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Que notre Oui soit Oui !
Publié : mar. 30 juin 2015, 11:19
par etienne lorant
Mardi de la 13e semaine du Temps Ordinaire
Livre de la Genèse 19,15-29.
En ces jours-là, les gens de Sodome avaient voulu s’en prendre aux deux voyageurs passant la nuit chez Loth. À l’aurore, les deux anges pressèrent Loth, en disant : « Debout ! Prends ta femme et tes deux filles qui se trouvent ici, et va-t’en, de peur que tu ne périsses à cause des crimes de cette ville.»
Comme il s’attardait, ces hommes le saisirent par la main, ainsi que sa femme et ses deux filles, parce que le Seigneur voulait l’épargner. Ils le firent sortir et le conduisirent hors de la ville. Une fois sortis, ils dirent : « Sauve-toi si tu tiens à la vie ! Ne regarde pas en arrière, ne t’arrête nulle part dans cette région, sauve-toi dans la montagne, si tu ne veux pas périr ! »
Loth leur dit : « Non, je vous en prie, mes seigneurs !
Votre serviteur a trouvé grâce à vos yeux, et vous m’avez fait une grande faveur en me laissant la vie. Mais je n’ai pas le temps de me sauver dans la montagne : le malheur va me rattraper et je mourrai.
Voici une ville assez proche pour y fuir – elle est si petite ! – Permettez que je me sauve là-bas – elle est si petite ! – afin de rester en vie ! » Ils lui répondirent : « Pour te faire plaisir cette fois encore, je ne détruirai pas la ville dont tu parles.
Vite, sauve-toi là-bas, car je ne puis rien faire avant que tu y sois arrivé. » C’est pour cela qu’on a donné à cette ville le nom de Soar (ce qui veut dire : Petite).
Le soleil se levait sur le pays et Loth entrait à Soar, quand le Seigneur fit tomber du ciel sur Sodome et Gomorrhe une pluie de soufre et de feu venant du Seigneur.
Dieu détruisit ces villes et toute la région, avec tous leurs habitants et la végétation.
Or, la femme de Loth avait regardé en arrière, et elle était devenue une colonne de sel.
Abraham se leva de bon matin pour se rendre à l’endroit où il s’était tenu en présence du Seigneur,
et il regarda du côté de Sodome, de Gomorrhe et de toute la région : il vit monter de la terre une fumée semblable à celle d’une fournaise !
Lorsque Dieu a détruit les villes de cette région, il s’est souvenu d’Abraham ; et il a fait échapper Loth au cataclysme qui a détruit les villes où il habitait.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 8,23-27.
En ce temps-là, comme Jésus montait dans la barque, ses disciples le suivirent.
Et voici que la mer devint tellement agitée que la barque était recouverte par les vagues. Mais lui dormait.
Les disciples s’approchèrent et le réveillèrent en disant : « Seigneur, sauve-nous ! Nous sommes perdus. »
Mais il leur dit : « Pourquoi êtes-vous si craintifs, hommes de peu de foi ? » Alors, Jésus, debout, menaça les vents et la mer, et il se fit un grand calme. Les gens furent saisis d’étonnement et disaient : « Quel est donc celui-ci, pour que même les vents et la mer lui obéissent ? »
Textes de l'Evangile au quotidien
Nous sommes tous en chemin pour sortir de l'emprise qu'a sur nous le péché. Nous sommes tous en marche pour nous défaire de nos mauvaises habitudes. Nous avons tous des préjugés sur les personnes que nous croisons - et aussi bien nos ambitions que nos craintes de l'avenir sont autant de défauts à notre foi. C'est par ce biais que peuvent être reliées entre elles les lectures de ce jour.
Il s'agit de bien comprendre que les fautes graves, effectivement commises à Sodome, sont tout aussi proches, aux yeux du Seigneur, que celles que nous considérons comme légères... et d'autant plus légères que nous y sommes attachés !
Ainsi, nous a dit le prêtre, combien de fidèles, tout en sachant qu'ils nuisent à leur propre vie, mais aussi à celle de leurs proches, continuent de ne confesser ni leur consommations d'alcool, ni de tabac. Ces pénitents-là sont aveugles et ne font que la moitié du chemin, ils ne se convertissent qu'à demi et correspondent bien à la femme de Loth, transformée en statue de sel.
Ce qui nous est demandé, c'est un choix clair, tranché, un choix qui nous détache de notre égoïsme et qui nous met en marche vers une autre compréhension d'autrui, du monde et du Seigneur lui-même.
Lorsque Jésus donne l'ordre aux flots agités de la mer de Galilée de se taire, n'est-ce pas tout autant à nos blocages intérieurs qu'il s'adresse ? A l'écheveau emmêlé de nos résistances, de nos peurs, de nos envies, de nos émotions, de nos calculs, etc. qui nous retiennent sur le chemin de la sainteté ?
Que votre Oui soit Oui, que votre Non soit Non, tout le reste vient du diable !, dit encore Jésus..
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Ces hommes qui font obstacle à la Miséricorde divine
Publié : mer. 01 juil. 2015, 10:18
par etienne lorant
Mercredi de la 13e semaine du temps ordinaire
Livre de la Genèse 21,5.8-20.
Abraham avait cent ans quand naquit son fils Isaac.
L’enfant grandit, et il fut sevré. Abraham donna un grand festin le jour où Isaac fut sevré.
Or, Sara regardait s’amuser Ismaël, ce fils qu’Abraham avait eu d’Agar l’Égyptienne.
Elle dit à Abraham : « Chasse cette servante et son fils ; car le fils de cette servante ne doit pas partager l’héritage de mon fils Isaac. »
Cette parole attrista beaucoup Abraham, à cause de son fils Ismaël,Amais Dieu lui dit : « Ne sois pas triste à cause du garçon et de ta servante ; écoute tout ce que Sara te dira, car c’est par Isaac qu’une descendance portera ton nom ;
mais je ferai aussi une nation du fils de la servante, car lui aussi est de ta descendance. »
Abraham se leva de bon matin, il prit du pain et une outre d’eau, il les posa sur l’épaule d’Agar, il lui remit l’enfant, puis il la renvoya. Elle partit et alla errer dans le désert de Bershéba.
Quand l’eau de l’outre fut épuisée, elle laissa l’enfant sous un buisson, Set alla s’asseoir non loin de là, à la distance d’une portée de flèche. Elle se disait : « Je ne veux pas voir mourir l’enfant ! » Elle s’assit non loin de là. Elle éleva la voix et pleura.
Dieu entendit la voix du petit garçon ; et du ciel, l’ange de Dieu appela Agar : « Qu’as-tu, Agar ? Sois sans crainte, car Dieu a entendu la voix du petit garçon, sous le buisson où il était.
Debout ! Prends le garçon et tiens-le par la main, car je ferai de lui une grande nation. »
Alors, Dieu ouvrit les yeux d’Agar, et elle aperçut un puits. Elle alla remplir l’outre et fit boire le garçon.
Dieu fut avec lui, il grandit et habita au désert, et il devint un tireur à l’arc.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 8,28-34.
En ce temps-là, comme Jésus arrivait sur l’autre rive, dans le pays des Gadaréniens, deux possédés sortirent d’entre les tombes à sa rencontre ; ils étaient si agressifs que personne ne pouvait passer par ce chemin.
Et voilà qu’ils se mirent à crier : « Que nous veux-tu, Fils de Dieu ? Es-tu venu pour nous tourmenter avant le moment fixé ? »
Or, il y avait au loin un grand troupeau de porcs qui cherchait sa nourriture.
Les démons suppliaient Jésus : « Si tu nous expulses, envoie-nous dans le troupeau de porcs. »
Il leur répondit : « Allez. » Ils sortirent et ils s’en allèrent dans les porcs ; et voilà que, du haut de la falaise, tout le troupeau se précipita dans la mer, et les porcs moururent dans les flots.
Les gardiens prirent la fuite et s’en allèrent dans la ville annoncer tout cela, et en particulier ce qui était arrivé aux possédés.
Et voilà que toute la ville sortit à la rencontre de Jésus ; et lorsqu’ils le virent, les gens le supplièrent de partir de leur territoire.
Textes de l’évangile au quotidien
Les textes de ce jour manifestent les difficultés que rencontre le Royaume de Dieu à s'instaurer parmi nous, dans nos royaumes humains, nos structures préétablies. Dieu est Amour, Il donne gratuitement, mais les hommes ?
Dans la première lecture, à partir du jour de la naissance d'Isaac, un grand problème s'est posé d'office : car Isaac a beau être l'héritier de la promesse divine, c'est pourtant Ismaël qui a le droit d'ainesse. C'est lui le premier-né, c'est lui l'héritier d'Abraham selon les lois de l'époque, et il faudra partager ! Sarah en a bien conscience, mais a-t-elle tout autant conscience de son manque de foi, qui est à l'origine de cette situation ? A-t-elle bien conscience du danger de mort, en plein désert, où sa mère et lui se retrouvent exposés ? Dès lors, il faut que Dieu intervienne de nouveau.
Dans l’Évangile, Jésus est un juif en territoire étrangère et les Gadaréniens n'ont que faire de la délivrance des deux possédés, à côté de la perte du grand troupeau de porcs. Le miracle ne les touche pas, la présence de Jésus ne leur en impose pas.
N'en est-il pas de même, de nos jours, a demandé le prêtre ? Dans nos sociétés, la lutte contre le chômage, l'exclusion et la précarité constitue-t-elle la priorité de nous gouvernements ?
Les lectures d'aujourd'hui sont tout à fait d'actualité, a conclu le prêtre.
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Le grand amour de Dieu et la petite foi des hommes
Publié : jeu. 02 juil. 2015, 10:07
par etienne lorant
Jeudi de la 13e semaine du temps ordinaire
Livre de la Genèse 22,1-19.
En ces jours-là, Dieu mit Abraham à l’épreuve. Il lui dit : « Abraham ! » Celui-ci répondit : « Me voici ! »
Dieu dit : « Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac, va au pays de Moriah, et là tu l’offriras en holocauste sur la montagne que je t’indiquerai. »
Abraham se leva de bon matin, sella son âne, et prit avec lui deux de ses serviteurs et son fils Isaac. Il fendit le bois pour l’holocauste, et se mit en route vers l’endroit que Dieu lui avait indiqué.
Le troisième jour, Abraham, levant les yeux, vit l’endroit de loin.
Abraham dit à ses serviteurs : « Restez ici avec l’âne. Moi et le garçon nous irons jusque là-bas pour adorer, puis nous reviendrons vers vous. »
Abraham prit le bois pour l’holocauste et le chargea sur son fils Isaac ; il prit le feu et le couteau, et tous deux s’en allèrent ensemble.
Isaac dit à son père Abraham : « Mon père ! – Eh bien, mon fils ? » Isaac reprit : « Voilà le feu et le bois, mais où est l’agneau pour l’holocauste ? »
Abraham répondit : « Dieu saura bien trouver l’agneau pour l’holocauste, mon fils. » Et ils s’en allaient tous les deux ensemble.
Ils arrivèrent à l’endroit que Dieu avait indiqué. Abraham y bâtit l’autel et disposa le bois ; puis il lia son fils Isaac et le mit sur l’autel, par-dessus le bois.
Abraham étendit la main et saisit le couteau pour immoler son fils.
Mais l’ange du Seigneur l’appela du haut du ciel et dit : « Abraham ! Abraham ! » Il répondit : « Me voici ! »
L’ange lui dit : « Ne porte pas la main sur le garçon ! Ne lui fais aucun mal ! Je sais maintenant que tu crains Dieu : tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique. »
Abraham leva les yeux et vit un bélier retenu par les cornes dans un buisson. Il alla prendre le bélier et l’offrit en holocauste à la place de son fils.
Abraham donna à ce lieu le nom de « Le-Seigneur-voit ». On l’appelle aujourd’hui : « Sur-le-mont-le-Seigneur-est-vu. »
Du ciel, l’ange du Seigneur appela une seconde fois Abraham.
Il déclara : « Je le jure par moi-même, oracle du Seigneur : parce que tu as fait cela, parce que tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique,
je te comblerai de bénédictions, je rendrai ta descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que le sable au bord de la mer, et ta descendance occupera les places fortes de ses ennemis.
Puisque tu as écouté ma voix, toutes les nations de la terre s’adresseront l’une à l’autre la bénédiction par le nom de ta descendance. »
Alors Abraham retourna auprès de ses serviteurs et ensemble ils se mirent en route pour Bershéba ; et Abraham y habita.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 9,1-8.
En ce temps-là, Jésus monta en barque, refit la traversée, et alla dans sa ville de Capharnaüm.
Et voici qu’on lui présenta un paralysé, couché sur une civière. Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé : « Confiance, mon enfant, tes péchés sont pardonnés. »
Et voici que certains parmi les scribes se disaient : « Celui-là blasphème. »
Mais Jésus, connaissant leurs pensées, demanda : « Pourquoi avez-vous des pensées mauvaises ?
En effet, qu’est-ce qui est le plus facile ? Dire : “Tes péchés sont pardonnés”, ou bien dire : “Lève-toi et marche” ?
Eh bien ! pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a le pouvoir, sur la terre, de pardonner les péchés… – Jésus s’adressa alors au paralysé – lève-toi, prends ta civière, et rentre dans ta maison. »
Il se leva et rentra dans sa maison.
Voyant cela, les foules furent saisies de crainte, et rendirent gloire à Dieu qui a donné un tel pouvoir aux hommes.
Textes de l’Évangile au quotidien
Combien petite est la foi des hommes ! Et comme leur cœur est malade, encombré qu'il est de la considération qu'ils ont d'eux-mêmes ! C'est ainsi qu'ils placent des obstacles à l'amour divin qui se manifeste pourtant afin de leur rendre pleinement leur dignité d'enfants de Dieu !
Abraham fut appelé " notre père dans la foi", lui qui ne se déroba pas lorsque Dieu lui demanda de lui sacrifier son fils Isaac, l'héritier de la promesse divine. Mais on oublie un peu vite qu'Abraham lui-même n'avait pas hésité à renvoyer son premier-né, Ismaël, devenu "encombrant" après la naissance d'Isaac... Certes, Abraham n'a pas porté la main sur Ismaël, mais sa mère et lui, envoyé dans le désert avec une seule provision d'eau, étaient tous deux destinés à mourir - ce qui eût réglé d'un coup les problèmes de succession !
Ne retrouve-t-on pas de semblables défauts de foi dans l’évangile ?
Non seulement le paralytique est délivré de tous ses péchés - et donc rendu tout net pour entrer dans le Royaume, mais il est également guéri dans son corps et capable de recommencer sa vie. Mais comment se fait-il qu'un tel bouleversement, et une si grande grâce reçue, cet homme n'ait pas songé à suivre Jésus ? Il est simplement rentré chez lui et a repris sa place dans la société locale. Quant aux spectateurs, qui ont assisté à la scène, sont-ils disposés à croire en Jésus ? La finale du texte nous indique bien que non. Jésus n'est pas Dieu ! Mais il faut rendre grâce à Dieu d'avoir donné à cet homme, Jésus, un tel pouvoir.
Le prêtre a conclu en posant la question : "De quelle qualité est notre propre foi ? "
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Fête de saint Thomas, apôtre
Publié : ven. 03 juil. 2015, 10:28
par etienne lorant
Fête de saint Thomas, apôtre
Lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 2,19-22.
Frères, Maintenant, dans le Christ Jésus, vous n'êtes plus des étrangers ni des gens de passage, vous êtes citoyens du peuple saint, membres de la famille de Dieu,
car vous avez été intégrés dans la construction qui a pour fondations les Apôtres et les prophètes ; et la pierre angulaire, c’est le Christ Jésus lui-même.
En lui, toute la construction s’élève harmonieusement pour devenir un temple saint dans le Seigneur.
En lui, vous êtes, vous aussi, les éléments d’une même construction pour devenir une demeure de Dieu par l’Esprit Saint.
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 20,24-29.
L'un des Douze, Thomas (dont le nom signifie : Jumeau), n'était pas avec eux quand Jésus était venu.
Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! »
Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! »
Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. »
Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »
Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »
Textes de l’Évangile au quotidien
Au cours de son homélie, notre prêtre a témoigné qu'il avait changé d'orientation scolaire à partir du pèlerinage à Lourdes qu'il avait accompli en compagnie de ses parents, lesquels avaient voulu se marier à Lourdes. C'était à l'occasion d'un anniversaire de mariage. Lui-même avait commencé des études de médecine, puis avait changé d'orientation après avoir rendu visite au "bureau des constatations" et s'être entretenu avec l'un des médecins. Ce médecin (dont il n'a pas gardé le nom) s'était plaint devant lui du fait que trop peu de malades se présentaient à son bureau dès leur arrivée.
Car lors d'une guérison, le travail des médecins s'en trouvait d'autant plus simplifié qu'ils avaient dûment constaté la maladie avant le passage dans les piscines. Et, justement, nous a dit l'abbé en souriant, un miracle s'est produit à cet instant : car de non-croyant qu'il était, il était, dès cet instant, devenu croyant... Le problème, ensuite, fut de faire accepter à ses parents son changement d'orientation, car dès son retour, il s'est rendu à l’Évêché pour entreprendre la théologie ! Il a lâché en souriant qu'en apprenant cette démarche, son père s'était écrié : "Ah, çà, pour un miracle, c'en est un grand !"...
La plupart des croyants n'ont pas besoin de voir, puisque le Seigneur vient rencontrer chacun dans son cœur. Il se tient à la porte et il frappe. Et à quiconque lui ouvre la porte, il prend son repas avec lui... Je pourrais donc moi-même témoigner que "j'ai vu et j'ai cru", mais la seule différence d'avec saint Thomas, c'est que la rencontre s'est déroulée "à l'intérieur"...
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Soyons porteurs du vin nouveau !
Publié : sam. 04 juil. 2015, 10:11
par etienne lorant
Samedi de la 13e semaine du temps ordinaire
Livre de la Genèse 27,1-5.15-29.
Isaac était devenu vieux, ses yeux avaient faibli et il n’y voyait plus. Il appela Ésaü son fils aîné : « Mon fils ! » Celui-ci répondit : « Me voici. » Isaac reprit : « Tu vois : je suis devenu vieux, mais je ne sais pas le jour de ma mort.
Prends donc maintenant tes armes, ton carquois et ton arc, sors dans la campagne et tue-moi du gibier.
Prépare-moi un bon plat comme je les aime et apporte-le-moi pour que je mange, et que je te bénisse avant de mourir. »
Pendant qu’Isaac parlait ainsi à son fils Ésaü, Rébecca écoutait. Ésaü alla donc dans la campagne chasser du gibier pour son père.
Rébecca prit les meilleurs habits d’Ésaü, son fils aîné, ceux qu’elle gardait à la maison ; elle en revêtit Jacob, son fils cadet.
Puis, avec des peaux de chevreau, elle lui couvrit les mains et la partie lisse du cou.
Elle remit ensuite entre ses mains le plat et le pain qu’elle avait préparés.
Jacob entra chez son père et dit : « Mon père ! » Celui-ci répondit : « Me voici. Qui es-tu, mon fils ? »
Jacob dit à son père : « Je suis Ésaü, ton premier-né ; j’ai fait ce que tu m’as dit. Viens donc t’asseoir, mange de mon gibier ; alors, tu pourras me bénir. »
Isaac lui dit : « Comme tu as trouvé vite, mon fils ! » Jacob répondit : « C’est que le Seigneur, ton Dieu, a favorisé ma chasse. » Isaac lui dit : « Approche donc, mon fils, que je te palpe, pour savoir si tu es bien mon fils Ésaü ! »
Jacob s’approcha de son père Isaac. Celui-ci le palpa et dit : « La voix est la voix de Jacob, mais les mains sont les mains d’Ésaü. »
Il ne reconnut pas Jacob car ses mains étaient velues comme celles de son frère Ésaü, et il le bénit.
Il dit encore : « C’est bien toi mon fils Ésaü ? » Jacob répondit : « C’est bien moi. »
Isaac reprit : « Apporte-moi le gibier, mon fils, j’en mangerai, et alors je pourrai te bénir. » Jacob le servit, et il mangea. Jacob lui présenta du vin, et il but.
Son père Isaac dit alors : « Approche-toi et embrasse-moi, mon fils. » Comme Jacob s’approchait et l’embrassait, Isaac respira l’odeur de ses vêtements, et il le bénit en disant : « Voici que l’odeur de mon fils est comme l’odeur d’un champ que le Seigneur a béni.
Que Dieu te donne la rosée du ciel et une terre fertile, froment et vin nouveau en abondance !
Que des peuples te servent, que des nations se prosternent devant toi. Sois un chef pour tes frères, que les fils de ta mère se prosternent devant toi. Maudit soit celui qui te maudira, béni soit celui qui te bénira ! »
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 9,14-17.
En ce temps-là, les disciples de Jean le Baptiste s’approchent de Jésus en disant : « Pourquoi, alors que nous et les pharisiens, nous jeûnons, tes disciples ne jeûnent-ils pas ? »
Jésus leur répondit : « Les invités de la noce pourraient-ils donc être en deuil pendant le temps où l’Époux est avec eux ? Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors ils jeûneront.
Et personne ne pose une pièce d’étoffe neuve sur un vieux vêtement, car le morceau ajouté tire sur le vêtement, et la déchirure s’agrandit. Et on ne met pas du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement, les outres éclatent, le vin se répand, et les outres sont perdues. Mais on met le vin nouveau dans des outres neuves, et le tout se conserve. »
Textes de l’Évangile au quotidien
Avec la venue de Jésus parmi nous, toutes les fraudes, les manipulations et jusqu'aux revendications des droits et du pouvoir doivent être rejetées et bannies de nos existences. Après le bannissement injuste d'Ismaël au profit d'Isaac, la Genèse nous rapporte comment la mère de Jacob et d'Esaü va profiter de la faiblesse de son époux, qui est à l'article de la mort, afin de lui faire désigner Jacob pour héritier.
Quant à ces disciples de Jean qui viennent à Jésus accompagnés de pharisiens, eux aussi ne prétendent pas changer de manière vivre - et de changer d'être. C'est un peu comme si c'était le vêtement qui faisait l'homme, nous a judicieusement dit le prêtre. Le raisonnement qui consiste à dire : "Enfilons donc les vêtements d'Esaü et nous aurons son héritage !", est de la même espèce que celui des disciples de Jean, qui viennent à Jésus accompagnés de pharisiens, afin de "forcer la main" de Jésus - qui ne devrait pas permettre à ses disciples de rompre le jeûne !
Le même type d'argumentation peut très bien nous conduire à trouver dans la pratique extérieure de la foi... toutes sortes d'excuses pour éviter de mettre effectivement en œuvre, tout autour de nous, dans la rue et dans nos affaires, la miséricorde dont nous sommes bénéficiaires. Attention, nous a dit le prêtre, car nous sommes tout à fait capables de nous regarder dans une glace et de nous dire : "Tout va bien, je suis en ordre avec ma conscience... tandis même que nous laissons passer sans vouloir les remarquer, les pauvres qui nous croisent sur le même trottoir...
Aujourd'hui encore, accomplissons donc un acte de miséricorde afin de manifester notre désir d'être véritablement de ces outres neuves qui sont remplis de la force du vin nouveau !
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Re: Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2014-2015)
Publié : sam. 04 juil. 2015, 18:20
par Marie du 65
Merci pour ce texte de l'évangile.
Puissions nous nous regarder dans une glace et nous dire: "qu'avons nous fait pour notre prochain?".
En tout cas il n'est jamais trop tard pour mettre en pratique la parole de Dieu.

Je me tiens sous l'abri du Très-Haut
Publié : lun. 06 juil. 2015, 10:10
par etienne lorant
Lundi de la 14e semaine du temps ordinaire
Livre de la Genèse 28,10-22a.
En ces jours-là, Jacob partit de Bershéba et se dirigea vers Harane.
Il atteignit le lieu où il allait passer la nuit car le soleil s’était couché. Il y prit une pierre pour la mettre sous sa tête, et dormit en ce lieu.
Il eut un songe : voici qu’une échelle était dressée sur la terre, son sommet touchait le ciel, et des anges de Dieu montaient et descendaient. Le Seigneur se tenait près de lui. Il dit : « Je suis le Seigneur, le Dieu d’Abraham ton père, le Dieu d’Isaac. La terre sur laquelle tu es couché, je te la donne, à toi et à tes descendants.
Tes descendants seront nombreux comme la poussière du sol, vous vous répandrez à l’orient et à l’occident, au nord et au midi ; en toi et en ta descendance seront bénies toutes les familles de la terre.
Voici que je suis avec toi ; je te garderai partout où tu iras, et je te ramènerai sur cette terre ; car je ne t’abandonnerai pas avant d’avoir accompli ce que je t’ai dit. »
Jacob sortit de son sommeil et déclara : « En vérité, le Seigneur est en ce lieu ! Et moi, je ne le savais pas. »
Il fut saisi de crainte et il dit : « Que ce lieu est redoutable ! C’est vraiment la maison de Dieu, la porte du ciel ! »
Jacob se leva de bon matin, il prit la pierre qu’il avait mise sous sa tête, il la dressa pour en faire une stèle, et sur le sommet il versa de l’huile.
Jacob donna le nom de Béthel (c’est-à-dire : Maison de Dieu) à ce lieu qui auparavant s’appelait Louz.
Alors Jacob prononça ce vœu : « Si Dieu est avec moi, s’il me garde sur le chemin où je marche, s’il me donne du pain pour manger et des vêtements pour me couvrir, et si je reviens sain et sauf à la maison de mon père, le Seigneur sera mon Dieu.
Cette pierre dont j’ai fait une stèle sera la maison de Dieu. »
Psaume 91(90),1-2.3a.4.14.15ab.
Quand je me tiens sous l'abri du Très-Haut
et repose à l'ombre du Puissant,
je dis au Seigneur : « Mon refuge,
mon rempart, mon Dieu, dont je suis sûr ! »
C'est lui qui te sauve des filets du chasseur
il te couvre et te protège.
Tu trouves sous son aile un refuge :
sa fidélité est une armure, un bouclier.
« Puisqu'il s'attache à moi, je le délivre ;
je le défends, car il connaît mon nom.
Il m'appelle, et moi, je lui réponds ;
je suis avec lui dans son épreuve.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 9,18-26.
En ce temps-là, tandis que Jésus parlait aux disciples de Jean le Baptiste, voilà qu’un notable s’approcha. Il se prosternait devant lui en disant : « Ma fille est morte à l’instant ; mais viens lui imposer la main, et elle vivra. »
Jésus se leva et le suivit, ainsi que ses disciples.
Et voici qu’une femme souffrant d’hémorragies depuis douze ans s’approcha par-derrière et toucha la frange de son vêtement. Car elle se disait en elle-même : « Si je parviens seulement à toucher son vêtement, je serai sauvée. »
Jésus se retourna et, la voyant, lui dit : « Confiance, ma fille ! Ta foi t’a sauvée. » Et, à l’heure même, la femme fut sauvée.
Jésus, arrivé à la maison du notable, vit les joueurs de flûte et la foule qui s’agitait bruyamment. Il dit alors :
« Retirez-vous. La jeune fille n’est pas morte : elle dort. » Mais on se moquait de lui.
Quand la foule fut mise dehors, il entra, lui saisit la main, et la jeune fille se leva.
Et la nouvelle se répandit dans toute la région.
Textes de l’Évangile au quotidien
Même si cela ne paraît pas évident à première lecture, la méditation de ces textes permet d'en dévoiler rapidement les deux principaux éléments: il y a en premier lieu la pierre, le roc, la stèle de la foi, ce point de l'être qui est est ancré en Dieu, non seulement dans le cœur mais aussi dans les cieux. Et en second lieu, il y a tout ce que rend possible cette relation au divin.
En effet, le point d'ancrage entre Dieu et l'homme étant posé, tous les mouvements possibles entre Dieu et les hommes peuvent se déployer: ce sont ces anges qui montent et descendent sans fin l'échelle des invocations et des exaucements, des louanges et de la joie, de l'adoration et de la paix intérieure, du pardon donné et reçu, des peines et des délivrances.
Ces mêmes mouvements apparaissent dans l’Évangile, sur le plan - apparence strictement humain: il y a cette femme très malade qui, dépassant toute gêne et toute confusion, va tout tenter pour toucher le manteau de Jésus, car elle est persuadée que cela suffira pour guérir; il y a ce père dont la fille vit très mal son passage à l'âge adulte; il y a - encore et surtout - ce que toutes les nombreuses personnes, qui assistent à ces événements, entreprendront après y avoir assisté.
J'ai gardé le psaume, cette fois-ci, car moi aussi, tout comme vous, je peux dire dans ma foi : "Je me tiens sous l'abri du Très-Haut et repose à l'ombre du Puissant"
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Re: Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2014-2015)
Publié : lun. 06 juil. 2015, 11:51
par Marie du 65
Confiance ma fille.
Ta Foi t'a sauvée!!!

Pour toujours dans la lumière
Publié : mar. 07 juil. 2015, 9:58
par etienne lorant
Mardi de la 14e semaine du temps ordinaire
Livre de la Genèse 32,23-32.
Cette nuit-là, Jacob se leva, il prit ses deux femmes, ses deux servantes, ses onze enfants, et passa le gué du Yabboq.
Il leur fit passer le torrent et fit aussi passer ce qui lui appartenait.
Jacob resta seul. Or, quelqu’un lutta avec lui jusqu’au lever de l’aurore.
L’homme, voyant qu’il ne pouvait rien contre lui, le frappa au creux de la hanche, et la hanche de Jacob se démit pendant ce combat.
L’homme dit : « Lâche-moi, car l’aurore s’est levée. » Jacob répondit : « Je ne te lâcherai que si tu me bénis. »
L’homme demanda : « Quel est ton nom ? » Il répondit : « Jacob. »
Il reprit : « Ton nom ne sera plus Jacob, mais Israël (c’est-à-dire : Dieu lutte), parce que tu as lutté avec Dieu et avec des hommes, et tu l’as emporté. »
Jacob demanda : « Fais-moi connaître ton nom, je t’en prie. » Mais il répondit : « Pourquoi me demandes-tu mon nom ? » Et là il le bénit. Jacob appela ce lieu Penouël (c’est-à-dire : Face de Dieu), « car, disait-il, j’ai vu Dieu face à face, et j’ai eu la vie sauve. » Au lever du soleil, il passa le torrent à Penouël. Il resta boiteux de la hanche.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 9,32-38.
En ce temps-là, voici qu’on présenta à Jésus un possédé qui était sourd-muet.
Lorsque le démon eut été expulsé, le sourd-muet se mit à parler. Les foules furent dans l’admiration, et elles disaient : « Jamais rien de pareil ne s’est vu en Israël ! »
Mais les pharisiens disaient : « C’est par le chef des démons qu’il expulse les démons. »
Jésus parcourait toutes les villes et tous les villages, enseignant dans leurs synagogues, proclamant l’Évangile du Royaume et guérissant toute maladie et toute infirmité.
Voyant les foules, Jésus fut saisi de compassion envers elles parce qu’elles étaient désemparées et abattues comme des brebis sans berger. Il dit alors à ses disciples : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux.
Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. »
Textes de l’Évangile au quotidien
Quand un homme rencontre Dieu, une lutte commence qui se déroule de nuit, car "la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres n'ont pu la retenir", comme il est écrit dans le prologue de Jean. C'est au cœur de la nuit, et de la nuit dans le cœur de l'homme, qu'intervient la lutte. Je me suis souvenu du roman de Julien Green, intitulé "Chaque homme dans sa nuit" qui fait tout simplement de la lutte de l'esprit contre la chair l'enjeu du salut de l'âme. Dans sa lutte contre Dieu, Jacob s'est démi la hanche et il demeurera boiteux.
Pourquoi cette lutte est-elle inévitable ? A cause du péché - et à cause du mal, car le démon ne manquera certes pas de bousculer l'homme boiteux et de le faire chuter !
L’Évangile, quant à lui, nous montre, comme dans le prologue de Jean, qu'effectivement, les ténèbres ne peuvent "retentir" la lumière. Les ténèbres ne peuvent l'empêcher la lumière divine d'éclairer la conscience des homme et de rendre son cœur lumineux. Les pharisiens peuvent bien attribuer les délivrances des possédés à un pouvoir maléfique suprême, cela ne mérite pas d'être relevé - sinon, pour eux, au jour du jugement !
Notre prêtre a conclu, lui qui fut aussi un converti, nous a déclaré que de telles luttes nocturnes, continuent de se produire: car une partie de nous est dans la lumière, mais nous ne pouvons pas nous permettre d'arrêter notre marche avant d'entrer pour toujours dans la lumière.
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Re: Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2014-2015)
Publié : mar. 07 juil. 2015, 10:27
par Jeremy43
Bonjour,
Merci Etienne.
C'est un combat aussi contre nous même, notre esprit une fois qu'il a été touché par Dieu s'y soumet en théorie totalement (où il le rejette pour certains), mais dans notre âme c'est le combat, là où se déroule le combat de la foi (entre la conception de Dieu et notre conception du monde, entre égo et "celui" de Celui qui Est) et bien sûr le combat contre le mal. Il n'y a que l'humilité qui pourra nous amener là où nous devons aller, heureux l'homme brisé qui peut enfin servir de monture à son Seigneur ! et n'est pas un cheval sauvage qui ne comprend ni le mord ni le fer.
La finalité c'est que l'Esprit Saint règne totalement sur nous comme Il le faisait sur le Christ, nous devenons ainsi ce que nous devons être, c'est la joie parfaite.
Sans le pain de Dieu, la famine partout....
Publié : mer. 08 juil. 2015, 10:26
par etienne lorant
Mercredi de la 14e semaine du temps ordinaire
Livre de la Genèse 41,55-57.42,5-7a.17-24a.
En ces jours-là, tout le pays d’Égypte souffrit de la faim, et le peuple, à grands cris, réclama du pain à Pharaon. Mais Pharaon dit à tous les Égyptiens : « Allez trouver Joseph, et faites ce qu’il vous dira. »
La famine s’étendait à tout le pays. Alors Joseph ouvrit toutes les réserves et vendit du blé aux Égyptiens, tandis que la famine s’aggravait encore dans le pays.
De partout on vint en Égypte pour acheter du blé à Joseph, car la famine s’aggravait partout.
Les fils d’Israël, c’est-à-dire de Jacob, parmi beaucoup d’autres gens, vinrent donc pour acheter du blé, car la famine sévissait au pays de Canaan.
C’était Joseph qui organisait la vente du blé pour tout le peuple du pays, car il avait pleins pouvoirs dans le pays. En arrivant, les frères de Joseph se prosternèrent devant lui, face contre terre.
Dès qu’il les vit, il les reconnut, mais il se comporta comme un étranger à leur égard et il leur parla avec dureté.
Il les retint au poste de garde pendant trois jours.
Le troisième jour, il leur dit : « Faites ce que je vais vous dire, et vous resterez en vie, car je crains Dieu.
Si vous êtes de bonne foi, que l’un d’entre vous reste prisonnier au poste de garde. Vous autres, partez en emportant ce qu’il faut de blé pour éviter la famine à votre clan.
Puis vous m’amènerez votre plus jeune frère : ainsi vos paroles seront vérifiées, et vous ne serez pas mis à mort. » Ils acceptèrent, et ils se disaient l’un à l’autre : « Hélas ! nous sommes coupables envers Joseph notre frère : nous avons vu dans quelle détresse il se trouvait quand il nous suppliait, et nous ne l’avons pas écouté. C’est pourquoi nous sommes maintenant dans une telle détresse. »
Roubène, alors, prit la parole : « Je vous l’avais bien dit : “Ne commettez pas ce crime contre notre jeune frère !” Mais vous ne m’avez pas écouté, et maintenant il faut répondre de son sang. »
Comme il y avait un interprète, ils ne se rendaient pas compte que Joseph les comprenait.
Alors Joseph se retira pour pleurer.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 10,1-7.
En ce temps-là, Jésus appela ses douze disciples et leur donna le pouvoir d’expulser les esprits impurs et de guérir toute maladie et toute infirmité.
Voici les noms des douze Apôtres : le premier, Simon, nommé Pierre ; André son frère ; Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère ; Philippe et Barthélemy ; Thomas et Matthieu le publicain ; Jacques, fils d’Alphée, et Thaddée ;
Simon le Zélote et Judas l’Iscariote, celui-là même qui le livra.
Ces douze, Jésus les envoya en mission avec les instructions suivantes : « Ne prenez pas le chemin qui mène vers les nations païennes et n’entrez dans aucune ville des Samaritains. Allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël. Sur votre route, proclamez que le royaume des Cieux est tout proche.
Textes de l'Evangile au quotidien
Les textes de la liturgie de ce jour nous parlent des souffrances et des humiliations dans lesquelles se retrouvent les âmes qui s'écartent de l'amour de Dieu. Ces âmes, toutes ces âmes qui se sont rassemblées pour constituer des nations selon leurs propres vues, leurs idées, leurs ambitions... Toutes ces âmes se croient dans l'abondance de biens, elles s'imaginent qu'elles ne manqueront jamais de rien, qu'elles ont la puissance sur la terre et qu'elles n'ont nul besoin de Dieu. ("Et comme ce constat est encore de circonstance aujourd'hui !") Mais il suffit d'une seule période de famine pour que la puissante Égypte se retrouve à genoux. Il lui faut à manger, c'est tout ce qui compte, peu importe le prix !
De même, les frères de Joseph : ils n'ont pas hésité longtemps avant d'aller trouver leur frère - celui qu'ils ont voulu d'abord faire mourir par pure jalousie et qui l'ont ensuite vendu comme esclave ! Mais ils se sont : qui sait ? Il a plus que nous le sens de la famille et il nous donnera à manger en souvenir de notre père ? Les chemins du repentir passe souvent par des raisonnements semblables...
C'est vers de tels hommes que Jésus envoie les disciples. Toutes ces "brebis perdues de la maison d'Israël", qui supportent difficilement la domination romaine - mais en quel Dieu croient-ils ? Et nous-mêmes, dans ce monde déboussolé, en quel Dieu croyons-nous ? Comprendrons-nous que notre salut dépend tout simplement de notre conversion ? Ressentons-nous que le Royaume est tout proche, qu'il ne dépend que d'un franc repentir ?
"Quant à nous, qui sommes tous esclaves de nos biens, a conclu le prêtre, saurons-nous entendre la voix de ceux qui ont faim ?". Une allusion à la Grèce et ses créanciers ? Peut-être ou peut-être pas. Je conclus de moi-même, car il me semble de plus en plus que les âmes affamées se multiplient - chez les uns comme chez les autres !
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Le bon pain et le bon vin de ceux qui croient
Publié : jeu. 09 juil. 2015, 9:58
par etienne lorant
Jeudi de la 14e semaine du temps ordinaire
Livre de la Genèse 44,18-21.23b-29.45,1-5.
En ces jours-là, Juda et ses frères, les fils de Jacob, avaient été ramenés devant Joseph. Juda s’approcha de lui et dit : « De grâce, mon seigneur, permets que ton serviteur t’adresse une parole sans que la colère de mon seigneur s’enflamme contre ton serviteur, car tu es aussi grand que Pharaon !
Mon seigneur avait demandé à ses serviteurs : “Avez-vous encore votre père ou un autre frère ?”
Et nous avons répondu à mon seigneur : “Nous avons encore notre vieux père et un petit frère, l’enfant qu’il a eu dans sa vieillesse ; celui-ci avait un frère qui est mort, il reste donc le seul enfant de sa mère, et notre père l’aime !”
Alors tu as dit à tes serviteurs : “Amenez-le-moi : je veux m’occuper de lui.”
Si votre plus jeune frère ne revient pas avec vous, vous ne serez plus admis en ma présence.”
Donc, lorsque nous sommes retournés auprès de notre père, ton serviteur, nous lui avons rapporté les paroles de mon seigneur.
Et, lorsque notre père a dit : “Repartez pour nous acheter un peu de nourriture”,
nous lui avons répondu : “Nous ne pourrons pas repartir si notre plus jeune frère n’est pas avec nous, car nous ne pourrons pas être admis en présence de cet homme si notre plus jeune frère n’est pas avec nous.”
Alors notre père, ton serviteur, nous a dit : “Vous savez bien que ma femme Rachel ne m’a donné que deux fils.
Le premier a disparu. Sûrement, une bête féroce l’aura mis en pièces, et je ne l’ai jamais revu.
Si vous emmenez encore celui-ci loin de moi et qu’il lui arrive malheur, vous ferez descendre misérablement mes cheveux blancs au séjour des morts.”
Joseph ne put se contenir devant tous les gens de sa suite, et il s’écria : « Faites sortir tout le monde. » Quand il n’y eut plus personne auprès de lui, il se fit reconnaître de ses frères.
Il pleura si fort que les Égyptiens l’entendirent, et même la maison de Pharaon.
Il dit à ses frères : « Je suis Joseph ! Est-ce que mon père vit encore ? » Mais ses frères étaient incapables de lui répondre, tant ils étaient bouleversés de se trouver en face de lui.
Alors Joseph dit à ses frères : « Approchez-vous de moi ». Ils s’approchèrent, et il leur dit : « Je suis Joseph, votre frère, que vous avez vendu pour qu’il soit emmené en Égypte.
Mais maintenant ne vous affligez pas, et ne soyez pas tourmentés de m’avoir vendu, car c’est pour vous conserver la vie que Dieu m’a envoyé ici avant vous.
Psaume 105(104),16-17.18-19.20-21.
Il appela sur le pays la famine,
le privant de toute ressource.
Mais devant eux il envoya un homme,
Joseph, qui fut vendu comme esclave.
On lui met aux pieds des entraves,
on lui passe des fers au cou ;
il souffrait pour la parole du Seigneur,
jusqu'au jour où s'accomplit sa prédiction.
Le roi ordonne qu'il soit relâché,
le maître des peuples, qu'il soit libéré.
Il fait de lui le chef de sa maison,
le maître de tous ses biens.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 10,7-15.
En ce temps-là, Jésus disait aux douze Apôtres : Sur votre route, proclamez que le royaume des Cieux est tout proche.
Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons. Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement.
Ne vous procurez ni or ni argent, ni monnaie de cuivre à mettre dans vos ceintures,
ni sac pour la route, ni tunique de rechange, ni sandales, ni bâton. L’ouvrier, en effet, mérite sa nourriture.
Dans chaque ville ou village où vous entrerez, informez-vous pour savoir qui est digne de vous accueillir, et restez là jusqu’à votre départ.
En entrant dans la maison, saluez ceux qui l’habitent.
Si cette maison en est digne, que votre paix vienne sur elle. Si elle n’en est pas digne, que votre paix retourne vers vous.
Si l’on ne vous accueille pas et si l’on n’écoute pas vos paroles, sortez de cette maison ou de cette ville, et secouez la poussière de vos pieds. Amen, je vous le dis : au jour du Jugement, le pays de Sodome et de Gomorrhe sera traité moins sévèrement que cette ville.
Textes de l’Évangile au quotidien
Joseph, vendu par ses frères est devenu esclave en Égypte. Il a été abaissé, afin d'être élevé et de pouvoir sauver ses frères, selon cette sorte de "mécanisme" de la grâce divine (décrite en St-Matthieu 23:12.)
Mais pourquoi Dieu procède-t-il ainsi ? Du fait de la faute originelle et de la fallacieuse promesse du diable: Vous ne mourrez point ; mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s'ouvriront, et que vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal.
Ce n'est pas pour jouer que Dieu éprouve celles et ceux qu'Il se choisit, mais c'est afin de mettre dans leurs cœurs l'Amour plus fort que toutes ces aspirations humaines faussées par l'avidité de richesses et de pouvoirs.
C'est de cela que témoigne encore le Psaume : abaissement, relèvement et salut. Quiconque parmi nous s'est converti, comprend bien ce mouvement impérieux et source de salut pour un grand nombre.
Tels seront aussi les apôtres que Jésus envoie sans grand équipage, mais avec le strict nécessaire. Leur prédication ne s'adresse ni à la raison, ni à l'intelligence. Ce sont des va-nu-pieds ("ni sandales, ni bâton"), des pauvres par excellence dont le message n'est destiné qu'à celles et ceux dont le cœur est prêt à le recevoir...
Ils n'ont pas non plus à juger ceux qui ne voudront pas les écouter, ce n'est pas leur rôle non plus. Le jugement ne leur appartient pas.
En ce monde, aujourd'hui comme hier, ceux qui entendent la Parole et qui la gardent, qui s'en nourrissent comme d'un bon pain, et qui s'en réjouissent comme d'un bon vin, trouvent chaque jour tout ce dont ils ont besoin dans l'Eucharistie.
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Joie pour les coeurs qui cherchent Dieu
Publié : ven. 10 juil. 2015, 10:42
par etienne lorant
Vendredi de la 14e semaine du temps ordinaire
Livre de la Genèse 46,1-7.28-30.
En ces jours-là, Israël, c’est-à-dire Jacob, se mit en route pour l’Égypte avec tout ce qui lui appartenait. Arrivé à Bershéba, il offrit des sacrifices au Dieu de son père Isaac, et Dieu parla à Israël dans une vision nocturne. Il dit : « Jacob ! Jacob ! » Il répondit : « Me voici. » Dieu reprit : « Je suis Dieu, le Dieu de ton père. Ne crains pas de descendre en Égypte, car là-bas je ferai de toi une grande nation. Moi, je descendrai avec toi en Égypte. Moi-même, je t’en ferai aussi remonter, et Joseph te fermera les yeux de sa propre main. »
Jacob partit de Bershéba. Ses fils l’installèrent, avec leurs jeunes enfants et leurs femmes, sur les chariots que Pharaon avait envoyés pour le transporter. Ils prirent aussi leurs troupeaux et les biens qu’ils avaient acquis au pays de Canaan. Jacob arriva en Égypte avec toute sa descendance.
Ainsi donc, ses fils et ses petits-fils, ses filles et ses petites-filles, bref toute sa descendance, il les emmena avec lui en Égypte.
Jacob avait envoyé Juda en avant vers Joseph, pour préparer son arrivée dans le pays de Goshèn. Quand ils furent arrivés dans le pays de Goshèn, Joseph fit atteler son char et monta à la rencontre de son père Israël. Dès qu’il le vit, il se jeta à son cou et pleura longuement dans ses bras. Israël dit à Joseph : « Maintenant que j’ai revu ton visage, je peux mourir, puisque tu es encore vivant ! »
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 10,16-23.
En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Voici que moi, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc prudents comme les serpents, et candides comme les colombes.
Méfiez-vous des hommes : ils vous livreront aux tribunaux et vous flagelleront dans leurs synagogues.
Vous serez conduits devant des gouverneurs et des rois à cause de moi : il y aura là un témoignage pour eux et pour les païens.
Quand on vous livrera, ne vous inquiétez pas de savoir ce que vous direz ni comment vous le direz : ce que vous aurez à dire vous sera donné à cette heure-là.
Car ce n’est pas vous qui parlerez, c’est l’Esprit de votre Père qui parlera en vous.
Le frère livrera son frère à la mort, et le père, son enfant ; les enfants se dresseront contre leurs parents et les feront mettre à mort.
Vous serez détestés de tous à cause de mon nom ; mais celui qui aura persévéré jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé. »
Quand on vous persécutera dans une ville, fuyez dans une autre. Amen, je vous le dis : vous n’aurez pas fini de passer dans toutes les villes d’Israël quand le Fils de l’homme viendra.
Textes de l’Évangile au quotidien
Comme il nous est difficile et même pénible de saisir les "voies du Seigneur" ! En effet, ses intentions sont telles que dit le prophète Isaïe : "Mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos chemins ne sont pas mes chemins, – oracle du Seigneur. Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus de vos chemins, et mes pensées, au-dessus de vos pensées. (Isaïe 55)
De la sorte, pourquoi Dieu envoie-t-il Jacob et sa famille, et tout le peuple avec eux, où Il sait, par avance, qu'ils seront finalement réduits en esclavage ? Et Jésus, de la même façon : pourquoi envoyer ses apôtres sans leur cacher qu'ils seront comme des brebis au milieu des loups ? Mais ce sera au travers de persécutions, de fuites dans d'autres contrées, de voyages dangereux sur les mers, de naufrages et d'emprisonnements, que les apôtres diffuseront le message de l’Évangile.
Il en encore ainsi de notre temps.
Aujourd'hui, c'est donc l’Évangile qui nous permet de mieux comprendre la première lecture. Dieu s'est bien élu un peuple, non pour l'établir avec puissance sur les autres peuples - c'est ce que les juifs ont cru longtemps, mais afin de révéler sa bienveillance et sa miséricorde à tous les hommes, de tous les pays et de tous les temps - en commençant par l’Égypte des pharaons.
Notre prêtre a conclu en affirmant que chacun d'entre nous trouvera dans le témoignage de sa foi une joie en même temps "vive et patiente" qui correspond à la volonté du Père. "Notre projet de vie doit s'inscrire dans le dessein de Dieu, car c'est seulement ainsi que nous réussirons notre vie" .
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Fête de saint Benoît
Publié : sam. 11 juil. 2015, 10:29
par etienne lorant
Fête de saint Benoît, abbé, patron de l'Europe
Livre des Proverbes 2,1-9.
Mon fils, accueille mes paroles, conserve précieusement mes préceptes,
l’oreille attentive à la sagesse, le cœur incliné vers la raison.
Oui, si tu fais appel à l’intelligence, si tu invoques la raison,
si tu la recherches comme l’argent, si tu creuses comme un chercheur de trésor,
alors tu comprendras la crainte du Seigneur, tu découvriras la connaissance de Dieu.
Car c’est le Seigneur qui donne la sagesse ; connaissance et raison sortent de sa bouche.
Il réserve aux hommes droits la réussite : pour qui marche dans l’intégrité, il est un bouclier,
gardien des sentiers du droit, veillant sur le chemin de ses fidèles.
Alors tu comprendras la justice, le jugement, la droiture, seuls sentiers qui mènent au bonheur.
Psaume 34(33),2-3.4-5.6-7.8-9.10-11.
Je bénirai le Seigneur en tout temps,
sa louange sans cesse à mes lèvres.
Je me glorifierai dans le Seigneur :
que les pauvres m'entendent et soient en fête !
Magnifiez avec moi le Seigneur,
exaltons tous ensemble son nom.
Je cherche le Seigneur, il me répond :
de toutes mes frayeurs, il me délivre.
Qui regarde vers lui resplendira,
sans ombre ni trouble au visage.
Un pauvre crie ; le Seigneur entend :
il le sauve de toutes ses angoisses.
L'ange du Seigneur campe à l'entour
pour libérer ceux qui le craignent.
Goûtez et voyez : le Seigneur est bon !
Heureux qui trouve en lui son refuge !
Saints du Seigneur, adorez-le :
rien ne manque à ceux qui le craignent.
Des riches ont tout perdu, ils ont faim ;
qui cherche le Seigneur ne manquera d'aucun bien.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 19,27-29.
Pierre prit la parole et dit à Jésus : « Voici que nous avons tout quitté pour te suivre : quelle sera donc notre part ? » Jésus leur déclara : « Amen, je vous le dis : lors du renouvellement du monde, lorsque le Fils de l’homme siégera sur son trône de gloire, vous qui m’avez suivi, vous siégerez vous aussi sur douze trônes pour juger les douze tribus d’Israël. Et celui qui aura quitté, à cause de mon nom, des maisons, des frères, des sœurs, un père, une mère, des enfants, ou une terre, recevra le centuple, et il aura en héritage la vie éternelle.
Textes de l’Évangile au quotidien
Le livre des proverbes met en avant l'intelligence et la raison. Elles ont toutes deux leur utilité, mais en faire les moyens principaux en vue de la connaissance de Dieu, c'est exagéré - tout au commencement, c'est le cœur qui s'interroge - et en ce qui me concerne, l'intelligence et la raison m'ont servi non pas à reconnaître Dieu - mais à rechercher pourquoi l'homme paraît si souvent malheureux et comme "exilé" dans sa propre existence.
Cependant, lorsque j'ai laissél'esprit et le cœurœuvrer en moi à la recherche de la cause du malheur de l'homme, j'ai trouvé, très vite, une sagesse fondée sur un cœur ouvert aux préceptes divins. Quiconque a pu manifester un jour de la compassion envers l'un de ses semblables abattu et désespéré, comprend que l'intelligence et la raison ne trouvent leurs vraies places que dans la considération première de l'amour de Dieu.
Il fallait bien un homme comme saint Benoit pour associer l'une et l'autre chose. Son influence est considérable sur le monachisme en Occident et dans le monde, ainsi que sur toute la vie intellectuelle du Christianisme, surtout grâce à la Règle de saint Benoît. Cette règle propose, en même temps qu'un cheminement vers Dieu, un idéal de vie en collectivité. Elle est parfois prise comme exemple pour l'organisation en entreprise (nous dit Wikipedia).
Pour les intellectuels comme pour tous les autres hommes, la règle de saint Benoit associe intimement travail, prière, communion entre frères.
Je cite ci-après un des travaux effectués par mon père, lequel, avant de se tourner vers la biologie, avait suivi quatre années de théologie à l'institut "Léon XIII" rattaché à l'Université Catholique de Louvain. (Je me suis souvent demandé comment porter avec honneur l'héritage d'un tel père !...)
http://orton.catie.ac.cr/cgi-bin/wxis.e ... mfn=012473
Déracinement terrestre, enraciement céleste
Publié : lun. 13 juil. 2015, 10:13
par etienne lorant
Lundi de la 15e semaine du temps ordinaire
Livre de l'Exode 1,8-14.22.
En ces jours-là, un nouveau roi vint au pouvoir en Égypte. Il n’avait pas connu Joseph.
Il dit à son peuple : « Voici que le peuple des fils d’Israël est maintenant plus nombreux et plus puissant que nous.
Prenons donc les dispositions voulues pour l’empêcher de se multiplier. Car, s’il y avait une guerre, il se joindrait à nos ennemis, combattrait contre nous, et ensuite il sortirait du pays. »
On imposa donc aux fils d’Israël des chefs de corvée pour les accabler de travaux pénibles. Ils durent bâtir pour Pharaon les villes d’entrepôts de Pithome et de Ramsès.
Mais, plus on les accablait, plus ils se multipliaient et proliféraient, ce qui les fit détester.
Les Égyptiens soumirent les fils d’Israël à un dur esclavage
et leur rendirent la vie intenable à force de corvées : préparation de l’argile et des briques et toutes sortes de travaux à la campagne ; tous ces travaux étaient pour eux un dur esclavage.
Pharaon donna cet ordre à tout son peuple : « Tous les fils qui naîtront aux Hébreux, jetez-les dans le Nil. Ne laissez vivre que les filles. »
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 10,34-42.11,1.
En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Ne pensez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre : je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive.
Oui, je suis venu séparer l’homme de son père, la fille de sa mère, la belle-fille de sa belle-mère :
on aura pour ennemis les gens de sa propre maison.
Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ;
celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi.
Qui a trouvé sa vie la perdra ; qui a perdu sa vie à cause de moi la gardera.
Qui vous accueille m’accueille ; et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé.
Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète recevra une récompense de prophète ; qui accueille un homme juste en sa qualité de juste recevra une récompense de juste.
Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ces petits en sa qualité de disciple, amen, je vous le dis : non, il ne perdra pas sa récompense. »
Lorsque Jésus eut terminé les instructions qu’il donnait à ses douze disciples, il partit de là pour enseigner et proclamer la Parole dans les villes du pays.
Textes de l'Evangile au quotidiien
J'ai écouté attentivement la longue homélie de notre prêtre, tout en m’efforçant, comme à mon habitude, d'en retenir le fil par une expression ou quelques mots. Cette fois c'est le mot de "déracinement" qui a jailli de l'ensemble. L'expérience de vie en collaboration (en échanges commerciaux, principalement) échouera du fait de considérations en même temps économiques et politiques. Ce que dit la première lecture, c'est que les Égyptiens ont commencé de craindre d'être submergés par les juifs, et de perdre à la fois leur souveraineté et leur identité. L'enracinement que le Seigneur avait promu tourne en crainte, défiance et s'achève en domination d'un peuple sur l'autre par l'esclavage et un premier génocide.
C'est le même mot qui peut servir pour éclairer les paroles de Jésus dans l’évangile : oui, pour devenir enfant de Dieu, il faut que nous nous laissions dépouiller peu à peu de nos racines, afin de vivre en Dieu et de devenir véritablement, chacun de notre côté, des des disciples du Seigneur.
Dans notre famille, jusqu'à la génération actuelle, la coutume de se réunir en nombre lors des mariages, des communions et des naissances, avait acquis une valeur telle que le principal cadeau offert lors d'un mariage consistait dans les couverts - souvent en métal précieux - destinés à servir lors des grandes occasions. Ce mode de vie a complètement disparu : il n'y a plus que de (rares) cartes postales lors des fêtes de fin d'année. Mais qui peut citer encore, de mémoire, les dates de naissance de ses neveux et nièces ?
Heureux sommes-nous, cependant, si à l'âge adulte, notre déracinement dans le monde aboutit à l'enracinement dans l'amour de Dieu ! Car l'amour de Dieu passe par tous, hommes et femmes, d'une même famille ou pas, citoyens ou non du même pays, et cela jusqu'à l'avènement du Royaume des cieux. D'ores-et-déjà, et depuis plusieurs années, je sais bien que je suis le fils de Léa et de Gabriel, mais l'essence de cette connaissance, c'est notre foi commune - celle-là même des disciples que Jésus envoie.
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