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Re: Du sens de la souffrance physique

Publié : ven. 05 mars 2010, 20:43
par Didyme
Raistlin a écrit :Je pense que, fondamentalement, Dieu ne peut souffrir dans son Être même. Pour la simple et bonne raison qu'Il est parfait, ce qui implique une béatitude parfaite, infinie, éternelle, etc. La souffrance est TOUJOURS une moins grande perfection que la non souffrance. Qui oserait dire "moi je préfère être malade car c'est mieux pour moi" ou alors "moi je préfère qu'on m'ampute sans anesthésie car la souffrance est un bien" ? Absurde.
Je ne sais pas si on peut vraiment dire que la souffrance est une moins grande perfection car un amour parfait n’est pas un amour indifférent, centré sur lui. Mais un amour parfait, ce serait justement un amour qui souffre pour l’autre, qui se livre.
L’amour n’est pas centré sur soi pour se suffire à lui-même, mais est tourné vers l’autre et il y a un échange, une participation. Comment l’amour parfait peut-il être en paix tant qu’il demeure une souffrance, une perdition ?

Après, peut-être que le fait de prendre Dieu sur un plan d’éternité, d’omniscience, fait que connaissant l’aboutissement des choses, il peut être dans une béatitude parfaite car il connaît la fin, l’issue des souffrances. Béatitude parfaite dans l’œuvre éternelle rédemptrice du Christ.

Re: Du sens de la souffrance physique

Publié : ven. 05 mars 2010, 20:51
par Christophe
Les deux sœurs envoyèrent donc dire à Jésus : " Seigneur, celui que tu aimes est malade. " À cette nouvelle, Jésus dit : " Cette maladie ne mène pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu : afin que le Fils de Dieu soit glorifié par elle. "
:arrow: Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean, chapitre 11 versets 3 et 4

Re: Du sens de la souffrance physique

Publié : ven. 05 mars 2010, 20:57
par cracboum
Dieu est dans un manque perpétuel de Lui-Même, aussitôt comblé. Telle sera notre vie éternelle : une soif de Dieu aussitôt comblée, par ou on voit qu'amour et souffrance ne font qu'un en Dieu comme en nous.
Et cela commence dés maintenant.
L'anthropomorphisme pollue notre idée de perfection.

Re: Du sens de la souffrance physique

Publié : ven. 05 mars 2010, 21:22
par cracboum
(suite)... à ceci prés que dans notre temporalité d'êtres inachevés l'amer précède le gratifiant, le temps d'être accommodés à Dieu.

Re: Du sens de la souffrance physique

Publié : sam. 06 mars 2010, 10:23
par boisvert
A la question, Dieu souffre-t-Il ? Nous savons que dans la personne de son Fils Il a souffert sur la terre et sur la croix.
Il a pleuré sur Jérusalem.

Tiens, à ce propos, hier soir, ces larmes de Jésus m'ont rapppelé quelque chose... et dans le livre d'Isaïe, j'ai trouvé:

Livre d’Isaïe
Chapitre 22


1 Oracle sur la Vallée de vision. Qu'as-tu donc que tu sois montée tout entière sur les toits,
2 cité bruyante, pleine de tumulte, ville joyeuse? Tes morts n'ont pas péri par l'épée; et ne sont pas tombés dans le combat.
3 Tes chefs ont fui tous ensemble, ils ont été pris sans qu'on ait tiré de l'arc; tous tes citoyens ont été pris ensemble, comme ils fuyaient au loin.

4 C'est pourquoi j'ai dit: "Détournez de moi vos regards Que je pleure amèrement! Ne vous empressez pas à me consoler sur la ruine de la fille de mon peuple."
5 Car c'est un jour de confusion, d'écrasement, de perplexité, envoyé par le Seigneur Yahweh des années, dans la vallée des visions...


Comment interpréter ce passage ?

Re: Du sens de la souffrance physique

Publié : sam. 06 mars 2010, 13:21
par René
Bonjour à tous
vous devez connaître "Salvifici Doloris" de Jean-Paul II, notre Saint Pére.
Ne pensez-vous pas qu'il y a tout !?
La souffrance comme indicible partie de la condition humaine entre autre et la notion, c'est tellement vaste et merveilleux, de Don de soi...
René

Re: Du sens de la souffrance physique

Publié : mar. 30 mars 2010, 13:01
par NAINA
Bonjour,

J'ai lu avec beaucoup d'intérêts vos explications sur la souffrance.

Ayant vu vos connaissances profondes en la matière, j'aimerais vous poser une question un peu simplette, mais qui me turlupine depuis longtemps.

Pourquoi mystifie-t on autant la souffrance chez nous les catholiques ?

Je veux dire : positiver la souffrance pour en faire une grâce, une union à Dieu.

Alors que ceux qui souffrent ne demandent qu'une chose : être soulagés, être guéris !

Pourquoi est-ce que Dieu aime laisser souffrir ou faire souffrir une âme, soi-disant pour en aider d'autres ? Est-ce que le sacrifice de Son Fils n'était pas suffisant ?

Certes j'arrive à comprendre les mystiques qui, après avoir gouté à la connaissance de tout, peuvent avoir envie d'être ou de faire comme Jésus, donc de souffrir.

Mais chez les protestants par exemple, on dit que comme Jésus a porté tous nos souffrances, nos maladies et nos châtiments, on n'a plus besoin d'achever en nous sa passion. Le bon geste est plutôt de demander à Jésus de guérir au maximum.

Mise à part l'effet psychique possible de la foi en l'intervention divine, est-ce pour cela que lla doctrine de "la Vie en abondance en Christ " marcherait mieux chez les protestants que chez nous ?

Je veux dire le fait de traduire l'Évangile que du coté prospérité, santé et réussite.

Même en partant de cette idée, cela reviendrait à dire que Dieu ne veut pas soulager tout le monde. Ce qui Lui donne un peu une image de sadique.

Bref du fait que la souffrance subie a un sens mystique, une raison ou une origine divine, celui qui ne veut pas souffrir n'a donc pas le choix face à cette volonté de Dieu ?

Mais aussi est-ce que celui qui souffre (avec ressentiment parfois) parce qu'il n'a pas le choix le fait pour rien alors ?

PS : Ayant une très mauvaise vue, je ne peux pas lire beaucoup. Donc je ne pourrais pas me rapporter à des livres pour mieux comprendre les choses. Merci pour votre compréhension.

Re: Du sens de la souffrance physique

Publié : dim. 11 avr. 2010, 14:35
par cracboum
Bonjour Naina,
Réponse simplette à question turlupinante :
Les Catholiques ne cherchent pas la souffrance, ils cherchent l'amour, et les deux marchent ensemble.
Développement de la réponse simplette:
L'amour consiste à mourir à soi pour naître à l'autre. Donc, soit on aime et on va souffrir (mourir), soit on souffre et c'est un appel à aimer (naître).
La souffrance n'est insupportable que si elle est désertée par l'amour. Entre souffrance et amour est notre espace de liberté : si c'est non, souffrance sans amour = enfer, si c'est oui, la souffrance devient amour.
Ainsi, les souffrances du Christ sont une réserve inépuisable d'amour, tout comme inversement elles sont l'expression (l'incarnation) de l'amour trinitaire incommensurable.
Si d'autres peuvent mieux répondre à votre question simplette, tant mieux, pourvu que vous ne soyez plus turlupinée.

Du sens de la souffrance physique

Publié : sam. 12 juin 2010, 21:43
par Omega3
Raistlin a écrit :Je pense que, fondamentalement, Dieu ne peut souffrir dans son Être même.
C'est une certitude. Dieu ne souffre pas car c'est un de ses attributs : L'IMPASSIBILITÉ DIVINE.
Cependant il a permis a l'une de ses Personnes de se rendre passible : le Christ, celui qui a enduré toutes les souffrances du monde par Amour pour nous.

Re: Du sens de la souffrance physique

Publié : sam. 12 juin 2010, 22:15
par Petit Matthieu
Christophe a écrit :Les deux sœurs envoyèrent donc dire à Jésus : " Seigneur, celui que tu aimes est malade. " À cette nouvelle, Jésus dit : " Cette maladie ne mène pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu : afin que le Fils de Dieu soit glorifié par elle. "
:arrow: Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean, chapitre 11 versets 3 et 4
Je n'avais jamais réalisé combien ce passage là parle dans un sens général du sens de la souffrance. Merci Christophe ;) .
Comme dit précedemment, la souffrance a sans nul doute un sens. Le Seigneur nous laisse parfois le privilège d'en voir les fruits, il donne un pain blanc après le pain noir déjà sur Terre. Pour d'autres, la vie semble être un long chemin de déception, de pleurs et d'incompréhension. Pourtant, il y a bel et bien un sens à cela. L'espérance en un Dieu bon, en un Père attentionné doit se maintenir dans les tourments. La vie ne s'arrête pas à la mort physique puisqu'elle ne s'arrête jamais.

Je vais citer le père Brottier, qui très malade disait : " Nous ne savons pas ce que nous sommes ; nous ne nous connaissons pas. Nous ne savons pas quelle place utile ou peut-être nuisible nous occupons en ce monde. Dieu seul le sait ! Nous ne pouvons rien avoir, rien savoir ici-bas. Les récompenses, les clartés, nous les aurons ailleurs. C'est alors que nous comprendrons le pourquoi de nos souffrances."

Re: Du sens de la souffrance physique

Publié : dim. 13 juin 2010, 21:42
par cracboum
Omega3 a écrit :
Raistlin a écrit :Je pense que, fondamentalement, Dieu ne peut souffrir dans son Être même.
C'est une certitude. Dieu ne souffre pas car c'est un de ses attributs : L'IMPASSIBILITÉ DIVINE.
Cependant il a permis a l'une de ses Personnes de se rendre passible : le Christ, celui qui a enduré toutes les souffrances du monde par Amour pour nous.
L'impassibilité, c'est là un concept abstrait qui n'a de sens que pour nous!

Du sens de la souffrance physique

Publié : dim. 13 juin 2010, 22:13
par Omega3
Ah j'ai oublié de le mentionner. C'est un attribut de Dieu et qui un avec la GRATUITÉ de Dieu.
La GRATUITÉ DIVINE de Dieu, ce sont tout ses attributs. C'est-à-dire son unité, son unicité, son éternité, son infinité, son immutabilité, son impassibilité, son intemporalité, sa spiritualité et sa subsistance.

Re: Du sens de la souffrance physique

Publié : dim. 13 juin 2010, 22:27
par cracboum
Omega3 a écrit :Ah j'oubliais. C'est un concept qui vient de l'Esprit Saint et qui représente la GRATUITÉ de Dieu.
La GRATUITÉ DIVINE de Dieu, ce sont ses attributs. C'est-à-dire son unité, son unicité, son éternité, son infinité, son immutabilité, son impassibilité, son intemporalité, sa spiritualité et sa subsistance.
Je me rends!

Re: Du sens de la souffrance physique

Publié : lun. 14 juin 2010, 18:01
par Griffon
cracboum a écrit :Dieu est dans un manque perpétuel de Lui-Même, aussitôt comblé. Telle sera notre vie éternelle : une soif de Dieu aussitôt comblée, par ou on voit qu'amour et souffrance ne font qu'un en Dieu comme en nous.
Et cela commence dés maintenant.

Ben... non, Cracboum !
Le Père comble le Fils avant que celui-ci ne puisse avoir le moindre sentiment de manque, et inversement !
Il n'y a aucun manque, aucune soif mais bien une volonté perpétuelle, inventive et généreuse de vouloir donner ET rendre grâce.
Ainsi pour nous... si nous rentrons dans cette échange auquel nous sommes invités.

Cordialement,

Griffon.

Re: Du sens de la souffrance physique

Publié : lun. 14 juin 2010, 20:09
par cracboum
Demandez les dernières nouvelles de Griffon! On savait que Lucky Luke tirait plus vite que son ombre, c'est rien comparé au Père qui comble son Fils avant même qu'il en ait eu besoin!
Griffon ne fait pas de différence entre l'essence divine et les personnes.
Soyez comblé cher Griffon.