Un gentil athée a écrit :
Elle est très remontée contre la prostitution, et au vu de ce qu'elle a vécu, subi, c'est compréhensible. Elle écrit quand même :
"La prostitution, un choix libre. Mensonge. Je ne dis pas qu’il n’y en a pas quelques-unes - une bien petite minorité - qui décident d’essayer ça et le font librement, sans sombrer dans la dope et l’alcool comme la plupart."
Enfin, je note l'enthousiasme avec lequel sont acceptés les témoignages de prostituées contre la prostitution et qui ont connu drogue, coups, exploitation, humiliation, etc. Par contre, dès qu'un témoignage de prostituée va dans le sens "choix libre", ah ben non, c'est forcément pas fiable, biaisé, elle est manipulée, pas sincère, ou pas consciente qu'en fait elle n'a pas envie de faire ça... Pourtant, ces témoignages existent.
C'est vrai, ils existent, mais si vous avez lu la réponse à Sylviane faite par Marie, elle explique aussi comment elle a intégré le discours du libre choix parce que ça rendait la réalité de sa condition plus supportable.
Je remarquerai - pour en revenir au tout début du sujet - que l'article posté par François67 faisait état d'un tout petit nombre de manifestants. L'immense majorité des prostitué(e)s subit un esclavage de fait.
Vendre son corps, même lorsqu'il s'agit d'un choix libre, ce n'est pas comme vendre sa capacité de travail : dans le premier cas, ce qu'on vend c'est ce qu'on a de plus intime, et on le fait au prix d'une séparation corps/esprit. Je ne pense pas non plus qu'on doive se fier totalement aux témoignages qui revendiquent la prostitution comme travail ordinaire et source d'épanouissement comme une autre : souvent, les mots sont des voiles, des apparences qui cachent des réalités bien plus misérables qu'on ne veut pas montrer parce que les montrer c'est plonger dans cette misère (affective, matérielle, etc...) dont on souhaite sortir. Il y a également une vertu performative du discours : je dis que je m'épanouis, donc je m'épanouis.
En outre, dans une société où la performance de bonheur (ou au moins son hersatz, le plaisir) est obligatoire, ça fait tâche de ne pas le trouver.
D'autre part, on pourrait se demander pourquoi l'immense majorité des prostitués sont des prostituées, ou des hommes qui ont pris l'apparence de femmes.
Cela dit, je vous rejoins pour dire que l'abolition pure et simple n'est pas une solution, puisqu'elle ne ferait que cacher la prostitution un peu plus sans la supprimer.
A part beaucoup d'éducation à la dignité de l'autre, je ne vois pas pour l'instant ce qui pourrait nous faire tendre vers moins d'exploitation sexuelle des humains.
Un gentil athée a écrit :Le gars du blog de l'institut Turgot a bien raison : l'Etat est le pire proxénète (mais certes un proxénète de la "vertu"), en voulant s'arroger le contrôle du corps de ces femmes et de leurs clients, et en s'enrichissant par la même (car cette activité n'est pas prête de disparaître et donc les amendes vont pleuvoir...).
C'est vrai, l'Etat est proxénète. Peut-être est-ce parce que notre société l'est.
