ti'hamo a écrit :@Philémon
Je ne sais pas bien comment m'y retrouver dans vos longs propos contradictoires…
Vous accusez de "mépris" mais vous, vous rejetez avec dédain le témoignage d'un témoin oculaire de l'époque, au seul motif qu'elle est femme de chambre (et qu'elle ne corrobore pas votre idée des événements),
en lui préférant des relectures postérieures et des constructions idéologiques.
Si l'on s'intéresse à la vie de la Cour durant la Révolution, c'est certainement un témoignage important. Mais je ne sais pas comment vous expliquer que pour comprendre la Prise de la Bastille ou les travaux de la Constituante, il existe probablement de meilleures sources que la femme de chambre de la Reine. J'avoue que vous commencez à me décourager...
Vous invitez à s'en tenir aux faits sans relecture idéologique, mais vous vous empressez de minimiser les morts et les massacres (réels) pour mieux mettre en avant des discours ronflants sur "La Liberté conquise par Le Peuple" (qui sont de l'ordre du discours, de la relecture).
Il faut replacer les choses dans leur contexte, et étudier le déroulement des faits, pour se faire une idée objective. Sans vouloir minimiser les morts (qui ont été plus nombreux parmi la populace, sous le tir de la garnison de la Bastille, je vous rappelle), ces morts ne changent rien à l'issue de la journée du 14, ni au symbole de la Prise de la Bastille. Et je ne dis rien d'autre, en m'appuyant sur les faits, et non sur des idées en l'air.
Vous commencez par affirmer ne pas chercher à justifier ni favoriser un système plus qu'un autre, mais immédiatement après vous dépeignez systématiquement tout ce qui touche à la monarchie comme une tyrannie inacceptable et tout ce qui touche à la révolution comme une libération forcément grandiose.
Jamais je n'ai dit que la monarchie était une tyrannie. J'essaie de comprendre le contexte et les motivations des hommes de l'époque, des hommes de 1789 (et non ceux de l'époque de Jeanne d'Arc, ou de Clovis). Vous ne dites rien sur les Cahiers de doléances, c'est curieux. Il y a un contexte, vous dis-je.
Vous dites que les voies de faits et massacres sont annexes et anecdotiques,
mais dans le même temps vous insistez sur l'importance d'événements qui sont, de fait, des voies de fait - émeute de la Bastille… (et que dire des émeutes des Tuileries ?)
Non, je n'insiste pas sur les émeutes... Il y a un vrai basculement qui se produit lors de ces journées. Mais il faut voir tout l'ensemble : le 11 juillet, Assemblée constituante. Projet de Déclaration des Droits de l'homme. Le 13, formation de la Commune, de la garde bourgeoise. Le 14, prise de la Bastille grâce au ralliement des Gardes-Françaises. Le 15, élection de Bailly maire de Paris, la Garde Nationale avec La Fayette. Vous voyez, ce n'est pas uniquement des émeutes.
Qu'en penser ?
Sinon que tout ça ne sont que des phrases, parler pour parler, et pour s'écouter.
Tout ça pour avoir une occasion de "vitupérer", de prendre le contrepied, et de critiquer tout le monde en disant "pfff, mais vous n'avez rien compris très cher". Sauf qu'à prendre systématiquement le contrepied, on aboutit à ces propos totalement contradictoires. Contradictoires donc sans intérêt.
Non, il n'y a pas de contradiction. Je ne veux pas vous laisser caricaturer l'histoire de la Révolution. Après, que vous soyez déçu d'être contredit, c'est autre chose...
L'Histoire qui "suit son cours, au fil des luttes" : relecture marxiste ?
Comment ne pas voir que l'histoire est une suite ininterrompue de luttes ?
César n'a-t-il pas lutté ? Et Octave contre Antoine ? Et Clovis ? Et Charlemagne ? Et Jeanne d'Arc ?
Dès les cours d'écoles, les êtres humains luttent déjà entre eux, comme autant de forces antagonistes. Et ce depuis un certain Caïn...
Par "âge sombre suite à la chute de l'empire romain", voulez-vous dire le moyen-âge, ou quelque autre période plus restreinte ?)
Je ne parlais pas du Moyen-Âge, mais de la période de la chute de l'Empire romain, qui s'étend en gros du 4e au 6e siècle, qui est une période de destruction et de recul. Les villes se dépeuplent, les citoyens trouvent refuge dans les campagnes, où sous la coupe de maîtres terriens ils deviennent esclaves, les monuments sont pillés et détruits, le savoir se replie dans les monastères, etc. L'Italie, en particulier, a connu de véritables horreurs au 6e s. Le moyen-âge qui suit est une période de reconstruction, dans la nostalgie d'ailleurs de l'ancien Empire. Et lorsque Charlemagne tente de rétablir l'Empire romain d'Occident, on parle même de Renaissance carolingienne. Mais c'est un Empire qui n'a évidemment plus rien à voir avec ce qu'était l'Empire romain quelques siècles auparavant.
C'est pourquoi je crois que si l'on rétablissait un jour la monarchie, ça n'aurait quand même rien à voir avec l'Ancien Régime. Parce que l'histoire avance, au fil des luttes, des destructions et des constructions.