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Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

Publié : mar. 30 juin 2026, 10:58
par Gaudens
La première solution que vous proposez, Toto2, casserait l'unité de l'Eglise latine ; par comparaison, aucune des Eglises orientales unies n'est bi-ritualiste, chacune a SON rite. Par contre je vous suit volontiers pour la seconde préconisation avec en effet abrogation préalable de TC. Mais au delà il me semble souhaitable qu'une telle commission ait un axe de réflexion plus large, à moyen terme: le rapprochement des deux formes après mise à plat de leur application actuelle respective, à la lueur de Sacrosanctum Concilium. Ladite commisison aurait entre autres le pouvoir de recommander des modifications à certaines des formes du Novus Ordo suite aux (hâtives) décisions de la Commission liturgique post-concilaire (Bugnini) et des conférences épiscopales nationales.Et encore la possibilité de recommander certaines modifications de la manière actuelle de célébrer en Vetus Ordo. Tout ce qui était voulu par Benoit XVI en son temps.

Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

Publié : mar. 30 juin 2026, 11:46
par patatedouce
LETTRE DU SAINT-PÈRE LÉON XIV
AU RÉVÉREND PÈRE DAVIDE PAGLIARANI
SUPÉRIEUR GÉNERAL DE LA FRATERNITÉ SACERDOTALE SAINT-PIE X

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___________________________________

C’est avec paternité que je souhaite m’adresser à vous et, à travers vous, aux évêques, aux prêtres, aux séminaristes et aux fidèles liés à la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, conscient de la responsabilité que le Seigneur m’a confiée en tant que Successeur de l’Apôtre Pierre.

L’Église reconnaît l’attachement à la vie liturgique, l’engagement dans la formation sacerdotale, le zèle apostolique et le désir de fidélité à la Tradition qui caractérisent de nombreuses personnes et communautés liées à cette Fraternité. Cela a motivé l’attitude d’attention et de bienveillance que mes Prédécesseurs vous ont constamment manifestée.

Dans cet esprit, et rempli d’affection chrétienne, je vous demande et vous prie de tout mon cœur : revenez sur vos pas ! Je vous exhorte à considérer avec attention le bien spirituel des fidèles car l’acte schismatique que vous avez l’intention d’accomplir les priverait de la réception licite, voire dans certains cas valide, des sacrements qu’ils aiment et recherchent pour leur sanctification.

L’Église est ouverte à un chemin de dialogue et d’entente que le Saint-Esprit peut rendre possible et fécond.

Je prie pour vous car déchirer la Tunique sans coutures du Christ est un péché d’une extrême gravité. Que le Seigneur éclaire vos consciences et réveille vos cœurs. En vertu de l’autorité que j’ai reçue du Christ, c’est le cœur attristé, mais encore rempli d’espoir, que je me sens le devoir de vous demander de renoncer à votre projet. Je confie ces intentions au Cœur Immaculé de Marie, Mère du Bon Conseil.

Du Vatican, le 29 juin 2026

Solennité des Saints Apôtres Pierre et Paul

LÉON PP. XIV

Source : https://www.vatican.va/content/leo-xiv/ ... npiox.html
Voici une lettre du pape. Je pense qu'elle va être sujet à contresens sur 2 points :

- le paragraphe 2 : ne donne pas raison à la FSSPX mais loue leur volonté de bien faire (même si je trouve ça très discutable) - (il ne dit pas qu'ils sont fidèles à la tradition mais qu'ils ont le désir de l'être...).

- "les priverait de la réception licite" : ne dis pas qu'aujourd'hui tous les sacrements de la FSSPX sont licites mais qu'à l'avenir se sera plus difficile qu'ils le soient.

Sous une apparence sympathique, c'est un message qui semble très dur (et ferme ?) vis à vis de la FSSPX. Vous êtes gentils mais... Le pape s'adresse à eux comme on s'adresserait a un bon ami dans l'erreur...

Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

Publié : mar. 30 juin 2026, 12:32
par Cgs
patatedouce a écrit : mar. 30 juin 2026, 8:23
Cgs a écrit : lun. 29 juin 2026, 21:27

La proposition de recréer à nouveaux frais une commission sur le modèle d'Ecclesia Dei de 1988 me semble intéressante.

Personnellement, je ne crois pas que le dialogue soit leur objectif. Par conséquent, créer une commission ne servirait à rien.
Bonjour,

Le cardinal Mûller le dit : ceux qui ne veulent pas de dialogue resteront évidemment sur leurs positions et cette commission ne leur servira pas. Mais recréer une structure d'accueil pour les fidèles et les prêtres de la FSSPX (il y en a) qui ne sont pas d'accord avec la ligne dure de leur supérieur actuel, dans une contexte post-Traditionis Custodes, pourrait donner une possibilité de rejoindre Rome aux communautés de sensibilité traditionnelle qui sont hors de la communion visible de l'Eglise, comme la commission Ecclesia Dei l'a permis, en 1988 à la FSSP par exemple, et plus tard à l'IBP en 2006.

En Christ,

Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

Publié : mar. 30 juin 2026, 13:31
par patatedouce
Cgs a écrit : mar. 30 juin 2026, 12:32
patatedouce a écrit : mar. 30 juin 2026, 8:23

Personnellement, je ne crois pas que le dialogue soit leur objectif. Par conséquent, créer une commission ne servirait à rien.
Bonjour,

Le cardinal Mûller le dit : ceux qui ne veulent pas de dialogue resteront évidemment sur leurs positions et cette commission ne leur servira pas. Mais recréer une structure d'accueil pour les fidèles et les prêtres de la FSSPX (il y en a) qui ne sont pas d'accord avec la ligne dure de leur supérieur actuel, dans une contexte post-Traditionis Custodes, pourrait donner une possibilité de rejoindre Rome aux communautés de sensibilité traditionnelle qui sont hors de la communion visible de l'Eglise, comme la commission Ecclesia Dei l'a permis, en 1988 à la FSSP par exemple, et plus tard à l'IBP en 2006.

En Christ,
Le Cardinal Mûller est particulièrement lucide. J'aime bien quand il dit que l'Eglise s'est toujours relevéà des abus à travers l'histoire. Et, effectivement, il y en a eu plusieurs, par exemple l'inquisition (dans le sens des autodafés de sorcières), les faux dévots... On va dire que chaque période a eu ses abus, ce qui fragilise vraiment la FSSPX. La solution n'a jamais été de construire une Eglise parallèle.
Après, il y a toujours l'invocation à une Eglise invisible, la vraie Eglise, qui serait supérieure à l'Eglise physique imparfaite. Et, ils défendent (les contradicteurs) le rattachement à cette Eglise invisible. C'est un dogme qui est commun à tous les schismatiques. Il n'est pas écrit dans les Evangiles qui l'Eglise est spéculative...

Donc, s'il estime qu'une commission est nécessaire, c'est que ca doit être pertinent. Maintenant, qui reste à la FSSPX : les personnes déjà présentes en 1988 et les descendants de ces personnes (fidèles, prêtres...) qui adhèrent à la FSSPX. Donc, je pense qu'il y aura très peu de défection, plutôt des personnes avec un pied dedans qui vont prendre leur distance ?

Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

Publié : mar. 30 juin 2026, 16:53
par Anna2003
patatedouce a écrit : mar. 30 juin 2026, 13:31
Cgs a écrit : mar. 30 juin 2026, 12:32

Bonjour,

Le cardinal Mûller le dit : ceux qui ne veulent pas de dialogue resteront évidemment sur leurs positions et cette commission ne leur servira pas. Mais recréer une structure d'accueil pour les fidèles et les prêtres de la FSSPX (il y en a) qui ne sont pas d'accord avec la ligne dure de leur supérieur actuel, dans une contexte post-Traditionis Custodes, pourrait donner une possibilité de rejoindre Rome aux communautés de sensibilité traditionnelle qui sont hors de la communion visible de l'Eglise, comme la commission Ecclesia Dei l'a permis, en 1988 à la FSSP par exemple, et plus tard à l'IBP en 2006.

En Christ,
par exemple l'inquisition (dans le sens des autodafés de sorcières), les faux dévots...
Cardinal Fernandez occupe le poste du Grand Inquisiteur actuellement, n'est-ce pas ? Avec une appellation moderne...

Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

Publié : mar. 30 juin 2026, 17:32
par patatedouce
Anna2003 a écrit : mar. 30 juin 2026, 16:53
patatedouce a écrit : mar. 30 juin 2026, 13:31

par exemple l'inquisition (dans le sens des autodafés de sorcières), les faux dévots...
Cardinal Fernandez occupe le poste du Grand Inquisiteur actuellement, n'est-ce pas ? Avec une appellation moderne...
Je m'explique en détail : l'Inquisition n'a pas été mauvaise sur toute la ligne, même s'il y a eu des abus évidents. L'Inquisition qui a été la première à introduire de vraies procédures d'enquête était une bonne chose, mais celle qui brûlait les sorcières l'était beaucoup moins (je ne pense pas que l'on puisse tuer au nom du Christ).

Cela montre aussi qu'il faut dissocier l'abus de la norme : ce n'est pas tout ou rien. Des abus, il y en a eu à chaque période de l'histoire et l'Église s'en est toujours sortie — et, sauf erreur, sans jamais créer d'Église parallèle pour autant (même si, comme on dit, les performances passées ne présagent pas des performances futures...).

Après mûres réflexions, recherches et expériences, je suis désormais persuadé que la FSSPX se trompe. Je ne dis pas que ceux qui se revendiquent du rite tridentin font fausse route. Je crois simplement qu'il n'y a qu'une seule Église, et que le concile Vatican II n'est pas en rupture avec la Tradition (et qu'il ne faut pas le comprendre comme tel).

Je trouve particulièrement dommage que les fidèles de la FSSPX (laïcs comme prêtres) aient déserté les paroisses, car ils auraient pu y apporter leur savoir-faire. Aujourd'hui, peut-on estimer que, dans une certaine mesure et dans certaines limites, les paroisses diocésaines sont défaillantes parce que leurs meilleurs éléments ont été aspirés par la FSSPX ? Pour ma part, je pense qu'un retour de ces fidèles dans les paroisses, en pleine communion avec Vatican II, serait une excellente chose.

Enfin, je pense que le point de blocage majeur de la FSSPX réside dans sa volonté d'imposer un lien étroit entre religion et politique. C'est-à-dire de prétendre qu'un « bon » catholique devrait avoir plus de droits dans la société qu'un non-croyant ou qu'un « mauvais » catholique. J'ai d'ailleurs entendu parler d'un prêtre de la FSSPX qui a refusé des obsèques religieuses à une famille sous prétexte qu'elle ne croyait pas « comme il faut », alors même que ce prêtre avait lui-même administré les derniers sacrements au défunt. C'est, à mon sens, cette politisation de la foi qui crée un blocage absolu.

Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

Publié : mar. 30 juin 2026, 18:11
par Anna2003
J'ai juste remarqué que le prefet du Dicastère pour la Doctrine de la foi , poste occupé actuellement par cardinal Fernandez est l'appellation actuel du Grand Inquisiteur ...

Les derniers 4-5 semaines il y a 4-5 familles qui ne viennent pas à la messe fssp de ma paroisse. Je ne sais pas la raison , mais je soupçonne que c'est lié aux sacres de Fsspx

Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

Publié : mar. 30 juin 2026, 18:12
par Toto2
Gaudens a écrit : mar. 30 juin 2026, 10:58 La première solution que vous proposez, Toto2, casserait l'unité de l'Eglise latine ; par comparaison, aucune des Eglises orientales unies n'est bi-ritualiste, chacune a SON rite.
Les rites dominicains, cartusiens, des prémontrés, de Sarum, de Braga... ont-ils cassé l'unité de l'Eglise latine ? Non.
La multiplicité dans le déroulement des messes, avec le choix d'options laissées à la main du célébrant, casse-t-il l'unité de l'Eglise latine ? Non plus.
Les divers rites cassent-ils l'unité de l'Eglise catholique ? Pas davantage.
Je pense que l'unité de l'Eglise est bien plus cassée par des initiatives comme celles que prennent certains évêques allemands, plutôt qu'un prêtre qui célèbre dans sa chapelle la messe traditionnelle.
Mais au delà il me semble souhaitable qu'une telle commission ait un axe de réflexion plus large, à moyen terme: le rapprochement des deux formes après mise à plat de leur application actuelle respective, à la lueur de Sacrosanctum Concilium. Ladite commisison aurait entre autres le pouvoir de recommander des modifications à certaines des formes du Novus Ordo suite aux (hâtives) décisions de la Commission liturgique post-concilaire (Bugnini) et des conférences épiscopales nationales.Et encore la possibilité de recommander certaines modifications de la manière actuelle de célébrer en Vetus Ordo. Tout ce qui était voulu par Benoit XVI en son temps.
Je ne pense pas que vous trouverez plus de 0,1% des traditionalistes qui serait content à cette idée, à 0,1% près.
C'est peut-être le chat échaudé qui craint l'eau froide, mais je parierais à 9 contre 1 que ces recommandations ne me siéraient pas ; j'entends que ce n'est pas un argument et que ce que pense ma petite personne n'a pas un grand intérêt, mais je ne pense pas être le seul qui aura cet avis.
Gardons-nous de raccommoder les vieux vêtements avec de nouvelles pièces d'étoffe, ou de verser du vin nouveau dans de vieilles outres.
L'Eglise considère qu'il faut prémunir les rites orientaux de toute latinisation pour en garder les trésors, je ne vois pas pourquoi la forme extraordinaire devrait faire une fois de plus l'objet d'un traitement particulier et en quoi un rapprochement serait souhaitable. QU'ON NOUS FICHE LA PAIX, point. C'est tout ce que l'on veut avec l'abrogation de TC, c'est tout ce que l'on demande.
Je me moque éperdument, d'un point de vue strictement personnel (en ce qui concerne le bien de l'Eglise, et la nécessaire qualité de la liturgie, c'est autre chose) de savoir comment les catholiques prient en Paul VI (je vais fort rarement à la messe Paul VI), si le prix à payer pour une amélioration de la liturgie Paul VI est une dégradation de la messe de saint Pie V, le prix me paraît trop élevé.
Vous vous rendez compte, quand même, de l'énergie, de la perte de temps, des efforts dépensés dans l'Eglise par certains pour s'acharner contre 500 000 catholiques qui représentent un demi dixième de pourcent des catholiques du monde entier ? Les séminaires sont de plus en plus déserts, la doctrine catholique est de moins en moins annoncée et répandue, les gouvernements libéralisent le divorce, l'euthanasie, l'avortement et la théorie du genre, les islamistes massacrent les chrétiens au Nigeria et ailleurs, des conflits ensanglantent la planète... mais la préoccupation est de s'assurer que, horreur, horresco referens, on soit certain qu'il n'y ait pas un abbé qui ose commettre le crime abominable de célébrer une messe privée au sous-sol d'une chapelle avec le missel de 1962. Si ce n'était si tragique pour les traditionalistes, ce serait surtout risible.
Tout en plaidant pour la liberté de culte, bien entendu. Et le dialogue oecuménique et interreligieux, naturellement. Et la liberté de conscience, en plus.
Je suis absolument, totalement, fermement, contre ce projet de sacre de la FSSPX... MAIS que certains catholiques, non pour suivre le schisme de Mgr Lefebvre mais pour continuer à avoir la messe traditionnelle, aient rejoint la FSSPX, c'était - malheureusement ! - prévisible. Il n'aurait pas été si compliqué de manier d'un côté la carotte - libéralisation totale de la messe traditionnelle - et de l'autre côté le bâton.

Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

Publié : mar. 30 juin 2026, 18:23
par Anna2003
Toto2 a écrit : mar. 30 juin 2026, 18:12
Gaudens a écrit : mar. 30 juin 2026, 10:58 La première solution que vous proposez, Toto2, casserait l'unité de l'Eglise latine ; par comparaison, aucune des Eglises orientales unies n'est bi-ritualiste, chacune a SON rite.
Les rites dominicains, cartusiens, des prémontrés, de Sarum, de Braga... ont-ils cassé l'unité de l'Eglise latine ? Non.
La multiplicité dans le déroulement des messes, avec le choix d'options laissées à la main du célébrant, casse-t-il l'unité de l'Eglise latine ? Non plus.
Les divers rites cassent-ils l'unité de l'Eglise catholique ? Pas davantage.
Je pense que l'unité de l'Eglise est bien plus cassée par des initiatives comme celles que prennent certains évêques allemands, plutôt qu'un prêtre qui célèbre dans sa chapelle la messe traditionnelle.
Mais au delà il me semble souhaitable qu'une telle commission ait un axe de réflexion plus large, à moyen terme: le rapprochement des deux formes après mise à plat de leur application actuelle respective, à la lueur de Sacrosanctum Concilium. Ladite commisison aurait entre autres le pouvoir de recommander des modifications à certaines des formes du Novus Ordo suite aux (hâtives) décisions de la Commission liturgique post-concilaire (Bugnini) et des conférences épiscopales nationales.Et encore la possibilité de recommander certaines modifications de la manière actuelle de célébrer en Vetus Ordo. Tout ce qui était voulu par Benoit XVI en son temps.
Je ne pense pas que vous trouverez plus de 0,1% des traditionalistes qui serait content à cette idée, à 0,1% près.
C'est peut-être le chat échaudé qui craint l'eau froide, mais je parierais à 9 contre 1 que ces recommandations ne me siéraient pas ; j'entends que ce n'est pas un argument et que ce que pense ma petite personne n'a pas un grand intérêt, mais je ne pense pas être le seul qui aura cet avis.
Gardons-nous de raccommoder les vieux vêtements avec de nouvelles pièces d'étoffe, ou de verser du vin nouveau dans de vieilles outres.
L'Eglise considère qu'il faut prémunir les rites orientaux de toute latinisation pour en garder les trésors, je ne vois pas pourquoi la forme extraordinaire devrait faire une fois de plus l'objet d'un traitement particulier et en quoi un rapprochement serait souhaitable. QU'ON NOUS FICHE LA PAIX, point. C'est tout ce que l'on veut avec l'abrogation de TC, c'est tout ce que l'on demande.
Je me moque éperdument, d'un point de vue strictement personnel (en ce qui concerne le bien de l'Eglise, et la nécessaire qualité de la liturgie, c'est autre chose) de savoir comment les catholiques prient en Paul VI (je vais fort rarement à la messe Paul VI), si le prix à payer pour une amélioration de la liturgie Paul VI est une dégradation de la messe de saint Pie V, le prix me paraît trop élevé.
Vous vous rendez compte, quand même, de l'énergie, de la perte de temps, des efforts dépensés dans l'Eglise par certains pour s'acharner contre 500 000 catholiques qui représentent un demi dixième de pourcent des catholiques du monde entier ? Les séminaires sont de plus en plus déserts, la doctrine catholique est de moins en moins annoncée et répandue, les gouvernements libéralisent le divorce, l'euthanasie, l'avortement et la théorie du genre, les islamistes massacrent les chrétiens au Nigeria et ailleurs, des conflits ensanglantent la planète... mais la préoccupation est de s'assurer que, horreur, horresco referens, on soit certain qu'il n'y ait pas un abbé qui ose commettre le crime abominable de célébrer une messe privée au sous-sol d'une chapelle avec le missel de 1962. Si ce n'était si tragique pour les traditionalistes, ce serait surtout risible.
Tout en plaidant pour la liberté de culte, bien entendu. Et le dialogue oecuménique et interreligieux, naturellement. Et la liberté de conscience, en plus.
Je suis absolument, totalement, fermement, contre ce projet de sacre de la FSSPX... MAIS que certains catholiques, non pour suivre le schisme de Mgr Lefebvre mais pour continuer à avoir la messe traditionnelle, aient rejoint la FSSPX, c'était - malheureusement ! - prévisible. Il n'aurait pas été si compliqué de manier d'un côté la carotte - libéralisation totale de la messe traditionnelle - et de l'autre côté le bâton.
Pour simplifier à l'extrême, j'ai toujours le sentiment que le fait de remettre de l'ordre dans la liturgie résoudra la plupart des problèmes de l'Église.

La plupart d’entre nous n’ont pas le temps d’analyser les questions doctrinales. Pour nous, l’Église, c’est la liturgie. Nous vivons et expérimentons notre vie chrétienne à travers la messe et les autres sacrements.

Une messe "tridentine" (FSSP, diocésaine, FSSPX, etc.) et même un beau Novus Ordo, avec chant grégorien et ad orientem, et la communion à genoux sur la langue (par exemple à Notre-Dame-du-Travail), est tout à fait compatible avec mon sensus fidei.

Personnellement, je me soucie des autres catholiques qui assistent à la messe « novus ordo » et je prie pour eux ; je m’inquiète même à leur sujet. Je respecte leur choix, j’ai foi en l’Église, mais je crains sincèrement qu’il y ait quelque chose qui cloche dans cette liturgie.





C’est pourquoi mon cœur soutient la FSSPX, même si je comprends que ce qu’ils font est inacceptable.


P.S. : la sainte messe n'est pas vraiment tridentine, elle est bcp plus ancienne.

Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

Publié : mar. 30 juin 2026, 19:01
par Toto2
Anna2003 a écrit : mar. 30 juin 2026, 18:23
Pour simplifier à l'extrême, j'ai toujours le sentiment que le fait de remettre de l'ordre dans la liturgie résoudra la plupart des problèmes de l'Église.

La plupart d’entre nous n’ont pas le temps d’analyser les questions doctrinales. Pour nous, l’Église, c’est la liturgie. Nous vivons et expérimentons notre vie chrétienne à travers la messe et les autres sacrements.
Ah mais que les Paul Vistes veuillent rapprocher leur liturgie de la liturgie traditionnelle, très bien ! Ce dont je ne voudrais pas, c'est que sous ce prétexte de rapprochement, on veuille modifier la liturgie de saint Pie V.
et même un beau Novus Ordo, avec chant grégorien et ad orientem, et la communion à genoux sur la langue (par exemple à Notre-Dame-du-Travail), est tout à fait compatible avec mon sensus fidei.
Je ne suis pas du tout contre non plus, mais il faut être honnête, cela revient à prendre le rite Paul VI pour ôter tout ce qui a été ajouté de nouveau, et dire "oh, cela me plaît". Toute proportions gardées, c'est comme si un Juif disait, "mais si, j'aime la Bible ! Il suffit d'enlever le nouveau testament, et je m'y retrouve !" :-)
Bon, dans ce cas là, autant prendre directement l'original, ce sera plus simple. Et puis entre nous, je ne vois pas l'avantage d'une messe Paul VI, même latin, ad orientem, communion à genoux sur la langue, par rapport à une messe saint Pie V (question totalement oratoire, par pitié ! pas le sujet direct du fil).
C’est pourquoi mon cœur soutient la FSSPX, même si je comprends que ce qu’ils font est inacceptable.
C'était à peu près ma position antérieure : une certaine sympathie, mais sans adhésion. Mais ce n'est plus le cas désormais.

Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

Publié : mar. 30 juin 2026, 20:40
par Gaudens
Toto 2, j aimerais vous répondre un peu longuement mais jusqu à jeudi soir je n aurai que mon smartphone à dispositipn et je n aime pas écrire de longs textes avec. Ce sera donc jeudi soir si ça ne vous dérange pas trop et si Dieu le permet. Bonne soirée.
Gaudens

Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

Publié : mar. 30 juin 2026, 21:47
par Anna2003
Il y a des rumeurs qui circulent que Msgr Schneider sera présent demain aux sacres...

Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

Publié : mer. 01 juil. 2026, 11:17
par Monsieur Jacques
Dans tout les cas, je dis cela pour ceux qui ne s'en rendent pas compte, qui voient ça de loin, qui ne connaissent personne de la fsspx, ce jour est une catastrophe.
Priez pour les fidèles d'Ecclesia Dei, qui sont blessées, tiraillées, insultées de part et d'autre, qui voudraient recevoir plus de soutien, de chaleur du saint siège.
Pour ces familles qui se divisent dans la souffrance autour de la question du schisme.
Pour les lefebvristes qui sont tentés par le sédévacantisme.
Pour ces catéchumènes, néophites qui ont découvert puis qui sont rentrés dans l'Eglise par la fsspx

Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

Publié : mer. 01 juil. 2026, 14:35
par lintrus
Peut-être n’est-il pas trop tard pour se rappeler certaines évidences de base :

S’il y a eu un changement liturgique sous Paul VI, c’est que l’ensemble du magister a estimé, non par caprice ou « progressisme », que le rite tridentin était tel que les changements souhaités n’étaient pas possibles en le conservant.
Notamment, si le latin a été remplacé à certains moments du rite par les langues vernaculaires, c’était pour une raison facile à comprendre et défendre (que soient dites en latin les lectures et l’évangile, voire l’homélie, et vous comprendrez mieux...)
De même, que le canon soit dit de façon haute. D’ailleurs, s’il ne l’était plus ! (eh oui...) c’est à cause d’une trop grande « emprise » peu à peu accordée aux chorales.

Je ne vais pas énumérer tous les autres aspects qui traduisaient de façon concrète le « cahier des charges » de ce que devait être la nouvelle liturgie, et je reconnais comme quasiment tout le monde que la résultat ne fut pas à la hauteur des espoirs, mais c’est fait...
Or personne à cette époque, pas même parmi les tradis, n’avait contesté le principe ni la nécessité d’une nouvelle liturgie de la messe !

C’était une partie de la critique tradi d’origine : le missel de Paul VI prévoyait plusieurs préparations pénitentielles différentes, plusieurs canons différents, etc. alors que la « messe de toujours » était une.
Depuis, cette critique argumente pour se faire reconnaître comme un « courant spirituel » qu’il y a toujours eu plusieurs rites dans l’Eglise, alors pourquoi pas le leur ! Cherchez l’explication...(Il y a certes une confusion, mais c'était la leur... Ils ont rebondi avec l'idée de Benoit XVI pour tenter une réconciliation.)

Un autre exemple : les tradis (le fameux document ici évoqué) se sont plaints de la suppression d’un certain nombre de signes/gestes, tout en reconnaissant qu’ils n’avaient pas d’action véritable mais « accroissaient le sens du sacré » : mais la perception de leur accumulation ne pouvait-elle pas être majoritairement devenue une forme de magie superflue et ambiguë ?
Tout peut se discuter, mais il y a un moment où il faut arrêter de penser à soi et ses préférences et penser « communion » ! Sans oublier qu’il est normal que le magistère se serve de la liturgie pour influencer et orienter l’esprit de cette communion vers là où il se sent guidé par le Saint Esprit.

Il serait temps que les adeptes de la forme tridentine comprennent que ce n’est pas au fidèle de décider de la forme du rite, d’ailleurs quand il s’agit du rite tridentin ils ont décidé d’abandonner toute velléité dans ce sens ! Croient-ils que les fidèles de la messe de St Paul VI sont tous contents du rite aux messes où ils peuvent se rendre ?
La plupart sont localement animées par une équipe liturgique dont les choix ne sont pas ceux de tous (ni souvent de l’officiant !), mais eux ont fait un deuil que les tradis refusent de faire !
Et harcelés par les « enseignements » de notamment cette fraternité qui leur laisse entendre que leurs sacrements ne sont plus valides, plus ceci, plus cela, et leur catéchèse défectueuse, ils portent leur croix en silence – et la plupart se sont résolus à faire la sourde oreille, confiant cette fraternité au Seigneur (et au magistère) pour ne pas avoir à juger de ce qui leur semble si arrogant et déplacé envers eux-mêmes – n’inversons pas les rôles comme cette fraternité sait trop bien le faire !

Il est un fait que cette messe tridentine sert de cristallisation pour une contestation qui n’est pas que... - disons aussi anodine qu’elle voudrait parfois le paraître pour être « acceptée » par le magistère : en quoi ne pourrait-elle être mieux écoutée et résolue s’il y avait un seul rite commun à tous ?


Du temps encore du pape François, il était ressorti des travaux du magistère que l’élaboration d’une nouvelle liturgie serait une bonne chose inspirée du Saint-Esprit.
Question : n’est-il pas vrai que par principe, celle-ci est déjà refusée par la plupart des tradis ?

Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

Publié : mer. 01 juil. 2026, 14:54
par patatedouce
Je crois que le problème n'est pas liturgique, et que la liturgie chez la FSSPX sert juste à créer un modèle de contre société.

Le problème vient du refus de la liberté religieuse, et plus précisément du refus de l'égalité des droits civils pour tous, indépendamment de la religion ou de la moralité de la personne : Selon eux, un catholique qui n'est pas "comme il faut" ne devrait pas avoir droit de cité (le droit de s'exprimer, de penser, de se réunir...). Personnellement, je trouve bien dommage de raisonner ainsi.

Après, qu'il y ait un . ou ; dans la liturgie, je ne suis pas sur que c'est cela qui les motive.

Personnellement, je suis très triste d'arriver à ce constat.

Comme le dit le pape, il faut avancer. Je crois qu'ils ne représentent absolument pas l'Eglise. Je préfère m'en référer au pape pour me sanctifier.

Sujet clos pour ma part.