DA 95 a écrit : Ce que je comprends en lisant gn 4,14 "le premier venu" c'est qu'il existe d'autres hommes dans le monde.
Personnellement, je pense plutôt à des pré-humains, de même que pour les autres créatures avec lesquelles certaines des premières femmes humaines ont eu des relations et une descendance, comme le raconte Gn 6, 1-4.
DA 95 a écrit : L'expulsion de l'Eden n'a pas été suivie dans le texte d'une création particulière pour le reste de l'humanité qui aurait rendus l’humanité plus humaine avec une âme immortelle.
En effet. Il n’y a pas deux humanités, l’une avec et l’autre sans âme immortelle, ni des humanités plus ou moins humaines.
Pour le croyant, et au sens de la foi, les humains ont une âme immortelle créée par Dieu.
Pour un scientifique ou un historien, la définition de ce qu’est un homme ignore totalement cette caractéristique spirituelle essentielle.
Ne confondons pas les deux : lorsque la science nous parle d’hommes préhistoriques elle assimile sans distinction tous les hominidés sur la base de critères exclusivement terrestres.
Le fait qu’elle distingue l’homo erectus, l’australopithèque, l’homo sapiens, ne nous aide guère dans notre réflexion sur l’apparition sur la terre des premiers hominidés ayant reçu une âme immortelle leur permettant de vivre au delà de leur réalité biologique.
DA 95 a écrit : Je pense que la bible donne du sens à la création, en explique le pourquoi.
Attention de ne pas limiter trop vite la portée de l’Ecriture. Elle nous dit aussi certaines choses concrètes. Elle nous parle aussi du comment, mais dans la seule mesure nécessaire à notre foi et à la révélation dont l’Eglise a besoin.
DA 95 a écrit : Quant au "comment", n'ayant pas la compétence pour en parler je ne fais qu'imaginer qu'il ne soit pas impossible qu'à un moment donné les "près-humain" avec leurs 46 chromosomes, leur station débout, etc... Ils aient eu un corps capable de recevoir une âme et de devenir la personne humaine que nous connaissons, c'est-à-dire une personne relationnelle capable de Dieu.
D’accord.
DA 95 a écrit : Ce qui me dérange c’est que Dieu choisisse un seul couple pour leur donner les premières âmes immortelles. Pour pouvoir ensuite engendrer un telle multitude ils n’auraient eut comme solution que le consanguinité, je trouve que ça ne colle pas avec le fait de quitter son père et sa mère pour former une seule chair…
Cela dit avec un seul couple originel, y a-t-il eu consanguinité pour arriver à une multitude?
Le fait d’un couple exprime profondément un enracinement dans l’amour et une communion des personnes ce qui manifeste en quoi nous sommes faits à l’image du Dieu Trinité qui vit lui-même dans une communion d’amour et de don mutuel de toute éternité.
Beaucoup pensent que la descendance d’Adam et Eve s’est produite dans la consanguinité.
Personnellement, je ne le pense pas et il me semble que l’enseignement de l’Eglise ne tranche pas la question. Elle affirme seulement que nous sommes tous descendants d’Adam et Eve.
Dans la pensée que le corps biologique des premiers humains a été façonné dans une espèce pré-humaine, je pense plutôt (soyons ici bien prudents avec les réserves nécessaire : on est ici en pleine hypothèse de réflexion et je n’avance pas ici une certitude, ni une réalité démontrée à laquelle il faudrait croire) que la création de l’humanité est intervenue lors d’une mutation physique importante qui a causé une modification importante, dominante et transmissible du génome humain, mais sans rompre immédiatement les liens avec l’espèce dont ils provenaient, ni l’interfécondité.
Dès lors qu’on admet un trait génétiquement dominant, il s’est nécessairement transmis à toute l’espèce en quelques dizaines de générations. C’est mathématique et quasi inévitable statistiquement.
Il faut seulement admettre que si nous descendons tous d’Adam et Eve, nous ne descendons pas « seulement » d’Adam et Eve, mais aussi de toute la lignée préexistante et de lignées collatérales. C’est une opinion très controversée et difficile.
Mais de même que la divinité du Christ lui vient directement de sa nature divine dans un corps qui provient de toute une lignée humaine, pourquoi avons-nous si difficile à admettre que notre âme est créée immédiatement par Dieu mais que notre corps a aussi toute une lignée terrestre.
Donc, pour ma part, je pense plutôt que tant le premier venu et la femme de Caïn dans Genèse 4, que les fils de Dieu, au début de Génèse 6, sont des êtres préhumains de l’espèce au sein de laquelle Adam et Eve ont été « hominisés ».
Beaucoup réagissent négativement en parlant de zoophilie.
Je pense qu’en fait, les préhumains ne peuvent pas être totalement assimilés aux animaux. Ce sont des préhumains.
Et à ce jour, malgré toutes les théories très convaincantes de l’évolution, le lien entre la lignée préhumaine et les animaux qui nous entourent reste un sujet incertain.
Faut-il imaginer que tous les animaux proviennent d’un premier couple animal unique par une étrange application universelle du premier couple humain ?
Ce n’est en tout cas pas ce que présente la Genèse. Au contraire, les végétaux d’abord et les animaux ensuite apparaissent dans la création chacun selon son espèce.
De ce point de vue, nous pouvons penser que lorsque les conditions terrestres étaient remplies, des végétaux différents sont apparus dans le sol au contact du liquide. Il n’y a pas eu d’abord un végétal qui se serait ensuite divisé par mutations, transformations et sélections.
Lorsque les conditions de la vie biologique ont été remplies, divers végétaux sont apparus et chaque lignée s'est diversifiée en multiples variétés.
De même ensuite, dans l’eau, des végétaux puis des combinaisons cellulaires ont commencé à exister sans rattachement au sol.
De nouveau, rien ne permet d’affirmer que ces combinaisons cellulaires qui ont commencé à donner de premiers êtres autonomes du sol et animés viendraient tous d’un même couple (ou individu) unique.
Lorsque de premiers êtres animés ont commencé à vivre en dehors de l’eau, c’est encore pareil. Ce n’est pas parce qu’on constate des yeux, un système digestif ou un système respiratoire semblable qu’il faut nécessairement croire à un couple originel unique qui aurait donné toutes les espèces différentes par mutations, transformations et sélections.
Les espèces d’animaux peuvent provenir de lignées distinctes avec de multiples sous-variétés à travers les étapes de la vie chimique, de la vie végétale et de vie aquatique, même si les mêmes conditions naturelles pour tous ont pu faire surgir des réalités semblables dans les diverses lignées. Mais, ce n’est pas parce que nous avons des yeux que nous avons nécessairement un ancêtre animal commun avec tous les êtres qui ont des yeux.
Tout ceci pour conclure que tous les animaux n’ont pas nécessairement un ancêtre animal commun du seul fait qu’ils ont certains traits identiques qui peuvent résulter de leur provenance dans un même environnement.
Et donc, si vous m’avez suivi jusqu’ici, qu’il n’y a pas nécessairement un ancêtre animal commun aux singes (par exemple) et aux humains du seul fait de leurs caractéristiques corporelles similaires.
Il n’est pas exclu que la lignée pré-humaine ait recueilli des caractéristiques similaires à celles d’animaux au cours de son développement dans des conditions identiques, mais la science n’affirme pas pour autant qu’il y ait eu un ancêtre commun unique.
Les préhumains peuvent provenir d’une lignée qui a pu être distincte depuis le début de la terre. On peut imaginer un début végétal à côté de plusieurs végétaux autres, un début d’être aquatique à côté de plusieurs autres êtres aquatiques, un début de vie animale terrestre à côté de plusieurs autres êtres animés terrestres. Avec à chaque mutation dominante, des branches collatérales qui ont pu persister temporairement et qui ont ensuite disparu.
Rien ne permet d’affirmer, dès lors, que les préhumains au sein desquels l’humanité a été créée puissent être confondus avec des animaux. Ce serait ignorer leur destin tout à fait spécifique par rapport à la création des humains.