Bonjour à tous,
Le point de départ étant non la souffrance animale mais celle humaine et rapportée à son salut, j’avais cru jusqu’ici pouvoir limiter la réflexion à son aspect théologique et à partir d’un seul récit de la Genèse.
Trinité ayant sur mon invitation mis les pieds dans le plat, ce n’est plus possible.
Je crois bon de poser désormais quelques préalables. Vous savez tous je suppose qu’il y a 2 récits de la Genèse, repris par un ultime auteur qui les entremêle et qui s’identifient notamment par la façon (gommée dans certaines traductions) dont Dieu est nommé.
- Quand il s’agit d’en relever le sens théologique, ils doivent être séparés. Et si les sens dégagés peuvent ensuite être rapprochés, c’est en quelque sorte dépouillés de leur socle.
Quand il s’agit d’en relever le sens scientifique, qui est second, ils doivent être réunis et c’est le contraire.
Partant de là :
- Concernant la création des animaux, un récit la situe avant celle de l’homme, l’autre après (le plus théologique, car incluant le péché originel). Mais ce n’est qu’à partir du cinquième jour dans celui qui la situe avant, donc ils ne sont pas concernés par votre anachronisme, Trinité. En revanche, oui, les 2 sont possibles scientifiquement.
Par ailleurs, qu’ils puissent être « mortels » avant le péché
ne me semble en rien contradictoire avec le fait que celui-ci ait entrainé la mort pour l’homme.
- Concernant Trinité votre anachronisme à propos du végétal, il trouve sa solution dans le chapitre 2 versets 5 et 6. Qui, bien que cela puisse sembler à quelque égard appartenir à un second récit, appartiennent bien au même (c’est important) ! A moins d’être en plein désert, ce qui n’est pas le cas, nous savons à quel point une plante peut longtemps rester vivace tout en restant sous le sol. Donc le verset (1 :12) est réaliste si nous acceptons que ces plantes sont encore au stade de la germination.
Pour ce qui concerne la théorie de l’évolution, elle me semblait hors sujet et ici encore, mais je laisse le soin à la modération de « déplacer », l’urgence et l’important est de vous répondre, de continuer l’échange.
Oui
Gaudens JP2 a écrit qu’elle était « plus qu’une hypothèse », ceci pour éviter une nouvelle affaire Galilée, et parce que c’est vrai, mais pas encore non plus une vérité. Je vais donc éclairer ma position, et pourquoi à titre personnel je préfère maintenir en attendant la thèse de la glaise (qui a pu passer par l’intermédiaire d’un « ancêtre » car en cela il ne la gêne en rien, et c’est ainsi que j’entends l’approbation de
Xavi quand il m’a cité et approuvé plus haut).
Parce qu’il est évident que les athées ou matérialistes nous attendent au tournant, voulant se servir de cette « plus qu’hypothèse » et si elle se confirme, pour nier la religion (l’âme, le salut, etc.) et y voir une superstition. Or,
comment qualifier/justifier le saut qualitatif ?
Je pense que ce sera plus facile, quand la réalité confirmera l’hypothèse.
Et là, intervient non plus la théologie, mais la science (d’où ma remarque sur l’ADN et j’aurais pu parler de pilosité, taille de certains membres, etc.) : si notre espèce descend d’un ancêtre animal cet ancêtre a dû appartenir à une espèce qui n’existe plus car elle est toute devenue humaine. Il suffit de regarder ces prétendus ancêtres restés tels pour qu’une autre hypothèse paraisse farfelue. Pour prendre un exemple, un lynx a beau ressembler à un chat, il reste un lynx par ses dissemblances.
Autrement dit, de Dieu à nous, la « chaîne » reste « à part » et cela me semble très important.
Voilà, je ne connais pas
la thèse de Xavi mais
il peut prendre ici position.
Merci à vous, Xavi, d’avoir clarifié les choses concernant celles qui vous ont été attribuées, hors sujet ou non. Vous écrivez toutefois :
Xavi a écrit : ↑mar. 21 févr. 2023, 15:05
Beaucoup ressentent en effet les réflexions sur la création dans l’histoire concrète comme des «
spéculations » «
fantaisistes ». Toute réflexion sur un sujet difficile peut être qualifiée ainsi par celui qui pense qu’il n’y a rien de sérieux en cause.
Mais, je pense, au contraire, que l’histoire sainte qui nous est transmise, par la Bible et la tradition, nous enseigne sur Dieu et ses actions pour éclairer notre chemin aujourd’hui et notre espérance pour demain.
Or vous pervertissez là le sens de mon propos qui précisément défendait cette Histoire Sainte en priorisant son aspect théologique (saint). Quand j’écris que « je ne vois pas d'intérêt théologique à ces spéculations éventuellement scientifiques », je ne les juge pas fantaisistes, simplement qu’elles relèvent d’un autre sujet et dont je ne dénie pas davantage son sérieux. Mais c’est un autre sujet et dans lequel je ne souhaitais pas entrer, or que vous semblez réserver à ceux qui réfléchissent à la création dans l’histoire concrète tout en les amalgamant à ceux qui respectent l’histoire sainte.
Je suis désolé, mais la foi n’a pas stricto sensu besoin de cette réflexion, mais seulement ceux qui veulent en convaincre les autres ou en ont besoin. La preuve de l’existence de Dieu non plus, si l’on en croit St Paul dans son épître aux Romains.
Vous écrivez plus loin à propos de l’Eden :
Xavi a écrit : ↑mar. 21 févr. 2023, 15:05
il me semble que c’est l’image d’une réalité spirituelle dans laquelle Adam et Ève ont été plongés sans quitter en rien leur réalité terrestre à un endroit et à un moment bien concrets.
Or je pense pour le coup que c’est plus qu’une simple réalité spirituelle, qu’elle fut très concrète et que ce n’est pas parce que la science ne peut parvenir à l’analyser en en donner une quelconque image qu’elle ne l’a pas été. C’est bien là le problème et la limite de la science, ce pourquoi seule la foi nous permet de franchir le cap de certaines réflexions.
Ce que d’ailleurs vous précisez vous-même ensuite, et bien que vous sembliez croire que «
Nous pouvons peut-être situer l’endroit géographique où Adam et Ève vivaient dans l’Eden ».
Vous écrivez ensuite :
Xavi a écrit : ↑mar. 21 févr. 2023, 15:05
Ce qui a été changé, c’est l’environnement spirituel (le jardin dans l’Eden de Dieu) où nous pouvions tout vivre, y compris avec toute la nature terrestre et avec les animaux, en communion avec Dieu.
Or je n’en vois rien qui prétende à ce changement dans la bible. Nous avons été expulsés d’un lieu qui a pu être resté intact.
Je note encore plus loin dans votre intervention :
Xavi a écrit : ↑mar. 21 févr. 2023, 15:05
Dieu n’a pas maudit le sol, la nature. Il a seulement dû constater que le sol (toute la nature physique) était maudit par le péché originel de l’humain qui en avait perdu le contrôle.
Et c’est effectivement une interprétation possible de ce verset (3 : 17), certes plus « confortable ». Mais le « confort » n’est pas un critère d’exactitude, et toutes les traductions que je possède (il faudrait reprendre le texte hébreu originel) donnent au temps utilisé du verbe « être » utilisé un sens qui est plutôt le mien : « maudit soit » et non « maudit est ».
Après tout dépend du sens que vous donnez à une malédiction divine : entre un simple état d’âme Divin sans conséquence, une dégradation de l’intégrité, un dérèglement, une hostilité, etc.
Mais cela ne change rien à la différence qu’il y a entre le sens d’un état constaté changé et celui d’une action divine (lequel changement d’état serait de toute manière le fruit d’une intention/action divine préalable : cela seulement en adoucirait/atténuerait le sens).
Je n’en suis pas moins d’accord avec vous quand vous écrivez à Christian :
Xavi a écrit : ↑mar. 21 févr. 2023, 15:05
À cet égard, il ne me semble pas juste de dire que Dieu «
veut » que des phénomènes se produisent avec leur lot de souffrances car ces souffrances ne se produisent que parce que l’humain ne tient pas, dans la création, le rôle qui lui avait été confié.
Mais il n’en reste pas moins que les faits sont là : nous souffrons, nous mourons, et ce n’est pas agréable, et c’est la volonté de Dieu pour nous actuellement. (J'ai cependant déjà indiqué comment la foi a son rôle a jouer là-dedans.) Même si comme vous l’ajoutez :
Xavi a écrit : ↑mar. 21 févr. 2023, 15:05
À cet égard, Dieu veille mystérieusement à la nécessaire liberté de l’humain sans laquelle sa participation à la vie d’amour de Dieu n’est pas possible, mais Il vient sans cesse à son secours autant que possible.
Bien sûr que sa puissance pourrait détourner tout mal, toute souffrance, toute mort, mais Dieu seul sait tout ce qui est nécessaire pour notre vie d’amour qui n’est pas celle de robots.
Dieu nous aime et nous aime vivants. De la vraie vie. Celle qui, au cœur de tant de souffrances, l’empêche d’agir autrement qu’il ne le fait.
Car cet empêchement n’en est pas un pour lui et correspond bien à ce qu’il fait. Je dirai même que cette « vraie vie » est tout le contraire d’un empêchement, mais le chemin qu’il nous a donné pour nous sauver. Mais je suis persuadé que vous en êtes d’accord et que ce n’est plus qu’une question de formulation – ou de compréhension de ma part.