Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2008-2009)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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etienne lorant
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Re: La foi grandit dans les épreuves

Message non lu par etienne lorant »

Je suis toujours si content lorsque je vois des commentaires ajoutés au mien... car j'ai moi aussi besoin de mieux comprendre. Alors, merci et n'hésitez pas !

Etienne
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
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La lumière du monde

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5,13-16.
Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée.
Et l'on n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison.
De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors en voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux.

Une idée m'est venue, c'est que si le Seigneur nous appelle la lumière du monde, ce n'est certes pas pour que nous tombions dans la vanité, mais au contraire que nous soyons, très humblement les serviteurs de notre prochain en leur servant docilement de lampe, laissée à leur entière disposition. Comme cette ville sur une montagne ne peut être cachée, ainsi doit être notre lumière pour nos frères: car personne ne quitte sa campagne vers la ville sans une raison bien précise et ils ne viendront pas pour nous mais pour chercher ce dont ils ont besoin. Soyons simplement disponibles. Qui nous sommes n'a aucune importance, mais ce sont nos actes et notre manière d'être qui porteront témoignage. Et, tôt ou tard, en voyant ce que nous faisons de bien, ils rendront gloire à notre Père qui est aux cieux. - c'est-à-dire qu'ils se convertiront Quel est notre mérite personnel ? Il est quasiment nul, mais notre adhésion à la Parole doit embaumer l'air que les autres respirent, comme si nous étions devenus des bougies parfumées.

Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il demeure seul ; mais s'il meurt, il porte beaucoup de fruit. (Jn 12:24) Si nous ne laissons pas la Vérité rayonner et diffuser librement en nous, nous ne serons utiles à personne; mais si nous préférons la volonté de Dieu à nos propres raisonnement, nous deviendrons lumière pour une multitude.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Diahloquèt
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Re: La foi grandit dans les épreuves

Message non lu par Diahloquèt »

A un Job surement de forte personnalité, il a fallu un maximum de perte pour le pousser au delà de lui-même, alors qu'à un Tobie plus sensible à un aspect, plus doux, plus faible ou moins mature, il a suffi de la privation de la vue pour le faire maturer; à gros chat gros rat.
Zélie, bonjour !

Rien dans "Tobit" ne le montre comme faible, bien au contraire !
Il est juste... aveuglé par sa foi si solide qu'elle en est devenue rigide, aveuglé par sa difficulté à se remettre en question...

L'épreuve ne lui est pas envoyée pour qu'il tire le meilleur de lui-même, ou qu'il en fasse encore plus / encore mieux / plus difficile !...
mais juste (si l'on peut dire !) pour qu'il prenne conscience de sa "cécité" mentale, et qu'il en guérisse = pour qu'il se convertisse...

L'épreuve lui est envoyée "parce qu'il était agréable au Seigneur", non pas que le Seigneur soit un sadique particulièrement tordu !
(qu'on pourrait alors aussi bien imaginer se frottant les mains dans son antre :
"allez, toi, t'es un grand costaud, je vais en rajouter une couche, tu peux bien le supporter !")


---mais justement parce que D'ieu "bon" et "miséricordieux" ne peut accepter "sans rien faire" qu'une personne qui Lui est agréable s'entête "aveuglément" sur le chemin de la mort...
(et ... chacun de nous est agréable au Seigneur, pas en raison des mérites, mais parce qu'Il aime toutes ses créatures !)


L'épreuve lui est envoyée parce que le Seigneur veut absolument sauver Tobit
--- et nous avec, qui sommes souvent ... aussi aveugles que Tobit ...

L'épreuve lui est envoyée pour que nous réfléchissions, avec son exemple devant les yeux...!
et que nous remettions en question nos "certitudes", particulièrement quand, comme Tobit, nous sommes dans l'amertume, la tristesse et le désespoir...

L'épreuve lui est envoyée pour que nous entendions... les bêlements du petit chevreau et les reproches de notre entourage, qui cachent peut-être, derrière une apparente injustice, une vérité ... toute simple... mais pas facile à entendre... pas agréable à voir ...

L'épreuve lui est envoyée, nous est envoyée, ---peut-être ?!---
pour que nous apprenions à nous désarmer,
que nous apprenions à devenir comme des enfants, qui écoutent, regardent, posent des questions, apprennent... sans jamais croire ... qu'ils détiennent le savoir et la vérité ...

L'épreuve, pour ne pas confondre évidence et "claire voyance", apparence et vérité,
l'épreuve, pour que nous laissions le fiel (= l'amertume et la tristesse)
craqueler et écailler nos leucomes aveuglants...

L'épreuve
... pour voir que la sainteté ne se trouve peut-être pas comme "accrochée tout en haut d'un mât de cocagne" auquel il faudrait se hisser dans la souffrance, avalisant le "plus ça fait mal, plus c'est bon"...!!!!
mais... plus probablement dans l'humilité de qui donne "deux sous pris sur sa misère, deux sous qui sont toute sa richesse" (Marc 12.44) ... sans se trouver héroïque pour autant !
ou dans la vérité pauvre de la prière de qui se sait pêcheur (Luc 18.13) et ... moins saint que quiconque...

--- voir que le combat le plus difficile est de se désarmer ;
--- que la conquête la plus âpre est celle de notre conversion ... quand nous sommes sûrs d'être "déjà convertis" !...
[ > "c'est quand vous dites : "nous voyons" que votre péché demeure..." Jean 9.41]
--- et que, s'il y a un combat à mener "sans jamais baisser les bras", c'est celui ... d'ouvrir les bras...

Avec une certitude bien rassurante !... pas la nôtre, non, mais celle de "Raphaël-D'ieu guérit" :
"Je sais que [vos] yeux s'ouvriront..." (11.7) --- tôt ou tard, demain, le mois prochain, dans 4 ans...---
"que vous retrouverez la vue et que vous verrez la lumière" (11.8) ... ... !

Et, oui, comme Tobit, nous verrons que vous avons recouvré la vue ... quand nous verrons l'autre - fils, frère, voisin, collègue, ami, étranger ou ennemi : notre prochain...

et que nous comprendrons que c'est cet autre la lumière de nos yeux (11.13) ...

et que nous en deviendrons tout « joyeux et bénissants » et sources de joie … !
Dernière modification par Diahloquèt le mar. 04 mai 2010, 4:53, modifié 1 fois.
Diahloquèt
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Re: La foi grandit dans les épreuves

Message non lu par Diahloquèt »

Etienne !

Oui, nous avons tous bien "besoin de comprendre" et de ... chercher ... ... sans cesse !...
Il y avait, dans votre message, beaucoup de points abordés qui donnaient matière à réflexion...

Ce que vous dites de l'épreuve/exercice s'applique bien à Job,
qui était "homme intègre et droit", mais "protégé d'un enclos et béni dans ses entreprises",
autrement dit n'ayant jamais eu à "exercer les muscles de sa foi" !...

Ce n'est pas le cas de Tobit,
qui a, tout au long de sa vie, connu bien des épreuves
- mort de son père,
- déportation,
- confiscation de ses biens,
épreuves au travers desquelles sa foi s'est affermie et ... "solidifiée"... à l'excès ! (voir autres messages)

Pour prolonger votre image de la musculation, on pourrait dire que Tobit avait "le muscle de la foi" bien développé, le muscle de la pratique religieuse ... "hypertrophié" !... et le muscle de l'ouverture à la vie et aux autres ... ... de plus en plus "atrophié" ou "paralysé", et c'est bien cela qui était devenu son "péché", qui devait être "corrigé" --- comme une trajectoire faussée doit l'être... ... pour ne pas verser dans le fossé !!
Sa foi et sa pratique religieuse, -pratique active de "bonnes oeuvres"-, exercées au détriment de son confort, de ses richesses, de sa position sociale, et même au risque de sa vie, "plaisaient au Seigneur",
mais elles le menaient vers un fossé dangereux quand il en est venu à se fermer "aux vivants"...

En revanche, comme vous le dites, "chercher à remédier à des situations difficiles vécues par le prochain" (donc ... vivant), --- sauver des enfants juifs en d'autres temps, aujourd'hui "héberger chez soi des "clandestins", abriter du froid, donner à boire et à manger", aider des familles de sans-papiers, parler avec le SDF du coin de la rue, ou même simplement porter un regard bienveillant sur tel groupe de jeunes un peu bruyants, sourire à des voisins ou collègues pas forcément souriants ... : cela, c'est "aimer son prochain..." et ... "cette humanité-là conduit à la vie éternelle"... puisque c'est celle qui répond à l'amour de D'ieu...

------------

Ceci dit, il y a beaucoup d'autres trésors dans ce petit Livre de Tobit : enseignements précieux pour nous, "lampes" pour notre route !...

Pour finir sur ce sujet aujourd'hui, vous comparez Tobit et Job : il y a bien, dans leur personnalité même, dans leur regard, un point commun ...très instructif... ...
je vous laisse le (re)découvrir...??!... ... (à suivre, peut-être ??!!)

-------------

Enfin, en ce qui concerne ce que vous dites de la "foi"... ... la "foi qui déplace les montagnes" ne serait-elle pas celle qui dit :
"Je crois ! Viens au secours de mon manque de foi !" (Marc 9.24)... ... ??!...
La foi... comme conscience du manque, donc une foi humble, qui met en marche, en recherche, en demande...
donc en position d'accueil, d'ouverture... ... de "regard ouvert"... !!!... (c'est le dernier clin d'oeil de Tobit ... pour la journée !!!)
etienne lorant
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Re: La foi grandit dans les épreuves

Message non lu par etienne lorant »

Diahloquèt a écrit : Enfin, en ce qui concerne ce que vous dites de la "foi"... ... la "foi qui déplace les montagnes" ne serait-elle pas celle qui dit :
"Je crois ! Viens au secours de mon manque de foi !" (Marc 9.24)... ... ??!...
La foi... comme conscience du manque, donc une foi humble, qui met en marche, en recherche, en demande...
donc en position d'accueil, d'ouverture... ... de "regard ouvert"... !!!... (c'est le dernier clin d'oeil de Tobit ... pour la journée !!!)
Fondamentalement, je pense que le Seigneur éduque notre foi, afin de l'amener je dirais à un niveau tel que nous n'aurons plus besoin de poser de questions, mais nous prierons simplement : Que ta volonté soit faite !, parce que nous serons certains, d'une certitude non de la tête mais du coeur, que la volonté de Dieu est ce qu'il y a de mieux pour nous, et cela quoi qu'il nous arrive.

Il est remarquable que Jésus ait ajouté au Rosaire de la miséricorde, dicté à sainte Faustine, cette oraison finale: "Jésus, j'ai confiance en Toi !". Car la confiance, c'est encore autre chose que la foi. Il y a des fois très intellectualisées, tandis que la confiance... Eh bien, en dialoguant avec de nombreuses personnes, j'ai constaté (nous l'avons constaté ensemble): souvent les fidèles prient ce chapelet, mais ils oublient la finale. Ils l'oublient ! C'est que, quelque part, il y a de la résistance à la confiance, comme il y a de la résistance à la foi.

Quand je lis l'Évangile, je suis ébahi de l'incrédulité des apôtres. Ils assistent à la multiplication des pains et je peux me représenter leur stupeur et leur excitation devant un tel miracle. Mais dans la même journée, ils remontent dans la barque et à ce moment-là déjà, ils sont retombés dans leur pauvreté de foi. Et au moment où Jésus leur parle du "levain" des Pharisiens, eux discutent entre eux car ils n'ont plus qu'un seul pain pour la traversée entreprise... c'est qu'ils sont déjà retombés dans la peur du manque, dans cette "cécité spirituelle" qui est tellement liée à la chair !

En ce qui me concerne, dans les moments plus difficiles, j'ai le bonheur de me souvenir des multiples délivrances déjà obtenues. Il y a en effet des grâces reçues qu'on ne sait plus rattacher à des causes et des enchaînements de cause rationnelles. Et finalement, je ne parlerais même plus en termes de foi, mais de relation intime à Dieu dans la prière. Je pratique la prière de demande, mais toujours ma demande se retrouve élargie à la fin. Bien souvent, je me suis fait reprocher de prier des chapelets sans méditer les mystères. Eh bien, c'est parce que je me sens appeler à prié et je prie parce que j'en ai besoin, parce que désormais la prière fait partie de moi. Le curé d'Ars disait: "Quand bien même on arriverait à me prouver que Dieu n'existe pas, je ne saurais m'arrêter de prier".
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: La foi grandit dans les épreuves

Message non lu par zélie »

Merci à tous les deux :amoureux: :amoureux: , Etienne et Diahloquèt, de vos commentaires de ce passage de la bible.
C'est aussi instructif qu'accessible!

Zélie
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L'accomplissement et la réalisation finale

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5,17-19.
Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Ne pensez pas que je suis venu abolir la Loi ou les Prophètes :je ne suis pas venu abolir, mais accomplir.

Toutes les Écritures, depuis la Genèse, conduisent au Christ, en qui elles sont toutes accomplies. Le sacrifice de l'agneau, le rite de la Pâque et la lettre de la Loi ont abouti au Christ. la Loi est devenue le Verbe, les commandements ont été transformés en grâce, les prophéties en vérité, l'agneau est devenu fils, et le Fils a vaincu la mort et l'Adversaire. C'est ce qui donne tant d'assurance aux disciples, qui ont été les témoins privilégiés de ce véritable renouvellement de l'Histoire.

Le point central, c'est que la Loi est désormais écrite dans les cœurs. Par l'Esprit Saint, elle est devenue vivante et source de vie. C'est un élan de l'être entier vers l'absolu, l'universel. C'est ce qui a permis au Seigneur d'affirmer: "Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie", et encore: "Quiconque cherche la vérité entend ma voix".

Le texte de l'épître de Paul de ce jour, correspond parfaitement à ces affirmations du Christ: "Notre capacité vient de Dieu : c'est lui qui nous a rendus capables d'être les ministres d'une Alliance nouvelle, une Alliance qui n'est pas celle de la lettre de la Loi, mais celle de l'Esprit du Dieu vivant".

Mais Jésus ajoute encore: "Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas une lettre, pas un seul petit trait ne disparaîtra de la Loi jusqu'à ce que tout se réalise." Ce renouveau de l'histoire humaine est aussi un raccourci car l'Esprit devient le guide infaillible de quiconque s'engage à la suite du Christ.

Tout ce que dit Jésus au sujet de l'accomplissement de la Loi et des Prophètes et de la réalisation de la volonté divine, figure déjà dans le chapitre 11 d'Isaïe.

1. La venue de l'esprit aux sept dons:

01 Un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David,
un rejeton jaillira de ses racines.
02 Sur lui reposera l'esprit du Seigneur :
esprit de sagesse et de discernement,
esprit de conseil et de force,
esprit de connaissance et de piété,
03 qui lui inspirera la crainte du Seigneur.

2. L'accomplissement
Il ne jugera pas d'après les apparences,
il ne tranchera pas d'après ce qu'il entend dire.
04 Il jugera les petits avec justice,
il tranchera avec droiture en faveur des pauvres du pays.
Comme un bâton, sa parole frappera le pays,
le souffle de ses lèvres fera mourir le méchant.
05 Justice est la ceinture de ses hanches ;
fidélité, le baudrier de ses reins.

3. La réalisation finale
06 Le loup habitera avec l'agneau,
le léopard se couchera près du chevreau,
le veau et le lionceau seront nourris ensemble,
un petit garçon les conduira.
07 La vache et l'ourse auront même pâturage,
leurs petits auront même gîte.
Le lion, comme le bœuf, mangera du fourrage.
08 Le nourrisson s'amusera sur le nid du cobra,
sur le trou de la vipère l'enfant étendra la main.

Amen ! Viens, Seigneur Jésus !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Dieu et la politique

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 5, 20-26)

20i Comme les disciples s’étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Je vous le déclare : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux.
21 Vous avez appris qu'il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu'un commet un meurtre, il en répondra au tribunal.
22 Eh bien moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère en répondra au tribunal. Si quelqu'un insulte son frère, il en répondra au grand conseil. Si quelqu'un maudit son frère, il sera passible de la géhenne de feu.
23 Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande sur l'autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi,
24 laisse ton offrande là, devant l'autel, va d'abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande.
25 Accorde-toi vite avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu'on ne te jette en prison.
26 Amen, je te le dis : tu n'en sortiras pas avant d'avoir payé jusqu'au dernier sou.

Il faut bien avouer qu'en lisant ce passage, on dirait que l'accomplissement de la Loi et des Prophètes (c'était dans l'Evangile d'hier), consiste en réalité à un bouleversement complet ! Mais non ce n'est pas un bouleversement, mais un rafraîchissement : la Loi n'avait pas été donnée à l'homme pour que l'homme en devienne esclave, mais au contraire pour que l'esclave devienne libre, c'est à dire afin que la relation de l'homme avec Dieu retrouve sa pureté originelle, avant l'événement du péché au jardin d'Eden.

Au lieu de cela, durant des siècles, les hommes s'étaient servis de la Loi pour, en quelque sorte, enfermer Dieu dans une formulation humaine. Peut-on leur en vouloir ? Les scribes et les pharisiens du temps de Jésus ressemblent beaucoup aux penseurs du vingtième siècle. Les Freud, Nietzsche, Hegel, Marx et compagnie: leur tort est d'avoir saisi un élément de la vérité pour l'afficher comme vérité complète, unanime, indivisible. Or, la vérité est personnelle et îndividuelle, mais aussi universelle: c'est tellement paradoxal que la rationnalité, "l'esprit des Lumières", ne pouvait l'admettre.

Le dernier verset de l'Evangile, sur ce thème, est vraiment révélateur: "Amen, je te le dis : tu n'en sortiras pas avant d'avoir payé jusqu'au dernier sou." Le Seigneur renvoie tout à l'individu, car ce n'est pas le système qui sera jugé, mais toi. Car tu ne saurais présenter une quelconque offrande à Dieu sans avoir rétabli la paix avec ton frère... puisque ton Père dans les cieux fait tomber la pluie et se lever le soleil sur les justes comme sur les méchants. Comment fonder un système philosophique ou politique sur le simple fait que Dieu est parfaitement équitable envers les uns comme envers les autres ? Oh, certes, l'Evangile est un feu que Dieu est venu jeter sur la terre !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Oui,oui. Non,non. Tout le reste est du diable

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5,27-32.
Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait: "Vous avez appris qu'il a été dit: Tu ne commettras pas d'adultère.
Eh bien moi, je vous dis : Tout homme qui regarde une femme et la désire a déjà commis l'adultère avec elle dans son coeur.
Si ton oeil droit entraîne ta chute, arrache-le et jette-le loin de toi : car c'est ton intérêt de perdre un de tes membres, et que ton corps tout entier ne soit pas jeté dans la géhenne.
Et si ta main droite entraîne ta chute, coupe-la et jette-la loin de toi : car c'est ton intérêt de perdre un de tes membres, et que ton corps tout entier ne s'en aille pas dans la géhenne.
Il a été dit encore : Si quelqu'un renvoie sa femme, qu'il lui donne un acte de répudiation.
Eh bien moi, je vous dis : Tout homme qui renvoie sa femme, sauf en cas d'union illégitime, la pousse à l'adultère ; et si quelqu'un épouse une femme renvoyée, il est adultère.

Voilà qui est clair. Je me demande comment mon curé, devant une assemblée de jeunes, pourrait encore "revisiter" l'Evangile en trouvant des "aménagements" à ce qui vient d'être dit. Quelle erreur de penser que la jeunesse n'est pas capable d'adhérer à la force d'un tel message, et de désirer la suivre jusque dans l'héroïsme ! Au contraire, dans les périodes de grand désarroi, comme celle que nous traversons, c'est un tel language qui permet de se mettre en route ou de quitter les marécages où l'on était déjà en train de patauger.

Cela me rappelle qu'en 1980, j'ai vu un jour mon vieux père passer la porte du bistrot où j'avais commencé de "noyer" ma déception à l'égard d'une société qui ne me rendait rien des investissements que j'avais déjà consentis en vers elle. Mais mon père n'avait pas d'argument à avancer pour me rassurer dans la période de chômage que je traversais péniblement. Au contraire, il a simplement dit: "Tu veux donc nous faire mourir de chagrin, ta mère et moi !". J'avais alors vingt-quatre ans, mais cette parole m'a frappé de plein fouet. En rentrant chez moi, je me suis dit: "Il a raison, si je veux me f... en l'air, c'est mon problème, mais ma liberté ne va pas jusqu'à causer de la peine à mes proches." Le lendemain matin, n'ayant évidemment pas trouvé un travail en une nuit, je me suis présenté chez un voisin pour lui proposer de tondre sa pelouse.

A partir ce ce subtil changement, jamais plus je ne me suis retrouvé dans une situation fausse. Quand il faut trancher, il faut trancher, rien à faire. Si une relation n'apporte que du trouble, il faut rompre là. Celui qui a mal au dent va chez le dentiste. J'ai bien envie de citer le texte de Kipling, pourquoi pas ?

Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou, perdre d'un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;

Si tu peux être amant sans être fou d'amour,
Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre
Et, te sentant haï sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d'entendre mentir sur toi leur bouche folle,
Sans mentir toi-même d'un mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère
Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ;
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n'être qu'un penseur ;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,

Alors, les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire,

Tu seras un Homme, mon fils.

(Je me demande quels vers écrire qui finairaient par:
"Tu seras un chrétien, mon fils" !)
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Oui,oui. Non,non. Tout le reste est du diable

Message non lu par christiane »

Merci pour ces paroles Etienne.

Mon père buvait énormément. Vers 18 ans, j'ai bu un verre de vin blanc. Mais dans le regard de mon Père et la gifle de ma mère, j'ai vu tant de peine, que je ne bois jamais une seule goutte d'alcool. Je suis la plus grande abstinente de la terre !

Parfois donc il suffit d'un regard pour que la vie bascule du bon côté.

PORTEZ-VOUS BIEN !
Christiane
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13.6.2009 Ne pas jurer, ne pas s'engager à la légère

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 5, 33-37)
36 Et tu ne jureras pas non plus sur ta tête, parce que tu ne peux pas rendre un seul de tes cheveux blanc ou noir.
37 Quand vous dites 'oui', que ce soit un 'oui', quand vous dites 'non', que ce soit un 'non'. Tout ce qui est en plus vient du Mauvais

Cet Evangile, à propos des serments qu'il ne faut pas du tout prêter, m'a rappelé les promesses d'invitation que me faisait mon ami Jean-Paul, qui était kyné, et que je croisais de temps à autre. Il me voyait passer sur un trottoir, , il garait sa voiture et échangeait quelques mots. Et puis, avant de repartir, il me disait: "Il faut que tu viennes à la maison, je t'invite ! Dès que j'aurai un peu plus de place dans mon agenda !" Mais le matin du 15 mai 2002, il a embrassé sa femme et ses enfants, il est monté dans sa voiture pour faire ses visites, mais à midi, des policiers sont venus annoncer son décès: sa voiture s'est encastrée dans un arbre et son corps n'était même pas visible. Jean-Paul et moi sommes nés la même année et nous nous connaissions depuis 1985. Depuis son accident, je suis beaucoup plus prudent au moment de dire: "Je vous garantis que..." (j'ajoute souvent : "si Dieu le veut")

Le même texte me rappelle également, et douloureusement aussi, toutes les promesses qui m'avaient été faites et sur lesquelles j'avais comptés. Promesses de secours, de présence, d'assistance, d'accueil, d'aide financière, et les promesses qui semblaient monter droit du coeur comme une évidence: "Tu seras toujours mon frère de coeur", "Chez nous, tu seras toujours le bienvenu", "Viens quand tu veux, ici c'est chez toi !", etc. A présent que je me retrouve isolé, toutes ces promesses me reviennent à l'esprit chaque fois que j'ai un réel problème, mais aussi lorsque j'ai envie de me confier. Il y a bien du démon à l'oeuvre quand les promesses ne sont pas tenues. Le démon s'en prend à l'âme à l'égard desquelles ces assurances avaient été données et lui insuffle une foule d'accusations et d'idées de revanche... contre lesquelles il faut batailler vivement !

Dans la matinée de vendredi, je me suis rendu chez mon coiffeur. Mais l'heure ne me convenait pas vraiment et, à mon réveil, je me suis dit: "Tant pis pour le coiffeur, ma messe est plus précieuse qu'une visite chez le coiffeur !" Sauf qu'en acceptant le rendez-vous, j'avais donné ma parole. Et je sais l'embarras où se retrouve un petit commerçant quand un de ses clients annule une visite sans prévenir. J'avais donc engagé ma parole, et sauf raison grave, ne pas me rendre au rendez-vous équivalait à un mensonge. En définitive, je suis allé me faire couper les cheveux. En effet, si je m'étais rendu à la messe, au moment de présenter au Seigneur mes louanges et mes demandes, Il eût très bien pu me répondre: "Mais que valent tes paroles ? Ne t'es-tu pas engagé ailleurs ? Tu mens aux autres et moi, je devrais te croire ?"
Il nous faut donc être prudents dans les engagements que nous prenons.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
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Dimanche - Solennité du Corps et du Sang du Christ

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc 14,12-16.22-26.

Pendant le repas, Jésus prit du pain, prononça la bénédiction, le rompit, et le leur donna, en disant : « Prenez, ceci est mon corps. »
Puis, prenant une coupe et rendant grâce, il la leur donna, et ils en burent tous.
Et il leur dit : « Ceci est mon sang, le sang de l'Alliance, répandu pour la multitude.
Amen, je vous le dis : je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu'à ce jour où je boirai un vin nouveau dans le royaume de Dieu. »
Après avoir chanté les psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers.

Ils burent... le sang de l'Alliance répandu pour la multitude. Ce sang je l'appelle aussi "Ivresse pure de la Joie" ou "Ivresse de la Joie pure". Pour communier régulièrement, je suis capable de me lever tôt, été comme hiver. En semaine, très souvent, la messe est dite sans homélie et ne dure qu'une vingtaine de minutes, entre 8h30 et 9h. Mais quant à moi je suis en route vers elle dès mon réveil, à 6h00, parfois plus tôt. Je regrette toujours un peu les psaumes de l'office de Laudes, mais si j'ai ma messe, j'ai ma joie, et si j'ai ma joie, j'ai aussi ma force, car le corps du Christ dans l'hostie, c'est bien le "Pain des forts".
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
christiane
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Re: Dimanche - Solennité du Corps et du Sang du Christ

Message non lu par christiane »

C'est beau la messe, et c'est merveilleux l'Eucharistie.

D'autre part, je ne peux pas passer une journée sans prier au moins deux chapelets entiers, ni lire un livre religieux ou une revue chrétienne.

J'aime aussi voir les messages quotidiens sur Internet.

Etienne, je te souhaite une excellente semaine. Que le Seigneur te garde du Mauvais.

Christiane
etienne lorant
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L'amour de la Charité parfaite

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 5, 38-42)
Comme les disciples s’étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Vous avez appris qu’il a été dit : Œil pour œil, dent pour dent.
Eh bien moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ; mais si quelqu'un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l'autre. Et si quelqu'un veut te faire un procès et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau. Et si quelqu'un te réquisitionne pour faire mille pas, fais-en deux mille avec lui. Donne à qui te demande ; ne te détourne pas de celui qui veut t'emprunter.

Tout ce que le Seigneur commande paraît si difficile, mais je peux dire que dans les mois qui ont suivi ma conversion, en réalité, c'était tout simple.
La Joie reçue m'avait placé hors de moi-même, ce qu'il y avait en moi de "terrestre" s'était effacé et je vivais réellement d'autre chose... Je me souviens très bien qu'un soir, une amie m'ayant demandé de l'accompagner pour la traversée d'un piétonnier déserté, aussitôt, sans que j'ai eu le temps d'y réfléchir, j'ai entendu en moi cette parole: "Au lieu de mille pas, fais en deux" et encore : "par amour de la charité parfaite". Je fus tout ému et je fis le tour complet de la ville - moins pour cette connaissance que parce que j'avais ressenti en moi cet appel, d'aller au-delà de ce qui m'avait été demandé.

Non, je n'ai jamais eu l'occasion de tendre la joue gauche, mais depuis cette époque, jamais non plus les individus réputés "dangereux" dans mon quartier ne m'ont causé aucun tort. J'ai eu peur quand j'étais gamin, mais plus jamais ensuite. Après une conversion, il y a comme une capacité acquise de reconnaître, chez autrui, des noeuds et des douleurs que l'on porte en soi. Du fait que l'on s'est vu tel qu'on n'aurait pas voulu se voir, on ne sait plus regarder les autres avec le même regard. Et sans doute, cette subtile modification du regard désarme beaucoup de situations potentiellement violentes. Quant à ne pas se détourner de l'emprunteur, je dois reconnaître que ce me serait sans doute plus difficile aujourd'hui qu'autrefois... néanmoins, Christophe, à qui j'ai encore payé une boisson aujourd'hui, me doit toujours cent euros depuis huit ans - mais le problème s'est déplacé: lui sait plus que moi la somme dont il m'est débiteur, alors que je ne la lui rappelle jamais.

Evidemment, tout est grâce. Si la grâce ne m'en est pas d'abord donnée, je suis dans l'absolue impossibilité de considérer autre chose que mes propres problèmes, mes soucis et mes intérêts. Je crois qu'il est tout à fait impossible de rendre service à son prochain, sans avoir d'abord bénéficié d'une sorte de "sourire de tendresse" de la part du Seigneur, qui permet de sortir de soi. Fondamentalement, on reste dans le rapport à Dieu: "l'amour de la Charité parfaite", c'est d'abord l'amour de Jésus.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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PeintureJoyeuse
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Re: Dimanche - Solennité du Corps et du Sang du Christ

Message non lu par PeintureJoyeuse »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc 14,12-16.22-26.

Pendant le repas, Jésus prit du pain, prononça la bénédiction, le rompit, et le leur donna, en disant : « Prenez, ceci est mon corps. »
Puis, prenant une coupe et rendant grâce, il la leur donna, et ils en burent tous.
Et il leur dit : « Ceci est mon sang, le sang de l'Alliance, répandu pour la multitude.
Amen, je vous le dis : je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu'à ce jour où je boirai un vin nouveau dans le royaume de Dieu. »
Après avoir chanté les psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers.
Oui, voila des témoignages a diffuser au plus jeune.
Ils sont toujours en quête de sensationnel et d'expériences extrèmes.

Mais à la messe, si on est présent autant que Dieu, ça se joue bien plus que 150 % !!
Plutot que de faire du coloriage dans le catéchisme actuel (mon fils de 9ans s'ennuie comme une pierre au fond de l'eau), il faut leur faire vivre et partager avec des témoignages forts. Leurs montrer que c'est pas du cinéma, le miracle s'effectue tout les jours mais pas dans le sens ou ils le comprennent actuellement.
Il faut redonner le vrai sens, l'unique sens aux mots.
recouvrer la saveur aux mots dans les textes bibliques, et biensur leur parler au présent, dans leur vie.

Ce sont les adultes à évangéliser en premier, combien de parents d'enfants du caté sont absents lors de la messe, combien ne respectent pas le déroulement de la messe. Combien sur 100 parents estiment la sainte Hostie comme le véritable corps du Christ?

Nous sommes responsable de l'image que nous donnons pour nos enfants, ils nous observent comment nous nous positionnons face à l'Hostie, comment nous réagissons dans et en dehors de la messe.

Bref, soyons des catéchistes responsables.
Tout m'est permis, mais tout n'est pas utile; tout m'est permis, mais je ne me laisserai asservir par quoi que ce soit.
- 1 Corinthiens 6:12 -
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