Oui, chevy, je vous avais reconnu.
Les questions "embêtantes" ne sont jamais inutiles. Elles ont au moins le mérite de nous faire réfléchir à notre foi.
J'espère que vous comprendrez que tout ce que je dis et dirai sur la morale trouve sa source dans ma foi en Dieu et en l'Eglise (même si des normes morales objectives peuvent être dégagées comme c'est le cas avec l'avortement ou le meurtre).
chevy a écrit :le plaisir (n'importe lequel : regarder seul ou non un film agréable, écouter seul ou non une belle musique, rire en écoutant un humoriste) est-il condamné par l'Eglise ?
Vous semblez dire que le plaisir EN SOI est condamnable ...
A moins que ce ne soit que le plaisir physique (par exemple, prendre plaisir à faire un sport solitaire comme le ski) qui soit condamnable (vous dites "idolatrie")
ca me semble excessif comme position ...
En fait, je crois que c'est Dieu qui est excessif. Pourquoi ? Parce que Son plan est de faire de nous Ses fils et Ses filles. Vous imaginez-vous l'incommensurable dignité qui nous attend ?
Seulement, nous sommes souvent bien loin d'atteindre un tel objectif. Seuls les saints y parviennent. C'est pour ça que l'Eglise les vénère : ce sont des exemples, des phares dans la nuit de ce monde.
Quant à l'idolâtrie, le sexe, l'argent, le pouvoir peuvent être des idôles. Dire "jouissons autant qu'on veut", c'est faire du plaisir sexuel une idôle.
Votre question sur le plaisir en soi est importante : oui, rechercher le plaisir uniquement pour lui-même sera toujours une forme d'idôlatrie. Mais attention, il y a aussi une notion de dépendance qui intervient : par exemple, manger un gâteau par gourmandise de temps en temps n'est pas grave, en revanche ne pas pouvoir s'en empêcher et rompre systématique le jeûne du Carême l'est.
Dans l'exemple du sport que vous donnez, je dirais qu'on pratique souvent un sport pour entretenir son corps ou pour se détendre. Dans ce cas, il n'y a pas de problème. En revanche, si on devient un "fanatique" du sport en question et qu'on commence à tout lui sacrifier, là il y a problème.
Maintenant, je pense vraiment que le sexe est un cas à part. Car le sexe fait intervenir ce qu'il y a de plus intime. C'est un peu comme le "saint des saints" de notre corps. A son sujet, nous avons deux attitudes possibles : vivre notre sexualité dans l'amour ou dans l'égoïsme. Bien entendu, il y a souvent un mélange des deux, mais ce n'est pas pour ça qu'il faut cautionner l'égoïsme.
chevy a écrit :Vous citez Jésus : convoiter une femme autre que la sienne c'est déjà de l'adultère
Soyons alors francs : nous avons tous commis le péché d'adlutère .... sans même en tirer le plaisir escompté (puisque non finalisé)
et les femmes ne sont pas "plus clean" que les hommes ...
Oui, je mesure tout à fait ce que ça signifie : nous sommes tous pécheurs, comme le dit l'Eglise. Doit-on désespérer ? Certainement pas. Aidés de la grâce, charge à nous de reconnaître nos fautes et de lutter pour avoir un coeur pur.
Et n'oublions pas une chose : le sacrifice du Christ n'a de sens que si notre état déchu est particulièrement grave. Dans l'exemple que vous citez, je trouve justement une justification de cette déchéance. Il n'est pas besoin de chercher bien loin pour voir que quelque chose cloche avec l'humanité. Qu'il s'agisse de génocides ou de plaisirs sexuels illicites, le problème est toujours le même : le péché enraciné dans l'Homme (mais, Dieu merci, vaincu par la croix du Christ : c'est ça la Bonne Nouvelle

).
Cordialement,