Pour vous répondre, j'accuse moins le concile que son application, bien que certains points du concile me laissent perplexe...
Le problème, c'est qu'il n'y a pas eu de digue. Au contraire, après le concile, toutes les idées néfastes qui existaient déjà avant le concile ont pu, sans trop de difficultés, se répandre...
Par rapport à la crise, je ne pense pas que l'on puisse la comparer à d'autres crises de l'Eglise en disant que celle-ci n'est pas plus grave...Jamais la déchristianisation n'a été aussi rapide que ces dernières décennies et l'attitude de nombre d'évêques et de prêtres n'y est pas pour rien...
En ce qui concerne la messe de Paul VI, le problème, c'est qu'elle laisse la porte ouverte à des abus ou du moins à des décisions néfastes, ce que ne fait pas la messe de saint Pie V. Par décisions néfastes, j'entends l'abandon du latin, du chant grégorien, la messe face au peuple, la communion dans la main généralisée...
Si un fidèle pense que la messe saint Pie V est meilleure pour son âme et son édification et qu'il ne supporte pas la débâcle liturgique de sa messe de paroisse et fait, par conséquent, plusieurs kilomètres pour aller à la messe saint Pie V, il a donc trot, selon vous?
Une question: pensez-vous que la FSSP et les ecclesia dei en général ainsi que toutes les mesures favorables à la messe saint Pie V auraient eu lieu sans la FSSPX. La question se pose. Car il est certes facile de toujours taper sur la FSSPX, mais qu'aurions-nous eu des messes saint Pie V en communion avec Rome sans Mgr Levebvre? Je ne parle pas là de la question des sacres de 1988...
Ce n'est ni à vous, ni à moi d'en juger. Si Notre Seigneur avait jugé bon de confier soit à vous, soit à moi, la mission d'affermir nos frères, il l'aurait fait. Il se trouve que c'est Pierre, et ses successeurs, qu'il en a chargés.
Je ne nie pas le rôle du Pape ni son autorité, mais lorsque les évêque ne lui obéissent pas, que faire? Selon vous, il faudrait attendre sans rien faire? Et la transmission de la foi aux générations futures, à nos enfants? Ne se fait-elle généralement pas mieux dans les ecclesia dei, à la FSSPX?
Effectivement, Mgr Lefebvre préférait considérer que ses adeptes étaient les seuls vrais chrétiens (comme tous les hérétiques). Mais, comme tous les hérésiarques, il mérite qu'ils soient désignés par son nom.
Mais l'Eglise elle-même a toujours proclamé qu'elle était la seule à professer la vérité! Ce n'est pas de l'orgueil, c'est une donnée de la foi...
Luther et Calvin n'ont rien ajouté à la foi non plus (L'ERF dit d'ailleurs le même credo que nous). Ils ont rejeté ce qui les dérangeait, ce que font aussi les lefebvristes en rejetant l'enseignement de Vatican II.
Mais le propre de l'hérésie est, habituellement, de majorer certains points de la croyance véritable jusqu'à fausser totalement la perspective et tomber dans l'erreur. Il ne s'agit pas uniquement de rejeter certains points de la foi. Luther, par exemple, considérait le péché comme tout-puissant, il a majoré et fait dévié le rôle de la foi, il méconnaissait le rôle des sacrements...La FSSPX n'a rien majoré, elle a juste refusé certains points du concile. De même, nombre de prêtres et d'évêques théoriquement en pleine communion, interprètent le concile à leur sauce et dévient également dans la foi...
C'est précisément à cela qu'on peut reconnaître un hérétique: il accuse l'Église fondée sur Pierre d'être hérétique.
Mais vous, au lieu de reconnaître la confusion postconciliaire, vous accusez sans relâche la FSSPX et minorez l'ampleur de la crise. Pourtant, je suis certaine que vous savez quelle était la situation dans les années 60-70 et même après...Lisez Julien Grenn, lui-même fait part de son déssaroi...
En ce qui concerne les orthodoxes, je crois que votre position est trop bienveillante. Vous n'avez sans doute jamais entendu le discours de certains orthodoxes qualifiant les catholiques d'hérétiques...De plus, je ne vois pas tellement en quoi l'attitude des orthodoxes envers la hiérarchie catholique est plus respectueuse et moins grave que celle de la FSSPX. La Fraternité, elle au moin, reconnait la primauté de Pierre. Les orthodoxes, en plus de ne pas lui obéir, ne la reconnaissent pas. (Par primauté, je n'entends pas qu'une primauté honorifique). De plus, d'un point de vue dogmatique, l'orthodoxie s'éloigne bien plus, et c'est logique, de la foi catholique que la FSSPX (qui, je le répète, est catholique!)