ni ne boirai rien, tant que tu n’auras pas pris de décision à mon sujet. » Ragouël lui dit : « Soit ! elle t’est donnée en mariage selon le décret du Livre de Moïse ; c’est un jugement du ciel qui te l’a accordée. Emmène donc ta sœur. Car, dès à présent, tu es son frère et elle est ta sœur. À partir d’aujourd’hui elle t’est donnée pour toujours. Que le Seigneur du ciel veille sur vous cette nuit, mon enfant, et vous comble de sa miséricorde et de sa paix ! »
Ragouël appela Sarra, qui vint vers lui. Il prit la main de sa fille et la confia à Tobie, en disant : « Emmène-la : conformément à la Loi et au décret consigné dans le Livre de Moïse, elle t’est donnée pour femme. Prends-la et conduis-la en bonne santé chez ton père. Et que le Dieu du ciel vous guide dans la paix ! »
Puis il appela sa femme et lui dit d’apporter une feuille sur laquelle il écrivit l’acte de mariage, selon lequel il donnait Sarra à Tobie conformément au décret de la loi de Moïse. Après quoi, on commença à manger et à boire.
Ragouël s’adressa à sa femme Edna : « Va préparer la seconde chambre, ma sœur, et tu y conduiras notre fille. »
Elle s’en alla préparer le lit dans la chambre, comme Ragouël l’avait demandé, y conduisit sa fille et pleura sur elle. Puis, elle essuya ses larmes et lui dit : « Confiance, ma fille ! Que le Seigneur du ciel change ta douleur en joie ! Confiance, ma fille ! » Puis elle se retira.
Or les parents de Sarra avaient quitté la chambre et fermé la porte. Tobie sortit du lit et dit à Sarra : « Lève-toi, ma sœur. Prions, et demandons à notre Seigneur de nous combler de sa miséricorde et de son salut. »
Elle se leva, et ils se mirent à prier et à demander que leur soit accordé le salut. Tobie commença ainsi : « Béni sois-tu, Dieu de nos pères ; béni soit ton nom dans toutes les générations, à jamais. Que les cieux te bénissent et toute ta création, dans tous les siècles.
C’est toi qui as fait Adam ; tu lui as fait une aide et un appui : Ève, sa femme. Et de tous deux est né le genre humain. C’est toi qui as dit : “Il n’est pas bon que l’homme soit seul. Je vais lui faire une aide qui lui soit semblable.”
Ce n’est donc pas pour une union illégitime que je prends ma sœur que voici, mais dans la vérité de la Loi. Daigne me faire miséricorde, ainsi qu’à elle, et nous mener ensemble à un âge avancé. »
Puis ils dirent d’une seule voix : « Amen ! Amen ! »
Et ils se couchèrent pour la nuit. Quant à Ragouël, il se leva, appela ses serviteurs, et ils s’en allèrent creuser une tombe.
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 12,28b-34.
En ce temps-là, un scribe s’avança vers Jésus pour lui demander : « Quel est le premier de tous les commandements ? »
Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur.
Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force.
Et voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. »
Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as dit vrai : Dieu est l’Unique et il n’y en a pas d’autre que lui.
L’aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toute offrande d’holocaustes et de sacrifices. » Jésus, voyant qu’il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. » Et personne n’osait plus l’interroger.
Textes de l’Évangile au quotidien
Il est intéressant de noter que les textes de la Liturgie ont parfois de multiples "connexions" entre elles. Par exemple, Tobith est l'homme qui préserve les corps de ses congénères assassinés et les enterre de nuit... activité louable certes, mais un peu lugubre. Quant au père de Sarah, Ragouël, à peine le mariage célébré, qu'il rassemble ses serviteurs pour creuser la tombe de Tobit, un homme qui appartient à sa génération - un signe qui aurait dû, selon son propre raisonnement de juif pieux, faire renaître en lui l'espérance...
Ce sont tous deux de très bons juifs, fidèles à la loi de Moïse - mais fidèles quasiment à l'excès. De même que Tobith avait refusé le chevreau que sa femme lui avait apporté en soupçonnant une fraude quelconque - ou une tentative de le corrompre, de même le père de Sarra, apprenant que Tobie est de sa génération, ne reprend pas espoir, contrairement à son épouse qui reprend courage et rend confiance à sa fille... Comme les textes sont donc riches de sens pour qui les scrute !
Si l’Évangile du jour correspond et répond bien à la première lecture, c'est d'une part du fait de la parole juste sortie de la bouche du scribe qui reconnaît effectivement que l'enseignement de Jésus est irréprochable. MAIS pourquoi Jésus lui rétorque-t-il seulement qu'il n'est pas loin du Royaume ? Que lui manque-t-il donc ? Eh bien, tout simplement, il lui manque ce qui manque aussi à Tobith ainsi qu'à Ragoüel : la confiance et la mise en œuvre concrète de la loi. Ces personnages de grande qualité morale se sentent plus responsables de préserver la loi de Moïse dans tous ses énoncés... plutôt que de la mettre en pratique !,- ne craignent-ils pas, tout simplement, pour leurs privilèges ? Ne craignent-ils pas, au fond d'eux-mêmes, que la mise en œuvre de la Loi dans leur propre existence... ne la bouleverse complètement ?
Mais, pour nous, puisse donc la Parole pénétrer nos esprits et nos cœurs et nous mettre en mouvement tant dans la pratique des sacrements, que dans l'écoute et le partage concret avec autrui. "C'est à nous qu'il appartient de relever la tête face aux multiples menaces qui pèsent en notre temps !", a conclu le prêtre.
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(Texte corrigé après relecture)
Apprendre à aiguiser en nous l'Espérancre
Publié : ven. 05 juin 2015, 10:29
par etienne lorant
Vendredi de la 9e semaine du Temps Ordinaire
Livre de Tobie 11,5-17.
Or, Anna était assise à l’entrée de la cour et surveillait la route par laquelle son fils était parti.
Elle le reconnut qui arrivait et cria à Tobith : « Voici ton fils qui revient, et aussi son compagnon de voyage. »
Raphaël dit à Tobie, avant que celui-ci ne s’approche de son père : « J’ai la certitude que ses yeux vont s’ouvrir.
Étale sur eux le fiel du poisson ; le remède provoquera la contraction des yeux et en détachera le voile blanchâtre. Ton père retrouvera la vue et verra la lumière. »
Anna courut se jeter au cou de son fils et lui dit : « Je te revois, mon enfant. À présent, je peux mourir ! » Et elle se mit à pleurer.
Quant à Tobith, il se leva et franchit l’entrée de la cour en trébuchant.
Tobie alla vers lui, le fiel du poisson à la main. Il lui souffla dans les yeux, le saisit et lui dit : « Confiance, père ! » Puis il lui appliqua le remède et en rajouta.
Ensuite, de ses deux mains, il lui retira les pellicules en partant du coin des yeux.
Tobith se jeta alors au cou de son fils et lui dit en pleurant : « Je te revois, mon enfant, toi, la lumière de mes yeux ! »
Et il ajouta : « Béni soit Dieu ! Béni soit son grand nom ! Bénis soient tous ses saints anges ! Que son grand nom soit sur nous ! Bénis soient tous les anges pour tous les siècles ! Car Dieu m’avait frappé, mais voici que je revois mon fils Tobie ! »
Tobie entra dans la maison, tout joyeux et bénissant Dieu à pleine voix. Il raconta à son père qu’il avait fait bon voyage, qu’il rapportait l’argent et comment il avait épousé Sarra, la fille de Ragouël : « La voilà qui arrive, ajouta-t-il ; elle est aux portes de Ninive. »
Tobith partit à la rencontre de sa belle-fille, aux portes de Ninive ; il était tout joyeux et bénissait Dieu. En le voyant marcher d’un pas ferme et traverser la ville sans que personne le conduise par la main, les habitants furent émerveillés, et Tobith proclamait que Dieu l’avait pris en pitié et lui avait rouvert les yeux.
Quand il arriva près de Sarra, la femme de son fils Tobie, il la bénit en disant : « Sois la bienvenue, ma fille! Béni soit ton Dieu de t’avoir menée vers nous ! Béni soit ton père ! Béni soit mon fils Tobie et bénie sois-tu, ma fille ! Sois la bienvenue dans ta maison, sois comblée de bénédiction et de joie. Entre, ma fille ! »
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 12,35-37.
Alors qu’il enseignait dans le Temple, Jésus, prenant la parole, déclarait : « Comment les scribes peuvent-ils dire que le Messie est le fils de David ? David lui-même a dit, inspiré par l’Esprit Saint : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : “Siège à ma droite jusqu’à ce que j’aie placé tes ennemis sous tes pieds !”
David lui-même le nomme Seigneur. D’où vient alors qu’il est son fils ? » Et la foule nombreuse l’écoutait avec plaisir.
Textes de l’Évangile au quotidien
Très simple homélie ce matin, bien qu'en découvrant les textes, j'ai cru tout d'abord qu'il serait difficile de les relier entre eux. Et cette fois encore, notre prêtre a dénoué très simplement cette énigme.
Ainsi, lorsque Jésus relève la contradiction et l'erreur dans la formulation : du "Messie, fils de David", il dénonce en réalité un abus de langage qui a permis d'inscrire le Messie dans le système de la génération. Et même la mort et la résurrection du Christ n'ont pas changé cet a-priori calamiteux. Car dire que Jésus est le "fils de David", ce n'est rien d'autre qu'une tentative de "récupérer" Dieu lui-même et Le rendre dépendant des volontés du peuple qu'Il avait élu. On dirait aujourd'hui que c'est "instrumentaliser" Dieu. C'est dire, par exemple: si je prie Dieu de la bonne façon, Dieu est obligé de m'accorder ce que je lui demande... Attention que cette tentation n'est pas seulement celle des juifs: elle nous menace nous aussi ! L'existence serait tellement plus simple s'il suffisait de réciter jusqu'à cent mille Notre Père, afin de gagner la cagnotte du loto ! Bien sûr, cela nous a fait sourire, mais voilà : dans le Pater, nous disons explicitement : que Ta volonté soit faite !, non pas la nôtre mais la sienne !
Et donc, dans le livre de Tobie, ce ne sont pas les bonnes œuvres de Tobith qui lui valent sa guérison, mais c'est Dieu qui est intervenu par son ange Raphaël. Même chose pour que le mariage de Tobie avec Sarra ne se termine pas en catastrophe, comme lors des sept précédentes unions contractées.
Il nous faut donc, en tout temps, rendre à Dieu la gloire qui Lui est due et ce, en tout temps. Il nous faut, absolument, pouvoir espérer, même dans les circonstances difficiles et "contre toute espérance" - sinon, que vaudrait notre foi ?
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Vers une foi d'abandon de soi
Publié : sam. 06 juin 2015, 10:32
par etienne lorant
Samedi de la 9e semaine du Temps Ordinaire
Livre de Tobie 12,1.5-15.20.
En ces jours-là, quand les noces furent achevées, Tobith appela son fils Tobie et lui dit : « Mon enfant, pense à donner son salaire à ton compagnon de voyage, et ajoute un supplément. »
Tobith appela Raphaël et lui dit : « Accepte comme salaire la moitié de tout ce que tu as rapporté, et va, porte-toi bien ! »
Alors l’ange les prit tous deux à part et leur dit :
« Bénissez Dieu et célébrez-le devant tous les vivants pour le bien qu’il vous a fait. Bénissez-le et chantez son nom. Annoncez à tous les hommes les actions de Dieu comme elles le méritent, et n’hésitez pas à le célébrer. S’il est bon de tenir cachés les secrets d’un roi, il faut révéler les œuvres de Dieu et les célébrer comme elles le méritent. Faites le bien, et le mal ne vous atteindra pas.
Mieux vaut prier avec vérité et faire l’aumône avec justice, qu’être riche avec injustice. Mieux vaut faire l’aumône qu’amasser de l’or.
L’aumône délivre de la mort et purifie de tout péché. Ceux qui font l’aumône seront rassasiés de vie,
tandis que le pécheur et l’homme injuste sont leurs propres ennemis.
Je veux vous révéler toute la vérité, sans rien vous cacher. Je viens de vous dire que, s’il est bon de tenir cachés les secrets d’un roi, il faut révéler les œuvres de Dieu comme elles le méritent. Eh bien ! Quand tu priais en même temps que Sarra, c’était moi qui présentais votre prière devant la gloire de Dieu, pour qu’il la garde en mémoire, et je faisais de même lorsque tu enterrais les morts.
Quand tu n’as pas hésité à te lever, à laisser ton repas et à partir enterrer un mort, c’est alors que j’ai été envoyé vers toi pour te mettre à l’épreuve, mais Dieu m’a aussi envoyé pour te guérir, ainsi que Sarra, ta belle-fille.
Moi, je suis Raphaël, l’un des sept anges qui se tiennent ou se présentent devant la gloire du Seigneur. »
Et maintenant, bénissez le Seigneur sur la terre ! Célébrez Dieu ! Voici que je remonte auprès de celui qui m’a envoyé. Mettez par écrit tout ce qui vous est arrivé. » Alors l’ange remonta au ciel.
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 12,38-44.
En ce temps-là, dans son enseignement, Jésus disait : « Méfiez-vous des scribes, qui tiennent à se promener en vêtements d’apparat et qui aiment les salutations sur les places publiques, les sièges d’honneur dans les synagogues, et les places d’honneur dans les dîners.
Ils dévorent les biens des veuves et, pour l’apparence, ils font de longues prières : ils seront d’autant plus sévèrement jugés. »
Jésus s’était assis dans le Temple en face de la salle du trésor, et regardait comment la foule y mettait de l’argent. Beaucoup de riches y mettaient de grosses sommes.
Une pauvre veuve s’avança et mit deux petites pièces de monnaie.
Jésus appela ses disciples et leur déclara : « Amen, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis dans le Trésor plus que tous les autres.
Car tous, ils ont pris sur leur superflu, mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a mis tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre. »
Textes de l’Évangile au quotidien
Une question est posée: pourquoi un homme comme Tobbith qui, au risque de sa vie, accomplit des actes de miséricorde en donnant une sépulture à ses congénères... a-t-il dû subir l'épreuve de la cécité ? De même, pourquoi Job, aimé de Dieu, a-t-il été soumis à de plus grandes épreuves encore ? Tout simplement parce que le regard que le Seigneur pose se nous pénètre toujours plus loin que les apparences, mais il sonde "les reins et les cœurs". Et, comme il est encore écrit dans le Livre de Ben Sirach le sage : " l’or est vérifié par le feu, et les hommes agréables à Dieu, par le creuset de l’humiliation. Dans les maladies comme dans le dénuement, aie foi en lui. "
C'est véritablement une question de regard. Dans l’Évangile du jour, ce que voient les disciples en premier lui, c'est ce que nous aurions vu nous-même : de grosses sommes ont été versées par des riches. Mais le regard de Jésus est tout différent : car il distingue tout de suite les deux piécettes de la veuve, car immédiatement, il a saisi qu'à tout comparer dans la vérité, c'est elle qui a donné le plus, car elle a tout donné de ce qu'elle avait !
Dès lors, la leçon qui peut être tirée des lectures de ce jour, c'est d'une part de ne pas juger sur les apparences - mieux vaut même de toujours nous en méfier ! Et cela vaut pour les bonnes comme pour les mauvaises actions : ils ne nous appartient pas de juger.
C'est uniquement la qualité de notre foi qui doit faire l'objet de notre attention. Et cela doit suffire, car le Seigneur dit encore : "Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés" - et ensuite: "Ne jugez pas, afin que vous ne soyez pas jugés. Car on vous jugera du jugement dont vous jugez, et l'on vous mesurera avec la mesure dont vous mesurez. Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et n'aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton oeil?…"
Ainsi, la démarche de foi la plus sûre consiste-t-elle à nous abandonner. "Qu'il m'en soit faut selon ta Parole", dit Marie à l'ange. Et Jésus: "Qu'il m'en soit fait non comme je veux, mais comme Toi, tu veux"...
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Les béatitudes : l'oeuvre de Dieu en nous
Publié : lun. 08 juin 2015, 10:01
par etienne lorant
Lundi de la 10e semaine du Temps Ordinaire
Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 1,1-7.
Paul Apôtre du Christ Jésus par la volonté de Dieu, et Timothée notre frère, à l’Église de Dieu qui est à Corinthe, ainsi qu’à tous les fidèles qui sont par toute la Grèce.
À vous, la grâce et la paix de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ.
Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ, le Père plein de tendresse, le Dieu de qui vient tout réconfort.
Dans toutes nos détresses, il nous réconforte ; ainsi, nous pouvons réconforter tous ceux qui sont dans la détresse, grâce au réconfort que nous recevons nous-mêmes de Dieu.
En effet, de même que nous avons largement part aux souffrances du Christ, de même, par le Christ, nous sommes largement réconfortés. Quand nous sommes dans la détresse, c’est pour que vous obteniez le réconfort et le salut ; quand nous sommes réconfortés, c’est encore pour que vous obteniez le réconfort, et cela vous permet de supporter avec persévérance les mêmes souffrances que nous.
En ce qui vous concerne, nous avons de solides raisons d’espérer, car, nous le savons, de même que vous avez part aux souffrances, de même vous obtiendrez l[/color]
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5,1-12.
En ce temps-là, voyant les foules, Jésus gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui.
Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait. Il disait :
« Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés.
Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage.
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.
Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.
Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu.
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.
Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! C’est ainsi qu’on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés.
Textes de l'Evangile au quotidien
Les béatitudes ne constituent certainement pas la recette pour vivre "béatement", les hommes ne sont certes pas sur la terre pour passer tout leur temps à tourner la tête, l'esprit et le cœur vers le ciel en évitant toute confrontation. Le monde est comme il est et les béatitudes constituent une sorte de programme, facile à retenir, pour que chacun d'entre nous, selon ses talents mais aussi ses difficultés, puisse accéder au type de sainteté qui lui correspond.
Ce qui fait le lien avec la première lecture, ce sont le travail, le labeur, la prière, la contemplation, la volonté bien déterminée qui permettent aux croyant d'accéder peu à peu à la sainteté. Des bienheureux et des bienheureuses, il en est beaucoup sur la terre, nous a dit le prêtre. Ce ne sont pas forcément des prêtres, des moines, des religieux cloîtrés (moines et moniales), mais tous sont des hommes et des femmes, des enfants comme des vieillards, qui ont reconnu le Seigneur et qui, peu à peu, Lui ont tout confié de leur passage sur la terre.
L’œuvre à laquelle la grâce se livre en nous s'effectue d'elle-même et le plus souvent à notre insu - pour peu que nous ayons assimilé quelques règles de vie. Inévitablement, a-t-il ajouté, ce n'est pas sans épreuve ni retour sur soi, qu'un homme peut devenir , par exemple : un "doux" est un homme qui renonce à tout emploi emploi de la force, de l'argumentation, aux slogans, aux cris comme aux raisonnements idéologiques. C'est l'être entier qui "mute" comme les oiseaux qui muent, perdent leurs plumes au profit d'autres qui leur permettront d'aller plus haut et d'embellir leurs chants...
Cette mutation ne va pas sans épreuves, diverses et variées, mais qui sont ajustées à la qualité de notre foi. Et ce n'est pas pour rien que dans son épître, Paul déclare que les épreuves supportées sont également sources de réconfort. Mais tout au commencement, quiconque veut progresser dans l'amour de Dieu, qu'il s'en remette à Lui, car c'est Dieu qui accomplira toutes ses œuvres en nous.
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Que la bonne nouvelle reste toujours neuve pour nous
Publié : mar. 09 juin 2015, 10:00
par etienne lorant
Mardi de la 10e semaine du Temps Ordinaire
Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 1,18-22.
Frères, Dieu en est garant, la parole que nous vous adressons n’est pas « oui et non ».
Car le Fils de Dieu, le Christ Jésus, que nous avons annoncé parmi vous, Silvain et Timothée, avec moi, n’a pas été « oui et non » ; il n’a été que « oui ». Et toutes les promesses de Dieu ont trouvé leur « oui » dans sa personne. Aussi est-ce par le Christ que nous disons à Dieu notre « amen », notre « oui », pour sa gloire.
Celui qui nous rend solides pour le Christ dans nos relations avec vous, celui qui nous a consacrés, c’est Dieu ;
il nous a marqués de son sceau, et il a mis dans nos cœurs l’Esprit, première avance sur ses dons.
Psaume 119(118),129.130.131.132.133.135.
Déchiffrer ta parole illumine
et les simples comprennent.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5,13-16.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel devient fade, comment lui rendre de la saveur ? Il ne vaut plus rien : on le jette dehors et il est piétiné par les gens.
Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée.
Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. »
Textes de l’Évangile au quotidien
Le danger qui menace les Corinthiens, c'est la discussion, la mise en examen de la Parole; notre prêtre a dit en souriant que c'est un danger qui guette aussi tous nos théologiens! J'ajouterai volontiers que les convertis eux-mêmes, s'ils ne sont pas guidés à placer l'amour de Jésus toujours plus haut dans leur cœur, risquent eux aussi de tomber dans cette tentation que saint Paul désigne comme le "oui et non".
Le danger, c'est d'intellectualiser la Parole, de la classer quelque part dans sa mémoire, plutôt que d'en vivre.Comme on rangerait les Évangiles, dans une bibliothèque, entre les catégories "Etudes philosophiques" , "Fantaisies diverses" ou "Fantastique" ! Évidemment, un tel commentaire prête à sourire. Cependant, à vouloir que tout soit bien en ordre, bien rangé (là où la Parole est venu tout renverser) ... on en arrive assez vite à se dire qu'il serait légitime pour des hommes de foi de ne pas être soumis aux mêmes règles que les non-croyants ou les nouveaux convertis !
C'est un risque tout à fait réel que le petit mot du Psaume éclaire à sa façon, car la parole illumine d'abord les hommes simples !
Jésus est tout à fait clair lorsqu'il parle du sel qui perdrait sa capacité de rendre les plats savoureux et de la lampe que l'on cacherait au fond d'un tiroir... Aujourd'hui, en écoutant cette homélie, je me suis souvenu de la lumière qui est apparue dans le ciel au moment de la naissance du Seigneur: pour les rois mages, c'était une étoile nouvelle qu'ils suivaient; pour les bergers de Bethléem, ce fut la gloire du Seigneur qui les enveloppa de sa lumière (en saint Luc).
Puisse cette journée être rendue lumineuse par un quelconque acte de miséricorde - notre époque est pleine d'opportunités pour manifester la miséricorde divine....
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La Miséricorde, parfait accomplissement de la Loi
Publié : mer. 10 juin 2015, 9:53
par etienne lorant
Mercredi de la 10e semaine du Temps Ordinaire
Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 3,4-11.
Frères, si nous avons une telle confiance en Dieu par le Christ,
ce n’est pas à cause d’une capacité personnelle que nous pourrions nous attribuer : notre capacité vient de Dieu.
Lui nous a rendus capables d’être les ministres d’une Alliance nouvelle, fondée non pas sur la lettre mais dans l’Esprit ; car la lettre tue, mais l’Esprit donne la vie.
Le ministère de la mort, celui de la Loi gravée en lettres sur des pierres, avait déjà une telle gloire que les fils d’Israël ne pouvaient pas fixer le visage de Moïse à cause de la gloire, pourtant passagère, qui rayonnait de son visage.
Combien plus grande alors sera la gloire du ministère de l’Esprit !
Le ministère qui entraînait la condamnation, celui de la Loi, était déjà rayonnant de gloire ; combien plus grande sera la gloire du ministère qui fait de nous des justes !
Non, vraiment, ce qui, dans une certaine mesure, a été glorieux ne l’est plus, parce qu’il y a maintenant une gloire incomparable.
Si, en effet, ce qui était passager a connu un moment de gloire, combien plus ce qui demeure restera-t-il dans la gloire !
Evangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5,17-19.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir.
Amen, je vous le dis : Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi jusqu’à ce que tout se réalise.
Donc, celui qui rejettera un seul de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire ainsi, sera déclaré le plus petit dans le royaume des Cieux. Mais celui qui les observera et les enseignera, celui-là sera déclaré grand dans le royaume des Cieux. »
Textes de l’Évangile au quotidien
Qu'il le veuille ou non, l'homme est soumis à la loi. Aux lois des hommes comme aux lois divines. Dans le Lévitique, il est prescrit : "Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi". Comment donc Jésus ne se contredit-il pas lorsqu'il déclare "je ne suis pas venu abolir la Loi ou les prophètes", Lui qui dit ailleurs, de manière très explicite : "Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui persécutent"?
N'est-ce pas une preuve que son enseignement n'est pas cohérent ? Et il est vrai que nombre de lecteurs, jeunes ou novices, achopperont sur ces paroles qui donnent, en effet, toutes les apparences de la contradiction !
Mais tels sont les Évangiles, qui obligent le lecteur novice, intelligent et logique, de se remettre en question. C'est le préalable indispensable à la découverte du Royaume.
Ainsi, l'amour de Dieu et l'amour du prochain n'entrent pas en contradiction avec les lois, tout simplement parce que l'une et l'autre chose sont vivantes, elles progressent et sont appelées à muter. Et toute la création avec elles. Il est donc juste de condamner quelqu'un qui a commis des fautes, il est juste de lui appliquer une sanction - mais rien n'empêche de continuer de l'aimer et de prier pour qu'il s'amende dans son cœur, et qu'il finisse par produire de bonnes œuvres.
A l'inverse, si l'on applique une punition à un criminel et que celui-ci, ayant complètement purgé sa peine, lorsqu'il sort de prison, comment se fait-il qu'il ne soit pas libéré aussi de la réputation de "repris de justice" ? Cette expression veut dire : celui qui a déjà subi une condamnation pénale. Et nombre de personnes, et même la plupart, ne voudront pas accorder leur confiance à un repris de justice...
La loi lorsqu'elle est pleinement accomplie devient miséricorde. Or, si nous, qui nous prenons pour des justes, nous ne parvenons pas à sortir de nos jugements afin d'aimer notre prochain... alors nous demeurons nous-mêmes des sujets de la loi, nous ne l'avons pas accomplie et nous continuons de mériter le châtiment.
Bienheureux ceux qui comprennent et changent leurs cœurs !
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Fête de saint Barnabé
Publié : jeu. 11 juin 2015, 10:00
par etienne lorant
Saint Barnabé, apôtre, mémoire
Livre des Actes des Apôtres 11,21b-26.13,1-3.
A Antioche, un grand nombre de gens devinrent croyants et se tournèrent vers le Seigneur.
La nouvelle parvint aux oreilles de l’Église de Jérusalem, et l’on envoya Barnabé jusqu’à Antioche.
À son arrivée, voyant la grâce de Dieu à l’œuvre, il fut dans la joie. Il les exhortait tous à rester d’un cœur ferme attachés au Seigneur.
C’était en effet un homme de bien, rempli d’Esprit Saint et de foi. Une foule considérable s’attacha au Seigneur.
Barnabé partit alors à Tarse chercher Saul.
L’ayant trouvé, il l’amena à Antioche. Pendant toute une année, ils participèrent aux assemblées de l’Église, ils instruisirent une foule considérable. Et c’est à Antioche que, pour la première fois, les disciples reçurent le nom de « chrétiens ».
Or il y avait dans l’Église qui était à Antioche des prophètes et des hommes chargés d’enseigner : Barnabé, Syméon appelé Le Noir, Lucius de Cyrène, Manahène, compagnon d’enfance d’Hérode le Tétrarque, et Saul.
Un jour qu’ils célébraient le culte du Seigneur et qu’ils jeûnaient, l’Esprit Saint leur dit : « Mettez à part pour moi Barnabé et Saul en vue de l’œuvre à laquelle je les ai appelés. » Alors, après avoir jeûné et prié, et leur avoir imposé les mains, ils les laissèrent partir.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 10,7-13.
En ce temps-là, Jésus disait aux douze Apôtres : Sur votre route, proclamez que le royaume des Cieux est tout proche.Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons. Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement.
Ne vous procurez ni or ni argent, ni monnaie de cuivre à mettre dans vos ceintures,
ni sac pour la route, ni tunique de rechange, ni sandales, ni bâton. L’ouvrier, en effet, mérite sa nourriture.
Dans chaque ville ou village où vous entrerez, informez-vous pour savoir qui est digne de vous accueillir, et restez là jusqu’à votre départ.
En entrant dans la maison, saluez ceux qui l’habitent.
Si cette maison en est digne, que votre paix vienne sur elle. Si elle n’en est pas digne, que votre paix retourne vers vous.
Textes de l’Évangile au quotidien
Il y a peu a de travail de "déchiffrement" à effectuer dans ces ces lecture, à l'occasion de la fête de saint Barnabé : sa vie et son œuvre, telle qu'elle es rapportée dans le livre des actes des apôtres, est une illustration vivante de la mise en œuvre par le saint des recommandations faites par Jésus lors de l'envoi en mission.
Et rapidement, les convertis d’Antioche ont désiré, pour témoigner de leur foi, porter le doux nom de chrétien - qui signifie : nous sommes du Christ, nous Lui appartenons, nous vivons dans le Christ et nous mourons dans le Christ. Notre prêtre nous a invités, en cette occasion, de reconnaître en nous-mêmes, le chemin que le Seigneur nous a donné de suivre, individuellement.
J'ai donc songé d'abord à mon baptême et j'ai rendu grâce à Dieu du bonheur qui est le mien d'être né dans une famille chrétienne. Je ne dis pas "catholique" - bien que je sois catholique - parce que le sentiment profond d'appartenance au Christ me semble prévaloir sur les autres dénominations.
Ce qui doit attirer notre attention, nous a dit le prêtre, c'est la docilité des apôtres aux intuitions reçues de l'Esprit saint. Certes, nous ne sommes guère habitués à entendre l'Esprit Saint nous parler ! Cependant, ce n'est pas tant dû au fait que nos oreilles soient bouchées à sa voix, mais c'est plutôt que l'Esprit Saint parle dans le cœur d'abord, pour peu que nous en prenions soin. N'encombrons pas notre coeur et notre esprit de sentiments et de pensées "parasites" et nous serons tout aussi sûrement guidés sur le chemin que le Seigneur trace sous nos pieds...
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Coeur sacré de Jésus, Solennité
Publié : ven. 12 juin 2015, 9:52
par etienne lorant
Livre d'Osée 11,1.3-4.8c-9.
Ainsi parle le Seigneur : Oui, j’ai aimé Israël dès son enfance, et, pour le faire sortir d’Égypte, j’ai appelé mon fils.
C’est moi qui lui apprenais à marcher, en le soutenant de mes bras, et il n’a pas compris que je venais à son secours.
Je le guidais avec humanité, par des liens d’amour ; je le traitais comme un nourrisson qu’on soulève tout contre sa joue ; je me penchais vers lui pour le faire manger. Mais ils ont refusé de revenir à moi : vais-je les livrer au châtiment ?
Non ! Mon cœur se retourne contre moi ; en même temps, mes entrailles frémissent.
Je n’agirai pas selon l’ardeur de ma colère, je ne détruirai plus Israël, car moi, je suis Dieu, et non pas homme : au milieu de vous je suis le Dieu saint, et je ne viens pas pour exterminer.
Lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 3,8-12.14-19.
Frères, à moi qui suis vraiment le plus petit de tous les fidèles, la grâce a été donnée d’annoncer aux nations l’insondable richesse du Christ, et de mettre en lumière pour tous le contenu du mystère qui était caché depuis toujours en Dieu, le créateur de toutes choses ; ainsi, désormais, les Puissances célestes elles-mêmes connaissent, grâce à l’Église, les multiples aspects de la Sagesse de Dieu.
C’est le projet éternel que Dieu a réalisé dans le Christ Jésus notre Seigneur.
Et notre foi au Christ nous donne l’assurance nécessaire pour accéder auprès de Dieu en toute confiance.
C’est pourquoi je tombe à genoux devant le Père, de qui toute paternité au ciel et sur la terre tient son nom.
Lui qui est si riche en gloire, qu’il vous donne la puissance de son Esprit, pour que se fortifie en vous l’homme intérieur.
Que le Christ habite en vos cœurs par la foi ; restez enracinés dans l'amour, établis dans l'amour.
Ainsi vous serez capables de comprendre avec tous les fidèles quelle est la largeur, la longueur, la hauteur, la profondeur…
Vous connaîtrez ce qui dépasse toute connaissance : l’amour du Christ. Alors vous serez comblés jusqu’à entrer dans toute la plénitude de Dieu.
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 19,31-37.
Jésus venait de mourir. Comme c’était le jour de la Préparation (c’est-à-dire le vendredi), il ne fallait pas laisser les corps en croix durant le sabbat, d’autant plus que ce sabbat était le grand jour de la Pâque. Aussi les Juifs demandèrent à Pilate qu’on enlève les corps après leur avoir brisé les jambes.
Les soldats allèrent donc briser les jambes du premier, puis de l’autre homme crucifié avec Jésus.
Quand ils arrivèrent à Jésus, voyant qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes,
mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau.
Celui qui a vu rend témoignage, et son témoignage est véridique ; et celui-là sait qu’il dit vrai afin que vous aussi, vous croyiez.
Cela, en effet, arriva pour que s’accomplisse l’Écriture : Aucun de ses os ne sera brisé.
Un autre passage de l’Écriture dit encore : Ils lèveront les yeux vers celui qu’ils ont transpercé.
Textes de l’Évangile au quotidien
Peu de textes de l'ancien testament me touchent autant que ces mots que Dieu mit dans la bouche d'Osée et qui correspondent si bien à la personne de Jésus. Que dit Dieu de son peuple rebelle ? Constatant son infidélité, il ne laisse pas pourtant pas éclater une juste colère, mais il lui préfère la miséricorde et la patience: "Vais-je les livrer au châtiment ? Non ! Mon cœur se retourne contre moi ; en même temps, mes entrailles frémissent. Je n’agirai pas selon l’ardeur de ma colère, je ne détruirai plus Israël, car moi, je suis Dieu, et non pas homme : au milieu de vous je suis le Dieu saint, et je ne viens pas pour exterminer."
C'est ce choix de Dieu que le cœur de Jésus a manifesté de bout en bout, et lorsqu'on y songe, a dit le prêtre : au premier bout, il y a Jésus dans la crèche, comme une graine minuscule semée en terre et sur la croix, un homme crucifié, dont le cœur laisse échapper le sang, symbole de vie, et l'eau qui lave l'homme de ses souillures, signe de la continuité de la Miséricorde.
Ces choses extraordinaires, ces "moments de Dieu" n'ont cessé de se dérouler dans l'histoire humaine et de s'y perpétuer, génération après génération. Ces battements du cœur de Dieu, continuent d'apporter le salut à celles et ceux qui se tournent vers Jésus, verbe fait chair et parole de Dieu.
La conversion, nous a encore dit le prêtre, c'est comme le complet retournement d'un gant de chirurgie, lorsque l'opération est achevée : c'est le même gant, mais c'est l'autre face !
Belles et fortes images dont je me souviendrai et me servirai. Car la conversion est bien un retournement complet de l'être. J'ai moi-même été "retourné comme un gant". D'un instant à l'autre, à la contemplation de Jésus crucifié parce qu'il m'aimait, m'a complètement retourné: d'un instant à l'autre, je fus le même homme, mais complètement inversé. Or, c'est à ce point étonnant pour un être humain que le sens profond de mon existence continue d'être : témoigner de la miséricorde dont j'ai fait l'objet et manifester - de toutes sortes de façon, que Jésus est Seigneur et qu'il est riche par le pardon et la grâce.
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