Johnny a écrit : L'acte sexuel est la conséquence du mariage, donc de l'engagement et du don de soi mutuel.
Pas tout à fait : les trois me semblent indissociables, et comme le rappelle Fée Violine :
Fée Violine a écrit : l'amour, c'est se donner en entier et pour toujours
…
l'acte sexuel est ce qui scelle le mariage définitivement
A cet égard, la notion de « mariage anticipé » me semble trompeuse. Où est l’engagement simultané, lorsque chacun retourne chez soi, que la vie commune n’a pas commencé, que le don de soi concret est encore limité et largement secret ? Et, même lorsqu’une vie commune commence, quel est l’engagement simultané concret des personnes lorsque ni la famille, ni l’Eglise, ni la société n’y participent ? Y a-t-il vraiment don total lorsque les engagements du sacrement du mariage et du mariage légal ne sont pas assumés ?
Sennahoj a écrit : S'agit-il seulement de (excusez si je choque, je ne souhaite pas être grossier) pénétration ou tout autre pratique en lien avec les organes sexuels, ou bien est-ce que le simple fait d'être nus et de se regarder constitue un péché aux yeux de l'Eternel ?
Et en monokini ? en bikini ? en sous-vêtements ? Et quid pour les naturistes ? Quid d’un baiser sur les lèvres superficiel ou plus intense ? Quid de se promener bras dessus bras dessous ? de sentir les genoux qui se touchent ? Quid des caresses sur la joue, sur une épaule, sur les fesses ? …
Entre fiancés, et déjà sur la route qui peut mener à des fiançailles, les inclinaisons sexuelles sont présentes et elles sont saintes, ne l’oublions pas. Toute référence aux inclinaisons adultères évoquées dans l’évangile ne sont guère pertinentes ici.
Les inclinaisons amoureuses portent en elles, dans une mesure variable, le désir d’une possible union totale corps, âme et esprit. Il n’est donc pas pertinent d’évoquer l’adultère, ni même l’adultère par le regard dans une telle situation. Lorsque des célibataires, libres de se marier, se rencontrent et s’attirent, ils expérimentent une réalité inscrite depuis Adam et Eve dans la nature humaine.
C’est une réalité saine et belle, soutenue par une espérance divine : celle de pouvoir peut-être, car qui peut savoir au départ d’un sentiment ce que sera demain, participer à un acte de Dieu lui-même (car, comme Jésus nous le rappelle dans l’évangile, c’est Dieu qui unit dans un vrai mariage).
Le Nouveau Testament ne s’encombre pas de subtilités dans le domaine du mariage et de la sexualité. Il ne semble considérer que deux pratiques de la sexualité : la sexualité des époux et le « pornéa » (traduit par fornication, débauche, impudicité, adultère).
La sexualité d’une personne est une inclinaison intérieure qui, dès le plus jeune âge, oriente vers une union complémentaire avec une personne de l’autre sexe pour former une unité nouvelle créatrice, unissant deux êtres dans une communion d’amour à l’image de Dieu.
Le péché originel et toutes les tentations du monde moderne suscitent cependant diverses formes de pornéa.
Lorsqu’une personne mariée se laisse conduire par une inclinaison sexuelle vers une personne autre que son conjoint, fusse par un regard de désir, le Christ nous indique que c’est déjà de l’adultère.
Lorsqu’une personne non mariée se laisse conduire par une inclinaison sexuelle vers une personne déjà mariée, c’est aussi de l’adultère.
Lorsqu’une personne non mariée se laisse conduire par une inclinaison sexuelle vers une autre personne non mariée, son comportement est parfaitement pur s’il est vrai et qu’il espère un possible mariage même si la perspective en est encore extrêmement lointaine et incertaine.
Qui peut prétendre juger de manière détaillée les actes d’approches et de tendresse qui peuvent se développer entre deux célibataires qui s’attirent ? Tout est affaire de circonstances personnelles toujours différentes et de constructions infiniment variées selon les personnes.
Mais, un fait est clair : l’union sexuelle totale n’est vraie que si elle est vécue dans une situation réelle de don total. Unir les corps, lorsque l’union concrète n’est pas réalisée parce que les amis, voire les fiancés, ne sont pas encore mariés, c’est briser la signification même de l’union sexuelle qui est d’exprimer une union totale des personnes.
On ne peut pas faire une seule chair et rentrer chez soi. On ne peut pas faire une seule chair et ne pas s’attacher pour la vie par un don total.
Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas.
Le respect du caractère divin de l’union sexuelle implique, comme pour Adam et Eve, de quitter père et mère, de s’attacher, d’être définitivement une seule chair.
Pour un chrétien, comment réaliser une telle union sans un engagement aussi total que ce que les corps expriment dans une union sexuelle ?
S’abstenir avant le mariage, c’est penser, avec amour, que ce don merveilleux des corps doit être vrai et manifester par les corps un engagement total aussi réel pour toute la personne que pour son corps.
Je ne veux pas prêter mon corps comme un simple objet. Mon corps, c’est moi. Je ne veux pas te donner mon corps séparément (c’est cela de la pornéa), mais je veux me donner entièrement à toi avec et par mon corps, ce qui ne peut être séparé du don total de toute la personne, de la mise en commun de toute l’existence de la personne, de l’engagement de toute la personne.
Le sexe hors mariage est une tromperie, de la pornéa qui oublie que le corps n’est pas un objet d’une personne mais est la personne elle-même.
Considérer le sexe comme un objet n’est pas seulement une faute, mais aussi une erreur.
Céder son corps par amour dans une relation sexuelle hors mariage reste toujours une profonde blessure par rapport à ce qu’est le corps, à ce qu’est un humain fait à l’image de Dieu, à la vérité du corps qui est la personne.
Même pour des fiancés proches du mariage, donner son corps totalement sans don simultané de toute la personne dans sa réalité concrète avec tout ce que cela implique (nouveau foyer indépendant des pères et mères, engagement définitif, mise en commun de la vie concrète), est une profonde atteinte à la vérité présente des deux fiancés pas encore mariés et les prive l’un et l’autre de la grâce de faire de leur union sexuelle l’expression d’un don total entre eux.
Si l’union sexuelle est offerte pour exprimer un don réel de toute la personne, elle va garder cette valeur dans toute sa clarté.
Lors de chaque union sexuelle, chacun des époux qui aura attendu son mariage pour sa première union physique totale, bénéficiera tout au long de sa vie d’un lien exclusif et indissociable entre le don de son corps et le don de sa personne.
Celui qui n’y a pas veillé (et c’est probablement hélas une immense majorité) subit une perte. Entre les époux, l’union sexuelle n’aura pas toujours été l’expression d’un don total. Dans le souvenir, la dissociation reste une blessure parce qu’entre les époux, le corps n’aura pas toujours été l’expression indissociable du don total des personnes.
C’est difficile à comprendre pour ceux qui n’ont pas expérimenté cette grâce, mais la réserve du don total du corps avant le mariage est le plus beau des cadeaux que les fiancés peuvent se faire entre eux.
Pour moi, pour toi, quand je m’unis totalement à toi avec mon corps, c’est parce que je m’unis totalement à toi pour toujours, parce que je sais que Dieu lui-même nous unit de manière indissoluble, parce que nous sommes vraiment un et non plus deux.
En ce qui concerne le chemin qui prépare au mariage, beaucoup d’avertissements sont exprimés et chacun doit éviter les occasions de chute.
Ce qui est réservé aux époux, c’est seulement l’union sexuelle totale, la rencontre par pénétration des organes sexuels.
Cela ne signifie pas que tout le reste soit permis ou sans importance, mais il y a eu une progressivité dans le rapprochement des personnes au temps des attirances initiales puis tout au long des fiançailles.
La perspective sincère du mariage développe progressivement la rencontre des personnes dans toute leur réalité qui est corps, âme et esprit.
Ce développement peut être parfaitement pur lorsque le corps reste parfaitement en harmonie avec toute la personne selon l’état de son engagement.