1er juillet Servante de Dieu
Agatina (Giuseppina) Balsamo, née le 31 octobre 1887 à Mascalucia, Catane, Italie, +1er juillet 1969 à Catane, religieuse dominicaine du Sacré Cœur.
nihil obstat 17 février 1986; décret de validité de l'enquête diocésaine 19 février 1993.
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2 juillet Serviteurs de Dieu
Justyn Spyrłak et ses compagnons dominicains, martyrs à Tchortkiv (Ukraine) le 2 juillet 1941 :
Jan Spyrłak (Justin) [Ян Спирлак (Юстин)], prêtre, né le 7 décembre 1895 à Bronowice Małe, Małopolskie (Pologne)
Franciszek Longawa (Hieronym) [Франциск Лонгава (Ієронім)], prêtre, né le 6 octobre 1872 à Niżna Łąka, Podkarpackie (Pologne)
Stanisław Misiuta (Jacek) [Станіслав Місюта (Яцек)], prêtre, né le 17 août 1909 à Dutrów, Lubelskie (Pologne)
Adam Znamirowski (Anatol) [Адам Знаміровський (Анатолій)], prêtre, né le 12 décembre 1910 à Przemyśl, Podkarpackie (Pologne)
Stanisław Bojakowski (Andrzej) [Станіслав Бояновський (Андрій)], religieux, né le 5 juin 1897 à Ushnya, Lvivska oblast (Ukraine)
Martin Czerwonka (Reginald) [Мартин Червонка (Регінальд)], religieux, né le 4 novembre 1857 à Krościenko Wyżne, Podkarpackie (Pologne)
Karol Iwaniszczów (Metody) [Кароль Іваніщув (Мефодій)], religieux, né le 13 août 1910 à Polyany, Lvivska oblast (Ukraine)
Józek Wincentowicz [Йосип Вінцентович], laïc dominicain, né en 1870 à Cracovie (Pologne)
nihil obstat 10 juin 2006, ouverture enquête diocésaine 18 novembre 2006.
4 juillet Bx
Damiano Grassi de Rivoli, +4 juillet 1515 à Piombino.
On dit que, frappé par la nouvelle du martyre du Bx Antonio Neyrot (voir 10 avril), il décida d’entrer dans l’Ordre dominicain, désireux du martyre. Il fit ses études à l’université de Paris et les termina en 1500. De retour dans sa patrie, le chapitre général de l’Ordre, tenu à Pavie, le nomma régent de l’université de la ville. Dans cette lourde charge, il n’abandonna pas la prédication. En 1513 il fut élu provincial de la Province St Pierre martyr, et choisi comme confesseur de Charles III de Savoie. Il mourut en revenant du chapitre général de Naples.
Son culte n’a pas encore été confirmé par le Saint Siège.
4 juillet
Bse Catherine Jarrige (Doumis, paroisse de Chalvignac 4 octobre 1754, +4 juillet 1836).
Dernière de sept enfants, elle mène la vie toute simple d'une petite paysanne de son temps : pauvrement vêtue, fille de plein air et de franc amusement. Elle n'eut pour toute science que cette sagesse rurale, acquise par l'expérience et l'enseignement des anciens, le contact quotidien avec la nature, et son catéchisme. Elle savait lire un peu : on a conservé longtemps à Mauriac son livre de prières et sa règle de tertiaire dominicaine. Elle vit dans les champs avec ses frères et sœurs et les enfants des environs. Elle garde chèvres et moutons. Elle est gaie, espiègle même. Elle joue des tours à ses compagnons de jeu. Elle ouvrait les claires-voies des pâturages ou faisait un trou dans la muraille, de sorte que les troupeaux de ses adversaires d'un jour allaient et venaient à l'aventure dans les prés voisins. Catinon a raconté plus d'une fois ses fredaines de jeunesse pour les déplorer.
Louée à l'âge de dix ans, elle donna pleine satisfaction à ses maîtres. Vers douze ou treize ans, elle fait sa première communion. Elle se prépare avec soin à cette étape importante de son existence. De l'avis général, il se produit un changement en elle. Elle entre dans l'adolescence, devient plus sérieuse, attachée à la prière.
À 13 ans, elle perd sa mère. Ces épreuves lui forgèrent une âme forte et courageuse.
Catherine fut une sainte joyeuse. Elle aime danser.
« J'allais partout où il y avait une veillée, une danse, une musette ». « J'aimerais que les gens se confessent autant de fois que j'ai dansé la bourrée. » Quand a commencé son procès de béatification en 1911-1930, il n'était pas très indiqué pour une sainte de danser, mais les témoins soulignèrent qu'elle ne dansait que
« la bourrée, danse peu répréhensible, qui ne prête pas à conséquence ». Quand elle prit conscience que le Seigneur l'appelait à son service, elle renonça à la danse. Elle déclarait elle-même que ce renoncement fut l'un des plus grands sacrifices de sa vie. Elle le fit pour être plus libre dans le service des pauvres et des malades, pour se consacrer à Dieu sans partage. La règle des Tertiaires dominicaines, dont elle faisait partie, interdisait d'aller au bal. Dieu seul désormais était sa Joie et son chant.
Car Dieu l'appelait au service des pauvres, des malades, des orphelins. Pour mieux s'y consacrer, à l’âge de 20 ans Catherine s’installa à Mauriac comme dentellière avec sa sœur Toinette et entra dans le Tiers-Ordre de saint Dominique. Elle devint ainsi une Menette. Les Menettes étaient des laïques, qui se donnaient à Dieu tout en vivant dans le monde, au milieu de leurs concitoyens. Leur activité principale était l'aide aux plus démunis, une aide non seulement matérielle mais aussi spirituelle. Elles étaient au milieu de leurs contemporains les témoins de la tendresse de Dieu pour tout homme. Elles collaboraient aussi à la catéchèse. Leur règle leur prescrivait des temps de prière réguliers, l'assistance quotidienne à la Messe, une vie d'union profonde avec le Christ. II y avait alors à Mauriac d’autres groupes de Menettes, elle choisit celui de St Dominique, sans doute parce qu'elle portait le nom d'une grande dominicaine, Catherine de Sienne. II y avait également un couvent de dominicaines à Mauriac. Sans doute était-elle aussi attirée par l'esprit évangélique, apostolique, de st Dominique.
Elle se mit à l'ouvrage : près de cinquante belles années au service des pauvres et des malades, des orphelins, des malheureux de la région de Mauriac. Elle connaissait les pauvres, elle savait leurs besoins. Elle passait une partie de ses journées à quêter pour eux chez les plus fortunés surtout. Toute la bourgeoisie mauriacoise fut mise à contribution pendant des années. Catherine portait sur son tablier deux grandes poches en cuir où elle mettait le fruit de ses quêtes. En entrant dans la maison où elle quêtait, elle montrait d'un regard et d'un sourire ses deux poches, qu'elle tenait larges ouvertes et elle disait d'une joyeuse façon en patois : « Mettez là ! Mettez là ! » ou: « Bonjour, Madame, je reviens encore. Oh ! Ne vous fâchez pas ! » C'était là tout son discours, on devinait le reste. La maîtresse de maison se fâchait parfois. La Menette ne s'effarouchait pas. Elle continuait à sourire et restait là. On lui donnait toujours. Il lui arrivait de prendre un air fâché : « Ah? Vous autres, grande Madame, grand Monsieur, vous avez tout ce qu'il vous faut, et de l'argent, et du pain blanc, et du bon vin, et de bons feux. Vous vous souciez peu de ceux qui meurent de faim ou de froid. Mais ce n'est pas ça... Allons, voyons, donnez ou je prends ». Et on lui donnait. Même les cœurs les plus endurcis se laissaient vaincre par son sourire.
Quand elle rencontrait un orphelin ou un petit enfant pauvre, souffreteux, déguenillé, grelottant dans les rues de Mauriac, elle le prenait par la main, le conduisait chez elle ou dans quelque maison charitable, et là, elle le réchauffait, lui servait à manger, rapiéçait ses habits. Avant de le renvoyer chez lui, elle lui donnait ce qu'elle avait : du pain, un bonnet, une chemise, une casquette, des sabots.
Elle ne tirait jamais orgueil de son activité caritative. Elle agissait gratuitement, sans bruit, par amour du Christ et des autres. Amie des pauvres, elle vivait elle-même dans une grande pauvreté. Quand on lui donnait des vêtements ou des souliers pour son usage personnel, aussitôt un pauvre en héritait. Elle allait jusqu'à sacrifier sa nourriture pour les pauvres. Un jour, une bourgeoise voulut lui donner plus que son ordinaire qui se composait d'une soupe de pain bis. Catinon dit: « Bouche, tu en veux. Bouche, tu n'en auras pas ».
Elle puisait la force d'agir dans la prière comme à une source d'eau vive. Elle priait à l'église, chez elle, mais aussi dans les rues de la ville. « Que de fois, dit un témoin, je l'ai vue venir à moi, une main tendue pour recevoir l'aumône, l'autre cachée sous son tablier où elle tenait secrètement son chapelet ».
Pendant la Révolution, elle souffrit de voir consacrées par la loi française la rupture de la communion avec l'Eglise de Rome, avec le Pape, la suppression de la vie consacrée, de la vie religieuse, la déchristianisation sous la Terreur, les persécutions injustes contre le clergé réfractaire. Dans la tourmente, elle comprit que l'enjeu était tout simplement la survie de l'Eglise. Refusant d'assister aux offices du clergé constitutionnel, elle aidait les réfractaires persécutés à exercer leur ministère clandestinement. Elle en cachait deux dans sa maison. Au plus fort de la Terreur, elle parcourait les bois pour apporter nourriture, vêtements et objets du culte pour la célébration de la messe aux prêtres qui se cachaient. Elle accompagna l'abbé Filiol (âgé de 29 ans) jusqu’à l'échafaud et recueillit son sang comme les premières chrétiennes recueillaient le sang des martyrs. On l'arrêta deux fois. Elle passa une fois en jugement et fut acquittée faute de preuves. Elle n'ignorait pas qu'elle risquait sa vie. La persécution dura dix ans.
Lorsque la Révolution prit fin, elle continua d'apporter son aide au clergé pour reconstruire la paroisse de Mauriac, pour que l'Evangile règne dans les cœurs.
Après une vie bien remplie, une vie de service et d'amour des plus pauvres et de l'Eglise, elle rend son âme à Dieu. Elle est pleurée de tous. Riches et pauvres lui rendent un dernier hommage. Catinon-Menette n'a pas été oubliée des Cantaliens. Sa tombe est toujours entretenue et fleurie. On demande son intercession auprès du Seigneur pour les malades, pour les plus démunis, pour les vocations. Béatifiée en 1996.
4 juillet
Bx Piergiorgio Frassati (Turin 6 avril 1901-1925), militant contre le fascisme et la guerre, actif dans les associations caritatives et sportives.
Son père, Alfredo, agnostique, sénateur puis ambassadeur en Allemagne, était le fondateur et le directeur du journal libéral
La Stampa. Sa mère, Adélaïde Amétis, peintre à ses heures, était une femme ferme, au christianisme peu enclin à la ferveur. La vie familiale était aisée et se déroulait entre Turin et Pollone, à 70 km de là, lieu de la propriété familiale au cœur des montagnes qui seront un lieu essentiel de l’itinéraire intérieur de Pier Giorgio. Luciana, sa petite sœur, grandit avec lui à la maison, jusqu’à son admission au collège des Jésuites. Là sa vie intérieure connaît un essor qui ne s’arrêtera plus, rythmée très tôt par la communion quotidienne.
À chaque âge de sa vie, Pier Giorgio sut alimenter sa soif de Dieu par des engagements spirituels dans des groupes de piété et d’apostolat pour jeunes. Il devint tertiaire dominicain à l’âge de 22 ans et prit le nom de frère Jérôme, à cause de Savonarole qu’il vénérait comme un saint.
Entré en 1918 à l’école polytechnique, son rayonnement dans le milieu étudiant fut particulièrement important. Inscrit à l’Action Catholique, il y défendit les couleurs de sa foi, avec une fermeté et un naturel qui ne nuisirent jamais à la charité. Quand il fallait pour cela payer de sa personne, il ne le refusait pas, se faisant même arrêter au cours d’une manifestation d’étudiants catholiques que l’état fasciste tentait d’interdire.
Au travers des Conférences St Vincent de Paul, il était engagé au service des pauvres, qu’il visitait longuement, dans les quartiers défavorisés de Turin, leur donnant ses propres biens, les aimant avec tendresse et leur consacrant le meilleur de son énergie.
« Autour des malades, autour des malheureux, je vois une lumière que nous n’avons pas » . « Jésus me rend visite chaque jour par la communion, et moi je la Lui rends modestement en visitant ses pauvres ».
Au milieu des siens qui ignoraient à peu près tout de sa vie intérieure et missionnaire, Pier Giorgio, dans l’humilité, gravit les cimes de la sainteté d’un pas déterminé. Sa prière simple et silencieuse, parfois longuement prolongée dans la nuit, le portait en avant et le protégeait contre toute aigreur. Fantaisiste par caractère autant que par choix spirituel, il créa avec des amis « la société des types louches », groupe remuant, chahuteur et enthousiaste dans son engagement chrétien : son apostolat mêlait ainsi à une joie exubérante une ferveur communicative. C’est dans la montagne qu’il aimait à élever l’âme de ses amis au cours d’excursions sportives dont le caractère physique était toujours au service de la vie intérieure (c’est pour cela que le pape Jean-Paul II l’a proclamé patron des sportifs).
Souvent éprouvé dans sa foi par la contradiction du monde et de ses proches eux-mêmes, il sut garder une pureté dont toute tristesse était bannie. Deux phrases le résument à merveille :
« À nous, il n’est pas permis de vivoter ; vivre est notre devoir ! Trêve donc à toute mélancolie ! », « Un catholique ne saurait manquer de gaîté ; la tristesse doit être bannie des cœurs catholiques ; la douleur n’est pas la tristesse, qui est une maladie, la pire de toutes ».
Les derniers jours de la vie de Pier Giorgio révèleront l’extrême pureté avec lequel il avait fait de sa vie une offrande constante. Se sentant gagné par la maladie, il consacra ses dernières forces au profit de son prochain et à régler ses promesses envers les pauvres dans le moindre détail. Après une semaine d’agonie cachée, qu’ignoraient même les siens, il s’en remit à Dieu et mourut en quatre jours de la poliomyélite, contractée probablement dans un taudis de Turin. Comme il le disait lui-même, il s’en allait vers « la vraie patrie pour chanter les louanges de Dieu ». L’immense foule reconnaissante qui se pressa autour de son cercueil surprit sa famille autant que la brutalité de sa disparition. Son rayonnement humble, fervent et joyeux fut tel que sa renommée se répandit en Italie comme une traînée de poudre. On ouvrit très vite son procès de béatification. En 1981 sa dépouille fut reconnue intacte. Pour le centenaire de sa naissance, en 2001, le pape renouvela son invitation aux jeunes à se confier à lui pour accomplir leur mission d’évangélisation :
« Il proclame par son exemple qu’elle est « bienheureuse » la vie conduite dans l’Esprit du Christ, l’Esprit des Béatitudes ; et que seul celui qui devient homme des béatitudes réussit à communiquer à ses frères l’amour et la paix. Il répète qu’il vaut vraiment la peine de tout sacrifier pour servir le Seigneur ; il témoigne que la sainteté est possible pour tous et que seule la révolution de la Charité peut allumer dans le cœur des hommes l’espérance d’un monde meilleur. »
Béatifié en 1990 par Jean-Paul II, qui avait confié à sa garde les JMJ successives.